2018: Les Beaux Sans-Cœur – Ton corps est déjà froid

Pierre Lapointe, version rock!

Album : Ton corps est déjà froid
Artiste : Les beaux sans-cœur

En test : 2018; Vinyle; Album en encart

Étiquette : Audiogram; ADCD 10413

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Notre chansonnier déjanté est de retour avec un autre bel album de ballades doucereuses avec une touche yéyé, des paroles d’amour qui donnent le goût de chanter la pomme à sa douce. Ah… tiens… non! Cette fois-ci, c’est du gros rock très sale, violent, des chansons grivoises. Un tout petit exemple de parole : 1-2-3-4 j’aimerais te prendre à quatre pattes ! Mais ça vous donne une idée : il y a bien la voix de Lapointe, mais ça s’arrête ici! C’est un anachronisme a A à Z, en fait, ça serait un anachronisme si ce n’était de ce qu’on connaît de Pierre Lapointe : il faut s’attendre à se faire décoiffer par ce dernier. Et pour ça, c’est réussi!

On a la sonorité du tapis en shag dans le sous-sol de ses parents avec le bar en bois; on a les petites chansons style punk rock aux paroles sorties de son adolescence; on a la porte de garage ouverte parce que ça joue trop fort et qu’on désire que les voisins l’entendent de toute façon; on a le gros spazz de neuf minutes du décompte avec solos en prime. C’est l’alter ego du yéyé propret des sous-sols d’église de ses autres albums. C’est un gros bonbon de plaisir.

Et côté sonorité, récemment, Pierre Lapointe nous a habitués à des albums parfaitement enregistrés avec une sonorité impeccable. C’est totalement l’opposé ici : si le yéyé est propre, le rock de garage est sale, lourd, tape fort, n’est pas clair du tout. C’est de la grosse déchire. En fait, je dirais en comparatifs que le disque vinyle est presque identique à la version numérique, avec un peu moins de compression sur les kick drums, mais avec un assourdissement d’un disque qui a été saturé. Le vinyle ne respire pas, est moins stéréo, manque de définition. C’est comme s’ils avaient pris la même matrice numérique pour le vinyle et pour le CD, et qu’ils l’avaient aplati pour le faire entrer sur deux faces. Et pourtant, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas d’espace. Bref : je ne sais pas, je ne comprends pas, ça aurait pu fesser dans le dash tellement plus fort que ça. Mais non. On adore l’objet, on ira sur le CD pour le moment!

PS : je me suis concentré sur le chanteur ici, mais les musiciens de ce groupe sont en feu, ce sont tous, individuellement, des bombes! Et je ne désire pas passer sous silence la contribution du grand, Philippe Brault. Ces deux-là, ensemble, sont fous!

Réédition 1970/2017: 吐痙唾舐汰伽藍沙箱 – 溶け出したガラス箱

Melting Glass Box est réédité!

Album : 溶け出したガラス箱 Melting Glass Box
Artiste : 吐痙唾舐汰伽藍沙箱 Tokedashita Garasubako
Membres du groupe : 西岡たかし Nishioka Takashi, 木田高介 Kida Takasuke, 斉藤哲夫 Saito Tetsuo

V.O. : 1970; vinyle; URC Records; URG-4003

En Test : 2017; vinyle en encart

Étiquette : Pony Canyon; URC Records; PCJA-00070

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Le rock psychédélique et l’expérimentation musicale n’existent pas qu’en Europe et en Amérique. Au contraire, des très grands rockeurs ont fait dans l’expérimental au Japon. Hélas peu connus ici, ces grands de la musique suivent tout le mouvement expérimental de rubans et de rock mondial, leur ajoutant une touche japonaise très prisée. Le groupe est d’ailleurs décrit par l’étiquette Light In The Attic comme étant du rock acide folklorique japonais avec des guitares électriques folles et plein d’effets psychédéliques ajoutés pour la forme. Le groupe Tokedashita Garasubako, comprenant des musiciens de studio qui se rencontrèrent le temps de cet album, est un bel exemple de folie parfaitement adaptée au début des années 70. Après le psychédélisme « peace and love » des années 60, c’est le tour aux guitares électriques d’être à l’avant-plan.

Pour la qualité de l’album, le disque est rempli d’effets de rubans, ce qui a réduit considérablement la qualité de la source. On peut aussi penser aux années que la source a passé sur les tablettes, ce qui n’a pas amélioré son sort. De plus, leur but n’a jamais particulièrement été de faire de la très grande qualité de source, malgré qu’ils soient tout de même restés loin de la limite du « lo-fi ». La sonorité est donc grinçante, les aigus crispent légèrement l’oreille de temps à autre. Pour le reste, c’est un superbe travail d’archivage, surtout que le disque est un chef-d’œuvre du genre.

On achète tous les autres disques des rééditions de Pony Canyon si on aime le genre. Dépaysement et découvertes garantis!

2018: Orloge Simard – Beuvez Tousjours, Ne Mourez Jamais

Rock trash funky du Saguenay, sans aucune classe et assumé!

Album : Beuvez Tousjours, Ne Mourez Jamais
Artiste : Orloge Simard

En Test : 2018; Vinyle double en encart (300 copies)

Étiquette : Production indépendante (Distribution Select); BFTLP1662

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Je vais le répéter à chaque fois : j’aime ceux qui s’autoproduisent, j’aime les bibittes étranges et j’aime les produits flyés. C’est pour ça que Orloge Simard entre exactement dans mes cordes. Il faut savoir que Orloge, c’est un personnage fictif : c’est le pendant misogyne, trash, sans aucune classe, parlant de cul, qui dit tout haut et qui sacre comme un charretier de Olivier Simard, preuve que d’aller à l’université en lettres ne t’empêche pas de sortir des textes de la poudrière. Issu d’une union peu recommandable entre Mononc’ Serge et Otarie en trip à trois avec les Horny Bitches et des Cowboy Fringants qui sont découragés en imprésarios, le quintette sort de son bandcamp pour son deuxième album, et persiste et signe sur leur côté trash. Le CD, sorti en 2017, a fait le tour des bars, des cégeps et universités de la province avec des chansons déjantées pour DJ rebelles. Heureux de retrouver ça en vinyle!

Au Cégep, j’étais spectateur à un concours où des jeunes interprètes se donnaient. Un de ces derniers a pris comme chanson Jonquière de Plume Latraverse, il était bien parti avec toute la salle qui chantait avec lui… jusqu’à ce qu’il s’excuse avant de dire « Fou comme une plotte ». Il s’est excusé! Il a perdu toute crédibilité à cet instant. Il n’a absolument pas assumé son choix de chanson. Eh bien, je peux dire avec certitude absolue que jamais ce chanteur-interprète n’aurait pu prendre une seule des chansons de cet album! Voler haut? Si on pose la question, on ne comprend pas le groupe hautement coloré et caricatural. En même temps, c’est bien interprété, mais il ne faut pas chercher la profondeur dans les textes. En fait, si, il faut : c’est une démarche totalement artistique et bien recherchée de la part de Simard, et il faut bien évidemment prendre le tout au second degré, voir la poésie du côté trash assumé et des situations sorties de l’imaginaire collectif du personnage sans classe de son voisinage.

Et côté qualité, on parle de quoi? C’est un bel album double avec tous les ingrédients nécessaires afin de créer un parfait album. Une quinzaine de minutes par face ou moins, un disque lourd, peu de disques pour user la matrice de pressage. Hélas, le groupe Orloge n’a pas su faire un matriçage efficace pour les vinyles. Le tout est maximisé comme sur YouTube, les débuts de chansons à la guitare gardent le même volume que la suite plus rockée. On pense au début avec Crescendo qui n’est pas du tout en crescendo, justement. J’ai tout de même l’impression qu’ils ont utilisé un matriçage légèrement différent que leur CD avec une version de plus haute résolution. La chaleur y est, la précision y est, mais ça aurait pu être mieux. En même temps, comme premier vinyle, c’est un bon départ.

Réédition 1996/RSD2018: Chainsaw Kittens – Chainsaw Kittens

Alternatif d’alternatif!

Album : Chainsaw Kittens
Artiste : Chainsaw Kittens

V.O. : 1996; CD; Scratchie Records, Mercury; 314 534 002-2

En Test : 2018; vinyle rouge en encart; RSD (1000 copies)

Étiquette : Jett Plastic Recordings; JPR-052

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Chainsaw Kittens est un groupe peu conventionnel. En fait, si, il est conventionnel. Ou non. D’entrée de jeu, c’est son problème : le groupe est trop rock conventionnel pour les alternatifs, mais il est trop alternatif pour les rockers. Il a des sonorités trop pop pour les fanatiques de Smashing Pumpkins, pas assez grunge pour les admirateurs de Nirvana, mais ce n’est pas de la pop bonbon. Selon l’ère des disques, ils ont été considérés comme hard rock, punk, alternatif, indie, métal, avant que les critiques n’abandonnent l’idée et ne les appellent que « rock ». C’est ce genre de groupe qui a fait la première partie de Smashing Pumpkins le temps d’une tournée, et après leur excellent album Pop Heiress (1994), ces derniers ont signé les Kittens pour la production d’un album. La mention était prenez tout le temps que vous ayez besoin et fassiez le meilleur album que vous le pouvez! Après deux années de travail, ils ont pondu cet album, un album avec lequel ils se sont fait plaisir.

Dans les groupes qui n’ont pas de succès, mais qui sont excellents, c’est bien eux. Dans les années 90, les critiques ont adoré leurs albums… mais il n’y a pas eu beaucoup de ventes. Encore aujourd’hui, ce n’est pas un gros vendeur. Malgré les 1000 albums produits, malgré le très beau disque (mais le prix un peu élevé) et la belle production, les gens ne se sont pas bousculés aux portes. Malgré que j’adore le disque et que la production soit excellente et les chansons et textes sont variés et bien produits, ça reste un disque d’un groupe qui n’a pas levé hélas. Le hype n’est jamais arrivé pour eux.

Et côté disque, c’est un très bon disque. Peut-être limite côté quantité de musique par face, et la production est un peu brouillonne côté matriçage, ça sent le travail maison. Ils auraient pu mettre deux disques avec quelques extras, surtout à ce prix. Le bruit de fond est légèrement présent et le volume des pièces est normalisé, ce qui empêche d’avoir un album qui a une progression constante : chaque pièce va aller au maximum de volume numérique qu’il peut aller, que ce soit une balade qui devrait être plus calme ou une chanson à pleine puissance. Reste que la sonorité de l’album y est, la chaleur du vinyle nous rend le disque génial à écouter.

C’est peut-être ça le problème avec Chainsaw Kittens : ils y sont presque, mais il manque juste un tout petit quelque chose. J’aurais aimé apprécier plus ce disque, il est très bon, mais il n’est pas à la hauteur du groupe.

Réédition 1987/RSD2018: Voïvod – Too Scared To Scream / Cockroaches

Réédition de notre groupe mythique de thrash!

Album : Too Scared To Scream / Cockroaches
Artiste : Voïvod

V.O. : 1987; vinyle (Picture Disc 12″); Noise International; R 0085; Allemagne

En Test : 2018 Record Store Day; Vinyle (Picture Disc 12″ 45RPM)

Étiquette : Noise International, BMG; NOISET050

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À l’aide de la pochette de disque passant le plus inaperçue du RSD, on a droit à une réédition d’un simple qui avait été produit à petite échelle en 1987. Je dois l’avouer, j’ai eu à le demander à l’équipe afin de trouver le disque. Sur la pochette, on voit le logo de Noise International, et c’est à peu près tout. Les deux logos Voïvod sont presque cachés par la bordure en carton. Et malgré le prix prohibitif (plus de 20 $ pour un simple de deux chansons de quatre minutes), je me devais simplement de l’avoir.

Pour les intéressés, je suis un fan fini de Voïvod. Ils ont d’ailleurs le prix prestigieux du vinyle le plus dispendieux que j’ai eu à acheter, avec une copie parfaite encore scellée de Nothingface, il y a quelques années. Alors de savoir qu’ils ont une offre internationale, je me devais de sauter dessus.

Maiscékiça Voïvod? C’est un groupe de Jonquière, fondé au début des années 80 par Piggy (Denis D’Amour, 1959-2005), guitariste. Ils font dans la musique surnommée thrash, qui est un mélange de métal, de punk rock et de hardcore, bref, tout dans la subtilité. Mais justement, ce groupe fait dans la subtilité. Il n’y a pas seulement du gros bœuf qui joue à s’en déchirer les tympans, il y a aussi des albums appréciés des amateurs de rock progressif, des albums fort lyriques, avec beaucoup de détails et subtilités. Ça reste du très gros rock, bien évidemment, mais c’est de la musique tout aussi cérébrale que de la musique à se lancer sur son voisin dans le mosh pit. Surtout, nul n’est prophète dans son pays : ils sont adorés en Europe et aux États-Unis, mais peu connus ici. Ils se produisent avec les plus grands à travers les années, on peut penser à Celtic FrostPossessedFaith No MoreRushSoundgarden et Deathrow. Si vous allez faire votre tour sur AllMusic, vous allez y retrouver une discographie étoffée avec moult commentaires et critiques. Les métalleux préféreront bien évidemment aller visiter leur article sur l’Encyclopaedia Metallum.

Je vais tout de même mettre mon chapeau éditorialiste et vais dire que ce disque n’est pas un disque nécessaire, et c’est un brin bâclé hélas. C’est un simple, trop dispendieux, d’une version qu’on peut obtenir à 30-40 $ en original de 1987. C’est un album qui n’avait pas droit à l’étiquette Record Store Day alors il est passé inaperçu. D’autant plus qu’il n’a aucune description sur la pochette. Si le but était de ressortir un chef d’œuvre thrash, ce disque réellement excellent, mais ce n’est pas nécessairement un chef d’œuvre. Si le but est de rappeler à la planète que Voïvod existe encore, eh bien, oui, le groupe roule encore sa bosse, produit encore d’excellents albums et se produit encore en spectacles méritant le détour. Mais ce n’est pas utile. Et surtout, le disque est un picture disc qui a bien sa place dans le palmarès du bruit de fond de disques. Non, je dois dire, pour un Record Store Day, ce n’est pas utile comme sortie, ils auraient pu trouver mieux, preuve est que le disque est dorénavant disponible à plus faible coût que la journée de sa sortie. Néanmoins, le disque possède sa place dans une collection complète de Voïvod, et leur étiquette est en train de passer à travers tous leurs disques depuis le tout premier, et ils les rééditent en 180 grammes lors des trentième anniversaires, y compris ce disque simple. Petite note qualité : ma face A est excellente, ma face B possède beaucoup de bruit de fond. C’est un picture disc, je m’attendais à pire, c’est relativement correct.

2018: Jimi Hendrix – Both Sides of the Sky

Le dernier Hendrix studio, 47 ans après sa mort!

Artiste: Jimi Hendrix
Album: Both Sides of the Sky

En Test: 2018 Vinyle double en encart, 180g, Nº3742

Étiquette: Legacy (Sony Music), Experience Hendrix; 19075814201

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Eddie Kramer a une histoire d’amour avec Jimi Hendrix. Ayant travaillé sur les deux derniers albums studio de Hendrix dans les années 60, depuis dix ans, il repasse à travers les bandes sonores des enregistrements studio du musicien de feu. Ce travail de moine nous a donné un trio d’albums posthumes: d’abord Valleys Of Neptune en 2010, ensuite People, Hell and Angels en 2013, et finalement Both Sides of the Sky en Mars 2018, avec du matériel provenant surtout de 1968 à 1970.

C’est d’ailleurs un peu le problème avec la mort prématurée de Hendrix, son dernier album studio datant de 1968, on ne possède aucun album studio de ses deux dernières années de vie, là où il s’est séparé du carcan de son groupe the Jimi Hendrix Experience. Ces années représentent le moment de liberté et d’expérimentation de Hendrix.

Bien évidemment, ces albums posthumes ne sont pas composés de chansons terminées, mais bien d’essais et d’erreurs, de tentatives et de rubans studio préservés. C’est clairement visible sur les deux premiers albums, avec un arrière-goût de pièces musicales incomplètes et de copier-coller d’accompagnement. N’empêche que certaines des pièces sont devenues des incontournables du répertoire. Beaucoup des pièces ont tourné dans le cercle des copies pirates (bootlegs) d’une façon incomplète, et il était temps, plus de 45 ans après sa mort, que ces pièces aient droit à un traitement digne du géant.

Ce troisième et dernier opus des albums studio posthume est un point d’orgue très blues du répertoire de Hendrix. Avec cinq années de travail et d’étude du matériel, il y a eu un recul à mon avis nécessaire face aux dernières productions en brouillon du guitariste prodige. Ce dernier album studio a eu droit à un battage médiatique plus imposant que les deux autres et avec raison: pour la plupart des cas, on a l’impression d’un vrai album de Hendrix, les quelques chansons qui ne sont pas terminées (comme Jungle) ayant un cachet unique expliquant pourquoi on les retrouve sur l’album. C’est aussi beaucoup moins un album pour les collectionneurs que les deux précédents même s’il est fortement suggéré d’acheter d’abord ses trois albums studio enregistrés de son vivant (Are You Experienced, Axis: Bold as Love et Electric Ladyland) ainsi que la trame sonore de Woodstock.

Le disque vinyle double est matricé par Bernie Grundman et il a fait un travail exemplaire. Reste que la version numérique est tout aussi bonne, les deux versions ayant été produites avec déférence. Le format numérique ayant eu droit à un peu plus de compression afin de faire plaisir à un auditoire écoutant les albums avec des écouteurs-boutons, je vais donc privilégier le disque vinyle, qui est impeccablement gravé. Même les pochettes intérieures sont de qualité audiophile. Pour le prix (moins de 40$), c’est difficile à battre.

2017/2018: Belle and Sebastian – How To Solve Our Human Problems

Dépression, introspection, souvenirs, joies et futur en trois parties

Artiste: Belle and Sebastian

Album: How To Solve Our Human Problems (Part 1)
En Test: 2017 Vinyle
Étiquette: Matador Records OLE-1194-1

Album: How To Solve Our Human Problems (Part 2)
En Test: 2018 Vinyle
Étiquette: Matador Records OLE-1195-1

Album: How To Solve Our Human Problems (Part 3)
En Test: 2018 Vinyle
Étiquette: Matador Records OLE-1196-1

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Belle and Sebastian, le groupe écossais de Glasgow, fête ses plus de vingt années de pop indépendante. Toujours d’actualité, le groupe continue de réaliser des succès populaires et de faire boule de neige. Ça serait facile de dire que le groupe a atteint un plateau, mais ce n’est jamais arrivé. Le danger de démarrer avec un premier album tel que Tigermilk en 1996, c’est de ne pas être capable de sortir un meilleur second album, de tomber dans l’oubli. La même année, ils ont sorti leur chef-d’œuvre If You’re Feeling Sinister. La lancée s’est poursuivie avec des disques habituellement excellents, au pire très bons, mais jamais réellement ratés.

Leur dernière épopée musicale, How To Solve Our Human Problems, semble être composée de covers, de chansons empruntées à d’autres. On dirait que c’est un album rempli de succès qu’ils se sont appropriés. Eh non, ce sont toutes des compositions originales! Le groupe est rendu à ce point dans leur vie. Et quelles chansons! Passant de chansons ambiantes à la Air, à des chansons plus disco-rock à la Arcade Fire, au funky à du pop bonbon (mais toujours résolument indépendant dans la sonorité), peut-être un peu d’aller dans des sonorités alternatives rappelant le groupe des années 80 The Smiths. Parfois, on a même l’impression d’avoir le minimalisme d’un The XX.

Et pour la sonorité des trois disques vinyle, Matador Records y est allé avec de l’artillerie lourde: la sonorité de la version numérique tout comme la version vinyle est impeccable. Les disques vinyle ont moins d’une quinzaine de minutes par face et sont parfaitement gravés. Peu de bruit de fond, pas de popcorn apparent, un son chaleureux, beau et naturel. Le volume d’enregistrement est assez faible comparativement aux autres disques modernes, mais c’est afin de conserver le naturel, le peu de compression et de limitation, des mouvements fluides qui se suivent, des passes plus fortes qui nous réveillent. Peu à redire et sans exagérer dans le viscéral (ce qui n’est pas du tout leur style), on a un dépouillement exemplaire sur les disques.

Petite note de fin d’article, pour ceux qui ont écouté les dessins animés du début des années 80, vous avez probablement connu Belle et Sébastien. Le nom du groupe provient de ce dessin animé collaboration Japon-France! Non vous n’êtes pas fous!

Rétrospective Atlantic de Portugal. The Man

Alaska Represent! Le groupe de l’État du Grand Nord compose des offrandes musicales depuis plus de dix années et possède un ensemble impressionnant de disques, tous accessibles en vinyles.

Le groupe rock est d’ailleurs incroyablement consistant dans ses offres, on ne peut pas dire qu’il y a un mauvais disque, tous sont appréciés par les fans. Ce qui change est le style musical, passant de rock expérimental indie à post rock, à de plus en plus psychédélique toujours indie, pour finalement avoir un Woodstock qui est pop-rock psychédélique. L’arrivée plus pop, moins indie et plus psychédélique se fait lors de la signature avec Atlantic Records en 2010.

Ayant pris résidence à Portland, Orégon, le groupe se concentre à réaliser des tournées et des nouveaux albums. Le coup de dés Atlantic les a propulsés dans la stratosphère, leur chanson pop Feel It Still leur a permis de gagner un Grammy pour la meilleure chanson pop (groupe). Ils ont aussi récemment visité leurs fans montréalais lors de leur dernière tournée.

Un dernier fait divers. En 2014, ils sortirent une chanson sur les tigres du Sumatra, dont il ne reste que 400 représentants sur la planète. Ils ont donc réalisé une chanson en voie d’extinction, en 400 vinyles qu’ils ont distribués à des personnalités. Il n’existe aucune copie vendue, aucune copie numérique ou sur ruban. La chanson va disparaître au fil des années, les vinyles vont se dégrader par les écoutes successives. Ils suggèrent d’ailleurs aux fans de bien vouloir copier la chanson afin de la préserver.

Album: In The Mountain In The Cloud
Artiste: Portugal. The Man

En Test: 2011 Vinyle

Étiquette: Atlantic
EVR 211

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L’album de 2011, le plus rock des trois, est un album qui est constant. J’ai beaucoup de difficulté à dire à quel point cet album est bon, mais en même temps est uniforme. Il n’y a pas de sautes d’humeur comme les albums précédents, c’est un tout, presque un album-concept cher au rock progressif. Album produit avec l’aide de John Hill qui donna une cohésion au groupe. Ce dernier continuera d’ailleurs à suivre le groupe de loin, coproduisant Feel It Now sur Woodstock. C’est le genre de disque qu’on peut faire jouer en sourdine et tous vont demander qui est le groupe. Bonnes chansons, bel univers. Du P.TM comme on l’aime!

Côté qualité pour le vinyle, hélas, c’est un peu plat. Le style musical fait penser à du 70’s, mais n’a pas la chaleur et la profondeur de ces derniers. Il manque de basse et les hautes fréquences tombent un peu sur les oreilles. Ça reste une belle écoute, mais quand on met le disque, on n’est pas impressionné. C’est peut-être un disque produit «parce qu’il faut produire un disque vinyle», dans les années un peu plus creuses des disques.

Album: Evil Friends
Artiste: Portugal. The Man

En Test: 2013 Vinyle en encart avec CD

Étiquette: Atlantic
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L’album de 2013, tournant musical pour le groupe, est un album qui est tout sauf constant. Il est de notoriété publique que Portugal. The Man était en plein enregistrement de leur futur album quand ils ont tout effacé afin de se rendre travailler avec Danger Mouse. Ce dernier, plus hip-hop, a sorti le groupe de ses sentiers battus de rock indépendant, les menant dans des styles plus accessibles en rock moderne. Une partie rock, une partie hip-hop, une partie pop, une touche funk.

Pour la qualité du vinyle, c’est beaucoup mieux que In The Mountain In The Cloud, mais ce n’est toujours pas le nirvana. Parfois, on y a approché, et parfois, on retourne dans un univers plus fermé. Je suis cependant vraiment heureux de vouloir grimper le volume à un niveau décent, avec parfois des pointes que je désire descendre hélas. Comme le style musical est plus moderne, je m’attends et ai reçu un matriçage moderne, aucunement teinté des années 70, comme il aurait dû être dans leur album précédent. Très bel achat.

Album: Woodstock
Artiste: Portugal. The Man

En Test: 2017 Vinyle

Étiquette: Atlantic
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Pour la première fois, le groupe prit quatre longues années pour sortir une offrande. Leur style changeant et de moins en moins indépendant est peut-être un indice, que le groupe a été en crise musicale. L’album a été produit deux fois, la première fois avec Mike D, des Beastie Boys. Le disque était musicalement terminé lorsque le groupe décida que ce n’est pas ce qu’ils recherchaient. Introspection, questionnements. Dans un vidéo, le groupe a dit que le déclic s’est fait lorsque le père d’un des membres du groupe leur sortit une anecdote et un billet d’entrée pour le festival Woodstock original. Enregistrant de nouveau toutes les pièces (décidément, ils aiment tout effacer!) et faisant coproduire les pièces par une demie-douzaine de producteurs, ainsi qu’une demie-douzaine d’écrivains, de chanteurs et musiciens supplémentaires, le groupe nous sort ici leur album le moins rock, et le plus pop radiophonique. Chaque chanson possède son style original, chaque chanson est un tout, et malgré certains qui disent que c’est un album rock psychédélique, je mets mon pied à terre et dit que c’est un album pop.

Et pour la qualité du vinyle, on est dans la même veine que Evil Friends: c’est une excellente gravure, mais le disque est franchement inégal. On passe d’un style brouillon pour les deux premières pièces à une clarté pop avec Live In The Moment et Feel It Still, à un jupon numérique qui dépasse franchement sur la très bonne Rich Friends. La version numérique du disque a droit à une passe de compression qui aide à normaliser le tout, ce qui n’est pas disponible sur la version vinyle (merci!) alors les univers restent entiers. Pas du tout parfait, mais ce disque-ci, je l’ai fait jouer à tue-tête!

 

2017: Queens Of The Stone Age – Villains

Trois ans d’attente pour un chef d’œuvre semi-stoner!

Album: Villains
Artiste: Queens Of The Stone Age

En Test: 2017 Vinyle double (trois faces) en encart 140g

Étiquette: Matador
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QOTSA est reconnu pour son Stoner Rock coupé au couteau pop, pour avoir innové avec des chansons fortes, du rock à haute distorsion, un côté hallucinogène propre au Stoner Rock, mais le tout avec une précision et un travail digne d’un Dance Dance Revolution. Ils sont un des piliers du genre, avec des offrandes à travers leurs 20 années bien sonnées de travail assidu et de qualité absolument constante. Leurs meilleurs albums font légion et dépendent plus du moment où vous avez découvert le groupe que d’un changement de qualité. Même leur premier album est une pièce d’anthologie. Leurs meilleurs albums restant quand même Rated R (2000), Songs for the Deaf (2002) et …Like Clockwork (2013, leur précédent album) selon les critiques. C’était une très bonne idée pour Matador que de récupérer ce groupe en 2013 d’Interscope!

Et leur dernier album, Villains, est un retour aux sources. C’est un peu étrange, QOTSA est un groupe équivalent à Radiohead, où chaque album invente et réinvente la sonorité du groupe, construisant sur le passé, mais sans trop. Pas Villains : c’est une apologie de leurs styles passés. Pour une fois, je ne peux pas dire qu’ils ont créé quelque chose de révolutionnaire, ils se sont contentés d’exceller sur des compositions vraiment fantastiques dans leur style « habituel ». On peut penser à The Way You Used To Do, un des deux simples de l’album (à ce jour), qui est simplement une très bonne chanson pop rock. Ça groove et ça rock!

Pour la qualité, c’est un peu plus difficile à cibler. Ils ont créé une édition 180g limitée ainsi qu’une version 140g, cette dernière ayant le même master que l’édition limitée. Il y a cependant deux exemplaires du master, une pour l’Europe et une pour les Amériques. Il semble que le jeu de la roulette soit effectif pour les reproductions des disques américains, certaines étant parfaites et d’autres, moins bonnes. Je suis tombé sur la version moins bonne du disque : disque décentré, bruit de fond et popcorn. Un peu du bruit de fond est attribuable au travail de Chris Bellman au matriçage, ce dernier étant fort stéréo, alors c’est un peu normal lorsqu’on a une guitare électrique omniprésente sur le canal gauche et du silence sur le canal droit que d’avoir plus de difficulté à reproduire les sillons du disque. Côté matriçage, on peut entendre à la fin d’Un -Reborn Again (1B-3) la voix avoir de la distorsion numérique. C’est sans compter la gravure légèrement brouillonne qui n’aide pas au bruit de fond. N’empêche que si vous êtes chanceux, vous allez avoir une très bonne version du disque : basse à profusion, compression contrôlée, version vinyle très satisfaisante, beaucoup plus satisfaisante que le CD, malgré la version imprécise et la source numérique.

On achète si on aime Foo Fighters, Arctic Monkeys, Royal Blood, Pearl Jam, The Black Keys, Audioslave.

[NDLA: Je suis en banc d’essai présentement, alors je me donne 75% des chances d’avoir raison sur la source numérique de l’album, mon système de son étant différent, la sonorité est différente de ce que j’écoute d’habitude – Mea Culpa]

2017: LCD Soundsystem – American Dream

Après les adieux, le retour espéré!

Album: American Dream
Artiste: LCD Soundsystem

En test: 2017 Vinyle double (RSD Black Friday)

Étiquette: DFA et Columbia / Sony
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Nos amis de LCD Soundsystem sont de retour avec un nouvel album sur ce projet. Il faut se rappeler qu’en 2014, ils nous ont servi The Long Goodbye, un spectacle où ils ont joué toutes leurs chansons et ont servi de point d’orgue à leur carrière, leur dernier album réel datant de 2011. Alors pendant même qu’ils sont en tournée internationale d’adieux, de se faire servir un nouvel album entier dont le matériel date de 2015 et 2017, je trouve ça limite prendre les gens pour des gourdes. Oui, on quitte, on ne fait rien d’autre entretemps, mais on revient une année après notre finale pour un simple, et on revient deux années plus tard avec un album. Je comprends James Murphy (l’instigateur et chanteur du groupe) : le groupe, marginal à souhait, reste extrêmement prisé du public malgré son aspect champ gauche assumé.

Et ce nouvel album est du pur et dur LCD! Rythme assumé, guitares dissonantes (l’exemple clair est la chanson Change Yr Mind, face 1B), voix toujours approximative de Murphy comme on l’aime. C’est fait pour danser et s’amuser! Et eux aussi se sont amusés, ça paraît. Locked grooves (la dernière note de la face est soutenue sur la piste infinie de la fin du disque), des percussions, des chansons prenant tout leur temps pour se développer, des atmosphères différentes à chaque piste, c’est tout ce qu’on aime d’eux!

Et côté sonorité, LCD nous ont habitué à de la qualité. Leur spectacle The Long Goodbye a été mixé analogique pour la version vinyle et numérique pour la version CD. Leurs albums sont enregistrés de façon impeccable pour vinyle ainsi que pour CD. L’album n’est pas trop une exception, il n’est pas parfait, mais il est vraiment excellent quand même. Bob Weston, qui a réalisé leur gravure vinyle, a fait un très bon travail de conserver beaucoup de dynamisme tout en compressant les excédents. Je ne suis pas d’accord sur certains traitements (dont How Do You Sleep? qui compresse de plus en plus à mesure que la chanson avance), mais l’album entier est un bonbon à écouter.

On achète si on aime Arcade Fire, Tame Impala, Franz Ferdinand, The Decemberists, Sufjan Stevens.