1965-1968, 2017: Miles Davis Quintet – Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5

Cinq légendes dans un studio, sans coupure et sans musique!

Je me fais plaisir, comme je vous disais sur le texte précédent! Quand les chats sont en vacances, les souris écoutent des disques d’archives.

Album : Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5
Artiste : Miles Davis Quintet

En test : 2017 Vinyle triple

Étiquette : Columbia, Legacy, Sony Music
88985364161

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Quand on doit sortir quelque chose de spécial sur un artiste pour qui tout est déjà sorti, on fait quoi ? On sort des alternate takes. Mais supposons que tous les alternate takes sont déjà sortis, on fait quoi? On prend les bobines et on sort les bobines de studio, telles qu’enregistrées! Ou du moins, c’est le pari qu’a fait Legacy sur ce superbe album en encart triple.

Wayne Shorter… Herbie Hancock… Ron Carter… Tony Williams… Miles Davis! Quel quintette, quel groupe d’artistes incroyables, qui chacun individuellement ont redéfini le jazz ! Un festival de jazz aurait été heureux d’en avoir qu’un des cinq en vedette spéciale guichets fermés. Alors il faut imaginer les cinq ensemble. Et c’est ce que ce disque nous permet de faire.

Ce disque est inécoutable ! Le but n’est pas de se pâmer sur la musique du quintette, pour ça, on peut aller acheter l’album Miles Smiles par exemple pour la chanson Freedom Jazz Dance. La chanson finale dure un peu plus de 7 minutes. La première face du premier disque est plus de 23 minutes de cette chanson, mais à la fin, on n’aura entendu que les quelques premières notes du thème, la vraie version est sur l’album. Ce qu’on a sur ces disques est les rubans d’origine qui ont servi à pratiquer les chansons, des anecdotes, des essais, des manquements, des erreurs, de l’humour, de la pratique, d’autres essais, du matériel qui ne servira finalement jamais aux chansons. Bref : ce qui est laissé sur le plancher de la table de montage.

Ce que le disque nous permet de faire, c’est de mieux comprendre les chansons et le processus créatif du quintette. C’est un document d’archives absolument inestimable que Sony nous remet entre les mains, pour admirateurs seulement. Ne vous attendez pas à apprécier écouter ad nauseam les mêmes progressions ou les sections coupées, ou la pratique de batterie de Tony Williams. Ce n’est pas pour une consommation par les admirateurs. Mais j’ai pris mon pied à chaque seconde d’écoute.

Mais le vinyle, ça sonne comment ? Vous êtes vraiment fatigants avec ça! Comme si la qualité sonore c’était uniquement ce qui compte! Sans blag… [chuchotements] ah… c’est… c’est mon travail? Ah bon… Vous voulez me lire pour la qualité du vinyle? Ah… bon… désolé! Mais cette petite blague est là pour faire comprendre qu’il s’agit d’archives musicales, pas de musique. Est-ce que c’est réellement nécessaire qu’on ait toute la qualité du monde? Alors, je dirais que la qualité est très bonne sur le disque! Ils ont porté autant d’attention à la sortie de ces outtakes partiels qu’à sortir les disques nouvellement sortis en version 2014. C’est un travail de moine! Mais est-ce que c’est si nécessaire d’avoir une telle qualité pour quelque chose qui est musicalement inutile? Mmm, je dirais que oui! J’ajouterais que les quelques bouts musicaux des disques sont impressionnants et fantastiques à écouter sur une bonne table. Mais encore une fois, ce disque est inécoutable! S’ils désiraient faire encore plus plaisir aux fans, ils en feraient une version en bobine 4 pistes non mixées de 10 po à 7.5ips, sans aucun traitement, avec les chansons finales à la fin de chaque piste d’essais. Probabilité que ça arrive : nulle. En attendant, il y a ce disque triple!

2017: Alt-J – Relaxer

Relaxer est un style de vie

Album : Relaxer
Artiste : Alt-J (Δ)

En Test : 2017 Vinyle 180g

Étiquette : Atlantic Recording Corporation
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Le groupe indie britannique célèbre ses 10 ans avec leur album Relaxer, album qui est tout sauf relaxant, malgré la première chanson très douce. C’est un album très expérimental avec beaucoup d’atmosphères différentes. La première chanson, 3WW, introspective et enfumée avec une pipe à l’eau en prime. In Cold Blood est plus forte, presque Imagine Dragons. House of the Rising Sun est orchestrale à la Empty Spaces (The Wall). Sans compter les autres chansons qui ont toutes des styles différents.

Et si vous êtes curieux, le groupe a gagné un prix Mercury pour An Awesome Wave et leur album This Is All Yours est allé #1 aux R.-U. Et pourtant, en tant que consommateurs, nous ne les connaissons pas! Aucun intérêt aux États-Unis, peu d’écoute ici.

Mais mais mais… à part que c’est un superbe groupe… oui, leur disque vinyle est bon. En fait, je dirais qu’il est amplement meilleur que leur version numérique. Hélas, leur disque numérique fait partie de ceux que j’ai arrêté d’écouter après la deuxième chanson! Je suis incapable d’écouter In Cold Blood d’une façon analytique, je trouve que la chanson est horriblement et inadéquatement compressée. La version vinyle est beaucoup moins pire et c’est tout à leur honneur parce que la chanson est superbe. La présence de l’album est palpable, le côté parfois lo-fi, parfois fort, parfois doux, parfois compressé, parfois avec impression en direct, c’est fort bien réalisé. Certains des crescendos dans In Cold Blood restent de glace par contre, avec une montée bloquant à la moitié, ajoutant seulement de la présence à partir de ce moment. Ce n’est donc toujours pas parfait, mais c’est amplement suffisant pour qu’enfin je puisse profiter de ce merveilleux album.

On achète si on aime The XX, Foals, Arcade Fire, London Grammar, Bonobo, Milky Chance, Bon Iver.

2017: Old Crow Medicine Show – 50 Years of Blonde On Blonde

Dylan : Americana, country, blues et bluegrass?!

Album : 50 Years of Blonde On Blonde
Artiste : Old Crow Medicine Show

En Test : 2017 Vinyle double

Étiquette : Columbia Nashville
88985-41994-2

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O.C.M.S. est un groupe de musique de party, c’est la meilleure façon que je peux les décrire. On ne les connait pas réellement bien ici, le country a encore mauvaise presse au Québec, ce qui n’est absolument pas le cas ailleurs sur la planète. Mais on connait bien Mumford & Sons, et ça tombe bien, Old Crow est l’influence principale de Mumford. Alors si vous désirez en savoir plus sur ce genre de musique, ce groupe est le vôtre.

C’est aussi un groupe qui défie la classification. Découverts jouant à l’extérieur d’une pharmacie au Tennessee, influences claires de bluegrass, banjo, violon, guitares acoustiques, c’est un groupe qui aime ses cordes. Les admirateurs de Country disent que c’est plus du Americana; les admirateurs d’Americana disent que c’est trop Bluegrass pour eux; les admirateurs obtus de Bluegrass disent que ce n’est pas du tout du Bluegrass, d’aller voir ailleurs. Ce n’est pas du Folk non plus, on n’a qu’à écouter leurs versions de Dylan pour savoir qu’on est loin du compte. Ce ne sont pas exactement des chansons de taverne non plus. Devrait-on dire de Dropkick qu’ils jouent du Folk? N’empêche qu’ils ont eu leurs lettres de noblesse country en passant au Grand Ole Opry et ce spectacle a été enregistré au Country Music Hall Of Fame. Donc, votons pour du Country… tout comme les Mumford et Dropkick susmentionnés peuvent être du Country!

Et c’est un disque enregistré en direct! Non content de jouer l’entièreté de l’album séminal de Dylan, ils le jouent dans l’ordre et le disque vinyle double possède exactement les mêmes chansons sur les mêmes faces! C’est tout un hommage, parfaitement réalisé!

Et pour la qualité? C’est une source multipiste, numérique, et c’est dans un spectacle. On entend l’écrêtage numérique dans les aigus lors de quelques pièces. C’est fort, c’est lourd. C’est maximisé et il n’y a pas de gros changements de volumes. C’est clairement une seule bande maîtresse numérique pour la version numérique que pour le vinyle. Un peu dommage. En même temps, c’est un disque qu’on apprécie écouter pour danser et je ne sais pas trop si une version avec un matriçage plus minutieux pour le vinyle aurait réellement apporté beaucoup de ventes de plus. Ça reste enregistré en direct d’un spectacle et c’est en partant une recette pour une qualité beaucoup plus approximative, donc on pardonne.

On achète si on aime Mumford And Sons, John Mellencamp, Ani DiFranco, Dropkick Murphys. Pour le Bluegrass : The Corn Dodgers, Trampled By Turtles, Justin Townes Earles.

2017: Wednesday 13 – Condolences

Mes condoléances!

Album : Condolences
Artiste : Wednesday 13

En Test : 2017 Vinyle double 45 RPM

Étiquette : Nuclear Blast
3992-7

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La dernière offrande de Wednesday 13 est faite pour être jouée le plus démesurément fort que notre système de son le permet, et vous devez y ajouter deux petites coches juste pour être certain de démolir ce qu’il y a à démolir. Des lignes de basse de fou, des guitares assumées, des paroles fortes. Marilyn Manson peut aller se rhabiller! Ça frappe, ça tue, c’est noir et c’est juste beau. Pas parfait à mon avis, mais ce n’est pas mon travail de critiquer la musique!

Ça fait dorénavant douze ans que Poole a démarré le projet W13. Une dizaine d’albums de produits, c’est ce dernier disque qui est celui qui a monté le plus sur les palmarès aux R.-U., avec raison. C’est un superbe disque pour ceux qui apprécient le Goth/heavy métal. Tout y est et je ne sais pas comment en dire encore plus de bien… Ah… oui!

Ça sonne comment? C’est un disque double en 45 tours, édition limitée 500 copies grises. Le disque a un bruit de fond assez assumé, les faces durant une douzaine de minutes, les sillons sont un peu plus minces, ce qui augmente la quantité de bruit. Mais on l’oublie réellement rapidement dès que la musique débute. La musique n’est pas plus compressée que les fichiers maîtres, tels que fournis dans le studio. Aucune compression supplémentaire de média n’est apparente, ce qui est totalement différent de la version numérique qui est compressée dans le tapis. La batterie est impressionnante, les instruments sont présents sans être omniprésents comme la version numérique. Les voix sont assumées. Félicitations à Chris «Zeuss» Harris, producteur de Rob Zombie, pour l’excellent travail de production! Wow! Dommage pour le bruit de fond. Tout le reste, impeccable! Ça déplace presque mes Between The Buried And Me pour la qualité de gravure. [NDLA : bien sûr que c’est compressé, c’est du Goth métal, mais ce n’est pas trop compressé]

Et si je veux m’amuser? Jouez-le à 33 tours. L’album devient Doom Metal et c’est génial à écouter pour quelques chansons.

On achète si on aime Murderdolls (son groupe précédent), Strapping Young Lad, Hellyeah, Testament.

Mogwai pré-commandes box set et clear vinyl limitées!

Un des meilleurs groupes des vingt dernières années revient en septembre avec un autre petit chef d’oeuvre. Les nouvelles pièces entendues au festival Primavera laissent présager un fichu disque! Nous prenons déjà les pré-commandes pour le coffret deluxe très limité et l’édition clear vinyl. Toutes deux exclusives aux bons disquaires indépendants elles sont disponibles pour achat sur notre site web ainsi que la version vinyle régulière et le CD. Ne soyez pas décus et réservez rapidement soit en ligne ou en personne en magasin. Cliquez sur le lien suivant pour pré-commander: https://frequencesledisquaire.com/?s=Mogwai+Every+Country&submit=OK

 

 

 

 

2012: Kid Koala – 12 bit Blues; 2017: Music To Draw To: satellite

Blues en échantillonnage? You bet! Ambiance en turntablism: encore mieux!

Album : 12 bit Blues
Artiste : Kid Koala

En Test : 2012 Vinyle double en encart (sans les extras)

Étiquette : Ninja Tune
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Je me fais plaisir avec un programme double de turntablism avec un des meilleurs disques de scratch et d’échantillonnage soit l’avant-dernière offrande de Kid Koala : 12 bit Blues. Kid Koala est un génie de Vancouver, qui a habité à Montréal, reconnu à travers le monde pour la qualité de ses productions. Il a commencé à composer et à faire du scratch dans les années 90, a signé avec Ninja Tunes en 95, et depuis l’an 2000, il produit des disques toujours plus épatants les uns que les autres.

Mais cékwaça? C’est un disque de blues tout ce qu’il y a de plus traditionnel, lent, triste, mais aussi refait et réinventé à la sauce scratch. Chaque composante a été tirée d’un autre univers musical et intégré, en boucle ou retravaillé, à l’aide d’une table tournante ou d’un synthé, mais la sonorité n’est pas pure. Le travail du turntablist est de prendre une pièce musicale, d’en extraire l’essence et de nous le présenter d’une façon où nous pouvons comprendre ce qu’il recherche et ressent avec cet extrait. C’est tout ce travail de recherche, de découverte et de présentation qui nous est montré ici, sous sa plus simple expression.

Et en tant que turntablist, il faut s’entendre, la seule et unique façon d’écouter ce genre de disque, c’est en vinyle! Ce qu’il produit est fait pour être remixé et être utilisé, mais aussi c’est fait pour être écouté. Alors pour ce disque, chaque face possède 8-12 minutes de matériel, pleine qualité, de la basse à profusion, des fréquences pures, du très beau travail. C’est un disque fantastique à écouter! Il n’y a aucune comparaison entre le vinyle et la version numérique, le vinyle l’emporte haut la main et à plate couture. Le vinyle laisse haletant.

Album: Music To Draw To: Satellite
Artistes: Kid Koala feat. Emilíana Torrini

En Test: 2017 Vinyle double

Étiquette: Arts & Crafts
A&C 129

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Comme ils diraient chez les Monties, And now, for something completely different! Comme on l’a vu avec 12 bit blues, Kid Koala n’a pas que des platines de disques qui jouent. Il y a de la composition, de l’échantillonnage, de la création. Ce disque avec Emilíana Torrini est de la musique purement ambiante, des ambiances sonores encore une fois. Même la voix de Torrini est apaisante, n’est pas là pour déranger. Mélange de musique de relaxation et musique active où on se fait légèrement solliciter d’une façon contrôlée, l’album est parfait afin de le garder en sourdine lorsqu’on désire se concentrer sur une autre tâche, tel que le dessin. Mais c’est aussi une musique sur laquelle on peut laisser se porter et lâcher prise sur les paroles et ce qui nous est proposé en tant que contenu musical.

Pour le disque vinyle, il est un peu moins bon que le Ninja Tune. On remarque dès les quelques premières paroles dans Adrift que la voix de Torrini a tendance à écrêter numériquement dans les moments plus forts. Le disque est un peu plus bruyant malgré le fait que ce soit un disque double et que le volume aurait pu être au rendez-vous. Ça sent le master numérique envoyé à GZ directement avec mention de le graver sur un disque double. Reste que le disque est parfaitement beau à l’écoute, est doux, généreux, consensuel, comme il doit l’être pour ce genre de musique. Mais je vais plus opter pour la version numérique de ce disque, surtout qu’on doit changer de face régulièrement, ce qui brise l’envie de travailler. Oh … et dernier détail de crime de lèse-majesté: avoir tout l’espace du monde (12po) pour réaliser un superbe livret dans un encart et préférer mettre le livret du CD inséré sans déférence dans la pochette du vinyle.

On achète si on aime Cut Chemist (et Coldcut bien sûr), DJ Kentaro, Peanut Butter Wolf, Deltron 3030, Danger Mouse.

2016: Les Goules – Coma; 2006/2017: Avec pas d’casque – Trois Chaudières de Sang

Écris écris tape tape, j’enverrai pas d’article à soir, j’m’en va aux courses!

Bonne St-Jean!

Album : Coma
Artiste : Les Goules

En Test : 2016 Vinyle jaune

Étiquette : Duprince
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L’an passé, Keith Kouna nous a lâché une de ces bombes à retardement! Le retour du groupe punk rock Les Goules après 6 ans de pause. Durant cette pause, Kouna a sorti un premier album rock, un deuxième album pop rock qui a gagné prix et reconnaissance, et finalement un troisième album chansons vs classique absolument incroyable. Là, ça va faire!, il retourne à ses anciennes amours du punk rock avec des paroles crues, de la grosse guitare et une batterie bien sentie.

Et si vous pensez que Schubert et Punk Rock vont bien ensemble, vous n’avez pas trop tort. Son album Le Voyage d’Hiver, toujours pas disponible en vinyle, est un hommage à Die Winterreise, travaillé avec le fantastique et fort actuel René Lussier. Très introspectif, très déférent, beau. Et après… Coma! Punk rock. Violence! Et un superbe vinyle, de très bonne qualité. Bon, c’est compressé, c’est certain, c’est du punk rock. Mais la qualité sonore est absolument exemplaire pour le style. La gravure est propre, la sonorité est forte, met en valeur tous les instruments et la voix unique de Kouna (dont la chanson Piranhas fait penser à Ça Plane Pour Moi de Plastic Bertrand, autant en stylistique qu’en voix), ça paraît réellement qu’il a pris du poil de la bête pour la qualité sonore. Bref : si vous aimez le punk queb, c’est le disque à avoir. Malade!

On achète si on aime … faites vous donc plaisir et allez écouter un groupe punk rock underground, ce n’est pas ça qui manque au Québec, on aime le genre et il y a plein d’artistes qui ne demandent que ça de faire des spectacles et vous vendre leurs disques.

Mais ok… mettons que j’aime pas ça moé la musique «de vomi»?

Album : Trois Chaudières De Sang
Artiste : Avec pas d’casque

V.O. : 2006 CD; Dare To Care Records; DTC024

En Test : 2017 Vinyle

Étiquette : Dare To Care Records
DTC024-LP

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Groupe lo fi folk minimaliste, Avec pas d’casque est un groupe qui ne se prend pas au sérieux depuis plus d’une douzaine d’années, bon an mal an, avec des succès tous plus obscurs les uns que les autres, comme Loup-garou, La journée qui s’en vient est flambant neuve, Derviche tourneurs ou Dans les bras de la femme bionique. Mais n’empêche qu’ils roulent leur bosse et jouent sur des radios commerciales à gauche ou à droite. Leur style [ah ouan, je dois décrire ça moi] minimaliste, country folk commercialo-alternatif, leur joual assumé en font un style assez unique dans notre univers musical québécois.

Et pour leur disque, c’est ridicule, mais le disque tonne comme une tonne de briques! En fait, ce disque est une réédition de leur premier disque «commercial», produit par Dare To Care Records, qui fait déjà affaire avec des fous à la Socalled, et ils sont connus pour réaliser plein de disques de qualité incroyables. Ce disque est tout ce qui est plus authentique, il est de production hyper simplifiée, est parfaitement naturel, est simple dans ses instruments, dans ses voix, et le disque a été sorti enfin en vinyle il y a quelques mois avec toute la [lol!] déférence nécessaire à ce premier disque de nos piliers de folie folk queb.

On achète si on aime Bernard Adamus, Tricot Machine, Lisa LeBlanc, Mara Tremblay.

[ndla: ouf! le correcteur orthographique et grammatical n’est pas convaincu de mes passages au langage familier]

2017: London Grammar – Truth Is A Beautiful Thing

London Grammar est enfin de retour! Deuxième album du trio londonien en quatre ans, vont-ils être à la hauteur de leur succès?

Album : Truth Is A Beautiful Thing
Artiste : London Grammar

En Test : 2017 Vinyle (US, vinyle simple)

Étiquette : Columbia
88985441271

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London Grammar est un groupe pop indépendant qui, après avoir joué dans des pubs à travers la Grande-Bretagne, a sorti un premier vidéo sur YouTube en 2012, Hey Now.

Le vidéo a eu un engouement international et ils ont produit un peu plus tard leur premier disque, If You Wait. Le groupe a cartonné à partir de ce moment, avec leur style plus noir, plus introspectif, faisant un peu penser à un univers à la The XX ayant rencontré Florence Welch. Quatre années plus tard, les voici de retour avec leur suite : Truth Is A Beautiful Thing.

Les deux albums sont du même genre, on y retrouve le même «bon vieux» London Grammar qu’on a aimé découvrir il y a quelques années, avec un peu plus de rythme et un peu plus d’assurance dans le style. Le trip-hop du premier disque fait place à un synthpop planant plus rythmé [ndla : je le dis, j’aime tenter de décrire des styles musicaux, c’est comme avoir un chien qui court après sa queue, c’est tellement impossible comme mission!] et on aime le côté électro ajouté, la voix forte mezzo, mais surtout le piano éthéré.

Pour la qualité, la gravure US est correcte pour la version sur laquelle je fais le test, bref, le disque simple. La musique est compressée et le volume est très bas sur l’album en général. L’atmosphère est respectée, mais elle est agressante à haut volume, même que sur la face B, ça écrête numériquement lors de certaines pièces, comme Bones of Ribbon par exemple. Il fallait s’y attendre avec un album de 25 à 27 minutes par face respectivement. Dommage pour cette version. Il existe deux autres versions, une UK en un disque et une en disque double qui n’a qu’une vingtaine de minutes de matériel par face. Selon Fréquences, il y a des chances que la prochaine version qui sera en magasin sera celle en disque double, qui n’est pas du tout du même master. Vous aurez peut-être plus de chance que moi. Entretemps, j’opte pour acheter la version CD, qui possède cette même compression navrante, mais qui est moins problématique que de se retrouver à travers les différentes versions.

On achète si on aime : Lorde, The XX, Florence + The Machine, M83, Ms Mr.

2017: Willie Nelson – God’s Problem Child

Le maître country est toujours à l’œuvre et n’a pas terminé de nous en conter des vertes et des pas mûres!

Album : God’s Problem Child
Artiste : Willie Nelson

En Test : 2017 Vinyle

Étiquette : Legacy, Sony Music
88985415741

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Ça, c’est un grand… Il y a parfois des auteurs-compositeurs-interprètes qui jouent parce que c’est leur vie. Voilà. Vous savez tout ce qu’il faut savoir sur Willie Nelson! Le reste n’est que du mythe. On peut penser à Trigger, sa tonitruante guitare qui en a vu autant que son compagnon, qui a elle seule a eu droit à des reportages et documentaires. On peut penser à ses spectacles, à son accessibilité, à son activisme pour la légalisation de la marijuana et son entreprise de biodiésel. On peut penser à tous ses succès, tous ses disques qui sont incroyables. Quand je pense à du country, c’est à lui que je pense : chansons d’amour, chansons rebelles, chansons rock, mais pas toujours des chansons sur les caisses de bière, les femmes-objet et les conducteurs de camions comme le country moderne.

Quand je pense à lui, j’imagine quel genre de malcommode il doit être. Lorsqu’il était près de faire faillite, il a caché sa guitare en disant «si Trigger est vendue, j’arrête de faire de la musique». Une chance pour nous et pour lui, il a réussi à garder sa guitare! Et oui, c’est bien évidemment elle qui est mise en vedette sur cet album aussi. La sonorité de Nelson ne serait juste pas la même sans son destrier à cordes.

Je recommande d’ailleurs que vous achetiez n’importe quel album de Nelson. Soyons honnêtes, j’ai mis un lien vers tous ses disques parce qu’ils sont habituellement excellents. Peu de gens s’y connaissent réellement assez pour vous guider dans son immense discographie alors je vous suggère plus de conserver un lien vers sa discographie AllMusic et regarder si le disque est bon ou non. Mais même un disque à zéro ou une étoile a quand même un petit quelque chose (si vous aimez les albums de Noël!) Si vous achetez God’s Problem Child, sachez que vous allez tomber dans un de ses bons albums!

Et pour la qualité… Ma copie possède énormément de bruit de fond. Pas juste un peu, mais vraiment beaucoup, et par vagues. Ça sent l’impression à la va-vite et que je n’aie pas été chanceux à la roulette des impressions. Ça arrive. D’ailleurs, les informations de la version CD et vinyles sont identiques alors j’opte pour un matriçage identique pour les deux versions quoique la sonorité du disque est sublime alors ça se peut très bien que ce soit une version spéciale pour vinyle. Je compare les versions numériques et vinyles et elles sont toutes deux très bonnes. J’opterais pour le vinyle à cause de la sonorité folle des guitares et de la voix, mais c’est vraiment par goût personnel. Dommage qu’il soit si brouillon.

2017: Roger Waters – Is This The Life We Really Want?

Éditions spéciales légendes avec Nelson, Young et Waters. Trois monstres. Deux nouveaux disques. Une compilation d’anthologie.

L’année 2017 est une année prolifique pour les retours en grande. On peut dire parfois qu’ils ne sont jamais partis. Le Texan Willie Nelson commet l’équivalent d’un nouveau disque original bon an mal an; l’Anglais Roger Waters poursuit spectacle après spectacle à travers la planète et le Torontois Neil Young continue ses idées de musique en continu de très haute fidélité et nous a sorti un nouveau disque en décembre.

Des trois disques, le plus unique est celui de Waters. Son dernier disque rock composé datant de 1992 (Amused to Death). Dix ans plus tard, il a eu son opéra (Ça ira). En d’autres mots, oh my God! Il sort un nouveau disque!!!!!

Album: Is This The Life We Really Want?
Artiste: Roger Waters

En Test: 2017 Vinyle double

Étiquette : Columbia
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La suite créative de The Wall nous est présentée après un superbe opéra l’an passé ainsi qu’un film en 2015. Alors il fallait s’attendre à une sortie qui permettrait de mettre des points sur les i de son opus avec Pink Floyd et des clins d’œil à travers le disque. Intimiste, surtout basé sur la voix de Waters, le premier disque en entier est un peu un retour en arrière. La première chanson est une introduction à la Speak To Me (DSOTM), suivi plus ou moins d’une version de 20 minutes (le très court premier disque en entier) de Mother (The Wall). Le tout se réveille en opéra rock sur la relativement longue face C, pour se terminer dans du psychédélisme rock sur la face D. Il y a aussi quelques influences de Jean-Michel Jarre présentes à travers le disque. Et sa voix est bien évidemment vieillie, c’est beaucoup plus visible qu’avec feu Bowie sur Blackstar. Ça peut en rebuter plus d’un.

Côté qualité, le premier disque est une dizaine de minutes par face. C’est très court. On se retrouve à changer de face aux deux chansons. Le volume est identique à la longue face C. Je dirais qu’ils auraient pu en profiter pour compresser les sillons vers l’extérieur afin de conserver le maximum de qualité. Ce que Bob Ludwig semble avoir fait, c’est d’appliquer un filtre passe-bas plus prononcé sur la longue face, et de laisser toute la gamme dynamique sur les faces A et B. Ce n’est peut-être pas le choix que j’aurais fait. Un autre choix que je n’aurais pas fait est de compresser autant les pistes musicales (elles sont comprimées par instrument individuel alors ça ne s’entend pas trop) et je n’aurais pas mis de coupure si nette aux différentes pistes. Reste que Ludwig est un génie dans son genre, que Waters est un fanatique de qualité et ça paraît. Si je trouve les trois premières faces un peu proprettes à mon goût, la quatrième me ressort le gros côté sous-sol enfumé avec beaucoup de tapis shag qui sied mieux à ses compositions à mon avis. Donc si je n’aime pas certains détails, c’est que je n’aime pas les choix conscients que les deux ont faits sur le disque, sur la sonorité qu’ils ont décidé d’obtenir, mais je sais pertinemment que ce sont des choix et non une imposition ou un impératif de production. Je noterai tout de même un peu de bruit de fond sur ma copie qui est inutile.