RSD2019: Tedeschi Trucks Band – High & Mighty

Petit retour sur le Record Store Day, et première critique!

Quelle semaine! Et quelle journée du RSD! Comme d’habitude, une belle journée, des gens sympathiques en file, les habitués qui viennent prendre leur lot de trouvailles, et les quelques-uns qui repartent bredouille parce que quelqu’un a été plus vite qu’eux, ou que la sortie a été reportée. Mais les gens que j’ai vu repartir avaient tous le sourire au visage! À la fin de la journée, je suis reparti avec une cinquantaine de disques, dont trois qui ne sont pas du RSD. J’ai résisté à prendre la table tournante trois pouces, et il y a beaucoup de très beaux coffrets que j’ai regardé partir avec des larmes au visage. Déjà que j’ai acheté deux fois plus de disques que l’an passé, que j’ai deux usuriers qui me courent après et que j’ai déjà vendu un rein au marché noir, c’est amplement suffisant!

Sur ce…

Petite nouveauté : je vais dorénavant donner des cotes qualité aux disques! Eh oui! Il faut être avec le temps, que voulez-vous!

Voici ma grille :

  • 0 : Disque illisible, graves fautes de production
  • 5 : Disque fourni en CD à la réplication, fait à la chaîne, achetez donc ce dernier!
  • 7 : Très bon disque, pas exceptionnel, la majeure partie des disques
  • 10 : On pleure tellement c’est beau!

Album : High & Mighty
Artiste : Tedeschi Trucks Band

En Test : 2019; Vinyle 180g; 45 tours; RSD 2019

Étiquette : Fantasy; FAN00434

Dans les groupes méconnus ici, il y a bien le Tedeschi Trucks Band. Ce n’est pas un petit groupe ! Susan Tedeschi est une blueswoman de carrière, ayant d’abord démarré le Susan Tedeschi Band, groupe qui a ouvert pour les plus grands groupes de R&B, blues, rock et folk (dont Bob Dylan et les Rolling Stones), elle a été une des rares productions blues-folk a obtenir des disques d’or et des nominations à des Grammy très régulières. Au début du millénaire, elle a marié Derek Trucks, guitariste d’exception d’abord connu pour son Derek Trucks Band, mais il a surtout été un musicien invité à travers de nombreux événements et groupes (dont Crossroads, les Allman BrothersBob Dylan encore et Eric Clapton).

Le secret de leur sauce a été de combiner leurs talents complémentaires. Avec la voix de Tedeschi rappelant le côté folk de Bonnie Raitt et les emportées blues de Janis Joplin (selon la journaliste Gwenn Friss) accompagnée d’une guitare rythmique d’un tel calibre qu’elle aurait pu être lead dans la majeure partie des autres groupes blues, et la guitare incroyable de Trucks, on a droit à toute une envolée d’émotions. D’ailleurs, leurs nominations et gains de Grammys à travers leur histoire de groupe le prouvent. Un mélange incroyable de rock, blues et folk.

Ce disque est un EP en 45 tours, avec trois chansons inédites sur la face A et une longue pièce enregistrée en concert pour la face B. Quel disque! La qualité y est réellement, les instruments sont beaux, clairs, mais avec une présence toute blues, tout comme la voix qui est parfaitement captée. On a juste le goût d’écouter cet EP en boucle!

Qualité du vinyle : 9/10

RSD2019: Les choix de Michel

Une petite tradition: voici la liste des disques qui m’intéressent cette année au Record Store Day 2019. Et c’est toute une année! Bon an mal an, j’ai une dizaines de disques sous la lorgnette. Cette année, c’est plus d’une cinquantaine (genre … beaucoup plus)! Mon porte-feuille me regarde avec un drapeau blanc et des yeux en x, et la dite journée n’est même pas arrivée!

Alors le petit disclaimer public afin de protéger nos arrières… je, Michel, ne suis pas employé chez Fréquences. Je ne l’ai jamais été et je ne le serai probablement jamais! Au fil des ans, je peux dire que beaucoup des membres de l’équipe sont devenus des bons amis… mais ça s’arrête là! Je ne suis qu’un simple fan fini à grande gueule, qui a été approché par la gang pour écrire des critiques et des articles!

Je ne suis pas payé (en fait, je paye mes disques). Je ne suis pas dans le secret, je ne sais pas si Fréquences va recevoir 0, 1, 2, 5, 15, 50 disques de Mme. Unetelle et son Band. Je vais avoir la même surprise que tout le monde le matin du Record Store Day. Je vais fouiller comme tout le monde, et comme tout le monde, il y a ce barbu qui va arriver cinq minutes avant nous et qui va prendre la seule copie du disque tant prisé. Je ne sais pas si ce disque va se vendre à 1000$ le lendemain ou si 500 copies vont se retrouver dans le bac à un dollar.

On est dans le même bateau! Les matins du RSD, je parle aux habitués, on s’échange nos convoitises, on parle des autres fous, de nos belles prises de l’année. On parle dans le dos de JF. On frappe dans la vitre et on fait du grabuge (respectueusement). Et si je suis dans les premiers de la file, c’est parce que je me lève trop tôt pour la vie… comme tous les autres carburant au café qui font la file! Ah non, il y a pire: certains partent tard la veille de St-Trop-Loin-de-Lavie, dorment dans leur camion et arrivent avec la bonne humeur. Quand même!

Sans plus tarder… mes choix, en ordre alphabétique!

Mes incontournables

Incontournable pour moi = risible pour un autre, suivi de quoi tu ne prends pas ça? Il faut faire son choix! Oh et si vous vous demandez pourquoi je ne parle pas de tel ou tel grand artiste, c’est que j’ai tenté de conserver mes choix sur les valeurs moins certaines, vous faire découvrir des choses, pas seulement le dernier U2.

  • 59,99$ – Brazil Classics 30th Anniversary Box Set (Luaka Bop)
    La grande collection de David Byrneles grands musiciens du Brésil, qui n’étaient pas enregistrés. Le tout sur vinyle! C’est absolument fou, et à un prix qui parfois n’inclut qu’un seul disque! Je me sens comme un petit enfant ici! Je vous invite à cliquer sur le lien (le titre de l’album) afin de lire les beaux commentaires ajoutés par l’équipe de Fréquences, sans blague, je n’ai rien d’autre à ajouter.
  • 49,99$ – Captain Beefheart – Trout Mask Replica (Third Man)
    Si je n’ai qu’un seul disque à obtenir, c’est lui! L’histoire veut que le grand bluesman qu’est Captain Beefheart a reçu une carte blanche afin de réaliser quelque chose de totalement champ gauche. Quand on sait que c’est un collaborateur avec Frank Zappa et que ce dernier a été quand même pas mal traumatisé de l’album qu’il a coproduit, ça donne une idée du portrait. L’album lui-même est du grand n’importe quoi: des bouts de rubans parlés en ad lib dans le studio, des musiciens qui ne s’écoutent pas, une voix de poète qui se fout de la musique et qui hurle le tout en falsetto… et quand je parle de poésie, c’est quelque chose! On est beaucoup plus près de Claude Peloquin que de Rimbaud disons. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que tout l’album, aussi étrange soit-il, a été sciemment et consciencieusement écrit, répété, et rien dans tout ça n’est laissé au hasard! À un point tel où les musiciens se sont présentés dans le studio, ont joué les pièces telles que prévues, et qu’ils ont quitté après presque une seule prise.

  • 37,99$ – Cotton, James – Late Night Blues Live At The New Penelope Café (Justin Times)
    L’étiquette montréalaise frappe encore: un grand harmoniciste, une légende du blues, James Cotton n’était pas un deux de piques. Ayant acquis sa notoriété dans les années 50, ce dernier en a joué de toutes les couleurs durant sa très grande carrière. On a droit ici à un enregistrement du Café Pénélope de Montréal en 1967. L’album s’écoute comme un charme, j’ai hâte de voir ce que Justin Times aura réussi à sortir comme sonorité des vieux enregistrements!
  • 41,99$ – Disco Not Disco: Leftfield Disco Classics From The New York Underground (Strut)
    Je vous laisse lire ce que l’équipe de Fréquences a à dire (cliquez sur le titre de l’album), ça donne une très bonne idée de l’ampleur du désastre! Et c’est un Strut, ils ont tendance à produire de l’excellente qualité! À ce prix-là, c’est du vol!
  • 89,99$ – Evans, Bill – Evans In England: Live At Ronnie Scott’s (Resonance)
    Ouch! L’importation coûte cher! Mais quel spectacle! Bill Evans demeure un des plus grands pianistes jazz, et il nous en met plein la vue en 1980 sur ce fantastique album enregistré en direct. Je suis aussi très légèrement sceptique de la qualité, vu qu’on aura droit à 25 minutes de musique par face en moyenne afin d’entrer la totalité des pièces en deux vinyles. Ce n’est pas du jamais-vu, il y a certainement possibilité d’avoir une qualité exemplaire, et surtout que les pièces possèdent un très grand dynamisme, donc beaucoup de chances d’optimisation de pistes. Mais c’est à voir.
  • 23,99$ – Karkwa – Le Volume Du Vent (Audiogram)
    Le chef d’œuvre de 2008 est enfin en vinyle! On parle ici d’un disque qui a sa propre page Wikipedia en anglais. Il y a des grands albums, et il y a de très grands albums. L’engouement porté à ce disque risque d’être démentiel. Passez à côté et prenez-en une copie, ou vous allez le regretter! Je le mentionne ici, mais n’oubliez pas les six excellents disques quebs cités à la fin de l’article!

  • 37,99$ – Kuti, Fela; Ayers, Roy – Music Of Many Colours (Knitting Factory Records)
    Deux grands, un africain de l’afro-beat et du funk, et un américain du jazz qui débutait sa phase R&B et disco. Une rencontre mythique après une tournée de trois semaines de concerts au Nigéria. Ils ont tellement aimé jouer ensemble qu’ils ont pondu cet album. D’un côté, une composition surtout de Kuti. De l’autre, une composition surtout de Ayers. Des deux bords, des grands musiciens, un orchestre ridicule, des chœurs, name it!
  • 35,99$ – Russell, Leon – Live At Gilleys (Concord)
    Excellent spectacle de la part de Leon Russell au sommet de sa forme, accompagné de l’excellent New Grass Revival Band. Très bon spectacle rock de 1981, avec une touche bluegrass du mythique groupe progressif et la touche country du grand Russell. Ce n’est pas pour rien qu’il a été intronisé au temple du Rock n’ Roll en 2011!

  • 19,99$ – Sunn O))) – Life Metal (Southern Lord)
    36,99$ – Sunn O))) – Life Metal (2 LP) (Southern Lord)
    Un nouveau disque! Ce n’est pas une réédition qu’on parle ici, c’est de nouvelles compositions du mythique Sunn O))). Et on a droit à deux versions du disque: une normale sur un vinyle à un prix très abordable (en comparaison, c’est plus de 5$ supplémentaires pour le 7po de Kubrick). Mais aussi, on a une version qui risque d’être solidement limitée au RSD 2019: les mêmes pièces, mais sur deux disques, s’assurant d’avoir le maximum de volume et de dynamisme pour nos envolées dans le monde drone de Sunn O)))!
  • 89,99$ – Third Man Records Rsd 3 Inch Vinyl – Blind Box Set Of 4 Records
    Moi c’est ce qui m’intéresse. En fait, plus précisément, le disque des Raconteurs. Mais pour ça, il faut aussi acheter la table tournante jouant des disques de trois pouces!
    109,99$ – Mini Turntable With Foo Fighters 3 Inch Vinyl Record
    Bref: 200$ pour obtenir un disque de 3 pouces … mais en même temps, quelle idée originale!
  • 29,99$ – Wtf: Live From The Garage (RSD Records)
    On n’en verra pas trop de cet acabit: album produit par le Record Store Day lui-même, afin d’épauler une bonne cause. The Garage, c’est une baladodiffusion en premier lieu, et il a eu la chance d’avoir des prestations uniques de beaucoup de grands artistes de tous les styles. On peut penser à Charlie MusselwhiteEels et bien d’autres. Une bonne cause, une très bonne compilation, des artistes connus ou méconnus, des versions uniques, et ça risque d’être la seule fois que ce disque va être disponible en vinyle. L’avenir me prouvera que j’ai tort, mais je ne suis pas certain que ce soit le premier choix de beaucoup d’acheteurs. Moi, en tout cas, j’espère sauter dessus!
  • 18,99$ – Zero 7 – Home (alternative Mix) / Somersault (Danger Mouse Remix Ft. Mf Doom) (New State Entertainment)
    Un petit 10 pouces. Un très bon groupe de trip hop qui roule sa bosse depuis une vingtaine d’années. Ils sortent deux chansons retravaillées, la première par Tina Dico, et l’autre par Danger Mouse. Si je me fie à leurs albums et à la version numérique du remix de Danger Mouse, je pense qu’on va avoir droit à un méchant bon simple!

Mes incontournés

Vous allez comprendre qu’après tant de si bons disques, il a fallu que je coupe en quelque part! L’année précédente, j’avais carrément moins de disques qui m’intéressaient, je devais gratter afin de trouver les bombes. Et là, j’ai eu à ajouter tous ces disques dans une deuxième section! Ils sont tous aussi bons (moins une toute petite coche), mais je laisse une chance à mon portefeuille.

  • 26,99$ – Carlos, Wendy; Elkind, Rachel – Kubrick (Silva Screen)
    Ok, le rapport qualité-prix n’est décidément pas du côté de cet album. C’est un petit 45 tours 7po. Mais la musique qu’il contient, ouf! On a droit à la première utilisation d’un vocorder sur un enregistrement avec la pièce dont le point de départ est la 9e symphonie de Beethoven. Et de l’autre côté, c’est un travail à partir du fantastique Requiem de Berlioz. Deux grandes pièces, telles qu’utilisées dans les films de Kubrick l’Orange Mécanique et Shining: L’enfant lumière. Et j’ai un solide faible pour la pionnière et précurseure Wendy Carlos. Bref: pour moi, il aurait pu être un incontournable si ça n’avait pas été du prix prohibitif.
  • 16,99$ – Chic – Le Freak (Oliver Helden Remix) (Rhino)
    Édition spéciale simple 12 pouces avec la version vocale étendue originale sur une face, et le nouveau remix de Helden sur l’autre. Célébrons le 40e anniversaire de cette chanson mythique! Mon côté stoïque dit que les gens se fichent de la nouvelle version, et que l’ancienne est accessible chez tous les bons disquaires dans les boîtes à cinq dollars… mais mon côté excité dit que c’est génial qu’une étiquette de disque prenne le temps de réaliser un simple disco sur douze pouces juste pour faire plaisir aux admirateurs et célébrer avec tout le monde. Pour le prix, c’est pas trop mal en plus. Si ce n’était pas de l’accessibilité de la VO, j’aurais dit incontournable.
  • 84,99$ – Perry, Lee «Scratch» & Friends – Back To The Ark Boxset (Upsetter)
    Le Dub, c’est quelque chose. Quatre rythmes, quatre albums. Chaque album avec quatre versions tirées du même rythme. Une anthologie! Je ne crois pas que ce soit un album pour Monsieur et Madame Tout le Monde, ça risque de ne pas trop se suivre, ça risque d’être rébarbatif même, quatre simples dans une boîte dans le fond. Mais pour les capotés fous du Dub, ça risque d’être solidement le pied. Ça reste aussi un brin dispendieux avec plus de 20$ par album, mais il faut ce qu’il faut. Moins dispendieux, il aurait été indispensable!
  • 13,99$ – Ronson, Mark Feat. Cyrus, Miley – Nothing Breaks Like A Heart (Columbia)
    Bin oui, du Miley Cyrus dans mes tops. Un simple douze pouces, la très bonne chanson en face A, et deux remixes en face B. Je dois avouer, j’ai un faible pour Mark Ronson, je trouve qu’il réalise des excellentes chansons. Oui oui, je sais, on ne voit pas le popotin de Cyrus sur le vinyle, il faut écouter le vidéoclip pour ça. Mais moi, c’est la musique que j’aime. Pas une réédition! C’est nouveau de novembre 2018! Pas indispensable parce que pop, mais c’est mon côté hautain qui parle!

  • 64,99$ – Tangerine Dream – Poland: The Warsaw Concert (Esoteric)
    Un grand classique du genre, quatre superbes pièces. Un très bon concert, un grand album des maîtres de l’électro-ambiant. Ça reste un des disques qui m’intéresse le plus, ils ont tout donné pour cette réédition, allant au Abbey Road Studios pour la gravure, pochette restaurée. Mais mon petit commentaire sarcastique va tout de même mentionner qu’on peut obtenir une version NM du disque original pour la moitié de ce prix. J’ai hâte de faire ma critique, juste voir si leur nouvelle version vaut réellement la peine (c’est Esoteric, ça risque d’être oui.) Pas incontournable parce que dispendieux pour quelque chose d’accessible en VO moins cher que ça.

Les trucs pour fous

C’est pas incontournable, c’est juste débile! Mais s’applique à une clientèle en particulier. En vedette cette année: le blues et le dub!

  • 44,99$ – Arnalds, Ólafur – Re:member + String (Mercury)
    Un des très bons compositeurs multidisciplinaires, ayant débuté en tant que batteur de groupes hardcore et métal, et ici, on a droit à quelque chose de totalement différent: un extraordinaire album débutant au piano, et grandissant en downtempo et en électro avant de terminer en grande. Un superbe album de 2018, en édition spéciale avec un 7 pouces en extra!
  • 52,99$ – Clark, Alice – Alice Clark (Wewantsounds)
    La grande chanteuse soul méconnue, enfin en réédition sur une étiquette conséquente. Cet album de 1972 est un chef d’œuvre de R&B, soul, acid jazz, pop, name it! C’est l’heure de la découvrir, elle est incroyable! Et encore plus incroyable, elle est méconnue!
  • 38,99$ – Dillinger – Cb 200 (Get On Down)
    L’original dub de 1976, réédité pour notre plaisir! Le premier disque officiel de Dillinger, grand artiste reggae-dub de Kingston qui roule encore sa bosse aujourd’hui. L’album du succès international Cocaine in my Brain.
  • 52,99$ – Dream Syndicate – The Days Of Wine & Roses (Fire)
    Le punk rock alternatif et à paroles des années 80 est à son meilleur avec cet album. Wine & Roses est le premier album du groupe Dream Syndicate de Los Angeles, et il a frappé fort. Je me demande si la version de Fire sera à la hauteur, tout le monde s’est essayé de sa propre version (dont l’excellente étiquette 4 Men With Beards). Et le disque demeure plus dispendieux qu’une version NM de ces derniers… Mais Fire a tendance à réaliser des versions ultimes, et selon leur site web, ça semble être encore le cas, avec des disques supplémentaires, des liners, des objets, etc. On ajoute le coût de l’import du UK, et ça justifie pleinement ce prix.
  • 39,99$ – Green River – Live At The Tropicana 1984 (Jackpot)
    Si vous ne connaissez pas Green River, c’est un super groupe composé de Mark Arm et Steve Turner de Mudhoney et Jeff Ament et Stone Gossart de Pearl Jam. Bref: ce n’est pas des deux de piques. Et cet album, ça provient de la collection personnelle des membres du groupe. Bref: du jamais vu!
  • 42,99$ – Hancock, Herbie – Dedication (Get On Down)
    Il faut le faire en 2019, sortir un Hancock presque inédit de 1974. Ceci n’est pas le Herbie Hancock que vous avez l’habitude d’écouter! Cet album est presque un exutoire, une soupape à trop-plein que le grand pianiste jazz à commis sur ruban avant de retourner à sa tournée.
  • 29,99$ – Idles – Meat Ep / Meta Remixes (Balley Records)
    De l’excellent heavy punk rock datant de 2015, enfin en vinyle. Un EP sur une face et quatre remixes de Meta sur l’autre. À découvrir!
  • 32,99$ – Lightnin’ Hopkins – Strums The Blues (Third Man)
    C’est une compilation … de 1958! Des 78 tours d’un des plus grands bluesman mis sur un seul album, qu’on peut acheter en VO à environ 500$ si on est chanceux.

  • 36,99$ – Little Walter – The Best Of Little Walter (Sundazed)
    Compilation de 1957 du grand harmoniciste, fier représentant du style blues de Chicago. Il existe une version audiophile « ultime » de 2005 par Chess, mais elle est le double du prix de cette nouvelle version. À suivre si ça vaut la peine de dépenser le plein prix après la version de Sundazed, qui font habituellement des versions correctes de leurs disques.
  • 26,99$ – Mickey Mouse Disco (Disney)
    L’original, le seul et l’unique! Pour faire différent un peu des Rockabye de ce monde, on a droit ici aux vraies versions des chansons qu’on aimait quand on était petits. Je dois avouer, je connais le disque par cœur, et j’ai hâte de faire une étude comparative entre ma version originale et celle-ci!
  • 36,99$ – Morricone, Ennio – La Stagione Dei Sensi (Vinyl Magic)
    Ce n’est pas un album normal de Morricone. Beaucoup de styles différents, beaucoup d’atmosphères différentes. Il était temps que quelqu’un en fasse la réédition, la dernière datant de 2009.
  • 42,99$ – Rahbani, Ziad – Abu Ali (Wewantsounds)
    Dans les choses les plus champ gauche que je propose, il y a cet album: un grand succès de disco libanaise de 1978! Mais si c’était juste ça… en fait, il est allé en Grèce pour enregistrer son album, c’est donc un 12 pouces absolument international qui est présenté ici! Pour deux chansons de 13 minutes, c’est un brin dispendieux, mais je peux concevoir beaucoup de raisons d’un tel prix.
  • 32,99$ – Roots Radics / Dub Syndicate – Dub The Planet Vol. 1 (Soundsystem)
    Encore un autre groupe dub qui a joué avec tout ce qui bouge: de King TubbyDillingerscienist, et ici avec Dub Syndicate.  Très curieux de ce qui va être fourni sur ce disque!
  • 29,99$ – Santigold – I Don’t Want: The Gold Fire Sessions (Downtown)
    Dre Skull et Santigold se sont amusés l’an passé et ont fait un mixtape mêlant la chaleur des caraïbes, dancehall et reggae. C’est doux, sympa, joyeux et une parfaite trame sonore pour son été! Juste pour le mega-hit Run The Road, ça vaut la peine!

Disons simplement qu’il faut vouloir pour acheter des rééditions de 78 tours qui tourne à cette vitesse. Moi, j’adore … mais il faut l’équipement et il faut être passionné pour payer si cher pour deux chansons.

Mais ce n’est pas tout

Plein d’autres trucs géniaux qui sortent … mon article est déjà assez long alors pas de discussions, mais parlez m’en, ce sont tous des disques qui sont fous! En rafale sans ordre! Si vous pensez que je ne fais que mettre tous les disques de la section RSD, en fait, vous vous trompez! Ce sont tous des disques qui m’intéressent, et j’en passe une 30aine d’autres que je me garde secrets! Ouais … c’est ridicule comme ça cette année!

Et quelques autres quebs

Je termine mon article avec au moins quelques autres disques nécessaires! Aucune description nécessaire, ce sont de grands succès qui méritent leur sortie vinyle depuis longtemps!

Quelqu’un achète des reins en bon état?

Rétrospective RSD 2018

Beaucoup de très bons (et beaucoup de moins bons) disques sont sortis en 2018. Cette année, c’est fou! Dans quelques jours, la folie arrive!

Vous voulez savoir si ça vaut la peine d’acheter au RSD? Eh bien la réponse est « noui » : certains disques sont des belles trouvailles, certains sont des disques pour admirateurs d’un groupe en particulier, certains ont été produits de façon mercantile, et quelques petits bijoux n’ont juste pas assez d’exemplaires afin de pallier à la demander. Bref : achetez ce que vous considérez bon, et laissez aux spéculateurs leur lubie de réaliser quelques sous avec leurs achats.

Pour vous convaincre qu’il y a des bonnes trouvailles, voici, en rafale, une série de beaux disques sortis lors des différentes éditions du RSD 2018. Je reste quand même relativement conséquent avec mes choix que je désirais obtenir. Dans tous ces choix, il y en a quelques uns que je n’ai pas pu acheter hélas, et je me suis laissé tenter par bien d’autres. Vous allez remarquer qu’il y a beaucoup de rééditions ici, et c’est quelque chose que j’ai vraiment déploré. Je suis heureux de dire que cette année, plusieurs nouveaux disques sortent. Le RSD s’améliore donc d’année en année.

Voici mes précédentes critiques de ces choix en particulier :

Et j’ajoute…

Doris Norton – Nortoncomputerforpeace & Personal Computer

Artiste : Doris Norton
Albums : Nortoncomputerforpeace (1983) et Personal Computer (1984)

En test : Vinyle; 2018; Mannequin; MNQ 116 et MNQ 120

Exemple parfait de la raison d’être du RSD : rendre accessibles une autre fois des disques rares et obscurs. Doris Norton est une compositrice-interprète italienne qui a la distinction d’avoir été la seule à recevoir un sponsorship de la part d’Apple. Aujourd’hui, on le tient pour acquis, mais Apple Computer s’est fait poursuivre à maintes reprises par Apple Corps (l’étiquette des Beatles) afin qu’ils ne touchent à quoi que ce soit de multimédia. Ils ont même eu à payer des frais à ces derniers à cause qu’ils avaient une prise haut-parleurs et micro sur leurs ordinateurs! Alors que d’avoir leur logo de pomme sur un disque, imaginez!

Les disques de Doris Norton sont autant de styles disparates, allant de l’électro-minimaliste à la Kraftwerk et The Art of Noise, à une recherche plus poussée et in, voire à de la heavy techno rock pour certains de ses albums des années 90. Bref : une grande pionnière de la musique électronique! Et ces exemplaires, gracieuseté de Mannequin, sont très bien gravés! Très bonne écoute!

 

Motörhead – Death or Glory

Artiste : Motörhead
Album : Death or Glory (Bastards en 1993)

En Test : Vinyle; 2018; Vinyl Passion; VP 90052

Motörhead a toujours fait parler d’eux, un groupe précurseur au style heavy metal, des années avant que le style n’existe vraiment. Mais avec le décès des Lemmy, on assiste à un revival de la passion des admirateurs du groupe. C’était un peu naturel qu’une étiquette se décide de sortir une nouvelle version de l’album Bastards de 1993. Cet album est un retour aux sources du groupe Motörhead, avec un style qui est reconnu comme étant classique pour eux. C’est aussi une deuxième période charnière côté membres, dans les derniers albums avec Michael « Würzel » Burston, et le deuxième avec le batteur Mikkey Dee.

Le disque n’a pas connu une très grande distribution, restant plus ou moins en Allemagne, malgré le fait que le groupe considère encore ce disque comme un de leurs meilleurs. Ceci dit, l’internationalisation des distributions fait qu’il y a eu plusieurs bonnes rééditions en vinyle. Alors que d’en avoir une autre, ce n’était peut-être pas si nécessaire que ça. En même temps, la version qui a été proposée en 2018 est très honnête, possède une assez bonne sonorité et est géniale à écouter. Le rematriçage est adéquatement produit, pas excellent mais très bien.

 

Popol Vuh – Messa Di Orfeo

Artiste : Popol Vuh
Album : Messa Di Orfeo (1999)

En Test : Vinyle; 2018; One Way Static Records; OWS 21

Ce n’est pas la première fois que j’écris indirectement à propos de Popol Vuh. J’avais aussi réalisé la critique de l’excellent album d’interprétation de musique classique de Florian Fricke qui est sorti ce même RSD. Si vous vous attendez à du krautrock, vous allez tomber sur un nœud : ce disque est assez purement ambiant et possède une facture chantée très près de la musique classique. C’est un très grand chef d’œuvre, une voltige de composition impeccable, le tout gravé sur un disque vinyle de très grande qualité.

Encore une fois, une bonne raison de rechercher les éditions sur RSD : c’est la première fois qu’on peut entendre ce disque en vinyle, et la composition s’adapte parfaitement à ce médium.

 

Lhasa – Live in Reykjavik

Artiste : Lhasa
Album : Live in Reykjavik (2009/2017)

En Test : Vinyle double; 2018; Audiogram; 19075805381

Dans les éditions qu’il fallait sauter dessus lorsqu’on y avait accès, il y a les rééditions RSD de Lhasa de Sela. Cette superbe édition de son spectacle enregistré en 2009 a finalement été sortie en CD en 2017 par Audiogram, et ils en ont profité pour faire une copie en vinyle double absolument impeccable. Payée moins de 30 $ (pour un disque double 180g) lors de sa sortie, on ne s’en sort hélas plus en bas d’une centaine de dollars afin d’obtenir le même disque. Et à date, Audiogram ne semble pas pressé de faire comme pour l’excellent La Llorona et faire une réimpression. Bref : il fallait y être! Pressing qualité audiophile, pour une captation de spectacle. En même temps, ce ton de voix, cette chaleur, ces instruments, le vinyle est le parfait médium pour faire jouer une telle musique!

Abruptum – Evil Genius

Artiste : Abruptum
Album : Evil Genius (1995)

En Test : Vinyle en encart; 2018; Black Lodge Records; BLOD027LP01

Dans un tout autre ordre d’idée, le groupe de musique black metal Abruptum en a profité pour sortir son excellente compilation Evil Genius une autre fois en vinyle. Il y a dix ans, Southern Lord (l’étiquette de Sunn O))) ) avait réalisé une excellente édition limitée de ce vinyle. Nécessaire d’en avoir une autre copie? Non. Mais pas déplaisant aussi. On déplorera que ces 300 copies limitées de couleur n’aient pas conservé la belle touche du CD initial d’avoir un message nous proposant de se tuer avec la lame de rasoir fournie. Très bonne gravure de la part de Black Lodge. Belle présentation! Et une belle entrée en matière pour la musique black metal.

 

Mais ce n’est pas fini! Prenez une gorgée de café avec moi, et on continue!

Marijata – Pat Thomas introduces…

Artiste : Marijata
Album : Pat Thomas introduces Marijata

En Test : Vinyle; 2018; Mr Bongo; MRBLP158

Extraordinaire disque de protodisco funk ghanéen de 1976, c’est le genre de disque dont l’original se vend à un prix ridiculement élevé (dans les 300 $ pour une minable copie). À ce prix-là, je vais prendre un billet d’avion pour le Ghana et aller acheter les bandes maîtresses originales.

Il y a trois ans, une réédition a été effectuée avec un succès adéquat. Mais ici, on parle de Mr Bongo. Et cette étiquette n’y va jamais de main morte. Quelle belle réédition avec une sonorité somme toute bien honnête ! On a de tout ici : on entend la boule disco dans la sonorité, des belles guitares, des horns, un rythme légèrement afrobeat, les voix en ensemble, le black power et la fierté africaine, l’anti-religion. Je ne crois pas qu’il fallait s’attendre à des miracles, les rubans sources ne doivent pas être réellement de bonne qualité, mais malgré tout, ça s’écoute avec joie à haut volume.

La bonne nouvelle est que le disque a été tellement scalpé qu’il est disponible à un prix très abordable sur les Internets.

Spectrum – Highs, Lows And Heavenly Blows

Artiste : Spectrum
Album : Highs, Lows and Heavenly Blows (1994)

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-079

Après beaucoup de styles différents, c’est l’heure de sortir la pipe à patchouli! Pete « Sonic Boom » Kember, connu surtout pour son précédent groupe Spacemen 3, nous lance dans le post space rock, pieds et poings liés. Un des meilleurs albums de Spectrum, il ne faut surtout pas prendre avec des pincettes le disque Highs, Lows and Heavenly Blows. C’est une atmosphère faisant penser à un très heureux mariage entre GY ! BEGiorgio Moroder et Steve Wilson, avec Peter Kruder comme maître de cérémonie. Avoir su qu’un tel groupe existait lors de mes années de cégep, ma vie aurait été différente!

Selon ce que j’ai entendu parler, le disque original de 1994 n’avait pas une gravure si excellente que ça. Eh bien, Medical Records s’est chargé de réaliser l’impossible, comme d’habitude! On a le goût de mettre ce disque à tue-tête et de se laisser emporter par cette si belle atmosphère.

Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

Artistes variés
Album : Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-077

Comme chaque année, Medical Records nous fournit sa compilation de pièces toutes plus obscures les unes que les autres. Parfois, ce sont des pièces incroyables et parfois, c’est un peu bizarre. Je dirais que c’est la première année que je dirais que les pièces ne sont pas extraordinairement loufoques. On a droit à un style un peu plus « convenu », soit du minimalisme, du synthé-pop, et des pièces qui ne décoiffent pas tant que ça, comparés aux années précédentes. Comme je suis fou du synthé-pop, ce n’est pas un problème pour moi, mais pour une première année, ce n’était pas le premier disque que je désirais ouvrir.

N’empêche, la gravure est excellente, l’édition est géniale, ça s’écoute vraiment bien et j’aurais définitivement préféré avoir beaucoup plus de notes sur les artistes que j’écoute : comme toute bonne compilation K-tel de ce nom, on n’a que le nom du groupe et le nom de la pièce de musique. Ce n’est pas un objet de collection digne de Medical Records.

Suite du programme: mes recommendations 2019!

2010/RSD2018: Taylor Swift – Speak Now

Le 13 avril 2019, nous allons avoir le Record Store Day 2019. Et cette année, il y a des disques incroyables ! En fait, il y en a pour tous les goûts, des grands classiques aux obscurs, des nouveaux disques aux disques étranges. Il y a même une collection de disques de trois pouces avec la table tournante assortie ! Certaines années, je n’ai presque aucun intérêt aux sorties du RSD, mais parfois, c’est la folie! Cette année, c’est la pire année pour mon budget, et de loin. Tant de beaux disques! Je vais vous fournir ma liste d’intérêts bientôt, et bien évidemment, je vais faire la file dès l’aube, mon café à la main, chez Fréquences à Saint-Hyacinthe, espérant avoir assez de mains pour accrocher les éditions uniques qui seront cachées dans les rayons partout.

Un petit mot de remerciements de la part de Fréquences : je sais que beaucoup lorgnent les listes du RSD sorties un peu partout celle officielle et celles compilées par les maniaques, ainsi que la liste fournie par Fréquences. Vous êtes nombreux à écrire à votre disquaire vos intérêts, demandant s’il va en avoir une copie. Merci! Ces intérêts que vous fournissez permettent d’essayer de commander plus ou moins d’un disque, en espérant en avoir beaucoup de copies. Je ne sais bien évidemment pas ce que nous aurons, je ne suis pas employé, ni ne fait partie du secret des Dieux. Et je ne crois pas que Fréquences ne sache encore ce qu’ils vont avoir, ils le savent plus ou moins lors de la réception des boîtes. Mais JF m’a fait part que beaucoup de disques avec un très grand engouement ne seront disponibles qu’en quantités très limitées dans le monde, ce qui donne une ou deux copies pour le magasin quand plus d’une dizaine ont porté intérêt sur une sortie.

Bref : il faudra fouiller, parce que ces éditions ne seront pas nécessairement sur les présentoirs à vue, surtout quand l’édition sera très limitée! Il faudra s’armer de patience et sortir ses gants de fouilleurs. À mon avis, ça fait partie du plaisir, et j’ai hâte de vous voir, sourire à la main et le café au visage comme chaque année!

Sur ce, je vais vous présenter dans les deux prochaines semaines une petite rétrospective d’albums, bons et moins bons, qui sont sortis au RSD en 2018, ainsi que quelques autres coups de cœur.


 

Album: Speak Now
Artiste: Taylor Swift

V.O.: Vinyle double; 2010; Big Machine Records; BTMSR0300C

En Test: Vinyle double en encart, transparent fumé, numéroté; RSD Black Friday 2018

Étiquette: Big Machine Records; BMRTS0300A

Ce n’est pas un secret que j’aime beaucoup Taylor Swift. Étant partie du country assez pur avec son album éponyme en 2006 au tendre âge de 16 ans, elle continue avec une sonorité plus pop avec Fearless, son album de 2008. Ce dernier est un réel chef d’œuvre qui est devenu l’album le plus vendu aux États-Unis. Encore mieux, Swift a mérité la distinction d’être l’artiste la plus jeune ayant remporté une telle distinction. S’ensuivirent une panoplie de prix et la fameuse apparition de Kanye West lors de la remise des MTV. Bref, tout un album. Speak Now, sorti en 2010, est une suite logique de la progression de l’auteure-compositrice-interprète de talent. Excellent album, c’est son dernier qui peut être décrit comme ayant des sonorités country. Pour la suite, Red est décrit par certains comme étant country, mais il faut gratter loin, et 1989 est carrément son renouveau pop.

Je suis aussi admirateur de T.S. parce qu’elle a tendance à en donner beaucoup à ses fans et à l’industrie en général. J’avais fait une critique de l’album 1989 qui, pour moi, avait été un de mes coups de cœur de 2017, entre autres pour la générosité de la production, mais en plus que le vinyle était à un prix ridicule d’un peu plus de 20 $ pour un album double. Récemment, elle a aussi signé avec UMG, et son contrat stipule que tous les artistes de l’étiquette seront payés pour leurs diffusions en ligne, pas seulement elle. Bref, elle fait avancer l’industrie de la musique aussi.

Mais est-ce que cet album vaut la peine? D’abord, ce n’est pas la première fois que Speak Now est mis en vinyle. Il était disponible en 2010 aussi. Hélas, cette version avait été gravée à la va-vite, au point où les acheteurs se sont plaints et que ce disque double est en vente précipitée. Alors peut-être que la version du RSD 2018 vaut la peine? Oui et non… la gravure est définitivement meilleure, mais il y a vraiment trop d’emphase sur les fréquences aiguës de l’album, avec un sifflement presque constant. C’est énervant au possible. Ma copie de disque est aussi un peu gondolée et n’est pas parfaite en règle générale. Donc : pas parfait, mais pas malhonnête. Dommage!

Réimpression 2018: Тпсб – Sekundenschlaf

Musique ambiante russe ou pas, enfin en réimpression ultra-limitée!

Album : Sekundenschlaf
Artiste : Тпсб (TPSB)

V.O. : 2017; Vinyle en 500 exemplaires (autrement identique)

En Test : 2018; Vinyle

Étiquette : Blackest Ever Black; BLACKEST067

Afin d’acheter ce disque, vous devrez soudoyer les gentils employés de Fréquences au téléphone ou en personne afin qu’ils tentent de vous en trouver une copie.

Il y a parfois des produits qui sont fort louches et qui nous font virer totalement sur le capot! L’artiste (lien vers son Facebook), dont le nom est peut-être (selon Pitchfork) un acronyme pour темное прошлое светлое будущее, ou « Passé sombre, futur lumineux », serait peut-être Russe, peut-être inconnu, peut-être un projet, peut-être quelqu’un qui y habite encore ou non. Peu importe de qui il s’agit, c’est un beau projet électro ambiant sombre et imaginatif. Et cet album n’est pas un simple disque d’un simple artiste inconnu. Kanye West s’est servi d’un échantillonnage d’une de ses chansons; Deadmau5 fait jouer sa musique; toujours Pitchfork, qui considère ce disque l’un des meilleurs électros de l’année.

Ce disque, ça fait plus d’une année que je l’attends. Je l’avais commandé presque immédiatement après sa sortie, mais j’étais déjà trop tard. J’ai été dans les premiers à le recevoir en réimpression. Je ne l’attendais plus jusqu’à ce que finalement je reçoive un sourire de William qui me dit « tu ne devineras jamais! » Et je ne regrette absolument, mais absolument pas ce disque : belle gravure, bonne sonorité, bien réussie. Même s’il s’agit fort probablement de la réimpression (il n’y a pas vraiment de façon de le savoir), la sonorité est exemplaire. Un sale disque!

Réédition RSD2018/1937: Robert Johnson – Cross Road Blues

Le RSD, c’est aussi pour des vieux standards bizarres!

Album : Cross Road Blues / Ramblin’ On My Mind (Simple)
Artiste : Robert Johnson

V.O. : 1937; Vinyle gomme-laque 10po; 78 tours; Vocalion 03519

En Test : Vinyle; 10 po; 78 tours

Étiquette : Vocalion / Sony Music; 03623

Acheter le disque vinyle 78 tours chez Fréquences

C’est mon deuxième 78 tours récent et neuf que j’achète. Il faut être un peu fou pour sortir quelque chose sur ce médium. En premier, pas tout le monde ne possède une table tournante. En deuxième, pas toutes les tables tournantes jouent des 78 tours. Et en dernier, pas tout le monde est prêt à payer un prix de fou pour un album avec deux pièces de moins de quelques minutes avec un bon bruit de fond. Bref : je me devais de l’acheter!

Robert Johnson, c’est une légende du Mississippi. Ce qu’on appelle aujourd’hui du Delta Blues n’aurait jamais été le même sans lui. Il enregistra vingt-neuf blues en 1936 et 1937, avant qu’il ne soit probablement empoisonné par un mari jaloux. Chacune de ces pièces est devenue un classique du blues, boogie, R&B ou même carrément du rock. Son style de jeu de guitare inspire encore aujourd’hui les musiciens, et il est considéré comme un dieu de la guitare dans tous les palmarès. Les plus grands guitaristes et musiciens lui ont levé leur chapeau, que ce soit Eric Clapton, Jimi Hendrix, Keith Richards, Alexis Korner, Robert Plant, Bob Dylan, Fleetwood Mac, nommez-les.

C’est certain qu’un 78 tours, c’est une épopée. C’est un microsillon aussi, ce qui est un anachronisme en tant que tel. Le disque est très épais (210 g probablement), ce qui est une bonne chose, parce que le moindre gondolage ferait sauter l’aiguille dans la stratosphère. Mais ils auraient pu mettre le volume conséquent pour un 78 tours aussi, et laisser le disque prendre son expansion en volume. C’est clairement une source numérique avec un nettoyage du vinyle d’origine, ce qui est de bonne guerre pour un disque de 1937 enregistré en 1936. Mais pour avoir entendu des très bons nettoyages de disques vinyle d’époque, je sais qu’il est possible à un passionné de prendre vraiment son temps et d’obtenir un résultat qui relègue au rancart même les disques modernes. Alors je suis très légèrement déçu, mais en même temps, la qualité du disque dépasse tout ce que j’ai entendu à date de Johnson, alors je vais laisser tout le crédit : c’est un superbe disque qui devrait être dans la collection de tout admirateur sérieux de blues.

2018 Queb: Les rééditions

Dans les dernières semaines, il y a eu une quantité phénoménale de rééditions québécoises. On fait le tour pour vous! Attention, certains de ces disques ne sont plus disponibles, ou difficilement disponibles, ou ne le sont qu’en pleurant devant votre disquaire préféré ou hors de prix à travers un service de revente. Certains de ces disques ne seront plus jamais disponibles, d’autres seront là pour de bon.

Sur la sellette : Les Colocs, Douze Hommes Rapaillés, Fiori-Séguin et Daniel Bélanger. Et je vous le dis, j’en ai passé d’autres vertes et des pas mures, dont l’excellent Leloup! Et je ne vous ai pas encore parlé du dernier Lhasa sorti il y a quelques mois déjà… bref, il y a beaucoup de matière à une suite ! Vous êtes prêts?

Album : Douze Hommes Rapaillés chantent Gaston Miron, Volume 1 et 2
Artistes divers

V.O. Volume 1 : 2008; CD; Équipe Spectra; SPECD7809
V.O. Volume 2 : 2010; CD; Équipe Spectra; SPECD7820

En Test : 2018; Vinyle double de couleur en encart; 180 g; Édition limitée à 400 copies

Étiquette : Ad Litteram; ALV0218

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Avertissement honnête : Celui-ci, c’est un 400 copies, il est indiqué édition limitée et elle le restera probablement. Si vous le désirez, c’est pas mal votre seule chance.

Cette compilation a été sortie pour le dixième anniversaire du premier volume. Ce regroupement a vraiment fait énormément de vagues lors de la sortie du premier volume. On ne parle pas de deux de piques ici. Pour les nommer : Jim CorcoranLouis-Jean Cormier (ce dernier qui est responsable du rematriçage pour cette réédition), Michel RivardRichard SéguinDaniel LavoieMartin LéonYann PerreauMichel FaubertPierre FlynnVincent VallièresGilles Bélanger, ainsi que Plume sur le premier volume et Yves Lambert sur le deuxième. Et tous ces grands ont prêté leur talent d’interprètes sur les textes de notre grand Gaston Miron à travers ce projet de Gilles Bélanger à la musique. On sent le travail de passion, la collaboration de tout ce beau monde afin d’arriver à un résultat d’une qualité incroyable. Et on sent la passion aussi dans la réédition en vinyle pour la première fois de la part de Louis-Jean.

Pour la qualité, c’est très surprenant. Il faut savoir qu’il y a énormément de matériel par face : un peu plus de 25 minutes. Ce qui sauve la qualité, c’est le dynamisme de chaque piste. C’est hautement dynamique, les orchestrations étant fort sobres. N’empêche qu’on doit grimper le volume vraiment plus que bien d’autres albums. Mais l’écoute est vraiment géniale. On ne change pas de face toutes les cinq minutes. Il aurait pu y avoir un troisième disque ceci dit afin de maximiser la qualité. Peu importe, c’est un très bel achat et un tel disque, double, de couleur, 180 g, 400 copies, aurait pu être beaucoup plus dispendieux.

Album : Deux cents nuits à l’heure (XL)
Artistes : Serge Fiori, Richard Séguin

V.O. : 1978; Vinyle en encart; CBS; PFS 90456

En Test : 2018; Vinyle en encart (version noire); 140 g

Étiquette : Sony Music; 19075841161

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Je suis de ceux qui n’a pas vraiment aimé la version vinyle XL de l’Heptade d’Harmonium, sorti il y a quelque temps déjà (je vous invite à y lire ma critique). Le côté où ils se sont débarrassés des couilles de l’album, qui n’a plus de basse, m’a profondément choqué. Aussi, le côté numérique l’a emporté sur le côté vieille sonorité. Alors je suis parti avec ma copie du disque en ayant vraiment beaucoup d’appréhension.

Pour ce disque, on parle de deux de nos légendes, qui avaient auparavant travaillé ensemble à quelques reprises. D’abord en tant que choristes pour quelques disques de Gilles Valiquette, ensuite Richard Séguin a participé en tant que choriste pour l’Heptade avant enfin de sortir ce disque ensemble. Deux grandes voix, deux grands guitaristes, deux grands auteurs-compositeurs-interprètes. Ce n’est pas rien.

Une fois l’écoute démarrée, je peux mettre mon appréhension de côté. Encore une fois, on a droit à une version numérique, plus moderne. Mais cette fois-ci, le transfert en vinyle est vraiment heureux. Le dynamisme de l’œuvre d’origine est demeuré intact, la force, la vitalité, la basse, tout y est. Il est bien entendu trop tard pour obtenir d’un disquaire la version blanche, mais n’hésitez pas à prendre la version noire qui a fait mon bonheur. Un grand disque, une grande réédition de la part des artistes d’origine. Merci, les gars!

Album : Atrocetomique
Artiste : Les Colocs

V.O. : 1995; CD double; BMG Musique; 74321-31976-2

En Test : 2018; Vinyle triple (translucide vert)

Étiquette : Sony Music; 88985366131-2

Acheter le disque vinyle triple chez Fréquences

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Plus tôt cette année, j’ai fait la critique du premier disque de nos Colocs, disque qu’on se doit d’avoir si on est un tant soit peu un admirateur du groupe. Totalement convenu, superbe travail de la part de Sony. Eh bien, je vais vous couper dans le mille rapidement : sautez sur ce disque aussi. C’est un disque triple, alors c’est un peu normal qu’il soit un peu dispendieux, mais on a aussi une copie du livret d’origine du CD, mais version 12 pouces pour le prix.

Le deuxième disque, avec en prime un disque en direct des spectacles du 19 et 20 mai 1995 au regretté Spectrum de Montréal, est une référence des Colocs. On a bien entendu la chanson Bonyeu, mais on a aussi la finale du spectacle, la (avant-) dernière chanson, Le Pudding à l’Arsenic, leur reprise de la chanson d’Astérix.

Choix un peu spécial, l’album lui-même est en deux faces avec une vingtaine de minutes par face, alors que le spectacle est sur des disques avec une quinzaine de minutes par face. J’aurais fait l’opposé personnellement, mais c’est mon côté chipoteux. Le disque live est plus complexe à reproduire, avec bruits de foule, des sonorités plus sales, tandis que le disque principal est beaucoup plus propre en sonorité. De toute façon, on n’a qu’à écouter la dernière chanson de la première face, la chanson-titre Atrocetomique, pour se rendre compte qu’il ne nous manque pas du tout, mais pas du tout de qualité. Le seul défaut semble être quelques faces décentrées. Peut-être malchanceux, mais mes disques un et trois sont décentrés.

Album : Dehors Novembre
Artiste : Les Colocs

V.O. : 1998; CD; Le Musicomptoir Productions; MUS2-1077

En Test : 2018; Vinyle en encart; 180 g

Étiquette : Solodarmo; SOLOLP1811

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Et avec ce troisième disque, le tour des albums studio des Colocs est clos. Avec Les Colocs, on avait droit à l’exubérance du premier album. Avec Atrocetomique, on avait un album de joie, de party. Avec Dehors Novembre, c’est toute la tristesse et l’introspection qui ressort, avec les textes au rendez-vous. Succès à profusion, chansons qui ont su marquer une génération. Le dernier opus a marqué une génération.

Et pour la qualité, on n’a pas droit à du Sony ici. C’est la maison d’édition des ColocsSolodarmo qui a produit lui-même le disque, alors c’est soit excellent, soit c’est tristement mauvais. Sony, j’ai l’habitude, fournissent habituellement une bonne qualité de copie, mais est parfois travaillé par des exigences de productions factices. Ici, c’est plus petit budget, alors on ouvre et on lance un jet de dés. Ma copie de disque est un peu chamoisée, et je ne semble pas être le seul. Je n’ai toutefois pas de bruit de fond supplémentaire (merci, aiguille SFL, j’imagine) tandis que d’autres en ont. Hormis ce problème de reprographie qui semble être directement sur le disque d’impression (mauvaise manipulation d’un technicien?), le reste est vraiment excellent. La qualité y est, c’est clair, c’est fort, c’est beau. Très bon travail de la part de Philip Gosselin au matriçage du vinyle. Déjà de ne pas détruire un disque avec tant de vécu, c’est un défi, mais de nous le faire apprécier de nouveau, il faut quand même le faire.

Album : Rêver Mieux
Artiste : Daniel Bélanger

V.O. : 2001; CD; Audiogram; ADCD 10150

En Test : 2018; Vinyle double en encart

Étiquette : Audiogram; AD-10150

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Daniel Bélanger est un habitué de nos chaumières depuis 1993, date de son premier album solo Les insomniaques s’amusent. Beaucoup de ses disques sont devenus des succès. Même les titres de ses albums sont entrés dans notre subconscient. Son deuxième, Quatre saisons dans le désordre, est tout aussi synonyme de qualité. Le troisième disque ne compte pas, il s’agit d’un album de captations de ses différentes tournées. Et voici le quatrième album, Rêver Mieux. Étrangement, Audiogram a décidé de sortir cet album en première réédition vinyle. Mais avec la qualité de ce disque, le succès des chansons, les prix remportés, je peux parfaitement comprendre leur idée originale.

Pour la qualité… Comme d’habitude, Audiogram nous donne de la qualité, et je peux bien évidemment y mettre le blâme sur Michel Bélanger, l’instigateur de ce grand projet qu’est Audiogram. Que Daniel sonne bien, il fallait s’y attendre un peu. Mais aussi d’avoir ressorti cet album avec toute la qualité nécessaire, en deux disques, des gravures de haute qualité, du volume à profusion, des très belles fréquences bien campées. C’est un superbe travail sur disque… mais pas parfait! Ah! La joie des disques vinyle quand une œuvre n’était pas prévue pour un tel médium. La coupure du pont entre Une Femme, Un Train, Un Homme et Une Gare et Dans Un Spoutnik, avec les petits effets spéciaux de l’espace, juste parce qu’il faut passer de la face A à la face B, c’est un peu un crime de lèse-majesté. Je suis certain que le choix exécutif a dû se faire avec moult sacres et hochements de têtes. Mais en parlant de cette chanson, si on écoute bien la batterie, on entend cette dernière changer de volume selon quand Daniel chante ou non. Sur un tel vinyle, avec une douzaine de minutes par face, il n’y a aucune raison valable de faire de la compression multibande globale. Aucune. On n’est pas sur la version CD d’origine, on est sur le disque vinyle. Aucune raison de maximiser le volume du disque. Aucune raison de ne pas en faire une version ultime. Aucune raison qu’un instrument recule ou avance selon que le chanteur y soit ou non.

Bref : vraiment beau disque, superbe reproduction, mais pas audiophile, et des choix déchirants débatables, nécessitant hélas de réécrire l’histoire peu importe la voie choisie.

2018: Jungle – For Ever

La Brit-soul se porte très bien, merci!

Album : For Ever
Artiste : Jungle

En Test : 2018; Vinyle en encart; Édition limitée jaune

Étiquette : XL Recordings; XL927LPX

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Le titre Jungle est bien commun chez les groupes de musique, alors il faut réellement ne pas avoir peur de la qualité de son produit pour utiliser une telle marque de commerce. Il faut dire que le duo londonien composé de Josh Lloyd-Watson et de Tom McFarland a été signé par XL Recordings assez rapidement, malgré que les deux instigateurs ne soient pas réellement connus dans la sphère musicale, c’est un signe assez clair qu’ils doivent faire quelque chose de bien. D’ailleurs, ce n’est pas une erreur que vous ne connaissiez pas le groupe, ils n’ont que peu joué au Canada, et leur premier disque éponyme date déjà de 2014. Malgré que celui-ci ait fait une belle prestation sur les palmarès, le groupe est bien loin dans nos esprits.

Et c’est quoi, un Jungle britannique en 2018? C’est du soul avec des touches d’inspiration provenant d’un peu partout, de Jamie XX, une petite touche Blood Orange, mais surtout des inspirations : électropop à la Capital Cities, peut-être une touche de Thom Yorke, un côté lyrique à la Kurt Vile. C’est un collectif qui fait dans la soul moderne, clairement inspiré du rap américain, mais avec la touche de Londres qu’on aime fort. Bref : c’est un peu de tout!

Et pour le disque, XL Recordings mous a habitués à des gravures impeccables. C’est encore une fois le cas ici, avec une très belle impression, et malgré plus d’une vingtaine de minutes de musique par côté, ils n’ont pas coupé sur la quantité de basse (on a juste à penser à la première chanson de la face B, House In LA) et la qualité de la gravure. Le volume est très bas, mais (peut-être que je suis chanceux) je ne perçois pas beaucoup de bruit de fond et la musique est bien équilibrée sur le disque. En même temps, il y a un côté froid au disque, qui fait presque penser à un CD. Lire que le côté numérique y est omniprésent. Le matriçage de Matt Colton est néanmoins excellent et on s’accroche au groupe. Un beau et bon disque à découvrir!

2018: Black Moon Boys – Nuthouse !

Le rockabill’ est bien vivant au Québec!

Album : Nuthouse !
Artiste : Black Moon Boys

En Test : Vinyle; 45 RPM

Étiquette : Rebel Music Recordings; RM 12011

Ce disque est disponible en précommande pour le 24 novembre 2018!

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Une autre de mes passions est le rockabilly. J’ai bien entendu mes favoris, entre autres, ce que nous font découvrir Keb Darge et Little Edith dans leurs compilations légendaires. Mais aussi ceux qui se la donnent pour la totale encore aujourd’hui pour faire plaisir aux fanatiques des années plus ou moins 50. La sous-culture du rétro et du vintage y est pour rester! Et le dernier groupe en vogue est les Black Moon Boys, qui vont sortir leur premier disque ce vendredi.

Petits derniers? Ou un groupe qui aurait dû exister bien avant? On peut penser à Marc-André Pilon aux micros, qui a été batteur et qui était connu comme le « gars rockabilly » du groupe punk rock Ordures Ioniques, mais aussi auteur et professeur. À Eric Sandmark à la batterie, qui multiplie les projets rockabilly, entre autres avec ses RumblersOlivier Pomerleau, greaser et bassiste sous plein de projets liés à la culture 50’s. Et un tel groupe n’en serait pas un sans introduire un membre au panthéon de la musique québécoise : Jeff Ray Holmes à la guitare sur son premier vinyle!

Premier disque nécessaire? Surtout après trois longues années de plaisir à faire des spectacles un peu partout, donner des spectacles avec quelques-uns de nos grands du rockabilly (on peut penser aux Greasemarks et aux Hellbound Hepcats pour ne nommer qu’eux). Bref : il commençait à être temps qu’ils le sortent, leur disque.

Et ils savent bien s’entourer, ce ne sont pas des deux de pique. Michel Dagenais, capoté notoire des 50’s, réalisateur et propriétaire et studio depuis plus de 30 ans, et le tout endisqué sur la célèbre maison allemande spécialisée en rockabilly, Rebel Music. Non, sans blague, on va en entendre parler. On en entends parler, avec entre autres l’excellente critique de Sylvain Cormier au Devoir

Côté disque, parce que je dois bien entendu faire mon travail de critique vinyle, c’est un superbe disque 45 tours de plus de 30 minutes, bien gravé et bien réalisé. Très clairement numérique et maximisé numériquement. On remarque que le volume est dans le tapis constamment, ce qui fait « waver » les instruments, où on perd la basse ou la regagne dépendant du volume ambiant, où les intros qui vont jouer vraiment plus fort que les pièces musicales elles-mêmes. En même temps… je vous retourne sur les années du jump blues, du rockabilly, et même du rock n’ roll : le but est que ça torche. Les 45 tours étaient maximisés avec les moyens du bord, les VU dans le tapis, la distorsion pour en donner encore plus, les tape echo pour garder encore plus de présence musicale, tout pour que les gens entendent notre succès dans le jukebox. Bref : est-ce un crime de lèse-majesté que de désirer un volume maximal sur ce style de musique? Et ne vous inquiétez pas, le numérique ne s’entend pas tant que ça. En fait, ce qui s’entend surtout, c’est la quantité de lampes (ça sent le rack à effets vintage), de micros à condensateurs et de réverbération à ressort. Totally nuts!

Si vous désirez vous déhancher, leurs lancements officiels se font à Montréal le 24 novembre 2018, à Sherbrooke le 7 décembre 2018 et à Québec le 8 décembre 2018!

2018: Oh Sees – Smote Reverser

Les obsessifs compulsifs de retour en gothique!

Album : Smote Reverser
Artiste : Oh Sees

En Test : 2018; Vinyle double jaune transparent; 45 tours

Étiquette : Castle Face; CF-110

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Je dois bien l’avouer, je suis un fan des Oh Sees. Même si ça fait un petit bout, je ne peux dire que je suis admirateur depuis leurs débuts, en fait, ça fait plus de 20 ans qu’ils roulent leur bosse sous diverses formes. À leurs débuts en tant que Orinoka Crash Suite, projet solo de John Dwyer, on est plus dans l’expérimental, avec des albums sans titre de pièces musicales, au début acoustiques, et ensuite en bruit pur. Tiens, en aparté, non, Oh Sees, ça ne veut pas nécessairement dire les obsessifs, en fait, ils ont utilisé plusieurs pseudonymes, dont Orange County Sound (leur résidence en Californie), mais qui sont-ils pour nous dire quoi penser, je crois qu’eux-mêmes apprécient le jeu de mots, et ils apprécient surtout de changer de nom chaque seconde. Parfois Thee Oh Sees, parfois OCS, parfois un titre, parfois l’autre.

Plus tard dans leur évolution, le côté rock garage se fait assumer dans son entièreté. S’y ajoute une facette punk plus prononcée, mais toujours garage, suivi d’une vague Krautrock. C’est d’ailleurs là que je les ai découverts il y a une dizaine d’années avec leur EP Warm Slime. Tenez, faisons-nous plaisir.

Ils sont fous et assumés fous! Dans mes années photographie, j’avais même eu la chance d’aller les voir en spectacle. Vous donner une idée de l’énergie de leurs spectacles :Michel Donais photographe: 2011-10-20 Thee Oh Sees &emdash;

Bref, ce n’est pas un groupe commun. Ils font dans le garage, punk, psychédéliques, dans le très heavy, mais aussi dans le grandiose. Et ce dernier disque est dans la grosse déchire assumée : c’est une poussée garage hard rock aux accents début 1970. Smote Reverser, c’est aussi un de leurs meilleurs disques selon les critiques. D’ailleurs, leur discographie est réellement imposante, ils produisent plus d’un long jeu chaque année, et il n’y a pas réellement de mauvais disque dans leur production, c’est du Oh Sees, ils travaillent d’arrache-pied et ça paraît. S’asseoir sur leurs lauriers, ce n’est pas eux!

Et ce disque est aussi un disque de qualité. Je ne suis pas un si grand admirateur des 45 tours quand il y a plus de dix minutes sur une face. Je pense au chef-d’œuvre Synthetica de Metric qui a été produit en 45 tours, et, oui, on y retrouve une sonorité propice au rock et à la déchire, mais ça oblige une compression qui n’est peut-être pas la bienvenue. Ça donne une certaine sonorité, où il manque des hautes fréquences, mais où elles sont tout de même présentes, où la musique est plus aérienne et légère à cause de la vitesse de rotation, mais plus compressée et compacte à cause du manque d’espace pour les sillons. Bref : je ne suis pas convaincu que c’est mieux qu’un bon 33 tours avec tout l’espace pour déplier ses ailes. Mais c’est un style, et je ne déteste pas. Le disque a toute une sonorité d’ailleurs. C’est à recommander autant pour l’objet qui est superbe, la quantité d’extras dans la pochette, mais aussi pour la reproduction qui est excellente.