RSD2019: Tedeschi Trucks Band – High & Mighty

Petit retour sur le Record Store Day, et première critique!

Quelle semaine! Et quelle journée du RSD! Comme d’habitude, une belle journée, des gens sympathiques en file, les habitués qui viennent prendre leur lot de trouvailles, et les quelques-uns qui repartent bredouille parce que quelqu’un a été plus vite qu’eux, ou que la sortie a été reportée. Mais les gens que j’ai vu repartir avaient tous le sourire au visage! À la fin de la journée, je suis reparti avec une cinquantaine de disques, dont trois qui ne sont pas du RSD. J’ai résisté à prendre la table tournante trois pouces, et il y a beaucoup de très beaux coffrets que j’ai regardé partir avec des larmes au visage. Déjà que j’ai acheté deux fois plus de disques que l’an passé, que j’ai deux usuriers qui me courent après et que j’ai déjà vendu un rein au marché noir, c’est amplement suffisant!

Sur ce…

Petite nouveauté : je vais dorénavant donner des cotes qualité aux disques! Eh oui! Il faut être avec le temps, que voulez-vous!

Voici ma grille :

  • 0 : Disque illisible, graves fautes de production
  • 5 : Disque fourni en CD à la réplication, fait à la chaîne, achetez donc ce dernier!
  • 7 : Très bon disque, pas exceptionnel, la majeure partie des disques
  • 10 : On pleure tellement c’est beau!

Album : High & Mighty
Artiste : Tedeschi Trucks Band

En Test : 2019; Vinyle 180g; 45 tours; RSD 2019

Étiquette : Fantasy; FAN00434

Dans les groupes méconnus ici, il y a bien le Tedeschi Trucks Band. Ce n’est pas un petit groupe ! Susan Tedeschi est une blueswoman de carrière, ayant d’abord démarré le Susan Tedeschi Band, groupe qui a ouvert pour les plus grands groupes de R&B, blues, rock et folk (dont Bob Dylan et les Rolling Stones), elle a été une des rares productions blues-folk a obtenir des disques d’or et des nominations à des Grammy très régulières. Au début du millénaire, elle a marié Derek Trucks, guitariste d’exception d’abord connu pour son Derek Trucks Band, mais il a surtout été un musicien invité à travers de nombreux événements et groupes (dont Crossroads, les Allman BrothersBob Dylan encore et Eric Clapton).

Le secret de leur sauce a été de combiner leurs talents complémentaires. Avec la voix de Tedeschi rappelant le côté folk de Bonnie Raitt et les emportées blues de Janis Joplin (selon la journaliste Gwenn Friss) accompagnée d’une guitare rythmique d’un tel calibre qu’elle aurait pu être lead dans la majeure partie des autres groupes blues, et la guitare incroyable de Trucks, on a droit à toute une envolée d’émotions. D’ailleurs, leurs nominations et gains de Grammys à travers leur histoire de groupe le prouvent. Un mélange incroyable de rock, blues et folk.

Ce disque est un EP en 45 tours, avec trois chansons inédites sur la face A et une longue pièce enregistrée en concert pour la face B. Quel disque! La qualité y est réellement, les instruments sont beaux, clairs, mais avec une présence toute blues, tout comme la voix qui est parfaitement captée. On a juste le goût d’écouter cet EP en boucle!

Qualité du vinyle : 9/10

Rétrospective RSD 2018

Beaucoup de très bons (et beaucoup de moins bons) disques sont sortis en 2018. Cette année, c’est fou! Dans quelques jours, la folie arrive!

Vous voulez savoir si ça vaut la peine d’acheter au RSD? Eh bien la réponse est « noui » : certains disques sont des belles trouvailles, certains sont des disques pour admirateurs d’un groupe en particulier, certains ont été produits de façon mercantile, et quelques petits bijoux n’ont juste pas assez d’exemplaires afin de pallier à la demander. Bref : achetez ce que vous considérez bon, et laissez aux spéculateurs leur lubie de réaliser quelques sous avec leurs achats.

Pour vous convaincre qu’il y a des bonnes trouvailles, voici, en rafale, une série de beaux disques sortis lors des différentes éditions du RSD 2018. Je reste quand même relativement conséquent avec mes choix que je désirais obtenir. Dans tous ces choix, il y en a quelques uns que je n’ai pas pu acheter hélas, et je me suis laissé tenter par bien d’autres. Vous allez remarquer qu’il y a beaucoup de rééditions ici, et c’est quelque chose que j’ai vraiment déploré. Je suis heureux de dire que cette année, plusieurs nouveaux disques sortent. Le RSD s’améliore donc d’année en année.

Voici mes précédentes critiques de ces choix en particulier :

Et j’ajoute…

Doris Norton – Nortoncomputerforpeace & Personal Computer

Artiste : Doris Norton
Albums : Nortoncomputerforpeace (1983) et Personal Computer (1984)

En test : Vinyle; 2018; Mannequin; MNQ 116 et MNQ 120

Exemple parfait de la raison d’être du RSD : rendre accessibles une autre fois des disques rares et obscurs. Doris Norton est une compositrice-interprète italienne qui a la distinction d’avoir été la seule à recevoir un sponsorship de la part d’Apple. Aujourd’hui, on le tient pour acquis, mais Apple Computer s’est fait poursuivre à maintes reprises par Apple Corps (l’étiquette des Beatles) afin qu’ils ne touchent à quoi que ce soit de multimédia. Ils ont même eu à payer des frais à ces derniers à cause qu’ils avaient une prise haut-parleurs et micro sur leurs ordinateurs! Alors que d’avoir leur logo de pomme sur un disque, imaginez!

Les disques de Doris Norton sont autant de styles disparates, allant de l’électro-minimaliste à la Kraftwerk et The Art of Noise, à une recherche plus poussée et in, voire à de la heavy techno rock pour certains de ses albums des années 90. Bref : une grande pionnière de la musique électronique! Et ces exemplaires, gracieuseté de Mannequin, sont très bien gravés! Très bonne écoute!

 

Motörhead – Death or Glory

Artiste : Motörhead
Album : Death or Glory (Bastards en 1993)

En Test : Vinyle; 2018; Vinyl Passion; VP 90052

Motörhead a toujours fait parler d’eux, un groupe précurseur au style heavy metal, des années avant que le style n’existe vraiment. Mais avec le décès des Lemmy, on assiste à un revival de la passion des admirateurs du groupe. C’était un peu naturel qu’une étiquette se décide de sortir une nouvelle version de l’album Bastards de 1993. Cet album est un retour aux sources du groupe Motörhead, avec un style qui est reconnu comme étant classique pour eux. C’est aussi une deuxième période charnière côté membres, dans les derniers albums avec Michael « Würzel » Burston, et le deuxième avec le batteur Mikkey Dee.

Le disque n’a pas connu une très grande distribution, restant plus ou moins en Allemagne, malgré le fait que le groupe considère encore ce disque comme un de leurs meilleurs. Ceci dit, l’internationalisation des distributions fait qu’il y a eu plusieurs bonnes rééditions en vinyle. Alors que d’en avoir une autre, ce n’était peut-être pas si nécessaire que ça. En même temps, la version qui a été proposée en 2018 est très honnête, possède une assez bonne sonorité et est géniale à écouter. Le rematriçage est adéquatement produit, pas excellent mais très bien.

 

Popol Vuh – Messa Di Orfeo

Artiste : Popol Vuh
Album : Messa Di Orfeo (1999)

En Test : Vinyle; 2018; One Way Static Records; OWS 21

Ce n’est pas la première fois que j’écris indirectement à propos de Popol Vuh. J’avais aussi réalisé la critique de l’excellent album d’interprétation de musique classique de Florian Fricke qui est sorti ce même RSD. Si vous vous attendez à du krautrock, vous allez tomber sur un nœud : ce disque est assez purement ambiant et possède une facture chantée très près de la musique classique. C’est un très grand chef d’œuvre, une voltige de composition impeccable, le tout gravé sur un disque vinyle de très grande qualité.

Encore une fois, une bonne raison de rechercher les éditions sur RSD : c’est la première fois qu’on peut entendre ce disque en vinyle, et la composition s’adapte parfaitement à ce médium.

 

Lhasa – Live in Reykjavik

Artiste : Lhasa
Album : Live in Reykjavik (2009/2017)

En Test : Vinyle double; 2018; Audiogram; 19075805381

Dans les éditions qu’il fallait sauter dessus lorsqu’on y avait accès, il y a les rééditions RSD de Lhasa de Sela. Cette superbe édition de son spectacle enregistré en 2009 a finalement été sortie en CD en 2017 par Audiogram, et ils en ont profité pour faire une copie en vinyle double absolument impeccable. Payée moins de 30 $ (pour un disque double 180g) lors de sa sortie, on ne s’en sort hélas plus en bas d’une centaine de dollars afin d’obtenir le même disque. Et à date, Audiogram ne semble pas pressé de faire comme pour l’excellent La Llorona et faire une réimpression. Bref : il fallait y être! Pressing qualité audiophile, pour une captation de spectacle. En même temps, ce ton de voix, cette chaleur, ces instruments, le vinyle est le parfait médium pour faire jouer une telle musique!

Abruptum – Evil Genius

Artiste : Abruptum
Album : Evil Genius (1995)

En Test : Vinyle en encart; 2018; Black Lodge Records; BLOD027LP01

Dans un tout autre ordre d’idée, le groupe de musique black metal Abruptum en a profité pour sortir son excellente compilation Evil Genius une autre fois en vinyle. Il y a dix ans, Southern Lord (l’étiquette de Sunn O))) ) avait réalisé une excellente édition limitée de ce vinyle. Nécessaire d’en avoir une autre copie? Non. Mais pas déplaisant aussi. On déplorera que ces 300 copies limitées de couleur n’aient pas conservé la belle touche du CD initial d’avoir un message nous proposant de se tuer avec la lame de rasoir fournie. Très bonne gravure de la part de Black Lodge. Belle présentation! Et une belle entrée en matière pour la musique black metal.

 

Mais ce n’est pas fini! Prenez une gorgée de café avec moi, et on continue!

Marijata – Pat Thomas introduces…

Artiste : Marijata
Album : Pat Thomas introduces Marijata

En Test : Vinyle; 2018; Mr Bongo; MRBLP158

Extraordinaire disque de protodisco funk ghanéen de 1976, c’est le genre de disque dont l’original se vend à un prix ridiculement élevé (dans les 300 $ pour une minable copie). À ce prix-là, je vais prendre un billet d’avion pour le Ghana et aller acheter les bandes maîtresses originales.

Il y a trois ans, une réédition a été effectuée avec un succès adéquat. Mais ici, on parle de Mr Bongo. Et cette étiquette n’y va jamais de main morte. Quelle belle réédition avec une sonorité somme toute bien honnête ! On a de tout ici : on entend la boule disco dans la sonorité, des belles guitares, des horns, un rythme légèrement afrobeat, les voix en ensemble, le black power et la fierté africaine, l’anti-religion. Je ne crois pas qu’il fallait s’attendre à des miracles, les rubans sources ne doivent pas être réellement de bonne qualité, mais malgré tout, ça s’écoute avec joie à haut volume.

La bonne nouvelle est que le disque a été tellement scalpé qu’il est disponible à un prix très abordable sur les Internets.

Spectrum – Highs, Lows And Heavenly Blows

Artiste : Spectrum
Album : Highs, Lows and Heavenly Blows (1994)

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-079

Après beaucoup de styles différents, c’est l’heure de sortir la pipe à patchouli! Pete « Sonic Boom » Kember, connu surtout pour son précédent groupe Spacemen 3, nous lance dans le post space rock, pieds et poings liés. Un des meilleurs albums de Spectrum, il ne faut surtout pas prendre avec des pincettes le disque Highs, Lows and Heavenly Blows. C’est une atmosphère faisant penser à un très heureux mariage entre GY ! BEGiorgio Moroder et Steve Wilson, avec Peter Kruder comme maître de cérémonie. Avoir su qu’un tel groupe existait lors de mes années de cégep, ma vie aurait été différente!

Selon ce que j’ai entendu parler, le disque original de 1994 n’avait pas une gravure si excellente que ça. Eh bien, Medical Records s’est chargé de réaliser l’impossible, comme d’habitude! On a le goût de mettre ce disque à tue-tête et de se laisser emporter par cette si belle atmosphère.

Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

Artistes variés
Album : Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-077

Comme chaque année, Medical Records nous fournit sa compilation de pièces toutes plus obscures les unes que les autres. Parfois, ce sont des pièces incroyables et parfois, c’est un peu bizarre. Je dirais que c’est la première année que je dirais que les pièces ne sont pas extraordinairement loufoques. On a droit à un style un peu plus « convenu », soit du minimalisme, du synthé-pop, et des pièces qui ne décoiffent pas tant que ça, comparés aux années précédentes. Comme je suis fou du synthé-pop, ce n’est pas un problème pour moi, mais pour une première année, ce n’était pas le premier disque que je désirais ouvrir.

N’empêche, la gravure est excellente, l’édition est géniale, ça s’écoute vraiment bien et j’aurais définitivement préféré avoir beaucoup plus de notes sur les artistes que j’écoute : comme toute bonne compilation K-tel de ce nom, on n’a que le nom du groupe et le nom de la pièce de musique. Ce n’est pas un objet de collection digne de Medical Records.

Suite du programme: mes recommendations 2019!

2010/RSD2018: Taylor Swift – Speak Now

Le 13 avril 2019, nous allons avoir le Record Store Day 2019. Et cette année, il y a des disques incroyables ! En fait, il y en a pour tous les goûts, des grands classiques aux obscurs, des nouveaux disques aux disques étranges. Il y a même une collection de disques de trois pouces avec la table tournante assortie ! Certaines années, je n’ai presque aucun intérêt aux sorties du RSD, mais parfois, c’est la folie! Cette année, c’est la pire année pour mon budget, et de loin. Tant de beaux disques! Je vais vous fournir ma liste d’intérêts bientôt, et bien évidemment, je vais faire la file dès l’aube, mon café à la main, chez Fréquences à Saint-Hyacinthe, espérant avoir assez de mains pour accrocher les éditions uniques qui seront cachées dans les rayons partout.

Un petit mot de remerciements de la part de Fréquences : je sais que beaucoup lorgnent les listes du RSD sorties un peu partout celle officielle et celles compilées par les maniaques, ainsi que la liste fournie par Fréquences. Vous êtes nombreux à écrire à votre disquaire vos intérêts, demandant s’il va en avoir une copie. Merci! Ces intérêts que vous fournissez permettent d’essayer de commander plus ou moins d’un disque, en espérant en avoir beaucoup de copies. Je ne sais bien évidemment pas ce que nous aurons, je ne suis pas employé, ni ne fait partie du secret des Dieux. Et je ne crois pas que Fréquences ne sache encore ce qu’ils vont avoir, ils le savent plus ou moins lors de la réception des boîtes. Mais JF m’a fait part que beaucoup de disques avec un très grand engouement ne seront disponibles qu’en quantités très limitées dans le monde, ce qui donne une ou deux copies pour le magasin quand plus d’une dizaine ont porté intérêt sur une sortie.

Bref : il faudra fouiller, parce que ces éditions ne seront pas nécessairement sur les présentoirs à vue, surtout quand l’édition sera très limitée! Il faudra s’armer de patience et sortir ses gants de fouilleurs. À mon avis, ça fait partie du plaisir, et j’ai hâte de vous voir, sourire à la main et le café au visage comme chaque année!

Sur ce, je vais vous présenter dans les deux prochaines semaines une petite rétrospective d’albums, bons et moins bons, qui sont sortis au RSD en 2018, ainsi que quelques autres coups de cœur.


 

Album: Speak Now
Artiste: Taylor Swift

V.O.: Vinyle double; 2010; Big Machine Records; BTMSR0300C

En Test: Vinyle double en encart, transparent fumé, numéroté; RSD Black Friday 2018

Étiquette: Big Machine Records; BMRTS0300A

Ce n’est pas un secret que j’aime beaucoup Taylor Swift. Étant partie du country assez pur avec son album éponyme en 2006 au tendre âge de 16 ans, elle continue avec une sonorité plus pop avec Fearless, son album de 2008. Ce dernier est un réel chef d’œuvre qui est devenu l’album le plus vendu aux États-Unis. Encore mieux, Swift a mérité la distinction d’être l’artiste la plus jeune ayant remporté une telle distinction. S’ensuivirent une panoplie de prix et la fameuse apparition de Kanye West lors de la remise des MTV. Bref, tout un album. Speak Now, sorti en 2010, est une suite logique de la progression de l’auteure-compositrice-interprète de talent. Excellent album, c’est son dernier qui peut être décrit comme ayant des sonorités country. Pour la suite, Red est décrit par certains comme étant country, mais il faut gratter loin, et 1989 est carrément son renouveau pop.

Je suis aussi admirateur de T.S. parce qu’elle a tendance à en donner beaucoup à ses fans et à l’industrie en général. J’avais fait une critique de l’album 1989 qui, pour moi, avait été un de mes coups de cœur de 2017, entre autres pour la générosité de la production, mais en plus que le vinyle était à un prix ridicule d’un peu plus de 20 $ pour un album double. Récemment, elle a aussi signé avec UMG, et son contrat stipule que tous les artistes de l’étiquette seront payés pour leurs diffusions en ligne, pas seulement elle. Bref, elle fait avancer l’industrie de la musique aussi.

Mais est-ce que cet album vaut la peine? D’abord, ce n’est pas la première fois que Speak Now est mis en vinyle. Il était disponible en 2010 aussi. Hélas, cette version avait été gravée à la va-vite, au point où les acheteurs se sont plaints et que ce disque double est en vente précipitée. Alors peut-être que la version du RSD 2018 vaut la peine? Oui et non… la gravure est définitivement meilleure, mais il y a vraiment trop d’emphase sur les fréquences aiguës de l’album, avec un sifflement presque constant. C’est énervant au possible. Ma copie de disque est aussi un peu gondolée et n’est pas parfaite en règle générale. Donc : pas parfait, mais pas malhonnête. Dommage!

Réédition RSD2018/1937: Robert Johnson – Cross Road Blues

Le RSD, c’est aussi pour des vieux standards bizarres!

Album : Cross Road Blues / Ramblin’ On My Mind (Simple)
Artiste : Robert Johnson

V.O. : 1937; Vinyle gomme-laque 10po; 78 tours; Vocalion 03519

En Test : Vinyle; 10 po; 78 tours

Étiquette : Vocalion / Sony Music; 03623

Acheter le disque vinyle 78 tours chez Fréquences

C’est mon deuxième 78 tours récent et neuf que j’achète. Il faut être un peu fou pour sortir quelque chose sur ce médium. En premier, pas tout le monde ne possède une table tournante. En deuxième, pas toutes les tables tournantes jouent des 78 tours. Et en dernier, pas tout le monde est prêt à payer un prix de fou pour un album avec deux pièces de moins de quelques minutes avec un bon bruit de fond. Bref : je me devais de l’acheter!

Robert Johnson, c’est une légende du Mississippi. Ce qu’on appelle aujourd’hui du Delta Blues n’aurait jamais été le même sans lui. Il enregistra vingt-neuf blues en 1936 et 1937, avant qu’il ne soit probablement empoisonné par un mari jaloux. Chacune de ces pièces est devenue un classique du blues, boogie, R&B ou même carrément du rock. Son style de jeu de guitare inspire encore aujourd’hui les musiciens, et il est considéré comme un dieu de la guitare dans tous les palmarès. Les plus grands guitaristes et musiciens lui ont levé leur chapeau, que ce soit Eric Clapton, Jimi Hendrix, Keith Richards, Alexis Korner, Robert Plant, Bob Dylan, Fleetwood Mac, nommez-les.

C’est certain qu’un 78 tours, c’est une épopée. C’est un microsillon aussi, ce qui est un anachronisme en tant que tel. Le disque est très épais (210 g probablement), ce qui est une bonne chose, parce que le moindre gondolage ferait sauter l’aiguille dans la stratosphère. Mais ils auraient pu mettre le volume conséquent pour un 78 tours aussi, et laisser le disque prendre son expansion en volume. C’est clairement une source numérique avec un nettoyage du vinyle d’origine, ce qui est de bonne guerre pour un disque de 1937 enregistré en 1936. Mais pour avoir entendu des très bons nettoyages de disques vinyle d’époque, je sais qu’il est possible à un passionné de prendre vraiment son temps et d’obtenir un résultat qui relègue au rancart même les disques modernes. Alors je suis très légèrement déçu, mais en même temps, la qualité du disque dépasse tout ce que j’ai entendu à date de Johnson, alors je vais laisser tout le crédit : c’est un superbe disque qui devrait être dans la collection de tout admirateur sérieux de blues.

2018 Queb: Les rééditions

Dans les dernières semaines, il y a eu une quantité phénoménale de rééditions québécoises. On fait le tour pour vous! Attention, certains de ces disques ne sont plus disponibles, ou difficilement disponibles, ou ne le sont qu’en pleurant devant votre disquaire préféré ou hors de prix à travers un service de revente. Certains de ces disques ne seront plus jamais disponibles, d’autres seront là pour de bon.

Sur la sellette : Les Colocs, Douze Hommes Rapaillés, Fiori-Séguin et Daniel Bélanger. Et je vous le dis, j’en ai passé d’autres vertes et des pas mures, dont l’excellent Leloup! Et je ne vous ai pas encore parlé du dernier Lhasa sorti il y a quelques mois déjà… bref, il y a beaucoup de matière à une suite ! Vous êtes prêts?

Album : Douze Hommes Rapaillés chantent Gaston Miron, Volume 1 et 2
Artistes divers

V.O. Volume 1 : 2008; CD; Équipe Spectra; SPECD7809
V.O. Volume 2 : 2010; CD; Équipe Spectra; SPECD7820

En Test : 2018; Vinyle double de couleur en encart; 180 g; Édition limitée à 400 copies

Étiquette : Ad Litteram; ALV0218

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Avertissement honnête : Celui-ci, c’est un 400 copies, il est indiqué édition limitée et elle le restera probablement. Si vous le désirez, c’est pas mal votre seule chance.

Cette compilation a été sortie pour le dixième anniversaire du premier volume. Ce regroupement a vraiment fait énormément de vagues lors de la sortie du premier volume. On ne parle pas de deux de piques ici. Pour les nommer : Jim CorcoranLouis-Jean Cormier (ce dernier qui est responsable du rematriçage pour cette réédition), Michel RivardRichard SéguinDaniel LavoieMartin LéonYann PerreauMichel FaubertPierre FlynnVincent VallièresGilles Bélanger, ainsi que Plume sur le premier volume et Yves Lambert sur le deuxième. Et tous ces grands ont prêté leur talent d’interprètes sur les textes de notre grand Gaston Miron à travers ce projet de Gilles Bélanger à la musique. On sent le travail de passion, la collaboration de tout ce beau monde afin d’arriver à un résultat d’une qualité incroyable. Et on sent la passion aussi dans la réédition en vinyle pour la première fois de la part de Louis-Jean.

Pour la qualité, c’est très surprenant. Il faut savoir qu’il y a énormément de matériel par face : un peu plus de 25 minutes. Ce qui sauve la qualité, c’est le dynamisme de chaque piste. C’est hautement dynamique, les orchestrations étant fort sobres. N’empêche qu’on doit grimper le volume vraiment plus que bien d’autres albums. Mais l’écoute est vraiment géniale. On ne change pas de face toutes les cinq minutes. Il aurait pu y avoir un troisième disque ceci dit afin de maximiser la qualité. Peu importe, c’est un très bel achat et un tel disque, double, de couleur, 180 g, 400 copies, aurait pu être beaucoup plus dispendieux.

Album : Deux cents nuits à l’heure (XL)
Artistes : Serge Fiori, Richard Séguin

V.O. : 1978; Vinyle en encart; CBS; PFS 90456

En Test : 2018; Vinyle en encart (version noire); 140 g

Étiquette : Sony Music; 19075841161

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Je suis de ceux qui n’a pas vraiment aimé la version vinyle XL de l’Heptade d’Harmonium, sorti il y a quelque temps déjà (je vous invite à y lire ma critique). Le côté où ils se sont débarrassés des couilles de l’album, qui n’a plus de basse, m’a profondément choqué. Aussi, le côté numérique l’a emporté sur le côté vieille sonorité. Alors je suis parti avec ma copie du disque en ayant vraiment beaucoup d’appréhension.

Pour ce disque, on parle de deux de nos légendes, qui avaient auparavant travaillé ensemble à quelques reprises. D’abord en tant que choristes pour quelques disques de Gilles Valiquette, ensuite Richard Séguin a participé en tant que choriste pour l’Heptade avant enfin de sortir ce disque ensemble. Deux grandes voix, deux grands guitaristes, deux grands auteurs-compositeurs-interprètes. Ce n’est pas rien.

Une fois l’écoute démarrée, je peux mettre mon appréhension de côté. Encore une fois, on a droit à une version numérique, plus moderne. Mais cette fois-ci, le transfert en vinyle est vraiment heureux. Le dynamisme de l’œuvre d’origine est demeuré intact, la force, la vitalité, la basse, tout y est. Il est bien entendu trop tard pour obtenir d’un disquaire la version blanche, mais n’hésitez pas à prendre la version noire qui a fait mon bonheur. Un grand disque, une grande réédition de la part des artistes d’origine. Merci, les gars!

Album : Atrocetomique
Artiste : Les Colocs

V.O. : 1995; CD double; BMG Musique; 74321-31976-2

En Test : 2018; Vinyle triple (translucide vert)

Étiquette : Sony Music; 88985366131-2

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Plus tôt cette année, j’ai fait la critique du premier disque de nos Colocs, disque qu’on se doit d’avoir si on est un tant soit peu un admirateur du groupe. Totalement convenu, superbe travail de la part de Sony. Eh bien, je vais vous couper dans le mille rapidement : sautez sur ce disque aussi. C’est un disque triple, alors c’est un peu normal qu’il soit un peu dispendieux, mais on a aussi une copie du livret d’origine du CD, mais version 12 pouces pour le prix.

Le deuxième disque, avec en prime un disque en direct des spectacles du 19 et 20 mai 1995 au regretté Spectrum de Montréal, est une référence des Colocs. On a bien entendu la chanson Bonyeu, mais on a aussi la finale du spectacle, la (avant-) dernière chanson, Le Pudding à l’Arsenic, leur reprise de la chanson d’Astérix.

Choix un peu spécial, l’album lui-même est en deux faces avec une vingtaine de minutes par face, alors que le spectacle est sur des disques avec une quinzaine de minutes par face. J’aurais fait l’opposé personnellement, mais c’est mon côté chipoteux. Le disque live est plus complexe à reproduire, avec bruits de foule, des sonorités plus sales, tandis que le disque principal est beaucoup plus propre en sonorité. De toute façon, on n’a qu’à écouter la dernière chanson de la première face, la chanson-titre Atrocetomique, pour se rendre compte qu’il ne nous manque pas du tout, mais pas du tout de qualité. Le seul défaut semble être quelques faces décentrées. Peut-être malchanceux, mais mes disques un et trois sont décentrés.

Album : Dehors Novembre
Artiste : Les Colocs

V.O. : 1998; CD; Le Musicomptoir Productions; MUS2-1077

En Test : 2018; Vinyle en encart; 180 g

Étiquette : Solodarmo; SOLOLP1811

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Et avec ce troisième disque, le tour des albums studio des Colocs est clos. Avec Les Colocs, on avait droit à l’exubérance du premier album. Avec Atrocetomique, on avait un album de joie, de party. Avec Dehors Novembre, c’est toute la tristesse et l’introspection qui ressort, avec les textes au rendez-vous. Succès à profusion, chansons qui ont su marquer une génération. Le dernier opus a marqué une génération.

Et pour la qualité, on n’a pas droit à du Sony ici. C’est la maison d’édition des ColocsSolodarmo qui a produit lui-même le disque, alors c’est soit excellent, soit c’est tristement mauvais. Sony, j’ai l’habitude, fournissent habituellement une bonne qualité de copie, mais est parfois travaillé par des exigences de productions factices. Ici, c’est plus petit budget, alors on ouvre et on lance un jet de dés. Ma copie de disque est un peu chamoisée, et je ne semble pas être le seul. Je n’ai toutefois pas de bruit de fond supplémentaire (merci, aiguille SFL, j’imagine) tandis que d’autres en ont. Hormis ce problème de reprographie qui semble être directement sur le disque d’impression (mauvaise manipulation d’un technicien?), le reste est vraiment excellent. La qualité y est, c’est clair, c’est fort, c’est beau. Très bon travail de la part de Philip Gosselin au matriçage du vinyle. Déjà de ne pas détruire un disque avec tant de vécu, c’est un défi, mais de nous le faire apprécier de nouveau, il faut quand même le faire.

Album : Rêver Mieux
Artiste : Daniel Bélanger

V.O. : 2001; CD; Audiogram; ADCD 10150

En Test : 2018; Vinyle double en encart

Étiquette : Audiogram; AD-10150

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Daniel Bélanger est un habitué de nos chaumières depuis 1993, date de son premier album solo Les insomniaques s’amusent. Beaucoup de ses disques sont devenus des succès. Même les titres de ses albums sont entrés dans notre subconscient. Son deuxième, Quatre saisons dans le désordre, est tout aussi synonyme de qualité. Le troisième disque ne compte pas, il s’agit d’un album de captations de ses différentes tournées. Et voici le quatrième album, Rêver Mieux. Étrangement, Audiogram a décidé de sortir cet album en première réédition vinyle. Mais avec la qualité de ce disque, le succès des chansons, les prix remportés, je peux parfaitement comprendre leur idée originale.

Pour la qualité… Comme d’habitude, Audiogram nous donne de la qualité, et je peux bien évidemment y mettre le blâme sur Michel Bélanger, l’instigateur de ce grand projet qu’est Audiogram. Que Daniel sonne bien, il fallait s’y attendre un peu. Mais aussi d’avoir ressorti cet album avec toute la qualité nécessaire, en deux disques, des gravures de haute qualité, du volume à profusion, des très belles fréquences bien campées. C’est un superbe travail sur disque… mais pas parfait! Ah! La joie des disques vinyle quand une œuvre n’était pas prévue pour un tel médium. La coupure du pont entre Une Femme, Un Train, Un Homme et Une Gare et Dans Un Spoutnik, avec les petits effets spéciaux de l’espace, juste parce qu’il faut passer de la face A à la face B, c’est un peu un crime de lèse-majesté. Je suis certain que le choix exécutif a dû se faire avec moult sacres et hochements de têtes. Mais en parlant de cette chanson, si on écoute bien la batterie, on entend cette dernière changer de volume selon quand Daniel chante ou non. Sur un tel vinyle, avec une douzaine de minutes par face, il n’y a aucune raison valable de faire de la compression multibande globale. Aucune. On n’est pas sur la version CD d’origine, on est sur le disque vinyle. Aucune raison de maximiser le volume du disque. Aucune raison de ne pas en faire une version ultime. Aucune raison qu’un instrument recule ou avance selon que le chanteur y soit ou non.

Bref : vraiment beau disque, superbe reproduction, mais pas audiophile, et des choix déchirants débatables, nécessitant hélas de réécrire l’histoire peu importe la voie choisie.

2018: Jungle – For Ever

La Brit-soul se porte très bien, merci!

Album : For Ever
Artiste : Jungle

En Test : 2018; Vinyle en encart; Édition limitée jaune

Étiquette : XL Recordings; XL927LPX

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Le titre Jungle est bien commun chez les groupes de musique, alors il faut réellement ne pas avoir peur de la qualité de son produit pour utiliser une telle marque de commerce. Il faut dire que le duo londonien composé de Josh Lloyd-Watson et de Tom McFarland a été signé par XL Recordings assez rapidement, malgré que les deux instigateurs ne soient pas réellement connus dans la sphère musicale, c’est un signe assez clair qu’ils doivent faire quelque chose de bien. D’ailleurs, ce n’est pas une erreur que vous ne connaissiez pas le groupe, ils n’ont que peu joué au Canada, et leur premier disque éponyme date déjà de 2014. Malgré que celui-ci ait fait une belle prestation sur les palmarès, le groupe est bien loin dans nos esprits.

Et c’est quoi, un Jungle britannique en 2018? C’est du soul avec des touches d’inspiration provenant d’un peu partout, de Jamie XX, une petite touche Blood Orange, mais surtout des inspirations : électropop à la Capital Cities, peut-être une touche de Thom Yorke, un côté lyrique à la Kurt Vile. C’est un collectif qui fait dans la soul moderne, clairement inspiré du rap américain, mais avec la touche de Londres qu’on aime fort. Bref : c’est un peu de tout!

Et pour le disque, XL Recordings mous a habitués à des gravures impeccables. C’est encore une fois le cas ici, avec une très belle impression, et malgré plus d’une vingtaine de minutes de musique par côté, ils n’ont pas coupé sur la quantité de basse (on a juste à penser à la première chanson de la face B, House In LA) et la qualité de la gravure. Le volume est très bas, mais (peut-être que je suis chanceux) je ne perçois pas beaucoup de bruit de fond et la musique est bien équilibrée sur le disque. En même temps, il y a un côté froid au disque, qui fait presque penser à un CD. Lire que le côté numérique y est omniprésent. Le matriçage de Matt Colton est néanmoins excellent et on s’accroche au groupe. Un beau et bon disque à découvrir!

2018: Black Moon Boys – Nuthouse !

Le rockabill’ est bien vivant au Québec!

Album : Nuthouse !
Artiste : Black Moon Boys

En Test : Vinyle; 45 RPM

Étiquette : Rebel Music Recordings; RM 12011

Ce disque est disponible en précommande pour le 24 novembre 2018!

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Une autre de mes passions est le rockabilly. J’ai bien entendu mes favoris, entre autres, ce que nous font découvrir Keb Darge et Little Edith dans leurs compilations légendaires. Mais aussi ceux qui se la donnent pour la totale encore aujourd’hui pour faire plaisir aux fanatiques des années plus ou moins 50. La sous-culture du rétro et du vintage y est pour rester! Et le dernier groupe en vogue est les Black Moon Boys, qui vont sortir leur premier disque ce vendredi.

Petits derniers? Ou un groupe qui aurait dû exister bien avant? On peut penser à Marc-André Pilon aux micros, qui a été batteur et qui était connu comme le « gars rockabilly » du groupe punk rock Ordures Ioniques, mais aussi auteur et professeur. À Eric Sandmark à la batterie, qui multiplie les projets rockabilly, entre autres avec ses RumblersOlivier Pomerleau, greaser et bassiste sous plein de projets liés à la culture 50’s. Et un tel groupe n’en serait pas un sans introduire un membre au panthéon de la musique québécoise : Jeff Ray Holmes à la guitare sur son premier vinyle!

Premier disque nécessaire? Surtout après trois longues années de plaisir à faire des spectacles un peu partout, donner des spectacles avec quelques-uns de nos grands du rockabilly (on peut penser aux Greasemarks et aux Hellbound Hepcats pour ne nommer qu’eux). Bref : il commençait à être temps qu’ils le sortent, leur disque.

Et ils savent bien s’entourer, ce ne sont pas des deux de pique. Michel Dagenais, capoté notoire des 50’s, réalisateur et propriétaire et studio depuis plus de 30 ans, et le tout endisqué sur la célèbre maison allemande spécialisée en rockabilly, Rebel Music. Non, sans blague, on va en entendre parler. On en entends parler, avec entre autres l’excellente critique de Sylvain Cormier au Devoir

Côté disque, parce que je dois bien entendu faire mon travail de critique vinyle, c’est un superbe disque 45 tours de plus de 30 minutes, bien gravé et bien réalisé. Très clairement numérique et maximisé numériquement. On remarque que le volume est dans le tapis constamment, ce qui fait « waver » les instruments, où on perd la basse ou la regagne dépendant du volume ambiant, où les intros qui vont jouer vraiment plus fort que les pièces musicales elles-mêmes. En même temps… je vous retourne sur les années du jump blues, du rockabilly, et même du rock n’ roll : le but est que ça torche. Les 45 tours étaient maximisés avec les moyens du bord, les VU dans le tapis, la distorsion pour en donner encore plus, les tape echo pour garder encore plus de présence musicale, tout pour que les gens entendent notre succès dans le jukebox. Bref : est-ce un crime de lèse-majesté que de désirer un volume maximal sur ce style de musique? Et ne vous inquiétez pas, le numérique ne s’entend pas tant que ça. En fait, ce qui s’entend surtout, c’est la quantité de lampes (ça sent le rack à effets vintage), de micros à condensateurs et de réverbération à ressort. Totally nuts!

Si vous désirez vous déhancher, leurs lancements officiels se font à Montréal le 24 novembre 2018, à Sherbrooke le 7 décembre 2018 et à Québec le 8 décembre 2018!

2018: Kodaline – Politics Of Living

21 Demands, version 2018!

Album : Politics Of Living
Artiste : Kodaline

En test : 2018; Vinyle

Étiquette : Sony Music; 88985458071

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Il y a parfois des groupes qui passent en dessous du radar. Kodaline est un de ces groupes. Roulant sa bosse depuis plus de dix années, le groupe rock irlandais a débuté sa carrière sous le nom « 21 Demands » avant de faire le saut vers le nom Kodaline au début de la décennie. Ce saut leur a fait grand bien, avec une poussée médiatique imposante, débutant avec une bonne visibilité sur la BBC Radio One, suivi de concours et une impressionnante filmographie. Leurs disques, numéros un constants en Irlande, peinent toutefois à percer les top-10 à travers la planète.

On reconnaît toutefois leur style et on s’entend dire « il me semble que j’ai déjà entendu ça » à plus d’une reprise, malgré leur absence aux palmarès canadiens. C’est d’ailleurs un peu une honte, c’est un excellent disque, avec d’excellentes chansons. On est d’ailleurs chanceux d’avoir des copies du disque, le groupe a bien reconnu ses forces, et il n’est habituellement disponible que dans le marché européen. Ce n’est pas une importation en tant que telle, mais pas loin.

Et pour la qualité, c’est un disque matricé par Stuart Hawkes, qui n’est pas un deux de pique et qui a réalisé des transferts vinyles pour plus d’un artiste à succès. On sent la compression, mais on entend bien les instruments individuellement et ils ne se battent pas entre eux. La voix est forte, franche, les pièces sont bien réalisées. Il y a un effet que j’appelle le faux chaud, qui fait penser à une gravure plus chaleureuse qu’elle n’est réellement, qui est hélas présent à travers le disque. On a l’impression d’un effet vinyle, mais il s’agit plus d’une technique donnant un flou artificiel, rendant les pièces belles à l’oreille. On peut obtenir le même genre d’effet en passant ses pièces musicales sous un VST du genre de Tube Saturator 2 de Wave Arts. Je n’ai rien contre en fait, mais il faut savoir que c’est un effet exacerbé de faux vinyle. Probablement que cet effet était déjà ajouté au montage initial par le groupe et que M. Hawkes n’a rien à voir avec cet effet. Ça ajoute une très belle touche à la version numérique, mais c’est juste un peu trop pour le vinyle. Reste que je chipote, le disque est très bon et il faut chercher les problèmes rendus là.

On achète si on aime Alt-J, Hozier, Imagine Dragons, Coldplay, The Lumineers, Bastille.

Réédition 1982-2018: Haruomi Hosono – Philharmony

Le premier disque du géant de l’électro japonais, réédité pour nous!

Album : Philharmony
Artiste : Haruomi Hosono

V.O. : 1982; Vinyle; Yen Records; YLR-28001

En Test : 2018; Vinyle en encart

Étiquette : Light In The Attic; LITA 170

Les disques de la série de réédition de Haruomi Hosono étant fort volatiles, il est préférable d’appeler Fréquences directement afin de voir s’il est possible d’obtenir ces disques en édition fort limitée.

Haruomi Hosono est un monstre de la musique japonaise. On ne parle pas que d’un simple quidam, on parle de quelqu’un qui a roulé sa bosse depuis le début des années 70 dans différents styles avant du folk à la musique d’ambiance, avant de s’intéresser de plus en plus à la musique électronique. À la fin des années 70, il fonda le groupe Yellow Magic Orchestra, groupe de musique synth-pop ayant eu un très grand succès au Japon. En 1983, ils arrêtèrent temporairement leurs activités avec Hosono qui démarra son propre studio d’enregistrement et son étiquette de disque. Libre de créer, il sortit quelques disques d’expérimentation synth-pop, dont le premier est Philharmony.

OK, il faut avouer que ce n’est pas facile de décrire ce disque. Ce n’est pas du synthé bonbon, mais en même temps, oui. Ce qui est certain, c’est que ce premier disque n’est pas égal du tout. Chaque pièce musicale est son petit univers. Faisons le tour de quelques faits saillants de la première face :

Picnic, qui fait penser à un précurseur d’Opus 4 de The Art of Noise dans son côté naïf. D’ailleurs, Platonic aurait pu être une très bonne pièce de AoN.
Funiculi Funicura, exploration synthé sur le thème classique de Denza.
Luminescent/Hotaru, qui a clairement servi d’inspiration à Geinō Yamashirogumi pour la trame sonore au film d’animation séminal Akira de 1988.

Je pourrais continuer avec la deuxième face, avec des inspirations New Wave, des pièces plus pop, un Living-Dining-Kitchen clin d’œil à Autobahn de Kraftwerk. Bref : soit il y a des inspirations sur des grands courants ou des grands compositeurs, soit le disque d’Haruomi Hosono a servi d’inspiration à une génération de musiciens.

Côté qualité, bref ce que vous voulez savoir, eh bien c’est un Light In The Attic, ils ont tendance à ne pas faire les choses à moitié. Le disque est très propre (à part une petite usure de matrice sur Picnic dans ma version), la qualité est plus que franche, les fréquences sont bonnes et franches, et on sent que lorsque c’est plus sourd, c’est la faute aux rubans d’origine. En même temps, il y a un peu de bruit de fond, mais avec un tel genre musical qui tend à exacerber des fréquences précises dans un univers stéréophonique, c’est très facile pour un disque de perdre ses moyens. Je n’en fais pas rigueur outre mesure, mais ce n’est pas parfait. N’empêche que quand je vois des disques en réédition qui sont des mauvaises copies, avec aucune information supplémentaire dans une pochette faite à la va-vite, quasi photocopiée, je regarde un tel disque, sorti en encart avec les paroles, une belle stylistique, un obi, un livret avec un interview de 10 pouces, une déférence au matériel et une joie de sortir un tel disque, je me dis que c’est pour ça que parfois, j’aime les rééditions.

2018: Aphex Twin – Collapse

Quatre chansons électros comme un tank!

Album : Collapse (EP)
Artiste : Aphex Twin

En test : 2018; Vinyle; Édition limitée procédé héliophore

Étiquette : Warp Records; WAP423-X

Le disque avec la pochette en procédé héliophore n’est hélas plus disponible. Vous avez toujours accès à la version normale de l’album.

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Je suis un fanatique et avide collectionneur de la collection Prospective 21è Siècle de Philips. Cette collection de musique contemporaine de la fin des années 60 utilise le même procédé héliophore qu’Aphex Twin dans cette édition limitée. Et la ressemblance ne s’arrête pas là. Le compositeur électro possède un penchant exploratoire qui n’est pas sans rappeler certaines des œuvres de la collection initiale. Très étrangement, on peut dire que la roue a fait un tour côté musical : les instruments d’origine et les effets numériques utilisés par Richard D. James arrivent enfin à reproduire une stylistique recherchée par les grands explorateurs du circuit électrique des années 50 et 60. La pièce 1st 44 est tout droit sorti de l’imaginaire de Pierre Henry, l’atonalité de certains mouvements, la sonorité violente des filtres faisant penser à l’époque des trackers électroniques de l’Amiga de la fin des années 80, mais en de plus haute qualité. Le clin d’œil à des ambiances feutrées, mais pesantes à la The Art Of Noise, le retour à une vision plus sombre et hors des sentiers des quatre temps habituels comme on retrouvait dans les premières compositions de Aphex Twin, un retour aux sources en quelque sorte. C’est tout un album à écouter.

Et la sonorité du disque vinyle est aussi grande que la prémisse du disque. Il ne manque pas de fréquences, de la basse ultra-grave aux aigus laissant présager du glitch sans y être, c’est un très bon album à écouter si vous avez un caisson d’extrêmes-graves et des bons haut-parleurs. Je n’ai absolument rien à redire du début à la fin. Ah, tiens, si, un petit manquement de fréquences à cause d’une descente aux enfers à des niveaux de moins de 20 hertz, qui cause les hautes fréquences à être réduites légèrement dans le matriçage. Beau Thomas a dû s’arracher les cheveux!