2017: Kendrick Lamar – Damn

Lamar, version hard

Album : DAMN.
Artiste : Kendrick Lamar

En test : 2017 Vinyle double

Étiquette : Top Dog Entertainment
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C’est mon deuxième article sur Lamar en quelques mois. Ce n’est pas pour rien. L’artiste, hyperproductif, se confond en productions, coproductions, disques complets et complexes. Il faut seulement penser à To Pimp a Butterfly, qui est un des disques qui a révolutionné le monde du hip-hop, redonnant ses lettres de noblesse modernes au mélange de jazz et hip-hop. L’année d’après, Untitled Unmastered, un de mes disques favoris, sans aucun style, aucune idée préconçue, juste des pièces musicales fantastiques. Et cette année, Damn, avec des collaborations avec Rihanna et U2 (!).

Il y a une partie de moi qui n’aime pas ce disque. La progression de Lamar l’a fait passer du hip-hop traditionnel à du jazzy hip-hop, à du jazz, et finalement ce dernier disque, qui est plus dans un style conscious, où Lamar tente de nous exposer des problématiques, avec un style presque gangsta. J’ai de la difficulté avec ce changement de style, dans lequel j’aime mieux des groupes tel que Run the Jewels. J’ai l’impression qu’à force de presser le citron de sa notoriété du moment, Lamar s’étiole un peu et ne laisse pas la chance à ses albums de vivre leur vie. Mais ça reste un disque encensé par la critique et le public. Ce n’est juste pas le style que je trouve que Lamar excelle. Premières deux chansons incroyables… ensuite, je suis moins certain.

Mais côté qualité, le disque double? Enfin, un disque de hip-hop qui ne dure pas trois heures avec cinq heures d’extras! Au moins, il a appris à se limiter. Faces de 15 minutes, numériques bien entendu… mais c’est incroyable, très peu de compression apparente! La basse est pleine, complète, les chansons sont dans leur propre univers, les paroles sont ciblées et centrées, les instruments sont numériques, mais superbes. En fait, le disque vinyle est si bon que je n’ai pas à me forcer et je suis capable de voir l’état de la console Protools à chaque instant! Chaque piste est claire, définie, tout est à sa place! Juste donner un exemple simple de compression, je n’en ai entendu qu’une seule fois clairement, et c’est lors de la fin de la pièce Humble, où la voix de Lamar augmente très légèrement lorsque la basse arrête. C’est si subtil!

Vous allez me dire que c’est numérique et compressé à outrance. Oui! Chaque piste est maximisée, il n’y a pas une respiration globale de chaque piste. Mais ça, c’est de bonne guerre, c’est l’équivalent de mettre un compresseur sur une piste de guitare ou un ensemble de batteries, il faut presque le faire, sinon ça sonne ténu. Il y a aussi la sonorité que l’artiste désire obtenir dans tout ça. Ces diverses compressions ne me dérangent pas trop, tant que l’ensemble respire et est conséquent. Ce disque est fantastique à ce sujet! À acheter.

On achète si on aime Badbadnotgood, Killer Mike, Notorious B.I.G.

2017: Vincent Bélanger – Pure Cello

Violoncelle, version audiophile

Album : Pure Cello
Artiste : Vincent Bélanger

En Test : 2017 Vinyle double 45 RPM

Étiquette : Audio Note Music
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Vincent Bélanger fait partie de cette race d’humains passionnée de leur instrument. Conservatoire de Québec, Conservatoire de Montpellier, classes de maître. Et éventuellement, un premier album : « Là », enregistré par l’étiquette Fidelio, qui connut un succès international peu négligeable. Par la suite, piqué par la qualité de reproduction sonore et les albums respectant le matériel, il démarra une campagne de sociofinancement afin de produire l’album que je vous présente ici. Entretemps, il continua bien entendu sa carrière et enregistra entre autres l’album Conversations avec la pianiste Anne Bisson. Prix coup de cœur, numéros un de vente, trames sonores de film, ce n’est pas un deux de pique. En plus, son frère est l’excellent ténor Antoine Bélanger, qui a récemment joué Cassio dans Otello à l’Opéra de Montréal! Bref, si vous ne le connaissez pas, vous devez l’écouter!

Audio Note n’est pas une étiquette de musique. En fait, ils produisent des composantes musicales, telles que des préamplificateurs, des fils, etc. Il s’agit de produits de qualité supérieure, habituellement bien reconnus à travers le milieu des passionnés de la qualité sonore. Et comme bien des manufacturiers, ils commencent à avoir un intérêt à produire leur propre musique. On peut penser à Wilson Audio entre autres, mais il y en a bien d’autres. Ce disque est le premier qui est produit de concert avec Audio Note et on sent que Bélanger s’occupe de Audio Note Music comme de son bébé. On leur souhaite longue vie et une distribution à plus grande échelle!

D’ailleurs, c’est rare que j’aille entrer dans le monde musical audiophile. En règle générale, et permettez-moi d’être méchant, certains convaincus préfèrent mettre l’emphase sur la qualité sonore que sur la qualité de l’interprétation. Il ne sait pas jouer, mais bordel que ça sonne bien! Les transitoires! Raah ! J’exagère bien entendu, certains albums que je possède sont incroyables. On peut penser aux Doug Macleod qui sont enregistrés de main de maître, ses premiers sur AudioQuest étant extraordinaires. On peut penser à plusieurs des Reference Recordings (mais vraiment pas tous!) Et c’est sans compter la très montréalaise étiquette Fidelio de René Laflamme qui nous envoute parfois avec des extraordinaires albums (mais encore une fois pas toujours côté interprétation à mon avis).

Et cet enregistrement, c’est quoi? C’est des pièces plus ou moins connues, des compositions dont on a droit au premier enregistrement, tout comme des pièces plus connues. C’est surtout une atmosphère, il ne s’agit pas de nous en mettre plein la vue ni de nous changer de style de la première face à la dernière, en fait, c’est plus un exercice de nous entrer dans le monde de Bélanger et nous guider à travers quelques-unes de ses pièces. C’est aussi un vernissage du disque au Salon Audio de Montréal 2017.

Dans les bémols potentiels, il faut voir que c’est numérique. Enregistré sur ordinateur à l’aide d’un convertisseur analogique digital de marque Apogee, on n’a pas le droit à un enregistrement directement sur vinyle ou vers un ruban magnétique. Ce n’est pas non plus un appareil d’enregistrement de très haute fidélité de marque audiophile, comme les fichiers enregistrés par 2L sur des gammes de fréquences étendues. N’empêche que chez moi, pour mes besoins minimes, j’ai moi aussi un appareil Apogee. J’avais un appareil 192KHz huit pistes de qualité professionnelle et je l’ai vendu à un de mes amis musiciens afin de m’acheter un petit Duet de cette entreprise. J’aime beaucoup la sonorité qu’il produit, avec une qualité légèrement feutrée et très pure à l’écoute. Ce que j’entends sur ce disque m’emmène donc en terrain connu.

Et côté qualité, est-ce la qualité ultime ? La sonorité est pure, douce, voire soyeuse, forte, mais légère, absolument pas numérique à l’écoute. Les aigus, présentes à travers les pièces, ne sont pas violentes et n’agressent pas numériquement (merci, Apogee), tout en restant présentes. La gravure, en deux disques 45 tours d’une dizaine de minutes par face, est parfaite et aucunement compressée. On a la beauté d’une salle vivante; aucune aseptisation sonore. C’est chaud comme seul un violoncelle peut produire dans une église à sonorité hors pair. C’est vivant. Et ce n’est pas du tout de la musique de feu de foyer une nuit d’hiver : c’est au contraire dynamique et beau avant d’être consensuel. Aucun bruit de fond, compression minime, côté numérique gardé sous tutelle. Bon travail de matriçage, encore une fois par une équipe montréalaise. Très beau travail! J’ai hâte au prochain disque d’Audio Note.

Godspeed You! Black Emperor pré-commandes!

Ils sont de retour et pas à peu près! Sortie prévue le 22 septembre prochain. Afin d’assurer le plus de sourires et le moins de déceptions possibles lors de ce futur vendredi de septembre on vous conseille fortement de pré-commander votre copie. Soit en ligne ou en boutique. Voici le lien pour réserver sous format CD ou vinyle: https://frequencesledisquaire.com/?s=luciferian+towers&submit=OK

Ed Sheeran: Albums récents (et moins récents)

Rétrospective vinyle Ed Sheeran

Ed Sheeran est un chanteur pop avec une touche hip-hop qui a atteint son quart de siècle d’existence tout récemment. Aimé par certains, détesté par d’autres, il fait dans la pop accompagné de sa guitare. À cause de sa verve et de son élocution, son inspiration pousse clairement dans le hip-hop aussi. Mais malgré son jeune âge, il ça fait plus d’une douzaine d’années qu’il produit des disques! En 2005, il sortit son premier disque… il est officiellement sur Discogs! Mais il est bien écrit dans les notes qu’il n’en existe que 21 copies, dont 19 appartenant à Ed Sheeran lui-même (et 11 personnes disant qu’ils ont ce disque! Rions un peu!), et il tient absolument à ce que personne d’autre n’ait ce disque!

De toute façon, ses premiers disques ont peu d’intérêt musical. Assez pour voir le potentiel, mais pas assez pour valoir réellement la peine. Démos, essais… et en 2009, à l’âge vénérable de 18 ans, Ed Sheeran commence à avoir du succès, malgré qu’il produise lui-même tous ses CD.

Album : You Need Me EP
Artiste : Ed Sheeran

V.O. : 2009 CD
Sheeran Lock

En Test : 2016 Vinyle

Étiquette : Asylum Records
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Et c’est avec une chanson comme You Need Me, I Don’t Need You que Sheeran a commencé à faire parler de lui. La chanson, critique des gens qui ont commencé à l’approcher afin d’offrir leurs services à la personne qui commençait à être connue, a très bien résonné avec le public, ainsi que les quatre autres chansons acoustiques de l’album.

C’est d’ailleurs dans un environnement en direct que ce mini-album a été enregistré, en duo guitare et voix, d’une façon fort intimiste. Aucun artifice, aucune coupure apparente. Juste la musique et la voix.

Pour la qualité, Asylum a compris que Sheeran préfère avoir des produits de haute qualité. L’album est en 33 tours (bouh!), mais possède une belle présence. C’est un très bel album studio. Ça sent le studio à plein nez, ça sent les techniques modernes, il y a une touche d’emphase des hautes et une compression sporadique qui laisse planer le traitement Protools, mais c’est juste assez ténu pour nous laisser pleinement apprécier la musique.

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Suite du programme, Sheeran se fait signer par Island, ensuite par Asylum spécifiquement. Il sort son premier album à succès, + (addition, ou plus en anglais). Cet album, je ne l’ai pas. Raison simple : ce n’est pas à mon avis un album de Sheeran côté qualité. Album vinyle simple, chansons retravaillées, il (et sa maison de production) se cherchait encore côté vinyle à mon avis. Ceci dit, il reste que l’album est très bon et malgré la longueur de l’album, il semble être de qualité adéquate… Et quand je dis que cet album est très bon, même si le vinyle me tente moins, il faut mentionner que la chanson The A Team a fait les choux gras des tops en Grande-Bretagne, au point où Taylor Swift l’a remarqué et qu’ils ont fait une collaboration ensemble, ce qui démarra sa carrière internationale. Avec des numéros un solos, de la visibilité avec Swift et deux chansons en collaboration avec One Direction (dont un numéro un), c’est le succès international!

Album : × (multiplication, ou multiply en anglais)
Artiste : Ed Sheeran

En Test : 2014 Vinyle double 45 tours

Étiquette : Asylum Records
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Album à succès international, × est un album incroyable. Chansons simples, encore une fois avec Sheeran à la guitare, mais avec les moyens du succès. Chœurs, rythmes, basse, appareils électroniques, orchestrations, tout y est, mais en même temps, il reste Sheeran avec la simplicité qui a fait sa renommée. L’album en entier s’écoute comme un bonbon, belles chansons intimistes, parfois chansons de danse et de party, même carrément la chanson de l’année pour la danse de type West Coast Swing.

Et Asylum Records a compris ! Ils ont produit cet album avec toute la qualité et toute la profondeur requise d’une telle œuvre! Album double, disques lourds, 45 tours, sonorité à couper le souffle. C’est un des disques avec la meilleure sonorité de ce genre que j’ait entendu. Studio, encore une fois; numérique, encore une fois; on s’en fout c’est incroyable, encore une fois!

S’il y a un album que je vous recommande de chercher en vinyle, c’est bien lui (en tenant compte que vous aimez Sheeran, bien entendu!). Les langues sales vont dire que l’album, avec ses 50 minutes de durée, commençait à chauffer la durée maximale d’un disque de qualité décente, et que tant qu’à avoir des faces d’une douzaine de minutes, on entre dans le sweet spot pour un disque de trente centimètres en 45 tours.

Album : ÷ (division, ou divide en anglais)
Artiste : Ed Sheeran

En Test : 2017 Vinyle double 45 tours

Étiquette : Asylum Records
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Fort de ce succès, Ed Sheeran a continué à sortir des chansons à succès et à faire des tournées mondiales. Et il a sorti cette année son dernier album en règle, Divide. Moins de succès, mais une belle progression. Plus pop, presque country à certains moments, moins hip-hop. Paroles plus personnelles, mais moins de textes de trois kilomètres de long. On sent que la conversion du style grime à la pop internationale est à son paroxysme. En même temps, s’il y a une chanson qui risque de rester à travers ses succès, c’est Shape Of You.

Et bien entendu, Asylum a poursuivi sa lancée 45 tours avec un deuxième album double. Album de 46 minutes, ça entre juste bien encore une fois afin de garder la qualité… mais ça, c’est avant qu’il ne se disent qu’ils devraient y ajouter quatre chansons en boni, donnant un album de presque une heure. 15 minutes par face en moyenne, c’est juste un peu trop pour du 45 tours. Ça reste encore bon, mais ce n’est plus parfait comme dans Multiply. Le volume a été baissé, la compression s’est mise de la partie, et si ce n’était que ça…

Et avec la transition pop viennent les surproductions. On peut penser à Castle On The Hill, superbe chanson, mais qui ne respire pas du tout. On peut voir aussi quel procédé Asylum a utilisé pour ses disques : ils ont pris la version telle que sortie du studio, ont normalisé le volume afin de conserver une belle homogénéité, et ils n’ont pas traité les chansons afin de les entrer dans le moule numérique moderne. C’est, à mon avis, la version de chansons qui est la plus près de ce que Sheeran devait entendre à la sortie du studio. Ça inclut les coups de basses tonitruantes dans Dive (qui sont parfaitement visibles en spirale sur le disque), ça inclut la compression à outrance de Castle, ça inclut le rythme de Shape of You. Tout y passe, le beau, le laid.

Je dirais que l’album est bon, mais pas parfait.

On achète si on aime James Blunt, John Mayer, Sam Smith, Jason Mraz.

Future Islands – The Far Field

Synthpop des îles du futur, version laiteuse!

Album : The Far Field
Artiste : Future Islands

En Test : 2017, édition limitée blanche

Étiquette : 4AD
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Lors de mon précédent article, je vous ai parlé d’un album RSD dorénavant introuvable. Ce n’est pas toujours pareil à tous les coups. Cet album de Future Islands, il en reste encore, et c’est neuf! Reste que le synthpop, c’est un peu plus difficile de vente, surtout avec un groupe dont le chanteur possède une voix si étrange. N’empêche que Future Islands produisent des disques depuis plus de dix années et sont devenus fort respectés dans leur style. Musique très joyeuse, synthpop de passion avec le sourire au visage, paroles mélancoliques! La qualité vocale du chanteur est expliquée par un abus de ses cordes vocales, une maladie, d’exagérer lors de ses chants… et de toute façon, il se considère d’abord auteur, ensuite un interprète et finalement un chanteur.

Leur album précédent, Singles (non pas celui de la trame sonore grunge du film), est considéré comme un des excellents albums, et même que leur chanson Seasons a été sacrée chanson de 2014 par Pitchfork. Leur dernier album est moins apte à sortir des simples, mais il est aussi passionnant à écouter. Quelles belles chansons, totalement différentes de la pop bonbon de bien des autres groupes synthpop. De toute façon, si vous désirez profiter de Future Islands, je vous recommande surtout d’aller les voir en spectacle, c’est là qu’ils gagnent toutes leurs lettres de noblesse, leurs spectacles sont incroyables! Et petite pub copinage, ils vont être au Métropolis le 7 octobre 2017! Ne les manquez pas!

Et si on revenait aux moutons de la qualité du vinyle ? C’est un disque 4AD, habituellement ces disques sont de bonne qualité. Celui-ci ne dément pas ce côté qualitatif. Hélas, le disque est relativement normalisé et assez long par face, ce qui donne une qualité approximative et un volume très faible à travers le disque. À la place de produire un résultat viscéral à l’écoute, on a l’impression que le groupe est retenu en laisse et que tout est plat. Les coups de caisse et le crescendo de la fin de face A (Through The Roses) restent résolument au même niveau de volume, ce qui a l’impression d’un orage dans un verre d’eau. J’aurais tellement aimé avoir une version plus imposante à écouter.

On achète si on aime Alt-J, Arcade Fire, Cut Copy, Caribou.

2017 en Rock Celtique: Dropkick Murphys & Flogging Molly

2017 en Rock Celtique : Dropkick Murphys & Flogging Molly

Album : 11 Short Stories Of Pain & Glory

Artiste : Dropkick Murphys

En Test : 2017 Vinyle version noire en encart

Étiquette : Born & Bred Records
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Le folk rock à inspiration plus ou moins celtique est un style à la mode où il est prévu de s’amuser, de danser, de boire de la bière et de faire de l’œil à la personne convoitée. C’est un peu la façon de vivre ce qu’on s’imagine être une scène de bar au moyen-âge. Les Dropkick (que j’aime bien nommer les drunken) Murphys sont un groupe de fiers Bostoniens, célébrant toutes les années depuis plus de 20 ans la St-Patrick dans des salles de plus en plus grandes. Les dernières années, beaucoup de mes amies et amis font un pèlerinage annuel afin de les voir en spectacle à travers la ville. Ils sont rendus commanditaires principaux de la parade à Boston, en plus de réaliser des spectacles à guichets fermés au House of Blues, voire même de se taper le Fenway Park, ou même tout ça dans la même semaine.

Le but de leurs albums n’est pas d’y aller dans la dentelle. Le plus c’est fort, le mieux c’est. Leurs chansons suivent un même style, où les harmonies vocales se font agrémenter de guitares acoustiques, électriques, de basse, rythme, cornemuse, harmonica, chœurs, le plus gros c’est, le plus ça crie, le mieux c’est. Et leur dernier album n’est pas étranger à tout ça.

Avec un tel bagage, il ne faut pas s’attendre à une sonorité pour audiophiles. Digne d’eux-mêmes, on n’a qu’à regarder l’uniformité de la gravure du disque afin de savoir que le volume est maximisé, qu’il n’y a aucun moment de répit dans le son. C’est la même chose pour leurs autres albums (j’en possède trois, dont le Live at Fenway Park édition verte) et il n’y a rien de subtil dans leur sonorité, le plus fort c’est, le mieux c’est… et je n’achèterais jamais un de leur disque autrement!

Album : Life Is Good
Artiste : Flogging Molly

En Test : 2017 Vinyle noir

Étiquette : Vanguard
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Autant la côte est des États-Unis possède ses Dropkick, autant la côte ouest possède ses Flogging ! Flogging Molly est un groupe ayant autant d’expérience dans le milieu musical irlandais celtique avec la célébration de leurs 20 ans de carrière cette année. Le groupe d’angelenois y ajoute un peu une facture tex-mex avec les cuivres et une version très légèrement moins violente avec des passes d’accordéon, banjo, mandoline. Mais ce qu’ils n’ont pas en force violente, ils l’ont en subtilité. Ce n’est pas que des chœurs et harmonies vocales, il y a des moments où ça respire aussi un peu. C’est d’ailleurs un peu les rôles inversés parce que le groupe provient du milieu rock métal et punk rock de L.A.!

Leur dernier album, Life Is Good, est leur premier album en cinq années alors ça fait vraiment du bien de les revoir. Je suis heureux de la qualité en règle générale de leur vinyle, sauf que certaines pistes de leur album proviennent carrément de pistes compressées d’ordinateur! Et ici, non, je ne parle pas de compression genre limitation ou expansion, je parle de compression genre MP3! On peut penser à la chanson Welcome to Adamstown dont les cymbales sonnent comme si elles étaient en train de se noyer, caractéristique de la compression numérique. Ce n’est peut-être pas ça, je ne peux pas croire, mais ça sonne réellement comme si leurs pistes avaient subi une compression numérique de ce genre! Décontenançant!

On achète si on aime The Pogues, The Dubliners, Reel Big Fish, The Dreadnoughts, Great Big Sea.

1965-1968, 2017: Miles Davis Quintet – Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5

Cinq légendes dans un studio, sans coupure et sans musique!

Je me fais plaisir, comme je vous disais sur le texte précédent! Quand les chats sont en vacances, les souris écoutent des disques d’archives.

Album : Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5
Artiste : Miles Davis Quintet

En test : 2017 Vinyle triple

Étiquette : Columbia, Legacy, Sony Music
88985364161

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Quand on doit sortir quelque chose de spécial sur un artiste pour qui tout est déjà sorti, on fait quoi ? On sort des alternate takes. Mais supposons que tous les alternate takes sont déjà sortis, on fait quoi? On prend les bobines et on sort les bobines de studio, telles qu’enregistrées! Ou du moins, c’est le pari qu’a fait Legacy sur ce superbe album en encart triple.

Wayne Shorter… Herbie Hancock… Ron Carter… Tony Williams… Miles Davis! Quel quintette, quel groupe d’artistes incroyables, qui chacun individuellement ont redéfini le jazz ! Un festival de jazz aurait été heureux d’en avoir qu’un des cinq en vedette spéciale guichets fermés. Alors il faut imaginer les cinq ensemble. Et c’est ce que ce disque nous permet de faire.

Ce disque est inécoutable ! Le but n’est pas de se pâmer sur la musique du quintette, pour ça, on peut aller acheter l’album Miles Smiles par exemple pour la chanson Freedom Jazz Dance. La chanson finale dure un peu plus de 7 minutes. La première face du premier disque est plus de 23 minutes de cette chanson, mais à la fin, on n’aura entendu que les quelques premières notes du thème, la vraie version est sur l’album. Ce qu’on a sur ces disques est les rubans d’origine qui ont servi à pratiquer les chansons, des anecdotes, des essais, des manquements, des erreurs, de l’humour, de la pratique, d’autres essais, du matériel qui ne servira finalement jamais aux chansons. Bref : ce qui est laissé sur le plancher de la table de montage.

Ce que le disque nous permet de faire, c’est de mieux comprendre les chansons et le processus créatif du quintette. C’est un document d’archives absolument inestimable que Sony nous remet entre les mains, pour admirateurs seulement. Ne vous attendez pas à apprécier écouter ad nauseam les mêmes progressions ou les sections coupées, ou la pratique de batterie de Tony Williams. Ce n’est pas pour une consommation par les admirateurs. Mais j’ai pris mon pied à chaque seconde d’écoute.

Mais le vinyle, ça sonne comment ? Vous êtes vraiment fatigants avec ça! Comme si la qualité sonore c’était uniquement ce qui compte! Sans blag… [chuchotements] ah… c’est… c’est mon travail? Ah bon… Vous voulez me lire pour la qualité du vinyle? Ah… bon… désolé! Mais cette petite blague est là pour faire comprendre qu’il s’agit d’archives musicales, pas de musique. Est-ce que c’est réellement nécessaire qu’on ait toute la qualité du monde? Alors, je dirais que la qualité est très bonne sur le disque! Ils ont porté autant d’attention à la sortie de ces outtakes partiels qu’à sortir les disques nouvellement sortis en version 2014. C’est un travail de moine! Mais est-ce que c’est si nécessaire d’avoir une telle qualité pour quelque chose qui est musicalement inutile? Mmm, je dirais que oui! J’ajouterais que les quelques bouts musicaux des disques sont impressionnants et fantastiques à écouter sur une bonne table. Mais encore une fois, ce disque est inécoutable! S’ils désiraient faire encore plus plaisir aux fans, ils en feraient une version en bobine 4 pistes non mixées de 10 po à 7.5ips, sans aucun traitement, avec les chansons finales à la fin de chaque piste d’essais. Probabilité que ça arrive : nulle. En attendant, il y a ce disque triple!

2017: Alt-J – Relaxer

Relaxer est un style de vie

Album : Relaxer
Artiste : Alt-J (Δ)

En Test : 2017 Vinyle 180g

Étiquette : Atlantic Recording Corporation
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Le groupe indie britannique célèbre ses 10 ans avec leur album Relaxer, album qui est tout sauf relaxant, malgré la première chanson très douce. C’est un album très expérimental avec beaucoup d’atmosphères différentes. La première chanson, 3WW, introspective et enfumée avec une pipe à l’eau en prime. In Cold Blood est plus forte, presque Imagine Dragons. House of the Rising Sun est orchestrale à la Empty Spaces (The Wall). Sans compter les autres chansons qui ont toutes des styles différents.

Et si vous êtes curieux, le groupe a gagné un prix Mercury pour An Awesome Wave et leur album This Is All Yours est allé #1 aux R.-U. Et pourtant, en tant que consommateurs, nous ne les connaissons pas! Aucun intérêt aux États-Unis, peu d’écoute ici.

Mais mais mais… à part que c’est un superbe groupe… oui, leur disque vinyle est bon. En fait, je dirais qu’il est amplement meilleur que leur version numérique. Hélas, leur disque numérique fait partie de ceux que j’ai arrêté d’écouter après la deuxième chanson! Je suis incapable d’écouter In Cold Blood d’une façon analytique, je trouve que la chanson est horriblement et inadéquatement compressée. La version vinyle est beaucoup moins pire et c’est tout à leur honneur parce que la chanson est superbe. La présence de l’album est palpable, le côté parfois lo-fi, parfois fort, parfois doux, parfois compressé, parfois avec impression en direct, c’est fort bien réalisé. Certains des crescendos dans In Cold Blood restent de glace par contre, avec une montée bloquant à la moitié, ajoutant seulement de la présence à partir de ce moment. Ce n’est donc toujours pas parfait, mais c’est amplement suffisant pour qu’enfin je puisse profiter de ce merveilleux album.

On achète si on aime The XX, Foals, Arcade Fire, London Grammar, Bonobo, Milky Chance, Bon Iver.

2017: Old Crow Medicine Show – 50 Years of Blonde On Blonde

Dylan : Americana, country, blues et bluegrass?!

Album : 50 Years of Blonde On Blonde
Artiste : Old Crow Medicine Show

En Test : 2017 Vinyle double

Étiquette : Columbia Nashville
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O.C.M.S. est un groupe de musique de party, c’est la meilleure façon que je peux les décrire. On ne les connait pas réellement bien ici, le country a encore mauvaise presse au Québec, ce qui n’est absolument pas le cas ailleurs sur la planète. Mais on connait bien Mumford & Sons, et ça tombe bien, Old Crow est l’influence principale de Mumford. Alors si vous désirez en savoir plus sur ce genre de musique, ce groupe est le vôtre.

C’est aussi un groupe qui défie la classification. Découverts jouant à l’extérieur d’une pharmacie au Tennessee, influences claires de bluegrass, banjo, violon, guitares acoustiques, c’est un groupe qui aime ses cordes. Les admirateurs de Country disent que c’est plus du Americana; les admirateurs d’Americana disent que c’est trop Bluegrass pour eux; les admirateurs obtus de Bluegrass disent que ce n’est pas du tout du Bluegrass, d’aller voir ailleurs. Ce n’est pas du Folk non plus, on n’a qu’à écouter leurs versions de Dylan pour savoir qu’on est loin du compte. Ce ne sont pas exactement des chansons de taverne non plus. Devrait-on dire de Dropkick qu’ils jouent du Folk? N’empêche qu’ils ont eu leurs lettres de noblesse country en passant au Grand Ole Opry et ce spectacle a été enregistré au Country Music Hall Of Fame. Donc, votons pour du Country… tout comme les Mumford et Dropkick susmentionnés peuvent être du Country!

Et c’est un disque enregistré en direct! Non content de jouer l’entièreté de l’album séminal de Dylan, ils le jouent dans l’ordre et le disque vinyle double possède exactement les mêmes chansons sur les mêmes faces! C’est tout un hommage, parfaitement réalisé!

Et pour la qualité? C’est une source multipiste, numérique, et c’est dans un spectacle. On entend l’écrêtage numérique dans les aigus lors de quelques pièces. C’est fort, c’est lourd. C’est maximisé et il n’y a pas de gros changements de volumes. C’est clairement une seule bande maîtresse numérique pour la version numérique que pour le vinyle. Un peu dommage. En même temps, c’est un disque qu’on apprécie écouter pour danser et je ne sais pas trop si une version avec un matriçage plus minutieux pour le vinyle aurait réellement apporté beaucoup de ventes de plus. Ça reste enregistré en direct d’un spectacle et c’est en partant une recette pour une qualité beaucoup plus approximative, donc on pardonne.

On achète si on aime Mumford And Sons, John Mellencamp, Ani DiFranco, Dropkick Murphys. Pour le Bluegrass : The Corn Dodgers, Trampled By Turtles, Justin Townes Earles.

2017: Wednesday 13 – Condolences

Mes condoléances!

Album : Condolences
Artiste : Wednesday 13

En Test : 2017 Vinyle double 45 RPM

Étiquette : Nuclear Blast
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La dernière offrande de Wednesday 13 est faite pour être jouée le plus démesurément fort que notre système de son le permet, et vous devez y ajouter deux petites coches juste pour être certain de démolir ce qu’il y a à démolir. Des lignes de basse de fou, des guitares assumées, des paroles fortes. Marilyn Manson peut aller se rhabiller! Ça frappe, ça tue, c’est noir et c’est juste beau. Pas parfait à mon avis, mais ce n’est pas mon travail de critiquer la musique!

Ça fait dorénavant douze ans que Poole a démarré le projet W13. Une dizaine d’albums de produits, c’est ce dernier disque qui est celui qui a monté le plus sur les palmarès aux R.-U., avec raison. C’est un superbe disque pour ceux qui apprécient le Goth/heavy métal. Tout y est et je ne sais pas comment en dire encore plus de bien… Ah… oui!

Ça sonne comment? C’est un disque double en 45 tours, édition limitée 500 copies grises. Le disque a un bruit de fond assez assumé, les faces durant une douzaine de minutes, les sillons sont un peu plus minces, ce qui augmente la quantité de bruit. Mais on l’oublie réellement rapidement dès que la musique débute. La musique n’est pas plus compressée que les fichiers maîtres, tels que fournis dans le studio. Aucune compression supplémentaire de média n’est apparente, ce qui est totalement différent de la version numérique qui est compressée dans le tapis. La batterie est impressionnante, les instruments sont présents sans être omniprésents comme la version numérique. Les voix sont assumées. Félicitations à Chris «Zeuss» Harris, producteur de Rob Zombie, pour l’excellent travail de production! Wow! Dommage pour le bruit de fond. Tout le reste, impeccable! Ça déplace presque mes Between The Buried And Me pour la qualité de gravure. [NDLA : bien sûr que c’est compressé, c’est du Goth métal, mais ce n’est pas trop compressé]

Et si je veux m’amuser? Jouez-le à 33 tours. L’album devient Doom Metal et c’est génial à écouter pour quelques chansons.

On achète si on aime Murderdolls (son groupe précédent), Strapping Young Lad, Hellyeah, Testament.