Réimpression 2001/2015: Gorillaz – Gorillaz

Gorillaz dessiné pour vos oreillez!

Album : Gorillaz
Artiste : Gorillaz

V.O. : 2001 Vinyle double

En Test : 2015 Vinyle double

Étiquette : Parlophone
7243 5 31138 1 0

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Gorillaz est un groupe peu commun. C’est un groupe collaboratif entre deux artistes : Damon Albarn, musicien et Jamie Hewlett, dessinateur. C’est tout! Fin! Collaborations, artistes récurrents, aides, mais surtout le record Guinness du groupe virtuel ayant le plus de succès. Damon Albarn est un artiste excessivement connu, mais qui est absolument inconnu par la majeure partie des gens. Blur, ça vous dit quelque chose? Song 2, vous savez? Voilà.

Et Gorillaz, leur premier disque éponyme, a changé la planète! À partir de ce moment, tout le monde avait dans les oreilles le super succès Clint Eastwood. Et c’est sans compter les autres chansons de l’album, tout aussi bonnes, et qui n’ont pas vieilli d’une once, mais résolument moins connues. Et pour la deuxième partie de ce duo, c’est surtout ça qui a fait parler la planète. On désirait savoir qui était en arrière de ces quatre membres du groupe. Qui diantre était 2D, Murdoc, Russel et Noodle, si mauvais garçons dans les vidéoclips.

Pour la qualité, vous allez trouver que je suis un vieux disque qui saute cette semaine, mais la compression Y2K est de mise. Si je prends le premier disque, 5/4, si dynamique, lorsque le groupe s’y met, tous les instruments descendent de volume. Si je prends Clint Eastwood, lorsque certains instruments font compresser le bus de sortie, les instruments se déplacent avec la compression. L’idée de compression avec deux canaux indépendants est morte aussi rapidement que l’idée est arrivée, pour moi, c’est hautement crispant d’entendre les instruments se déplacer au gré du boum de basse. Ce type de compression est aussi la preuve qu’on a droit ici à une sortie avec les disques maîtres de 2001. Ce n’est pas un remaster 2015, ni un travail numérique, c’est bien un son définitivement authentique de 2001. Cette réimpression est superbe, pas de bruit de fond, la sonorité d’origine, tout est beau dessus, et je suis prêt à vivre avec une sonorité compressée comme dans le bon vieux temps afin de conserver une telle qualité de disque. À jouer le plus fort possible!

On achète si on aime Blur, LCD Soundsystem, Alt-J, Franz Ferdinand, Daft Punk, Tame Impala.

Remaster 1992/2017: Trame sonore de Singles

Pleins feux sur le grunge en deux vinyles

Album : Singles — OST

Artistes : Alice in Chains, Pearl Jam, Chris Cornell, Paul Westerberg, The Lovemongers, Mother Love Bone, Soundgarden, Mudhoney, Jimi Hendrix, Screaming trees, Smashing Pumpkins

En test : 2017 Vinyle double

Étiquette : Epic Soundtrax, Legacy
88985315511

Appelez Fréquences afin de commander la trame sonore!

Quelle trame sonore ! Parfois, les films réussissent à nous plonger dans un univers, pieds et poings liés. On peut penser à la superbe trame sonore de Resistance Radio sortie il y a quelques mois pour nous en convaincre. Le film Singles se passe à Seattle au début des années 90. C’est l’endroit où le grunge a fait ses débuts pendant le tournage du film. En septembre 1991, Nirvana sortait Nevermind. En septembre 1992, le film Singles sortait. On a droit à plein d’artistes d’avant plan ou qui sont devenus connus. Legacy, le bras droit de Sony pour les réimpressions vinyles nous fait plaisir pour le 25e anniversaire de ce film et de cette incroyable trame sonore.

Il existait une version imprimée sur un seul vinyle réalisée il y a 25 ans, cette dernière contient toutes les mêmes pièces que cette version. Pourquoi alors en faire une version en deux vinyles? Parce que la trame sonore d’origine est plus de 30 minutes par face! Bonjour compression, bonjour réduction des hautes fréquences, bonjour bruit de fond. La version d’origine restait quand même réussie malgré tout, mais le disque laissait à désirer juste à cause de ça.

Alors est-ce qu’on est au Nirvana ? (badumpsch) Il n’y a pas de Nirvana sur cette trame sonore, et on n’y sera pas au nirvana hélas. On est au paradis, c’est certain, avec enfin une très bonne qualité de gravure pour cette très grande trame sonore. On a enfin droit à la déférence nécessaire à un disque qui définit si bien un espace-temps de notre planète. Mais la trame sonore est inutilement limitée numériquement sur bien des pièces. Par exemple, Battle of Evermore (live) compresse le volume lors des envolées lyriques de la chanteuse. Toutes les chansons avec un peu de force musicale, comme les deux premières pièces par exemple (Alice in Chains et Pearl Jam) ont exactement le même volume et ne donnent pas toute la présence qu’on aurait pu avoir d’un tel disque. Mais are we « Drown »? (badumpsch x2) Ah, ça, non par contre! Les chansons ont de l’espace pour respirer, les chansons plus douces ou avec des moments plus dramatiques ont préservé un certain dynamisme nécessaire. Ça reste un disque qui est parfait pour l’écoute mondaine, avec une sonorité propre et pas trop compressée. En plus, il vient avec le CD contenant tous les extras qui n’entraient pas sur les deux disques d’origine, dont le reste de la trame sonore de Chris Cornell. C’est vraiment faire plaisir aux admirateurs de grunge.

Réimpression compilation 2002/2017: Ghana Soundz

Le dernier article ils sont partis en vacances on fait la fête! L’équipe sera de retour, fraîche, dispose et bronzée pour dénicher des folies musicales dès lundi!

On part dans les vapeurs 70’s!

Album : Ghana Soundz: Afro-Beat, Funk and Fusion in 70’s Ghana

Compilation

V.O. : 2002 Vinyle double
Soundway SNDWLP001

En Test : 2017 Vinyle double en réimpression

Étiquette : Soundway
SNDWLP001

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Récipiendaire du prestigieux prix de la photo frontispice d’album représentant la personne la plus partie qui m’ait fait plaisir de voir à date, je ne sais pas ce que Nana Ampadu (The African Brothers) fume, mais ça semble bon en sale! Il n’a pas l’air sérieux pour deux sous avec son casque. Pour la petite histoire, c’est un extraordinaire compositeur, ayant plus de 800 compositions créditées, musicien ghanéen de renom. C’est une légende vivante. Mais sur la photo, il ne fait pas exactement sérieux.

Cet album est le premier de l’étiquette Soundway, c’est le disque de compilation qui a démarré leur longue carrière. Aujourd’hui avec plus d’une centaine d’offrandes d’à travers le monde, Soundway est fort respectée en tant qu’étiquette avec des offres telles que la compilation Doing It In Lagos sortie l’an passé.

Et ce premier album, ils ont été gentils de bien vouloir le réimprimer sans aucune modification. Toujours le même album génial à écouter, avec de la musique de danse endiablée. Toujours le même album avec des pièces de musiques obscures qui méritent d’être découvertes. Mais aussi toujours le même album compressé et maximisé, avec une belle sonorité juste jouant trop fort pour la vie et aucune subtilité de jeu. Reste que la musique qui y est jouée n’a pas de subtilité non plus, ce n’est pas les enregistrements du siècle, alors je dirais que c’est de bonne guerre. C’est un super bon album à écouter, avec une très bonne qualité de gravure, juste un peu trop maximisé à mon goût.

1965-1968, 2017: Miles Davis Quintet – Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5

Cinq légendes dans un studio, sans coupure et sans musique!

Je me fais plaisir, comme je vous disais sur le texte précédent! Quand les chats sont en vacances, les souris écoutent des disques d’archives.

Album : Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5
Artiste : Miles Davis Quintet

En test : 2017 Vinyle triple

Étiquette : Columbia, Legacy, Sony Music
88985364161

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Quand on doit sortir quelque chose de spécial sur un artiste pour qui tout est déjà sorti, on fait quoi ? On sort des alternate takes. Mais supposons que tous les alternate takes sont déjà sortis, on fait quoi? On prend les bobines et on sort les bobines de studio, telles qu’enregistrées! Ou du moins, c’est le pari qu’a fait Legacy sur ce superbe album en encart triple.

Wayne Shorter… Herbie Hancock… Ron Carter… Tony Williams… Miles Davis! Quel quintette, quel groupe d’artistes incroyables, qui chacun individuellement ont redéfini le jazz ! Un festival de jazz aurait été heureux d’en avoir qu’un des cinq en vedette spéciale guichets fermés. Alors il faut imaginer les cinq ensemble. Et c’est ce que ce disque nous permet de faire.

Ce disque est inécoutable ! Le but n’est pas de se pâmer sur la musique du quintette, pour ça, on peut aller acheter l’album Miles Smiles par exemple pour la chanson Freedom Jazz Dance. La chanson finale dure un peu plus de 7 minutes. La première face du premier disque est plus de 23 minutes de cette chanson, mais à la fin, on n’aura entendu que les quelques premières notes du thème, la vraie version est sur l’album. Ce qu’on a sur ces disques est les rubans d’origine qui ont servi à pratiquer les chansons, des anecdotes, des essais, des manquements, des erreurs, de l’humour, de la pratique, d’autres essais, du matériel qui ne servira finalement jamais aux chansons. Bref : ce qui est laissé sur le plancher de la table de montage.

Ce que le disque nous permet de faire, c’est de mieux comprendre les chansons et le processus créatif du quintette. C’est un document d’archives absolument inestimable que Sony nous remet entre les mains, pour admirateurs seulement. Ne vous attendez pas à apprécier écouter ad nauseam les mêmes progressions ou les sections coupées, ou la pratique de batterie de Tony Williams. Ce n’est pas pour une consommation par les admirateurs. Mais j’ai pris mon pied à chaque seconde d’écoute.

Mais le vinyle, ça sonne comment ? Vous êtes vraiment fatigants avec ça! Comme si la qualité sonore c’était uniquement ce qui compte! Sans blag… [chuchotements] ah… c’est… c’est mon travail? Ah bon… Vous voulez me lire pour la qualité du vinyle? Ah… bon… désolé! Mais cette petite blague est là pour faire comprendre qu’il s’agit d’archives musicales, pas de musique. Est-ce que c’est réellement nécessaire qu’on ait toute la qualité du monde? Alors, je dirais que la qualité est très bonne sur le disque! Ils ont porté autant d’attention à la sortie de ces outtakes partiels qu’à sortir les disques nouvellement sortis en version 2014. C’est un travail de moine! Mais est-ce que c’est si nécessaire d’avoir une telle qualité pour quelque chose qui est musicalement inutile? Mmm, je dirais que oui! J’ajouterais que les quelques bouts musicaux des disques sont impressionnants et fantastiques à écouter sur une bonne table. Mais encore une fois, ce disque est inécoutable! S’ils désiraient faire encore plus plaisir aux fans, ils en feraient une version en bobine 4 pistes non mixées de 10 po à 7.5ips, sans aucun traitement, avec les chansons finales à la fin de chaque piste d’essais. Probabilité que ça arrive : nulle. En attendant, il y a ce disque triple!

Rétrospective David Bowie en or!

Pendant les vacances de Fréquences, je me fais plaisir! Premier article sur David Bowie, version en or

Album : Hunky Dory
Artiste : David Bowie

V.O. : 1971 Vinyle (UK)
RCA SF 8244

En Test : 2017 Vinyle Or 180g

Étiquette : Parlophone
DB 69733

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S’il faut suivre le guide, à la suite de la mort de Ziggy au début 2016, il faut bien évidemment s’attendre à ce que les maisons de production ressortent tout ce qui bouge de cet exceptionnel artiste. Deux albums de couleur dorée pour célébrer le 45e anniversaire de la sortie de ces albums… c’est avec de tels anniversaires qu’on voit à quel point ils désirent presser le citron et suivre la folie Blackstar. Et petite mention : c’est seulement pour vous faire attendre quelques instants parce qu’ils ressortent tous les albums en un énorme coffret plus tard.

Vous pouvez voir à quel point je suis sceptique de ce genre de sorties, qui n’ont aucune raison d’être. Mais en même temps, il s’agit d’un superbe album. C’est dans les incontournables de folk rock sur la planète. Tout près d’être dans le top 100 des meilleurs albums rock du Rolling Stones, c’est un incontournable, ne fût-ce que pour la première chanson, Changes.

Et côté qualité, c’est hélas exactement ce que je m’attendais. En 2012, ils ont fait un rematriçage numérique, et c’est ce qu’ils nous servent. L’album est propre côté sonorité (malgré que ma face A soit brouillonne – et il paraît que je ne suis pas le seul à avoir du bruit de fond) et a une belle sonorité, mais il n’y a aucune chaleur et j’ai presque enlevé le disque rendu à « Life On Mars? » tellement la chanson était compressée. C’est beau à écouter et j’aurais aimé dire que la qualité de pressing était exemplaire. Dommage! Trouvez-vous une version à 30 $ usagée et vous allez avoir quelque chose de vraiment mieux. Suivant!

Album : The Rise and Fall Of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars
Artiste : David Bowie

V.O. : 1972 Vinyle (UK)
RCA SF 8287

En Test : 2017 Vinyle Or 180g

Étiquette : Parlophone
DB69734

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Même rematriçage 2012… même sortie double… même qualité! Passons!

Wô minute! Ok, d’abord le disque est vraiment la suite logique du changement du style de Bowie. Autant je peux classifier le disque précédent comme un album plus Folk que Glam, autant celui-ci est le disque flamboyant qu’on peut s’attendre. Effets spéciaux, traitements spéciaux, de la force, du rythme, presque du punk.

Bon ok, mais la qualité ? C’est encore numérique. On ne s’en sortira bien évidemment pas. On le remarque d’emblée avec la toute première chanson Five Years qui nous montre du crépitement dans les aigus, suivi de Soul Love qui a tendance à donner de la fatigue auditive. On mentionnera Suffragette City qui est la version UK et non US (merci!). L’album a une bien meilleure sonorité que Hunky Dory, compressée uniquement lorsque nécessaire, mais ça reste compressé. S’écoute très bien, juste pas « at maximum volume » tel qu’indiqué sur la pochette. Pour ça, encore une fois, une excellente version UK ou Japonaise (pas US ou Canadienne) donne de bien meilleurs résultats. Mais cette fois-ci, c’est beaucoup moins pire.

Et pour se faire un peu plaisir, un original!

Album : Let’s Dance
Artiste : David Bowie

En Test : 1983 Vinyle (Canada)

Étiquette : EMI America
SO-17093

Cette fois-ci, c’est un aller simple vers le Bowie New Wave, avec Nile Rodgers en coproduction, le Nile Rodgers, guitariste de Chic, celui qui a coproduit Get Lucky de Daft Punk. Un autre disque montant dans les hautes strates de la qualité musicale. On peut dire que les années 80 n’auront pas été tendres avec beaucoup de musiciens et artistes, on peut aussi penser aux jeans ajustés, aux excès du fluo, à la mode de la forme à tout prix et de l’androgynie, on pense à la danse, aux rythmes électroniques. C’est une décennie où le no future côtoie la vie à outrance.

Mais quand on s’appelle Bowie, on définit la décennie ! Loin d’être oublié, cet album montre tous ces excès et y plonge pieds et poings liés. La première face de cet album n’est composée que de succès. C’est toujours du bon vieux Bowie, mais version New York, version studio. C’est un excès de China Girl, chanson bonbon à paroles crooner potentiellement à propos de cocaïne; c’est une chanson-thème de plus de 7 minutes. Et c’est aussi d’une certaine façon son dernier disque d’importance en bien des années. Pour un artiste ayant défini les années 70 au fer rouge, c’est quand même quelque chose que de pouvoir signer sa révérence avec un tel album, tout de go dans les années 80. Révérence, c’est sans compter le film Labyrinth et sa superbe trame sonore. C’est sans compter qu’il est resté dans le paysage musical dans les années 90, 2000 et 2010. C’est aussi sans compter ses collaborations, dont son travail de matriçage avec Raw Power d’Iggy Pop, album totalement punk. Mais ça, c’est pour une deuxième (et troisième, et quatrième) partie, un jour!

Et la qualité ? Ça s’appelle se rincer les oreilles. C’est un disque de production, absolument pas 180 g, absolument pas audiophile. C’est fait en studio, il y a un arbre de Noël qui brille de tous ses feux d’effets, de compresseurs, de multiples pistes, des synthétiseurs, c’est de la new wave, c’est anti-audiophile et c’est une tonne de briques dans ton visage, des sonorités franches, des musiciens de très grande qualité, des atmosphères fantastiques. C’est beau, vraiment beau. Un de mes meilleurs vinyles de ce genre, en compétition avec Daft Punk.

Réédition 2001-2015: Mononc’ Serge – Mon Voyage Au Canada

Une expérience de fédéralisme extrême en vinyle!

Bon 150e du Canada!

Album : Mon Voyage Au Canada
Artiste : Mononc’ Serge

V.O. : 2001 CD
Indépendant, MON2-1599

En Test : 2015 Vinyle double

Étiquette : Indépendant
MON5-1599

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Depuis que j’ai fait la sono de son spectacle au Collège Lionel-Groulx, il y a bien des années, je suis devenu admirateur de Mononc’ Serge. Tout d’abord un sympathique personnage, mais surtout un excellent musicien, très bon compositeur, de la joie de vivre et prêt à jouer absolument tout. On l’a bien connu comme étant le premier bassiste des Colocs, mais surtout qu’il était beaucoup plus wild que Les Colocs, qui eux-mêmes n’étaient pas des enfants de chœur. Alors il démarra sa carrière solo bien rapidement, avec spectacles radio et en 2000, un premier album adéquatement intitulé 13 Tounes Trash, qui inclut le succès Marijuana. Le bassiste continua sa lancée trash avec son album Mon Voyage Au Canada avant de participer à des collaborations avec le groupe trash Anonymus sur des albums franchement exceptionnels. Je vais devoir vous parler de leur excellent Musique Barbare qui a aussi eu droit à un retour sur vinyle.

Enfin donc, c’est un artiste trash, et c’est un album trash. Et c’est un album plein d’excellentes chansons toutes plus trash les unes que les autres. Si on s’attend à de la subtilité dans les textes, on n’en trouvera pas beaucoup. Si on s’attend à des compositions hors pair qui nous font danser dans le mosh pit et qui nous font être heureux de la vie, avec des superbes musiciens, ça par contre, on va le trouver. Certaines font carrément penser à du Tom Waits (La Police, B-2)

Et si on achète le disque vinyle double? On va se retrouver avec un album majestueusement gravé, une douzaine de minutes par face au maximum, de la qualité, de la précision, de la plage dynamique, des instruments beaux et honnêtes. Mais aussi une pointe de distorsion lorsque ça joue trop fort hélas, comme sur la chanson Fourrer (B-3) qui a ce petit crépitement dans les moments déjantés qui me fait douter de la provenance numérique de l’album. N’empêche qu’Éric Arbour a effectué un superbe travail au matriçage et je n’ai rien à redire à un album autoproduit qui a autant de mordant dans le son comme dans les propos.

 

Réédition 1997-2017: Wu-Tang Clan – Wu-Tang Forever

The revolution will be televised

Album : Wu-Tang Forever
Artiste : Wu-Tang Clan

V.O. : 1997 Vinyle quadruple
RCA, Loud Records 07863-66905-1

En Test; 2017 Vinyle quadruple

Étiquette : Sony Music, Loud Records
88985417941

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Petit cours d’histoire. En 1992, le Wu-Tang Clan est apparu sur le marché en tant que collectif hip-hop de Staten Island, New York, ayant un certain succès localement. Toutefois, leur premier disque n’est apparu qu’en 1993 après avoir trouvé une étiquette qui leur permettrait d’être signés en tant que collectif, mais de pouvoir avoir d’autres étiquettes pour les membres individuels. Ce premier disque est un des premiers et meilleurs disques de gangsta rap, Enter The Wu-Tang (36 Chambers). Les autres étiquettes qui n’ont pas voulu leur permettre de sortir du matériel ailleurs ont dû s’en mordre les doigts! Ce collectif, fier représentant East Coast du hip-hop, est composé de personnes habituellement méconnues, mais qui avec ce premier disque ont connu un succès retentissant, démarrant leurs carrières individuelles respectives, ou dans certains cas, comme The RZA qui avait quelques productions à son actif, de les propulser dans la stratosphère. Si je me permets une petite critique de Enter The Wu-Tang, le disque n’est disponible qu’en disque simple avec presque 30 minutes de matériel par face. Une version 3 ou 4 faces serait appréciée afin de laisser le matériel respirer un peu. Il s’agit de superbes pièces, mais elles sont hyper compressées et ont un bruit de fond conséquent sur le vinyle. Il existe une version de l’an passé en six disques 45 tours, je dirais que c’est cette version qui est présentement l’ultime version, mais ça ne devrait pas l’être.

Et ce disque, Wu-Tang Forever, arrivant quatre années plus tard, est la suite logique du premier disque. Avec ces années de production individuelle et en collectif, ils sont plus incisifs individuellement et plus directs dans leurs interventions. Le groupe migrant tranquillement vers le hardcore, les artistes individuels créant leurs propres sous-genres (mafioso, thug, gangsta). Ça en dit beaucoup aussi sur l’industrie de la musique en sachant que beaucoup des artistes susmentionnés n’étaient pas réellement des mauvais garçons, mais le sont devenus en devenant ce qu’ils chantaient. L’occasion fait le larron. Mais ce deuxième disque double durant près de deux heures est un disque tout aussi séminal que Enter The Wu-Tang. Ce disque a scellé l’issue du collectif, finissant de les projeter dans les hautes sphères. Si les détracteurs du premier pouvaient rire d’eux en tant que one-trick pony, ce disque a prouvé à tous qu’ils étaient capables de sortir du très bon matériel à profusion. Leur troisième, The W, a poursuivi cette lancée stratosphérique.

Et Wu-Tang Forever, c’est bon sur vinyle? Contrairement à Enter The Wu-Tang, Wu-Tang Forever a toujours profité d’amplement d’espace sur le vinyle afin de sortir toute la qualité nécessaire. Ses quatre disques, même en 1997, permettent à la musique de sortir avec force et conviction. Mais attention, les versions ne sont pas toutes égales. La première version de 1997 est excellente, mais n’a pas eu droit à un matriçage adéquat pour le vinyle, certaines fréquences sont incisives et difficiles à écouter. La version de 2014 (Music On Vinyl) est encore pire. La version Sony Legacy de 2017 est équivalente à la version de 1997. En fait, on voit le modèle dans leurs sorties de disques : les vinyles sortent de nouveau vingt années après l’original en qualité adéquate, mais sans toucher au matériel initial, sans toucher au matriçage, sans en modifier une seule fréquence. Ce sont des reissue et non pas des remaster.

Mais si je l’écoute, c’est le pied? C’est difficile à dire encore une fois. Si vous avez une version à acheter, j’opte pour celle-ci de 2017, vu qu’elle est parfaitement propre, belle, une bonne sonorité et une compression maîtrisée comparativement à la version numérique qui est juste forte. Mais de savoir si vous êtes capables d’écouter le disque avec qualité va dépendre uniquement de votre aiguille. Si vous n’avez pas une SFL, VdH ou une aiguille spécialisée pour sortir des très hautes fréquences à haut volume, le disque sera parfois inécoutable. On a qu’à penser à la sibilance extrême de CappaDonna dans For Heavens Sake (B-2), qui est métallique, forte et crue sur la version numérique, et qui ressort en fréquences aiguës absolument inadéquates pour la reproduction en vinyle et je plains les gens qui ont des aiguilles conventionnelles. Et la version Legacy semble avoir un filtre d’emphase qui a été ajouté aux hautes fréquences, ça sonne plus brillant que les autres disques, alors ça n’aide pas les aiguilles à aimer les hautes fréquences du disque. En tant que tel, je vais ajouter ce disque dans mes vinyles à torture de table tournante.

Réédition: Radiohead – OK Computer – OKNOTOK 1997 2017

Comment réinventer un succès de 20 ans?

Album : OK Computer – OKNOTOK 1997 2017
Artiste : Radiohead

V.O. : 1997 OK Computer, Vinyle double en encart
Parlophone 7243 8 55229 1 8

En test : 2017 Vinyle triple en encart, bleu édition limitée

Étiquette : XL Recordings
XLLP868

Acheter le disque vinyle triple bleu chez Fréquences pendant qu’il en reste et qu’il ne sera pas hors de prix.

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Radiohead, c’est un peu le groupe des années 1990-2000. Ils ont innové, créé, étaient écoutés par toutes et tous. La majeure partie de leurs albums sont devenus des succès ou ont eu des succès. C’est définitivement vrai pour leur album OK Computer, mais aussi pour leurs autres albums tels que Pablo Honey et The Bends qui sont leurs deux premiers albums, beaucoup plus rock et alternatifs, Kid A, Amnesiac et Hail To The Thief qui ont réinventé leur genre, toujours plus forts et # 1, mais aussi des albums plus récents tel que In Rainbows et leur tout dernier, A Moon Shaped Pool qui a renoué avec le succès. OK Computer est leur premier album à avoir goûté au # 1 aux UK et Kid A, l’album suivant, a été # 1 aux US aussi.

Alors, comment réinventer un tel monstre? Toutes les versions ont étés sorties, ont étés créées, ont étés recréées, modifiées, remixées. On ne peut juste pas changer la perfection non plus, OK Computer est un disque archiconnu. Et d’appeler ce disque OKNOTOK donne une idée du concept : oui il s’agit d’OK Computer, mais en même temps, ce n’est pas le disque d’origine et il y a des extras. Mais de faire des extras sur un tel disque est l’équivalent d’ajouter des chansons dans le milieu de Dark Side Of The Moon : c’est mieux simplement de ne pas essayer! Et pourtant… lors de la sortie du disque d’origine, ils avaient bien évidemment trop de matériel ainsi que quelques bijoux en réserve, qui s’est avérée être restée dans les faces B de leurs disques et qui n’a jamais eu la chance de briller par lui-même. Non seulement ils ont refait les disques, mais ils ont donc ajouté un disque complet de faces B nécessaires selon eux. Ça augure très bien pour la comparaison : une nouvelle étiquette de disques (XL Recordings que j’adore) et un concept de réappropriation de l’album.

En même temps, OK Computer est un le leurs rares albums que je n’ai jamais achetés en vinyle! J’ai beaucoup des autres, j’ai une section entière qui est consacrée à Radiohead, mais je n’ai pas celui-là. Trop commercial à mon goût? En même temps, avec toutes ces chansons qui sont devenues des succès… Bref, je ne pourrai pas faire une critique comparative directe, hélas. Mais je peux comparer avec d’autres choses.

Album : Karma Police EP1

En test : 2009 Simple en vinyle, 12″ 45RPM 180G
Capitol Records 509996 93535 12

Versions ultimes de leurs grands succès, Capitol (EMI, Parlophone) a ressorti les plus grands succès de Radiohead en versions simples 12 pouces 45 tours, sans aucun artifice. La chanson, le simple, tel quel, sans modification, sur un disque vinyle de la meilleure qualité, avec le volume maximal, en 45 tours. Le parfait pied. Je dirais d’avance que c’est impossible d’avoir une meilleure qualité que ces versions. La seule façon d’avoir mieux serait une copie en ruban 30 pouces secondes directement de la bande maîtresse d’origine.

Album : The Best Of

En test : 2008 Boîtier quadruple vinyle
Parlophone 212 1071

Le plus près que je peux avoir de l’album double d’origine est le superbe boîtier The Best Of, qui contient tous leurs succès et qui a été édité par Parlophone UK. Il y a à peu près autant de matériel que la version XL en test par vinyle et autant de déférence apportée au matériel.

Bon alors… cette critique! Eh bien… l’album n’a absolument pas la même sonorité que The Best Of. Il y a eu un travail violent et critique d’effectué sur les bandes d’origine par le royal Bob Ludwig, qui y a appliqué des heures, ça paraît. Si je prends le disque The Best Of, je dirais que la version serait cotée dans mes meilleurs disques si les autres versions n’avaient pas existé, la sonorité est superbe et c’est comme ressortir des vieilles pantoufles, mais en comparaison, c’est un peu boueux comme sonorité, il y a un voile devant les pièces musicales. Si je saute sur les versions 45 tours en simple, il n’y a définitivement pas ce voile, c’est simplement prestigieux comme sonorité. Et si je retourne à OKNOTOK, je vais avoir un peu le meilleur des deux mondes, la sonorité n’a pas ce voile et la qualité est fantastique, c’est une réinterprétation moderne des pièces telles qu’on les connaît, on les redécouvre. On les redécouvre peut-être juste un peu trop à mon avis, avec quelques variations de compresseur dans la sonorité qui peut parfois ennuyer l’oreille, carence que je n’ai pas sur les autres versions.

Et c’est à peu près la seule chose que j’ai à redire sur l’album! La version qui nous est présentée est absolument impeccable, le matériel supplémentaire est génial, l’album d’origine a droit à un nettoyage nécessaire après 20 ans dans les voutes, le disque est beau, la pochette est superbe. C’est… wow!

Après avoir écrit cette critique, je suis allé voir ce que les collègues ont écrit sur ce disque. Tout le monde a eu une appréhension au début et tous sont ressortis pantois de l’expérience. Celle qui parle le plus pour moi est cette critique:

Réédition 2017 / 2003: Evanescence – Fallen

L’album succès hard rock / nu métal de Evanescence en vinyle? Oui!

Album: Fallen
Artiste: Evanescence

V.O.: 2003 CD, Wind-Up Records
60150-13063-2

En Test: 2017 Vinyle

Étiquette: The Bicycle Music Company
BMC00020

Tenter d’avoir la version disque vinyle 10e anniversaire pourpre chez Fréquences

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De dire que le groupe a eu du succès serait un euphémisme. C’est le genre de groupe qui a transcendé plusieurs styles, les chansons de l’album jouant parfois verbatim dans des clubs de danse, bars punk, autant sur Cité Rock Détente, CHUM que CKOI. Le groupe a commencé à jouer quelques spectacles huit années plus tôt pendant leur adolescence et était classifié par certains comme un groupe de rock chrétien même si ça a toujours été démenti par les cofondateurs. En fait, ils tournaient dans ce milieu et étaient musiciens et chanteurs dans différents groupes chrétiens, mais le projet Evanescence n’a jamais réellement eu ce but. Ceci dit, la pomme ne tombe jamais bien loin du pommier alors les thèmes sont quand même empruntés de cette idéologie. Est-ce que ça dérange quiconque? Pas vraiment.

Et ce premier album d’une grande étiquette en a fait jaser plus d’un. Ils sont passés d’une sonorité plus rock et métal pur à une sonorité nu métal assumée, plus électronique et plus pop. Le Rolling Stone dixit «Evanescence’s hit « Bring Me to Life » doomed the Arkansas group to a life of Linkin Park comparisons». Pas faux… mais l’album s’est distancié assez rapidement de ces derniers dans la tête des gens. Ils ont volé de leurs propres ailes sans avoir besoin de se faire comparer à quiconque.

Mais ce disque… ce n’est pas sa première version? Non, en fait Wind-Up Records avait sorti une version limitée à 1500 exemplaires en pourpre pour le 10e anniversaire de l’album. Il en reste peut-être quelques-uns (!!!). Ceci dit, la version que je vous propose ici fait partie d’un coffret vinyle qui a été sorti de l’intégrale de Evanescence, leur premier album Origin compris, ce qui est impressionnant parce que ce premier album indépendant est sorti à 1000 exemplaires uniquement et afin d’éviter la hausse de prix du CD, le groupe décida de le distribuer eux-mêmes via Napster suite au succès de Fallen.

Et cette deuxième copie, c’est comment? C’est The Bicycle Company qui est responsable du projet et ils sont connus pour la qualité de leur offrande. On a qu’à penser à leur version de Pretty Hate Machine (NIN) afin d’être emballé. Et de mon bord, je suis conquis. C’est une très belle version d’un disque qui n’est sorti qu’en CD dans une ère où la sonorité était horriblement compressée et que le métal se devait être plus fort que les offrandes des autres. J’aurais aimé être plus passionné, mais le disque reste compressé globalement, les fondus de fins de chansons sont secs et crus, l’album sonne comme une série de chansons formatées pour être des simples. Il y a eu travail intéressant sur le matériel source afin d’arriver à un vinyle avec une très belle sonorité, mais c’est à deux doigts d’être vraiment parfait. Ça reste, à mon avis, beaucoup mieux que la version numérique (les années 2000 n’étaient pas reconnues pour une sonorité propre), mais il manque ces deux doigts.

On achète si on aime Marie-Mai, Linkin Park, Nightwish, Lacuna Coil.

Réédition RSD2017 / 1977: Neil Young – Decade

Deuxième légende vivante cette semaine! La première compilation de Neil Young est enfin de retour sur le marché 40 ans après sa sortie!

Album : Decade
Artiste : Neil Young

V.O. : 1976/1977 Vinyles triples en encart
Reprise Records 3RS 2257

En Test : 2017 Vinyles triples en encart (RSD)

Étiquette : Reprise Records
558030-1

Acheter le CD double (2003) chez Fréquences.

En mention spéciale, Reprise Records est supposé sortir de nouveau le disque ce mois-ci sur CD et vinyle, ils nous ont fait une surprise avec une sortie devancée limitée pour le RSD, mais nul besoin de rechercher cette version, attendez simplement la prochaine!

Decade, c’est une compilation célébrant les dix premières années de carrière de Neil Young. Malgré sa quantité de succès, il n’avait jamais fait de compilation auparavant alors les admirateurs ont étés heureux de retrouver finalement tous ses succès sur un seul disque triple. Grosso modo, la première face est surtout consacrée à Buffalo Springfield, son premier groupe. La première face du deuxième disque est surtout pour Neil Young & Crazy Horse et on a aussi droit à deux succès de Crosby, Stills, Nash & Young. Tout le reste est surtout Neil Young dans sa carrière solo, parfois en direct, surtout en studio.

Si vous aimez le folk et que vous ne connaissez pas Neil Young, c’est un guitariste hors pair, c’est un compositeur d’exception, il a touché autant le folk, l’américana, le country, le rock, les styles plus violents, le r&b. On reconnait les influences autochtones (écoutez la superbe compilation Native North America de Light In The Attic [achetez le coffret vinyle chez Fréquences] pour vous en convaincre) et le côté country pur, qui est reflété sur la vie moderne. Depuis bien des années, Young habite sur un ranch en Californie avec sa femme et se bat pour les droits des fermiers.

Et comme réédition? Ce n’est pas trop tôt! Il y a peu ou prou de nouvelles éditions. Elle est brouillonne comme la première version, inégale en qualité entre les différentes chansons. Mais elle reflète très précisément la version d’origine, avec des chansons inédites, ses grands succès, la sonorité parfois 70s, parfois mal enregistrée, parfois bien enregistrée. C’est de très bonne guerre et il n’y a aucune réinvention ici : la version telle que présentée est identique à la version des années 70, seulement avec une réduction de bruit de fond. La basse est toujours omniprésente lorsqu’elle est supposée l’être, aucun rematriçage n’a été effectué. C’est la bonne vieille version, juste avec beaucoup moins de bruit de fond accumulé par les années sur les tablettes.

Neil Young est surtout connu pour sa passion de la très haute fidélité. Je dirais qu’il aurait pu faire légèrement mieux dans cette version et régler quelques problèmes du disque, mais je respecte totalement son choix d’avoir conservé le disque à peu de choses identique. Qui sait, peut-être que la future version qui va sortir bientôt va avoir droit à un remastering plus prononcé et que le but de la version RSD était de sortir une version aussi près de l’original possible. Si c’est le cas, chapeau, mais j’ai des doutes qu’on va avoir exactement la même chose.