Réédition RSD 1969/2017: Shocking Blue – At Home

She’s Got It, yeah baby en vinyle bleu!

Album: At Home
Artiste: Shocking Blue

V.O.: 1969 Vinyle en encart
Pink Elephant (Pays-Bas)
888.001

En Test: 2017 Vinyle bleu, étendu, en encart RSD
Reprise de la version 2010 vinyle 180g

Étiquette: Music On Vinyl, Red Bullet
MOVLP119, RB 33195

Shocking Blue est un groupe de La Haye qui a eu un certain succès avec la chanson Venus, reprise une quinzaine d’années plus tard par Bananarama. Dans les faits divers, la chanson Venus n’apparaît pas dans la version originale de l’album, mais bien dans les versions internationales de l’album. C’est d’ailleurs un méli-mélo de versions de cet album qui nous est présentée dans tous les pays, parfois avec, parfois sans Venus. Dans les autres chansons connues de cet album, on compte Long and Lonesome Road, reprise dans Je suis fatigué de Quest Pistols ainsi que des reprises de Nirvana et des échantillonnages par The Prodigy de Love Buzz. Bref : un groupe qui a composé des chansons qui ont fait le tour de la planète, mais un groupe musical qui n’a connu aucune notoriété réelle.

At Home est leur deuxième album, leur premier avec Mariska Veres au chant, celui qui a eu le plus de succès. Mais ça s’arrête un peu là pour le groupe. Et ce n’est pas par manque de qualité, les chansons proposées sont un rock psychédélique assumé, cernant parfaitement l’année du Flower Power, une excellente qualité d’interprétation. Même si on ne reconnaît réellement que Venus dans le lot, reste que le reste de l’album est très solide.

Et cette version… ultime? Il s’agit ici exactement de la même mouture que la version 2010, provenant de la numérisation des bandes maîtresses. On y retrouve les mêmes défauts numériques, y compris un saut numérique à la fin le la deuxième piste, des blancs numériques entre chaque piste. Et à vouloir ajouter du matériel, Music On Vinyl a mis aux alentours de 25 minutes de musique sur la première face, et une vingtaine sur la deuxième, le tout avec le volume maximisé, alors la première face est plus faible qualitativement parlant (et en volume) que la deuxième. La chanson Venus étant la chanson connue du lot, d’une autre session, elle eut droit à un traitement légèrement différent. Elle détonne donc un peu. Autant la qualité du produit est habituellement excellente, autant ça sonne faible, friable, criard, surtout la cithare, surtout dans The Butterfly And I. On n’a pas réellement d’âme sur la version, ce qui est dommage. Très dommage.

On achète si on aime Jefferson Airplane, The Animals, The Mamas And The Papas.

 

 

Réédition 1993/2015: Orbital – Orbital 2

Mortal Kombat!

Album: Orbital (2e album du nom)
Artiste: Orbital

V.O.: 1993 Vinyle double DMM
Internal / FFRR
TRULP2

En test: 2015 Vinyle double 180g

Étiquette: Warner Music Group
TRULP 2

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Dans la lignée des groupes aux noms similaires, il faut mentionner Orbital, The Orb et William Orbit, tous en musique électronique, tous actifs dans les mêmes années, britanniques. Cet album est de Orbital, qui connut un succès retentissant grâce à sa pièce musicale Halcyon+On+On notamment utilisée lors dans la finale du film Mortal Kombat, mais aussi dans bien d’autres films du moment.

C’est bien peu dire de ce duo d’Acid House, dont le succès a été obtenu avant leur premier album dans la scène Rave britannique. Succès assez retentissant pour être passés à Top Of The Pops en promo de l’album Orbital. Deux années plus tard, ils sortirent ce deuxième album, leur meilleur, et une parfaite représentation de musique de danse de ces années. Sonorité vieillie, bien entendu, synthétiseurs du moment, style du moment, mais une sonorité à faire écrouler les murs, à écouter au maximum de son amplificateur avec le caisson graves dans le tapis. Quel album incroyable, et pas seulement pour leur plus grand succès !

Côté sonorité, c’est un album avec une trop grande quantité de musique par face pour être considéré un album pour DJ, il faut se rabattre sur les simples afin d’avoir le maximum. Mais c’est aussi un album avec une sonorité exemplaire, très peu de bruit de fond, une belle qualité sur chacune des chansons. Une première face à onze minutes de musique et une simplicité de produit qui aurait pu en entrer encore plus, une deuxième face avec plus de 20 minutes de musique mixée, c’est un peu un mélange de tout et de rien, mais ça suit la progression de la version originale de 1993 et ça s’écoute superbement. Très belle réimpression de la part de Warner.

Rééditions 1974, 1982/2009, 2017: Roxy Music – Country Life & Avalon

Les pionniers rock, punk, pop, synth, mouture 2009 et 2017

Roxy Music est un groupe de musique archiméconnu, en fait, on reconnaît plus la pochette de Country Life, honnie des censeurs, que le groupe de musique. Et le style qu’ils présentent avec cette pochette ne représente pas du tout le niveau de sophistication de leur musique. Le groupe britannique, démarré en 1970 par Bryan Ferry avec entre autres Brian Eno pour les premières années est une avant-garde du mouvement punk, malgré que leurs chansons soient plutôt bon enfant et sympathiques. Eno quitta rapidement et il y eut quelques changements de cap à travers leur histoire, mais le groupe resta relativement stable avec Bryan Ferry à la voix et clavier, Phil Manzanera à la guitare, Paul Thompson à la batterie et Andy Mackay aux saxophone et hautbois.

Une des caractéristiques de Roxy Music est la qualité relativement constante de leurs offrandes. Les critiques peuvent ne pas aimer ou adorer un disque, les admirateurs vont aimer à peu près tous les disques. Même Flesh+Blood (1980) est aimé et possède son lot de bonnes chansons. N’empêche, je vais me concentrer sur deux de leurs meilleurs albums : Country Life (1974) et Avalon (1982).

Album : Country Life
Artiste : Roxy Music

V.O. : 1974 Vinyle (R.-U.)
Island Records
ILPS 9303

En Test : 2009 Vinyle 180g

Étiquette : Virgin Records
509992 43649 11

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Probablement leur disque le plus connu, c’est un disque étrange alliant le glam rock, le protopunk, la pop, le oldies (pour le temps), les synthétiseurs sur des chansons presque bonbon et une voix glam donnant une impression de Ziggy Stardust avant son temps. L’album s’écoute autant avec un verre de whisky, de bourbon, un cocktail sophistiqué ou une ligne de cocaïne. Les chansons se suivent et ne se ressemblent pas, les styles semblent sortis d’un endroit louche et on comprend mieux l’obsession sur les stylistiques pin-up de leurs premiers albums, jusqu’au style Page 3 du Sun de Stranded (leur 3e album) et de Country Life.

Et la version 2009? Virgin ressortit une version rematricée en 180 g, plus de 10 ans après leur copie CD. Aucune raison apparente, bulle au cerveau de la part de Virgin probablement. Ce que je sais, c’est que l’album sonne friable et la gravure manque de finesse et de souplesse. Bruit de fond, décentrage à la face B, vagues de bruit de fond à la fin de la face A, popcorn. C’est un peu la totale. Quand je dis que je n’aime pas nécessairement les 180 g, c’est pour toutes ces raisons : un disque à grand déploiement sur 180 g va user prématurément les matrices de gravure et si la compagnie pressant le disque ne prend pas un soin exceptionnel afin de remplacer les moules régulièrement et de s’assurer qu’ils ne se sont pas détériorés dans le processus, on va se retrouver avec tous ces problèmes au fur et à mesure des gravures. Bref : je ne suis pas chanceux et hélas la qualité s’en ressent un peu. Votre copie sera probablement meilleure que la mienne. Mais il existe dorénavant la version 2017! Voyons ça avec leur offrande de 1982.

Album : Avalon
Artiste : Roxy Music

V.O. : 1982 Vinyle (R.-U.)
E.G. Records
EGHP 50

En Test : 2017 Vinyle
Universal Music Catalogue
0602537848812

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Leur deuxième disque le plus connu, si vous vous attendiez à la même chose, vous allez être définitivement déçu : exit le début du punk rock, presque exit le rock en fait, ce disque serait un parfait album de Tears for Fears ou de Thompson Twins ou même du Sade. Ils ont décidé que les années 80, c’était pour eux. Adieu aussi le côté rebelle des modèles dénudées. C’est une toute autre bête qui nous est présentée ici, c’est de la pure et dure synth pop, du smooth jazz, limite New Wave avec le petit côté rebelle du groupe punk repenti, sans trop. Regardez la pochette du disque, c’est exactement ça : c’est riche, beau, sympathique. C’est Brian Wilson avec She & Him sur In the Island versus les chansons d’origine des Beach Boys.

Et cette fois-ci, 2017 est-elle une belle année ? Le matriçage d’origine de 1982 a été produit par Bob Ludwig et c’était dans ses excellentes réalisations, c’est assez difficile de faire mieux. La tâche a été laissée à Miles Showell pour faire les versions du coffret 2017, de façon notoire, il a repris les versions numériquement et les a retravaillés en 96/24. À écouter la version d’Avalon, je crois, et quelques manquements analogiques ça et là (dont la dernière minute de While My Heart Is Still Beating) me font penser que la détérioration de beaucoup de bandes commençait à se faire sentir, d’ailleurs, selon ce que j’ai lu, la version numérique daterait carrément de dix années après que la bande maîtresse ait été créée, après, le ruban aurait été irrémédiablement dégradé! Et comme les bons pressings de Roxy Music commencent à valoir leur pesant d’or, je dirais que c’est de bonne guerre que de travailler en numérique. Côté pressing, c’est beaucoup, mais beaucoup mieux que la version 2009. Si vous pouvez, prenez les versions d’origine. Sinon, les versions 2017 sont fort honnêtes même si elles ne sont pas parfaites. Ma recommandation pour les 2017 : Stranded, Country Life, Siren, Avalon. Le reste ne vaut pas réellement la peine.

 

Réédition 1994/2016: Pink Floyd – The Division Bell

Diviser la cloche en deux disques, enfin!

Album: The Division Bell
Artiste: Pink Floyd

V.O.: 1994 Vinyle simple
EMI
7243 8 28984 1 2

En Test: 2016 Vinyle double en encart

Étiquette: Pink Floyd Records, Columbia
PFRLP14, 88875184311

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De la qualité de son. Pink Floyd n’a plus à vanter sa réputation de groupe de rock progressif. C’est aussi le premier (le seul?) groupe ayant pris des semaines de travail intensif de sonorisation afin de produire un spectacle de qualité extraordinaire au Stade Olympique de Montréal pour leur tournée « In the Flesh Tour » en 1977. Selon tous ceux qui étaient présents au spectacle, ils sont tombés en bas de leur chaise. Pour au moins un autre, il s’est fait cracher dessus par Roger Waters, s’ensuivit la production de The Wall et le reste fait partie des annales de l’histoire du rock. Pour moi, The Division Bell, ça représente le seul spectacle de Pink Floyd que j’ai pu voir, et quel spectacle!

De presser le citron. Pour prendre quelques instants avec son disque-sœur… J’ai beaucoup de disques de Pink Floyd, qu’ils soient en vinyle ou en CD. Et même si la qualité est très bonne pour le disque de The Endless River, ça reste un disque produit avec les nombreux extras du disque The Division Bell. Aussi, un glitch électronique au beau milieu de ma gravure m’a totalement laissé sur ma faim. Belle gravure, le vinyle y ajoute de la chaleur appropriée au rock progressif, mais la version ultime, à mon avis, reste la version en Blu Ray. N’empêche que l’album vinyle s’écoute comme un bonbon… et ce ne sont que les restants de The Division Bell. Pour moi, l’album d’origine reste une référence en la matière de rock ambiant progressif.

De ne même plus savoir qui fait quoi. La version originale de The Division Bell était gravée avec des versions radiophoniques raccourcies des chansons afin de le faire entrer sur un seul disque vinyle (hérésie!). La version de Russie et de Corée du Sud a été les chanceux à avoir des versions sur album double, avec une petite parole coupée à la toute fin. Et en 2014, pour le 20e anniversaire de l’album, Parlophone fit une version rematricée à partir des rubans maîtres. Pour la version vinyle, ils demandèrent à Doug Sax de se pencher au problème (en même temps que la version de The Endless River), et quel résultat! Ce n’est pas une simple petite version réalisée à la va-vite. C’est un chef d’œuvre, et pour la première fois, en version complète! Deux ans plus tard, Columbia fit une version rematricée à nouveau, cette fois-ci par James Guthrie, Joel Plante et Bernie Grundman, et c’est ce qui est écrit sur l’étiquette du disque… mais des fous sur Internet (merci, Discogs) se sont rendu compte qu’il s’agit en fait de la même version réalisée par Doug Sax deux années auparavant. Ce n’est pas un problème, la version étant exceptionnelle, mais ça aurait été sympa de donner à César ce qui lui revient.

De prendre son pied! Vous aurez compris que la gravure est exceptionnelle, au point où même Pink Floyd Records a décidé, de concert avec Columbia, que la version vinyle se devait d’être celle de Sax. Je n’ai absolument, mais absolument rien à redire sur cette version! Numérique? Ça ne s’entend pas vraiment. Produit par un passionné, pour des passionnés, avec toute la qualité nécessaire. Aucune limitation apparente. Ça reste du rock, alors compression et effets, bien entendu… mais rien qui déplaît aux oreilles. Quelques petits bruits divergents entre quelques pistes, c’est tout. À mettre à tue-tête dans vos écouteurs préférés dans le noir avec les portes fermées, à un niveau où vous empêchez votre mère de dormir deux pièces plus loin (histoire pas du tout vécue, mais non voyons!)

 

Réédition 2000/2016: Trame sonore de Requiem for a Dream

Joyeux Halloween en drame psychologique!

Album: Requiem For A Dream
Artiste principal: Clint Mansell featuring Kronos Quartet

V.O.: 2000 CD
Nonesuch
79611-2

En Test: 2016 Vinyle double en encart (Édition RSD 2016)

Étiquette: Nonesuch
553787-1

Ce n’est pas un secret que je ne suis pas un admirateur de trames sonores. Les vinyles des trames sonores sont habituellement des ramassis de chansons disparates, de qualités différentes, parfois avec une trame narrative qui nous est imposée. Il y a bien évidemment des exceptions avec des trames sonores d’exception, mais je préfère habituellement aller chercher les albums complets des artistes m’intéressant. L’exception majeure à la règle est lorsque la trame sonore est composée pour le film en particulier. Blade Runner par Vangelis est un parfait exemple; Koyaanisqatsi de Phillip Glass en est un autre. Tout ce qui est fait par Williams (allant d’Indiana Jones à Star Wars) est exceptionnel bien évidemment.

Requiem For A Dream est un drame psychologique presque d’horreur absolument incroyable, l’atmosphère est à couper au couteau et est aidée de main de maître par le quatuor Kronos Quartet; les compositions électroniques de Clint Mansell (qui travailla beaucoup avec Nine Inch Nails) sont parfaitement à point. Est-ce que toutes les petites pièces de deux secondes méritent d’y être? Pas vraiment… ça donne un album décousu qui est difficile à écouter en tant qu’œuvre. Mais ça reste passionnant et les quatre faces du disque double nous donnent des univers totalement différents à chaque fois, mais avec toujours le même thème.

Et côté qualité ? Le disque double est une très belle gravure, un peu brouillonne parfois, mais de très belle qualité. Ma face 1B, par exemple, possède du bruit de fond à revendre. La quantité de musique par face est adéquate, mais appréciable, surtout en tenant compte des espacements entre chaque pièce. Il y a un peu de bruit de fond, mais sans trop, il y a beaucoup pire dans la vie. Non, sans blague, la qualité de la gravure du vinyle est excellente! Là où c’est plus difficile, c’est l’amont avec le MOTU de l’an 2000. Simplicité de production et montage du temps, aucun fondu d’entrée ou de sortie dans les pistes, les univers apparaissent et disparaissent avec chaque montage. Dans les exemples, la chanson Fall : Ghosts-Falling où on entend le quatuor apparaître soudainement et jouer en boucle est troublant. Mais ça, ce n’est pas une question de gravure, c’est une question de moyens de production du temps. Ça reste aussi un film dont la trame sonore, même si importante, a été finalisée à la va-vite, avec une attitude « good enough » et ça reste donc une des raisons pour lesquelles je n’aime pas les trames sonores.

Réédition 2004/2017: The Secret Machines – Now Here Is Nowhere

Machines secrètes en blanc et rouge

Album: Now Here Is Nowhere
Artiste: The Secret Machines

V.O: 2004 Vinyle double en encart (Europe)
Reprise Records, 679 Recordings
9362 48544-1

En Test: 2017 Vinyle double en encart numéroté

Étiquette: Run Out Groove, Reprise Records, 679 Recordings
ROGV-008

Acheter le disque vinyle double chez Fréquences (attention, il m’en reste qu’un ou deux!!!)

The Secret Machines a eu une vie courte, mais intense. Groupe alternatif indépendant de rock qui a été comparé à trop de grands (Led Zeppelin et cie! Sérieusement?), a eu quelques moments chanceux de publicité et a pu faire des spectacles en première partie de beaucoup de grands. La musique qu’ils produisent est tout aussi intense : du gros rock très sale, avec beaucoup de distorsion, des claviers électroniques, de la guitare et basse à profusion et un batteur jouant avec vraiment trop de verve. C’est un groupe tout-ou-rien.

Arriva Now Here Is Nowhereleur premier disque. Quelques succès d’estime, une chanson utilisée dans un jeu vidéo, et une belle lancée. Ce disque vinyle de 2004 a su exiger un prix prohibitif, se nichant dans la zone grise entre un indépendant ne pouvant sortir trop de copies par manque d’intérêt général et un disque commercial qui n’a pas assez de copies pour plaire à tous les acheteurs potentiels. Merci à cette édition (encore une fois) limitée, on a droit à une nouvelle version un peu plus abordable, respectant en tous points la version originale de 2004.

Et le disque double, justement ? Il est bizarre. La face 1A et 2B n’ont qu’une longue chanson, jouissive de qualité, aucune compression apparente, de la force, de la basse, de l’âme. Et les faces 1B et 2A ont entre 12 et 16 minutes chacune, matériel à volume légèrement réduit et beaucoup plus compressé. C’est donc deux niveaux de bêtes dans le même disque. Est-ce que ça veut dire que la sonorité est affectée? Mmm, un peu! Ça aurait pu être mieux distribué sur les faces, même si je conçois le message que le groupe a voulu passer et que les chansons 2 et 3 (Sad and Lonely et The Leaves Are Gone) devraient être jouées en suite. Mais on y perd un peu. N’empêche, les explosions de puissance du groupe y sont, ainsi que la basse omniprésente. Donc devrais-je réellement me plaindre? Ouf! Quel disque! À jouer à tue-tête!

On achète si on aime Interpol, Broken Social Scene, Malajube, The Stills.

Réédition 2016/2002: Sigur Rós -( )

Entre parenthèses…

Album : ﹙﹚
Artiste : Sigur Rós

V.O. : 2002 Vinyle
FatCat Records, [PIAS] Recordings
fatlp22, piasv122dlp

En Test : 2016 Vinyle double 140 g en encart

Étiquette : Krúnk
krunk10blp

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Sigur Rós est un groupe islandais ayant célébré ses 20 ans bien sonnés et bien travaillés en 2014. Ils n’ont jamais arrêté de jouer, de donner des concerts, de produire des nouveaux disques. D’abord un groupe plutôt rock, de type shoegaze, ils ont fait la légère adaptation vers le post rock assez rapidement et n’ont jamais regardé en arrière. En fait… si… ils ont regardé en arrière fréquemment. Sigur Rós utilise beaucoup de matériel des disques précédents, se ressource sur leurs anciennes compositions; autant de clins d’œil, mais aussi bâtir sur des fondations de plus en plus solides et étoffées.

1994, l’année du post rock! Cette même année, un groupe bien montréalais, Godspeed You! Black Emperor, est aussi apparu sur la planète. Les deux groupes ont plus d’une ressemblance, mais où GY ! BE est plus dans le rythmé, Sigur Rós est dans l’ambiant; GY ! BE est immensément politique quand Sigur Rós y va dans les émotions. Beaucoup vont comparer les deux groupes, exercice futile à mon avis : GY ! BE est un groupe fièrement indépendant, communautaire, marginal quand Sigur Rós est un groupe à la portée plus large, rassembleur, consensuel. C’est comme comparer la chaîne Sunrise Records à Fréquences le disquaire : les deux ont leur place dans l’univers et la où un arrête, l’autre continue.

L’album ﹙﹚ est celui de l’arrivée au succès. Leur premier album, Von, est expérimental et shoegaze. L’album Von est aussi précurseur d’un mouvement où le vide est nécessaire. Une chanson est carrément vide (18 Sekúndur Fyrir Sólarupprás) et une autre démarre avec plus de six minutes de blanc avant de jouer un deux minutes d’une chanson précédente à l’envers. Leur deuxième (Ágætis Byrjun) a été produit à travers le monde et connut un succès entre autres en Grande-Bretagne. Il faut dire que nos amis britanniques avaient déjà Radiohead depuis plus d’une dizaine d’années, groupe pop rock, mais aussi ayant ses influences sur le post rock. Enfin, en 2002, un album dont le seul titre semble être des parenthèses. Aucun texte, aucun titre de chanson, rien. Album en deux parties avec un long silence entre les deux parties (le vide, encore). Une partie plus ambiante, une partie plus rock. Leur premier simple de cet album devint #1, gagna le meilleur vidéo aux MTV EMA, fut sélectionné aux Juno aussi… et avait le titre « Untitled #1 ». Plus tard, le groupe donna des titres officieux afin de s’y retrouver eux-mêmes, mais l’album est résolument dénudé d’indications.

Et côté sonorité ? C’est un peu le problème des groupes avec beaucoup de dynamisme : désirer garder un volume conséquent à travers une chanson, que le début, relativement dynamique, ne soit pas au niveau chuchotement quand l’emportée musicale démarre. Et pourtant, c’est un peu ce que le groupe aurait dû faire à mon avis. C’est le même problème qu’avec le groupe Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche, qui joue du post hard rock à tendance disco. Leur album Pas Pire Pop  [I ❤️ You So Much] démarre tellement fort qu’ensuite, après un peu d’augmentation, on a l’impression que le disque devrait jouer plus fort, mais il ne le fait pas. L’envolée reste à plat. La dernière chanson de ﹙﹚, qui est encore utilisée à la fin de leurs spectacles, est une envolée spectaculaire qui reste au même volume tout le long de la chanson, faisant seulement un écrêtement et une limitation progressive. Pourtant, sur tout l’album, on a droit à des faces de 15-20 minutes, ils auraient pu conserver le même volume à travers l’album entier… mais la quatrième face n’a que cette chanson d’une dizaine de minutes. Ils auraient pu démarrer la chanson avec le même volume qu’ailleurs, et briser le mur du son pour la finale de l’album. À la place, on a droit à de plus en plus de distorsion et une perte de fidélité à niveau réduit. Enfin… Choix de production, j’imagine.

On achète si on aime Godspeed You! Black Emperor, Radiohead, Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche, A Silver Mt. Zion.

RSD 2016: Bamboo Records

Le Japon en Punk Rock!

Albums :

  • Sixties Japanese Garage-Psych Sampler (BAMLP7012)
  • Monster A Go-Go Volume One (BAMLP7013)
  • Big Lizard Stomp! Volume Two (BAMLP7015)
  • Slitherama! Volume Three (BAMLP7016)

V.O. : À lire plus bas

En test : Éditions colorées RSD 2016

Étiquette : Bamboo

Mea Culpa. Ce n’est pas évident de rester du bon côté de la légalité. L’étiquette Bamboo est hélas une étiquette pirate. À ce jour, James Plummer, le propriétaire de Bamboo, a produit des disques de l’étiquette Radioactive, ensuite de l’étiquette Fallout, ensuite Phoenix Records, Erebus Records et finalement Bamboo Records. Les disques dans cette critique sont de Bamboo Records.

Mais pourtant, ce sont des disques de haute qualité! Disques 180 g, colorés, logo du MCPS de Grande-Bretagne pour les droits, numérotés, signés, vendus avec l’aval du Record Store Day. Ce n’est pas rien, ce sont de très beaux disques. La musique qu’ils contiennent est aussi excellente et méconnue. Il s’agit de disques impossibles à trouver, des 500-1000 $ par disque, des items de collection, le tout réimprimé pour le bon plaisir de toutes et tous. Leur dernier disque en règle du RSD 2017, était celui de Ike Reiko : You, Baby. Encore le même principe, les artistes n’auront aucun sou de ces entreprises.

De la légalité à trois niveaux… Je dois avouer que tout personnellement (je n’entre pas Fréquences dans le lot – c’est mon opinion toute personnelle), je suis ambivalent sur l’illégalité des produits.

Lorsqu’un artiste comme Danger Mouse nous commet un The Grey Album qui secoue les fondations musicales; lorsqu’un courant entier musical a comme base un échantillon d’album louche de Michael Viner; lorsque ce même courant musical utilise comme base des échantillons de disques afin de créer de nouvelles chansons; lorsqu’on sait que les droits d’auteurs sont étendus pour plus de 75 ans aux États-Unis, rendant caduque l’idée même de domaine public, c’est certain que ça casse un peu l’idéologie rectiligne.

Aussi, lorsque les possesseurs des droits d’auteur d’œuvres décident de ne rien en faire et les rendent inaccessibles virtuellement et inutilement, je dois dire que la nature va trouver un moyen. Quand ce disque de Reiko se vend aux alentours de 100 $ en V.O., lorsqu’il est quasi impossible trouver les artistes d’origines en V.O., lorsque les disques d’origine se vendent plus de 500 $ parfois, on peut quand même débattre le côté immoral de la loi.

Et en plus, il semble plus facile d’attaquer les individus que les grands ! Pourquoi attaquer une étiquette qui fait des produits illégaux à la chaîne? C’est tellement des procédés légaux incroyablement longs et ardus, avec les droits internationaux par-dessus le marché. Oufff.. Non à la place, on va laisser les alias de Radioactive se faire aller, on va laisser aller l’étiquette SM (Sonmay Recordings de Taiwan) nous fournir des disques qu’on peut acheter tout à fait légalement dans des commerces. Mais on va poursuivre les gens qui ont une collection de musique illégale à la maison. Le plus ridicule : si j’achète tous les disques en Radioactive et en SM, je ne me ferai pas poursuivre… mais si j’ai préféré les obtenir par Internet, ah là, je me fais poursuivre. C’est le monde à l’envers de la criminalité qui a la paix et les citoyens qui en payent le prix!

Un n’empêche pas l’autre, bien entendu, mais présentement, c’est le monde à l’envers.

Par contre, là où je suis intraitable, quand on veut faire de l’argent, c’est qu’il faut au moins essayer d’être légal. Et l’étiquette Bamboo n’essaie même pas. Le disque de Ike Reiko est une copie de la version CD de 2005 (très bonne sonorité, mais ça provient du CD, alors achetez donc ce dernier à la place – à 60$ – si vous aimez la sonorité). Les disques volume 1 à 3 sont des disques copiés d’une copie déjà illégale de 1990 par Planet X. Le disque Sixties est une copie de la version illégale de 1987 par Corumbia (ça ne s’invente pas comme nom!), ce dernier valant d’ailleurs un prix d’or, et les artistes n’ayant pas plus un seul sou de ses profits. Ces quatre derniers n’ayant jamais eus droit à des versions CD, ce ne sont que des vulgaires needle drop. Encore pis, ce sont des needle drop de needle drop parce qu’aucun de ces artistes n’avait même fait affaire avec Planet X ou Corumbia pour leurs produits finaux, alors les sources sont carrément leurs 33 tours d’origine! Alors les quatre disques en photos n’ont pas une qualité si exceptionnelle que ça. C’est passé au declick et au denoise. N’empêche qu’aux premiers abords, les disques ont une assez bonne sonorité, mais lorsqu’on compare à une collection réputée, telle que les Punk 45 de l’étiquette Soul Jazz Records, on voit immédiatement la différence.

Je vous invite quand même à aller voir les opinions du Numero Group, étiquette qui font dans les rééditions légales, sur ce sujet il y a près de 10 ans : « A Pimple on the Ass of the Record Business » et « Help us Beat the Bootlegger ».

NDLA : L’idée que Radioactive et alias, ainsi que SM Records, sont des étiquettes de copies pirate, ce n’est pas mon idée originale. Il s’agit en fait d’une recherche que j’ai réalisé sur l’étiquette que je ne connaissais pas à l’origine. J’ai vu que Numero Group portait des accusations sérieuses sur Radioactive, j’ai aussi vu que même Discogs considère leurs produits comme des copies, au point où ils refusent dorénavant de les vendre à travers leur site (tout comme les produits de SM Records).

Rééditions justifiées? Oui. Mais légales!

Remaster 2014/1990: Depeche Mode – Violator

Depeche Mode, réédité

Album : Violator
Artiste : Depeche Mode

V.O. : 1990 Vinyle
Mute STUMM 64

En Test : 2014 Vinyle en encart 180g

Étiquette : Rhino Records, Reprise Records, Sire, Mute
WBA1-233980

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Durant mon enfance, j’écoutais surtout du classique. Jusqu’à 14-15 ans, il y avait le 100.7 FM et beaucoup de disques de classique… Oh et du disco et pop-rock du temps de mes parents, ainsi qu’un peu de musique actuelle – merci Myra Cree, d’avoir bercé mes nuits à écouter de la musique avec « l’Embarquement pour si tard » – le reste ne m’intéressait pas trop. Ceci est le disque qui m’a fait découvrir qu’il existait autre chose! C’est celui qui a fait le lien entre le pop 70’s, la musique électronique et actuelle et les courants modernes. C’est le disque qui m’a fait découvrir que les jeunes de mon âge dansaient sur de la musique qui découlait de Pierre Henry et du rare Kraftwerk fin-70 que j’entendais parfois à 2 h. C’est le chaînon manquant dans ma conception musicale. Si ça s’usait, j’aurais usé à la corde mon CD de ce disque!

En lisant l’histoire du disque, c’est normal ! Flood a travaillé avec le groupe, bien entendu, mais surtout le montage final du disque a été produit par François Kevorkian qui avait collaboré avec Kraftwerk pour Electric Café quelques années auparavant. Il a non seulement fait le matriçage et le montage des pièces et de l’album, mais il a pris un rôle actif en proposant suggestions et idées, donnant une couleur sortant des sentiers battus de Depeche Mode, qui avait des compositions de danse plus touffues et électro.

Et pour cette version ? On a droit à une version légèrement retravaillée du matériel d’origine, avec Mike Marsh aux commandes de la gravure. Une déférence maladive a été appliquée au matériel. C’est exactement comme ma version CD d’origine, je retrouve mes vieilles godasses, rien d’enlevé, juste du bonbon. Des petites différences d’égalisation ça et là, on sent parfois le compresseur se faire légèrement aller (exemple minime, à la fin de Enjoy The Silence, juste avant le fondu vers le silence, les instruments réagissent à une maximisation intempestive), mais c’est si peu. La voix est un peu réduite à certains moments. En écoute comparative, le vinyle gagne partout (sauf pour le popcorn). Au prix où est cette réédition, il n’y a pas de raison de ne pas l’acheter!

Ah si, il y a quelques raisons — selon ma recherche après l’écriture, il semble que certains disques soient décentrés et que d’autres aient un problème de qualité — peut-être que Rhino a réglé le problème sur les copies plus récentes ou peut-être que j’ai été simplement chanceux, mon disque est superbe.

On achète si on aime Erasure, Pet Shop Boys, New Order, Ultravox.

Réédition RSD2017: Marcy Playground – Marcy Playground

20 anniversaire de Sex and Candy!

Album : Marcy Playground
Artiste : Marcy Playground

V.O. : 1997 CD, Capitol Records
CDP 7243 8 53569 2 6

En Test : 2017 Vinyle édition limitée RSD avec 7 po

Étiquette : Slow Down Sounds
SDS-1501 et SDS-45-1501

Marcy Playground est le groupe d’une chanson, d’un disque. Leur premier disque éponyme a connu un énorme succès, malgré son style totalement alternate rock. Les disques subséquents, même s’ils sont tout aussi bons, n’ont jamais percé les tops à travers le monde. La chanson connue est Sex and Candy. N’empêche qu’ils roulent leur bosse depuis ce premier disque et les admirateurs de Marcy Playground les suivent constamment.

Et ce disque est le genre qu’il fallait acheter au moment où il sortait ! Aujourd’hui, il exige de sortir une centaine de dollars de ses poches afin d’en avoir une version correcte. C’est le genre de disque que les gens détestant le Record Store Day se mordent les doigts de ne pas avoir ramassé. C’est une sortie de la part d’Universal qui est fort honnête, avec un 45 tours ajoutant deux chansons qui n’ont jamais été données dans un album individuel, seulement sur leur compilation de 2012.

Et la qualité ? Ils ne se gênent pas d’indiquer sur la pochette plastique du disque qu’ils ont pris la bande maîtresse afin d’en produire une version impeccable. Ils parlent aussi de l’ingénieur ayant fait le remaster : Kevin Gray. Ils ont mis le disque dans une pochette plastique séparée de la pochette papier avec les paroles, simplement afin de s’assurer que la qualité y soit. En grattant plus, on peut comprendre qu’un ruban de 1630, c’est un ruban numérique fonctionnant à la même fréquence qu’un CD! On peut savoir que la version ne sera probablement pas mieux qu’un CD. Et le petit 45 tours a deux chansons acoustiques qui n’ont pas été des succès, le tout pour un groupe de One Hit Wonder… Alors, ne vous attendez pas à beaucoup! … et pourtant! Le disque vinyle est impeccable, il sonne comme une tonne de briques, il possède de la profondeur, de la beauté, on entend tous les petits détails, de l’écho de la voix sur la première piste aux transitoires des rythmes. Superbe superbe travail sur un excellent disque! Et le 7 pouces suit la lignée, avec une qualité intimiste sur Hallelujah de Cohen, une superbe force de voix et de qualité sur la guitare. Un tout petit peu de compression à certains moments, mais ça ne gêne aucunement l’écoute.

Si vous tombez dessus, sautez dessus et achetez-le!

On achète si on aime Everclear, Eels, Gin Blossoms, Collective Soul.