Réédition 2016/2002: Sigur Rós -( )

Entre parenthèses…

Album : ﹙﹚
Artiste : Sigur Rós

V.O. : 2002 Vinyle
FatCat Records, [PIAS] Recordings
fatlp22, piasv122dlp

En Test : 2016 Vinyle double 140 g en encart

Étiquette : Krúnk
krunk10blp

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Sigur Rós est un groupe islandais ayant célébré ses 20 ans bien sonnés et bien travaillés en 2014. Ils n’ont jamais arrêté de jouer, de donner des concerts, de produire des nouveaux disques. D’abord un groupe plutôt rock, de type shoegaze, ils ont fait la légère adaptation vers le post rock assez rapidement et n’ont jamais regardé en arrière. En fait… si… ils ont regardé en arrière fréquemment. Sigur Rós utilise beaucoup de matériel des disques précédents, se ressource sur leurs anciennes compositions; autant de clins d’œil, mais aussi bâtir sur des fondations de plus en plus solides et étoffées.

1994, l’année du post rock! Cette même année, un groupe bien montréalais, Godspeed You! Black Emperor, est aussi apparu sur la planète. Les deux groupes ont plus d’une ressemblance, mais où GY ! BE est plus dans le rythmé, Sigur Rós est dans l’ambiant; GY ! BE est immensément politique quand Sigur Rós y va dans les émotions. Beaucoup vont comparer les deux groupes, exercice futile à mon avis : GY ! BE est un groupe fièrement indépendant, communautaire, marginal quand Sigur Rós est un groupe à la portée plus large, rassembleur, consensuel. C’est comme comparer la chaîne Sunrise Records à Fréquences le disquaire : les deux ont leur place dans l’univers et la où un arrête, l’autre continue.

L’album ﹙﹚ est celui de l’arrivée au succès. Leur premier album, Von, est expérimental et shoegaze. L’album Von est aussi précurseur d’un mouvement où le vide est nécessaire. Une chanson est carrément vide (18 Sekúndur Fyrir Sólarupprás) et une autre démarre avec plus de six minutes de blanc avant de jouer un deux minutes d’une chanson précédente à l’envers. Leur deuxième (Ágætis Byrjun) a été produit à travers le monde et connut un succès entre autres en Grande-Bretagne. Il faut dire que nos amis britanniques avaient déjà Radiohead depuis plus d’une dizaine d’années, groupe pop rock, mais aussi ayant ses influences sur le post rock. Enfin, en 2002, un album dont le seul titre semble être des parenthèses. Aucun texte, aucun titre de chanson, rien. Album en deux parties avec un long silence entre les deux parties (le vide, encore). Une partie plus ambiante, une partie plus rock. Leur premier simple de cet album devint #1, gagna le meilleur vidéo aux MTV EMA, fut sélectionné aux Juno aussi… et avait le titre « Untitled #1 ». Plus tard, le groupe donna des titres officieux afin de s’y retrouver eux-mêmes, mais l’album est résolument dénudé d’indications.

Et côté sonorité ? C’est un peu le problème des groupes avec beaucoup de dynamisme : désirer garder un volume conséquent à travers une chanson, que le début, relativement dynamique, ne soit pas au niveau chuchotement quand l’emportée musicale démarre. Et pourtant, c’est un peu ce que le groupe aurait dû faire à mon avis. C’est le même problème qu’avec le groupe Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche, qui joue du post hard rock à tendance disco. Leur album Pas Pire Pop  [I ❤️ You So Much] démarre tellement fort qu’ensuite, après un peu d’augmentation, on a l’impression que le disque devrait jouer plus fort, mais il ne le fait pas. L’envolée reste à plat. La dernière chanson de ﹙﹚, qui est encore utilisée à la fin de leurs spectacles, est une envolée spectaculaire qui reste au même volume tout le long de la chanson, faisant seulement un écrêtement et une limitation progressive. Pourtant, sur tout l’album, on a droit à des faces de 15-20 minutes, ils auraient pu conserver le même volume à travers l’album entier… mais la quatrième face n’a que cette chanson d’une dizaine de minutes. Ils auraient pu démarrer la chanson avec le même volume qu’ailleurs, et briser le mur du son pour la finale de l’album. À la place, on a droit à de plus en plus de distorsion et une perte de fidélité à niveau réduit. Enfin… Choix de production, j’imagine.

On achète si on aime Godspeed You! Black Emperor, Radiohead, Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche, A Silver Mt. Zion.

RSD 2016: Bamboo Records

Le Japon en Punk Rock!

Albums :

  • Sixties Japanese Garage-Psych Sampler (BAMLP7012)
  • Monster A Go-Go Volume One (BAMLP7013)
  • Big Lizard Stomp! Volume Two (BAMLP7015)
  • Slitherama! Volume Three (BAMLP7016)

V.O. : À lire plus bas

En test : Éditions colorées RSD 2016

Étiquette : Bamboo

Mea Culpa. Ce n’est pas évident de rester du bon côté de la légalité. L’étiquette Bamboo est hélas une étiquette pirate. À ce jour, James Plummer, le propriétaire de Bamboo, a produit des disques de l’étiquette Radioactive, ensuite de l’étiquette Fallout, ensuite Phoenix Records, Erebus Records et finalement Bamboo Records. Les disques dans cette critique sont de Bamboo Records.

Mais pourtant, ce sont des disques de haute qualité! Disques 180 g, colorés, logo du MCPS de Grande-Bretagne pour les droits, numérotés, signés, vendus avec l’aval du Record Store Day. Ce n’est pas rien, ce sont de très beaux disques. La musique qu’ils contiennent est aussi excellente et méconnue. Il s’agit de disques impossibles à trouver, des 500-1000 $ par disque, des items de collection, le tout réimprimé pour le bon plaisir de toutes et tous. Leur dernier disque en règle du RSD 2017, était celui de Ike Reiko : You, Baby. Encore le même principe, les artistes n’auront aucun sou de ces entreprises.

De la légalité à trois niveaux… Je dois avouer que tout personnellement (je n’entre pas Fréquences dans le lot – c’est mon opinion toute personnelle), je suis ambivalent sur l’illégalité des produits.

Lorsqu’un artiste comme Danger Mouse nous commet un The Grey Album qui secoue les fondations musicales; lorsqu’un courant entier musical a comme base un échantillon d’album louche de Michael Viner; lorsque ce même courant musical utilise comme base des échantillons de disques afin de créer de nouvelles chansons; lorsqu’on sait que les droits d’auteurs sont étendus pour plus de 75 ans aux États-Unis, rendant caduque l’idée même de domaine public, c’est certain que ça casse un peu l’idéologie rectiligne.

Aussi, lorsque les possesseurs des droits d’auteur d’œuvres décident de ne rien en faire et les rendent inaccessibles virtuellement et inutilement, je dois dire que la nature va trouver un moyen. Quand ce disque de Reiko se vend aux alentours de 100 $ en V.O., lorsqu’il est quasi impossible trouver les artistes d’origines en V.O., lorsque les disques d’origine se vendent plus de 500 $ parfois, on peut quand même débattre le côté immoral de la loi.

Et en plus, il semble plus facile d’attaquer les individus que les grands ! Pourquoi attaquer une étiquette qui fait des produits illégaux à la chaîne? C’est tellement des procédés légaux incroyablement longs et ardus, avec les droits internationaux par-dessus le marché. Oufff.. Non à la place, on va laisser les alias de Radioactive se faire aller, on va laisser aller l’étiquette SM (Sonmay Recordings de Taiwan) nous fournir des disques qu’on peut acheter tout à fait légalement dans des commerces. Mais on va poursuivre les gens qui ont une collection de musique illégale à la maison. Le plus ridicule : si j’achète tous les disques en Radioactive et en SM, je ne me ferai pas poursuivre… mais si j’ai préféré les obtenir par Internet, ah là, je me fais poursuivre. C’est le monde à l’envers de la criminalité qui a la paix et les citoyens qui en payent le prix!

Un n’empêche pas l’autre, bien entendu, mais présentement, c’est le monde à l’envers.

Par contre, là où je suis intraitable, quand on veut faire de l’argent, c’est qu’il faut au moins essayer d’être légal. Et l’étiquette Bamboo n’essaie même pas. Le disque de Ike Reiko est une copie de la version CD de 2005 (très bonne sonorité, mais ça provient du CD, alors achetez donc ce dernier à la place – à 60$ – si vous aimez la sonorité). Les disques volume 1 à 3 sont des disques copiés d’une copie déjà illégale de 1990 par Planet X. Le disque Sixties est une copie de la version illégale de 1987 par Corumbia (ça ne s’invente pas comme nom!), ce dernier valant d’ailleurs un prix d’or, et les artistes n’ayant pas plus un seul sou de ses profits. Ces quatre derniers n’ayant jamais eus droit à des versions CD, ce ne sont que des vulgaires needle drop. Encore pis, ce sont des needle drop de needle drop parce qu’aucun de ces artistes n’avait même fait affaire avec Planet X ou Corumbia pour leurs produits finaux, alors les sources sont carrément leurs 33 tours d’origine! Alors les quatre disques en photos n’ont pas une qualité si exceptionnelle que ça. C’est passé au declick et au denoise. N’empêche qu’aux premiers abords, les disques ont une assez bonne sonorité, mais lorsqu’on compare à une collection réputée, telle que les Punk 45 de l’étiquette Soul Jazz Records, on voit immédiatement la différence.

Je vous invite quand même à aller voir les opinions du Numero Group, étiquette qui font dans les rééditions légales, sur ce sujet il y a près de 10 ans : « A Pimple on the Ass of the Record Business » et « Help us Beat the Bootlegger ».

NDLA : L’idée que Radioactive et alias, ainsi que SM Records, sont des étiquettes de copies pirate, ce n’est pas mon idée originale. Il s’agit en fait d’une recherche que j’ai réalisé sur l’étiquette que je ne connaissais pas à l’origine. J’ai vu que Numero Group portait des accusations sérieuses sur Radioactive, j’ai aussi vu que même Discogs considère leurs produits comme des copies, au point où ils refusent dorénavant de les vendre à travers leur site (tout comme les produits de SM Records).

Rééditions justifiées? Oui. Mais légales!

Remaster 2014/1990: Depeche Mode – Violator

Depeche Mode, réédité

Album : Violator
Artiste : Depeche Mode

V.O. : 1990 Vinyle
Mute STUMM 64

En Test : 2014 Vinyle en encart 180g

Étiquette : Rhino Records, Reprise Records, Sire, Mute
WBA1-233980

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Durant mon enfance, j’écoutais surtout du classique. Jusqu’à 14-15 ans, il y avait le 100.7 FM et beaucoup de disques de classique… Oh et du disco et pop-rock du temps de mes parents, ainsi qu’un peu de musique actuelle – merci Myra Cree, d’avoir bercé mes nuits à écouter de la musique avec « l’Embarquement pour si tard » – le reste ne m’intéressait pas trop. Ceci est le disque qui m’a fait découvrir qu’il existait autre chose! C’est celui qui a fait le lien entre le pop 70’s, la musique électronique et actuelle et les courants modernes. C’est le disque qui m’a fait découvrir que les jeunes de mon âge dansaient sur de la musique qui découlait de Pierre Henry et du rare Kraftwerk fin-70 que j’entendais parfois à 2 h. C’est le chaînon manquant dans ma conception musicale. Si ça s’usait, j’aurais usé à la corde mon CD de ce disque!

En lisant l’histoire du disque, c’est normal ! Flood a travaillé avec le groupe, bien entendu, mais surtout le montage final du disque a été produit par François Kevorkian qui avait collaboré avec Kraftwerk pour Electric Café quelques années auparavant. Il a non seulement fait le matriçage et le montage des pièces et de l’album, mais il a pris un rôle actif en proposant suggestions et idées, donnant une couleur sortant des sentiers battus de Depeche Mode, qui avait des compositions de danse plus touffues et électro.

Et pour cette version ? On a droit à une version légèrement retravaillée du matériel d’origine, avec Mike Marsh aux commandes de la gravure. Une déférence maladive a été appliquée au matériel. C’est exactement comme ma version CD d’origine, je retrouve mes vieilles godasses, rien d’enlevé, juste du bonbon. Des petites différences d’égalisation ça et là, on sent parfois le compresseur se faire légèrement aller (exemple minime, à la fin de Enjoy The Silence, juste avant le fondu vers le silence, les instruments réagissent à une maximisation intempestive), mais c’est si peu. La voix est un peu réduite à certains moments. En écoute comparative, le vinyle gagne partout (sauf pour le popcorn). Au prix où est cette réédition, il n’y a pas de raison de ne pas l’acheter!

Ah si, il y a quelques raisons — selon ma recherche après l’écriture, il semble que certains disques soient décentrés et que d’autres aient un problème de qualité — peut-être que Rhino a réglé le problème sur les copies plus récentes ou peut-être que j’ai été simplement chanceux, mon disque est superbe.

On achète si on aime Erasure, Pet Shop Boys, New Order, Ultravox.

Réédition RSD2017: Marcy Playground – Marcy Playground

20 anniversaire de Sex and Candy!

Album : Marcy Playground
Artiste : Marcy Playground

V.O. : 1997 CD, Capitol Records
CDP 7243 8 53569 2 6

En Test : 2017 Vinyle édition limitée RSD avec 7 po

Étiquette : Slow Down Sounds
SDS-1501 et SDS-45-1501

Marcy Playground est le groupe d’une chanson, d’un disque. Leur premier disque éponyme a connu un énorme succès, malgré son style totalement alternate rock. Les disques subséquents, même s’ils sont tout aussi bons, n’ont jamais percé les tops à travers le monde. La chanson connue est Sex and Candy. N’empêche qu’ils roulent leur bosse depuis ce premier disque et les admirateurs de Marcy Playground les suivent constamment.

Et ce disque est le genre qu’il fallait acheter au moment où il sortait ! Aujourd’hui, il exige de sortir une centaine de dollars de ses poches afin d’en avoir une version correcte. C’est le genre de disque que les gens détestant le Record Store Day se mordent les doigts de ne pas avoir ramassé. C’est une sortie de la part d’Universal qui est fort honnête, avec un 45 tours ajoutant deux chansons qui n’ont jamais été données dans un album individuel, seulement sur leur compilation de 2012.

Et la qualité ? Ils ne se gênent pas d’indiquer sur la pochette plastique du disque qu’ils ont pris la bande maîtresse afin d’en produire une version impeccable. Ils parlent aussi de l’ingénieur ayant fait le remaster : Kevin Gray. Ils ont mis le disque dans une pochette plastique séparée de la pochette papier avec les paroles, simplement afin de s’assurer que la qualité y soit. En grattant plus, on peut comprendre qu’un ruban de 1630, c’est un ruban numérique fonctionnant à la même fréquence qu’un CD! On peut savoir que la version ne sera probablement pas mieux qu’un CD. Et le petit 45 tours a deux chansons acoustiques qui n’ont pas été des succès, le tout pour un groupe de One Hit Wonder… Alors, ne vous attendez pas à beaucoup! … et pourtant! Le disque vinyle est impeccable, il sonne comme une tonne de briques, il possède de la profondeur, de la beauté, on entend tous les petits détails, de l’écho de la voix sur la première piste aux transitoires des rythmes. Superbe superbe travail sur un excellent disque! Et le 7 pouces suit la lignée, avec une qualité intimiste sur Hallelujah de Cohen, une superbe force de voix et de qualité sur la guitare. Un tout petit peu de compression à certains moments, mais ça ne gêne aucunement l’écoute.

Si vous tombez dessus, sautez dessus et achetez-le!

On achète si on aime Everclear, Eels, Gin Blossoms, Collective Soul.

Réimpression 2001/2015: Gorillaz – Gorillaz

Gorillaz dessiné pour vos oreillez!

Album : Gorillaz
Artiste : Gorillaz

V.O. : 2001 Vinyle double

En Test : 2015 Vinyle double

Étiquette : Parlophone
7243 5 31138 1 0

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Gorillaz est un groupe peu commun. C’est un groupe collaboratif entre deux artistes : Damon Albarn, musicien et Jamie Hewlett, dessinateur. C’est tout! Fin! Collaborations, artistes récurrents, aides, mais surtout le record Guinness du groupe virtuel ayant le plus de succès. Damon Albarn est un artiste excessivement connu, mais qui est absolument inconnu par la majeure partie des gens. Blur, ça vous dit quelque chose? Song 2, vous savez? Voilà.

Et Gorillaz, leur premier disque éponyme, a changé la planète! À partir de ce moment, tout le monde avait dans les oreilles le super succès Clint Eastwood. Et c’est sans compter les autres chansons de l’album, tout aussi bonnes, et qui n’ont pas vieilli d’une once, mais résolument moins connues. Et pour la deuxième partie de ce duo, c’est surtout ça qui a fait parler la planète. On désirait savoir qui était en arrière de ces quatre membres du groupe. Qui diantre était 2D, Murdoc, Russel et Noodle, si mauvais garçons dans les vidéoclips.

Pour la qualité, vous allez trouver que je suis un vieux disque qui saute cette semaine, mais la compression Y2K est de mise. Si je prends le premier disque, 5/4, si dynamique, lorsque le groupe s’y met, tous les instruments descendent de volume. Si je prends Clint Eastwood, lorsque certains instruments font compresser le bus de sortie, les instruments se déplacent avec la compression. L’idée de compression avec deux canaux indépendants est morte aussi rapidement que l’idée est arrivée, pour moi, c’est hautement crispant d’entendre les instruments se déplacer au gré du boum de basse. Ce type de compression est aussi la preuve qu’on a droit ici à une sortie avec les disques maîtres de 2001. Ce n’est pas un remaster 2015, ni un travail numérique, c’est bien un son définitivement authentique de 2001. Cette réimpression est superbe, pas de bruit de fond, la sonorité d’origine, tout est beau dessus, et je suis prêt à vivre avec une sonorité compressée comme dans le bon vieux temps afin de conserver une telle qualité de disque. À jouer le plus fort possible!

On achète si on aime Blur, LCD Soundsystem, Alt-J, Franz Ferdinand, Daft Punk, Tame Impala.

Remaster 1992/2017: Trame sonore de Singles

Pleins feux sur le grunge en deux vinyles

Album : Singles — OST

Artistes : Alice in Chains, Pearl Jam, Chris Cornell, Paul Westerberg, The Lovemongers, Mother Love Bone, Soundgarden, Mudhoney, Jimi Hendrix, Screaming trees, Smashing Pumpkins

En test : 2017 Vinyle double

Étiquette : Epic Soundtrax, Legacy
88985315511

Appelez Fréquences afin de commander la trame sonore!

Quelle trame sonore ! Parfois, les films réussissent à nous plonger dans un univers, pieds et poings liés. On peut penser à la superbe trame sonore de Resistance Radio sortie il y a quelques mois pour nous en convaincre. Le film Singles se passe à Seattle au début des années 90. C’est l’endroit où le grunge a fait ses débuts pendant le tournage du film. En septembre 1991, Nirvana sortait Nevermind. En septembre 1992, le film Singles sortait. On a droit à plein d’artistes d’avant plan ou qui sont devenus connus. Legacy, le bras droit de Sony pour les réimpressions vinyles nous fait plaisir pour le 25e anniversaire de ce film et de cette incroyable trame sonore.

Il existait une version imprimée sur un seul vinyle réalisée il y a 25 ans, cette dernière contient toutes les mêmes pièces que cette version. Pourquoi alors en faire une version en deux vinyles? Parce que la trame sonore d’origine est plus de 30 minutes par face! Bonjour compression, bonjour réduction des hautes fréquences, bonjour bruit de fond. La version d’origine restait quand même réussie malgré tout, mais le disque laissait à désirer juste à cause de ça.

Alors est-ce qu’on est au Nirvana ? (badumpsch) Il n’y a pas de Nirvana sur cette trame sonore, et on n’y sera pas au nirvana hélas. On est au paradis, c’est certain, avec enfin une très bonne qualité de gravure pour cette très grande trame sonore. On a enfin droit à la déférence nécessaire à un disque qui définit si bien un espace-temps de notre planète. Mais la trame sonore est inutilement limitée numériquement sur bien des pièces. Par exemple, Battle of Evermore (live) compresse le volume lors des envolées lyriques de la chanteuse. Toutes les chansons avec un peu de force musicale, comme les deux premières pièces par exemple (Alice in Chains et Pearl Jam) ont exactement le même volume et ne donnent pas toute la présence qu’on aurait pu avoir d’un tel disque. Mais are we « Drown »? (badumpsch x2) Ah, ça, non par contre! Les chansons ont de l’espace pour respirer, les chansons plus douces ou avec des moments plus dramatiques ont préservé un certain dynamisme nécessaire. Ça reste un disque qui est parfait pour l’écoute mondaine, avec une sonorité propre et pas trop compressée. En plus, il vient avec le CD contenant tous les extras qui n’entraient pas sur les deux disques d’origine, dont le reste de la trame sonore de Chris Cornell. C’est vraiment faire plaisir aux admirateurs de grunge.

Réimpression compilation 2002/2017: Ghana Soundz

Le dernier article ils sont partis en vacances on fait la fête! L’équipe sera de retour, fraîche, dispose et bronzée pour dénicher des folies musicales dès lundi!

On part dans les vapeurs 70’s!

Album : Ghana Soundz: Afro-Beat, Funk and Fusion in 70’s Ghana

Compilation

V.O. : 2002 Vinyle double
Soundway SNDWLP001

En Test : 2017 Vinyle double en réimpression

Étiquette : Soundway
SNDWLP001

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Récipiendaire du prestigieux prix de la photo frontispice d’album représentant la personne la plus partie qui m’ait fait plaisir de voir à date, je ne sais pas ce que Nana Ampadu (The African Brothers) fume, mais ça semble bon en sale! Il n’a pas l’air sérieux pour deux sous avec son casque. Pour la petite histoire, c’est un extraordinaire compositeur, ayant plus de 800 compositions créditées, musicien ghanéen de renom. C’est une légende vivante. Mais sur la photo, il ne fait pas exactement sérieux.

Cet album est le premier de l’étiquette Soundway, c’est le disque de compilation qui a démarré leur longue carrière. Aujourd’hui avec plus d’une centaine d’offrandes d’à travers le monde, Soundway est fort respectée en tant qu’étiquette avec des offres telles que la compilation Doing It In Lagos sortie l’an passé.

Et ce premier album, ils ont été gentils de bien vouloir le réimprimer sans aucune modification. Toujours le même album génial à écouter, avec de la musique de danse endiablée. Toujours le même album avec des pièces de musiques obscures qui méritent d’être découvertes. Mais aussi toujours le même album compressé et maximisé, avec une belle sonorité juste jouant trop fort pour la vie et aucune subtilité de jeu. Reste que la musique qui y est jouée n’a pas de subtilité non plus, ce n’est pas les enregistrements du siècle, alors je dirais que c’est de bonne guerre. C’est un super bon album à écouter, avec une très bonne qualité de gravure, juste un peu trop maximisé à mon goût.

1965-1968, 2017: Miles Davis Quintet – Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5

Cinq légendes dans un studio, sans coupure et sans musique!

Je me fais plaisir, comme je vous disais sur le texte précédent! Quand les chats sont en vacances, les souris écoutent des disques d’archives.

Album : Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series Vol. 5
Artiste : Miles Davis Quintet

En test : 2017 Vinyle triple

Étiquette : Columbia, Legacy, Sony Music
88985364161

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Quand on doit sortir quelque chose de spécial sur un artiste pour qui tout est déjà sorti, on fait quoi ? On sort des alternate takes. Mais supposons que tous les alternate takes sont déjà sortis, on fait quoi? On prend les bobines et on sort les bobines de studio, telles qu’enregistrées! Ou du moins, c’est le pari qu’a fait Legacy sur ce superbe album en encart triple.

Wayne Shorter… Herbie Hancock… Ron Carter… Tony Williams… Miles Davis! Quel quintette, quel groupe d’artistes incroyables, qui chacun individuellement ont redéfini le jazz ! Un festival de jazz aurait été heureux d’en avoir qu’un des cinq en vedette spéciale guichets fermés. Alors il faut imaginer les cinq ensemble. Et c’est ce que ce disque nous permet de faire.

Ce disque est inécoutable ! Le but n’est pas de se pâmer sur la musique du quintette, pour ça, on peut aller acheter l’album Miles Smiles par exemple pour la chanson Freedom Jazz Dance. La chanson finale dure un peu plus de 7 minutes. La première face du premier disque est plus de 23 minutes de cette chanson, mais à la fin, on n’aura entendu que les quelques premières notes du thème, la vraie version est sur l’album. Ce qu’on a sur ces disques est les rubans d’origine qui ont servi à pratiquer les chansons, des anecdotes, des essais, des manquements, des erreurs, de l’humour, de la pratique, d’autres essais, du matériel qui ne servira finalement jamais aux chansons. Bref : ce qui est laissé sur le plancher de la table de montage.

Ce que le disque nous permet de faire, c’est de mieux comprendre les chansons et le processus créatif du quintette. C’est un document d’archives absolument inestimable que Sony nous remet entre les mains, pour admirateurs seulement. Ne vous attendez pas à apprécier écouter ad nauseam les mêmes progressions ou les sections coupées, ou la pratique de batterie de Tony Williams. Ce n’est pas pour une consommation par les admirateurs. Mais j’ai pris mon pied à chaque seconde d’écoute.

Mais le vinyle, ça sonne comment ? Vous êtes vraiment fatigants avec ça! Comme si la qualité sonore c’était uniquement ce qui compte! Sans blag… [chuchotements] ah… c’est… c’est mon travail? Ah bon… Vous voulez me lire pour la qualité du vinyle? Ah… bon… désolé! Mais cette petite blague est là pour faire comprendre qu’il s’agit d’archives musicales, pas de musique. Est-ce que c’est réellement nécessaire qu’on ait toute la qualité du monde? Alors, je dirais que la qualité est très bonne sur le disque! Ils ont porté autant d’attention à la sortie de ces outtakes partiels qu’à sortir les disques nouvellement sortis en version 2014. C’est un travail de moine! Mais est-ce que c’est si nécessaire d’avoir une telle qualité pour quelque chose qui est musicalement inutile? Mmm, je dirais que oui! J’ajouterais que les quelques bouts musicaux des disques sont impressionnants et fantastiques à écouter sur une bonne table. Mais encore une fois, ce disque est inécoutable! S’ils désiraient faire encore plus plaisir aux fans, ils en feraient une version en bobine 4 pistes non mixées de 10 po à 7.5ips, sans aucun traitement, avec les chansons finales à la fin de chaque piste d’essais. Probabilité que ça arrive : nulle. En attendant, il y a ce disque triple!

Rétrospective David Bowie en or!

Pendant les vacances de Fréquences, je me fais plaisir! Premier article sur David Bowie, version en or

Album : Hunky Dory
Artiste : David Bowie

V.O. : 1971 Vinyle (UK)
RCA SF 8244

En Test : 2017 Vinyle Or 180g

Étiquette : Parlophone
DB 69733

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S’il faut suivre le guide, à la suite de la mort de Ziggy au début 2016, il faut bien évidemment s’attendre à ce que les maisons de production ressortent tout ce qui bouge de cet exceptionnel artiste. Deux albums de couleur dorée pour célébrer le 45e anniversaire de la sortie de ces albums… c’est avec de tels anniversaires qu’on voit à quel point ils désirent presser le citron et suivre la folie Blackstar. Et petite mention : c’est seulement pour vous faire attendre quelques instants parce qu’ils ressortent tous les albums en un énorme coffret plus tard.

Vous pouvez voir à quel point je suis sceptique de ce genre de sorties, qui n’ont aucune raison d’être. Mais en même temps, il s’agit d’un superbe album. C’est dans les incontournables de folk rock sur la planète. Tout près d’être dans le top 100 des meilleurs albums rock du Rolling Stones, c’est un incontournable, ne fût-ce que pour la première chanson, Changes.

Et côté qualité, c’est hélas exactement ce que je m’attendais. En 2012, ils ont fait un rematriçage numérique, et c’est ce qu’ils nous servent. L’album est propre côté sonorité (malgré que ma face A soit brouillonne – et il paraît que je ne suis pas le seul à avoir du bruit de fond) et a une belle sonorité, mais il n’y a aucune chaleur et j’ai presque enlevé le disque rendu à « Life On Mars? » tellement la chanson était compressée. C’est beau à écouter et j’aurais aimé dire que la qualité de pressing était exemplaire. Dommage! Trouvez-vous une version à 30 $ usagée et vous allez avoir quelque chose de vraiment mieux. Suivant!

Album : The Rise and Fall Of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars
Artiste : David Bowie

V.O. : 1972 Vinyle (UK)
RCA SF 8287

En Test : 2017 Vinyle Or 180g

Étiquette : Parlophone
DB69734

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Même rematriçage 2012… même sortie double… même qualité! Passons!

Wô minute! Ok, d’abord le disque est vraiment la suite logique du changement du style de Bowie. Autant je peux classifier le disque précédent comme un album plus Folk que Glam, autant celui-ci est le disque flamboyant qu’on peut s’attendre. Effets spéciaux, traitements spéciaux, de la force, du rythme, presque du punk.

Bon ok, mais la qualité ? C’est encore numérique. On ne s’en sortira bien évidemment pas. On le remarque d’emblée avec la toute première chanson Five Years qui nous montre du crépitement dans les aigus, suivi de Soul Love qui a tendance à donner de la fatigue auditive. On mentionnera Suffragette City qui est la version UK et non US (merci!). L’album a une bien meilleure sonorité que Hunky Dory, compressée uniquement lorsque nécessaire, mais ça reste compressé. S’écoute très bien, juste pas « at maximum volume » tel qu’indiqué sur la pochette. Pour ça, encore une fois, une excellente version UK ou Japonaise (pas US ou Canadienne) donne de bien meilleurs résultats. Mais cette fois-ci, c’est beaucoup moins pire.

Et pour se faire un peu plaisir, un original!

Album : Let’s Dance
Artiste : David Bowie

En Test : 1983 Vinyle (Canada)

Étiquette : EMI America
SO-17093

Cette fois-ci, c’est un aller simple vers le Bowie New Wave, avec Nile Rodgers en coproduction, le Nile Rodgers, guitariste de Chic, celui qui a coproduit Get Lucky de Daft Punk. Un autre disque montant dans les hautes strates de la qualité musicale. On peut dire que les années 80 n’auront pas été tendres avec beaucoup de musiciens et artistes, on peut aussi penser aux jeans ajustés, aux excès du fluo, à la mode de la forme à tout prix et de l’androgynie, on pense à la danse, aux rythmes électroniques. C’est une décennie où le no future côtoie la vie à outrance.

Mais quand on s’appelle Bowie, on définit la décennie ! Loin d’être oublié, cet album montre tous ces excès et y plonge pieds et poings liés. La première face de cet album n’est composée que de succès. C’est toujours du bon vieux Bowie, mais version New York, version studio. C’est un excès de China Girl, chanson bonbon à paroles crooner potentiellement à propos de cocaïne; c’est une chanson-thème de plus de 7 minutes. Et c’est aussi d’une certaine façon son dernier disque d’importance en bien des années. Pour un artiste ayant défini les années 70 au fer rouge, c’est quand même quelque chose que de pouvoir signer sa révérence avec un tel album, tout de go dans les années 80. Révérence, c’est sans compter le film Labyrinth et sa superbe trame sonore. C’est sans compter qu’il est resté dans le paysage musical dans les années 90, 2000 et 2010. C’est aussi sans compter ses collaborations, dont son travail de matriçage avec Raw Power d’Iggy Pop, album totalement punk. Mais ça, c’est pour une deuxième (et troisième, et quatrième) partie, un jour!

Et la qualité ? Ça s’appelle se rincer les oreilles. C’est un disque de production, absolument pas 180 g, absolument pas audiophile. C’est fait en studio, il y a un arbre de Noël qui brille de tous ses feux d’effets, de compresseurs, de multiples pistes, des synthétiseurs, c’est de la new wave, c’est anti-audiophile et c’est une tonne de briques dans ton visage, des sonorités franches, des musiciens de très grande qualité, des atmosphères fantastiques. C’est beau, vraiment beau. Un de mes meilleurs vinyles de ce genre, en compétition avec Daft Punk.

Réédition 2001-2015: Mononc’ Serge – Mon Voyage Au Canada

Une expérience de fédéralisme extrême en vinyle!

Bon 150e du Canada!

Album : Mon Voyage Au Canada
Artiste : Mononc’ Serge

V.O. : 2001 CD
Indépendant, MON2-1599

En Test : 2015 Vinyle double

Étiquette : Indépendant
MON5-1599

Acheter le disque vinyle double chez Fréquences

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Depuis que j’ai fait la sono de son spectacle au Collège Lionel-Groulx, il y a bien des années, je suis devenu admirateur de Mononc’ Serge. Tout d’abord un sympathique personnage, mais surtout un excellent musicien, très bon compositeur, de la joie de vivre et prêt à jouer absolument tout. On l’a bien connu comme étant le premier bassiste des Colocs, mais surtout qu’il était beaucoup plus wild que Les Colocs, qui eux-mêmes n’étaient pas des enfants de chœur. Alors il démarra sa carrière solo bien rapidement, avec spectacles radio et en 2000, un premier album adéquatement intitulé 13 Tounes Trash, qui inclut le succès Marijuana. Le bassiste continua sa lancée trash avec son album Mon Voyage Au Canada avant de participer à des collaborations avec le groupe trash Anonymus sur des albums franchement exceptionnels. Je vais devoir vous parler de leur excellent Musique Barbare qui a aussi eu droit à un retour sur vinyle.

Enfin donc, c’est un artiste trash, et c’est un album trash. Et c’est un album plein d’excellentes chansons toutes plus trash les unes que les autres. Si on s’attend à de la subtilité dans les textes, on n’en trouvera pas beaucoup. Si on s’attend à des compositions hors pair qui nous font danser dans le mosh pit et qui nous font être heureux de la vie, avec des superbes musiciens, ça par contre, on va le trouver. Certaines font carrément penser à du Tom Waits (La Police, B-2)

Et si on achète le disque vinyle double? On va se retrouver avec un album majestueusement gravé, une douzaine de minutes par face au maximum, de la qualité, de la précision, de la plage dynamique, des instruments beaux et honnêtes. Mais aussi une pointe de distorsion lorsque ça joue trop fort hélas, comme sur la chanson Fourrer (B-3) qui a ce petit crépitement dans les moments déjantés qui me fait douter de la provenance numérique de l’album. N’empêche qu’Éric Arbour a effectué un superbe travail au matriçage et je n’ai rien à redire à un album autoproduit qui a autant de mordant dans le son comme dans les propos.