Réédition RSD2018/1937: Robert Johnson – Cross Road Blues

Le RSD, c’est aussi pour des vieux standards bizarres!

Album : Cross Road Blues / Ramblin’ On My Mind (Simple)
Artiste : Robert Johnson

V.O. : 1937; Vinyle gomme-laque 10po; 78 tours; Vocalion 03519

En Test : Vinyle; 10 po; 78 tours

Étiquette : Vocalion / Sony Music; 03623

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C’est mon deuxième 78 tours récent et neuf que j’achète. Il faut être un peu fou pour sortir quelque chose sur ce médium. En premier, pas tout le monde ne possède une table tournante. En deuxième, pas toutes les tables tournantes jouent des 78 tours. Et en dernier, pas tout le monde est prêt à payer un prix de fou pour un album avec deux pièces de moins de quelques minutes avec un bon bruit de fond. Bref : je me devais de l’acheter!

Robert Johnson, c’est une légende du Mississippi. Ce qu’on appelle aujourd’hui du Delta Blues n’aurait jamais été le même sans lui. Il enregistra vingt-neuf blues en 1936 et 1937, avant qu’il ne soit probablement empoisonné par un mari jaloux. Chacune de ces pièces est devenue un classique du blues, boogie, R&B ou même carrément du rock. Son style de jeu de guitare inspire encore aujourd’hui les musiciens, et il est considéré comme un dieu de la guitare dans tous les palmarès. Les plus grands guitaristes et musiciens lui ont levé leur chapeau, que ce soit Eric Clapton, Jimi Hendrix, Keith Richards, Alexis Korner, Robert Plant, Bob Dylan, Fleetwood Mac, nommez-les.

C’est certain qu’un 78 tours, c’est une épopée. C’est un microsillon aussi, ce qui est un anachronisme en tant que tel. Le disque est très épais (210 g probablement), ce qui est une bonne chose, parce que le moindre gondolage ferait sauter l’aiguille dans la stratosphère. Mais ils auraient pu mettre le volume conséquent pour un 78 tours aussi, et laisser le disque prendre son expansion en volume. C’est clairement une source numérique avec un nettoyage du vinyle d’origine, ce qui est de bonne guerre pour un disque de 1937 enregistré en 1936. Mais pour avoir entendu des très bons nettoyages de disques vinyle d’époque, je sais qu’il est possible à un passionné de prendre vraiment son temps et d’obtenir un résultat qui relègue au rancart même les disques modernes. Alors je suis très légèrement déçu, mais en même temps, la qualité du disque dépasse tout ce que j’ai entendu à date de Johnson, alors je vais laisser tout le crédit : c’est un superbe disque qui devrait être dans la collection de tout admirateur sérieux de blues.

2018: Kodaline – Politics Of Living

21 Demands, version 2018!

Album : Politics Of Living
Artiste : Kodaline

En test : 2018; Vinyle

Étiquette : Sony Music; 88985458071

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Il y a parfois des groupes qui passent en dessous du radar. Kodaline est un de ces groupes. Roulant sa bosse depuis plus de dix années, le groupe rock irlandais a débuté sa carrière sous le nom « 21 Demands » avant de faire le saut vers le nom Kodaline au début de la décennie. Ce saut leur a fait grand bien, avec une poussée médiatique imposante, débutant avec une bonne visibilité sur la BBC Radio One, suivi de concours et une impressionnante filmographie. Leurs disques, numéros un constants en Irlande, peinent toutefois à percer les top-10 à travers la planète.

On reconnaît toutefois leur style et on s’entend dire « il me semble que j’ai déjà entendu ça » à plus d’une reprise, malgré leur absence aux palmarès canadiens. C’est d’ailleurs un peu une honte, c’est un excellent disque, avec d’excellentes chansons. On est d’ailleurs chanceux d’avoir des copies du disque, le groupe a bien reconnu ses forces, et il n’est habituellement disponible que dans le marché européen. Ce n’est pas une importation en tant que telle, mais pas loin.

Et pour la qualité, c’est un disque matricé par Stuart Hawkes, qui n’est pas un deux de pique et qui a réalisé des transferts vinyles pour plus d’un artiste à succès. On sent la compression, mais on entend bien les instruments individuellement et ils ne se battent pas entre eux. La voix est forte, franche, les pièces sont bien réalisées. Il y a un effet que j’appelle le faux chaud, qui fait penser à une gravure plus chaleureuse qu’elle n’est réellement, qui est hélas présent à travers le disque. On a l’impression d’un effet vinyle, mais il s’agit plus d’une technique donnant un flou artificiel, rendant les pièces belles à l’oreille. On peut obtenir le même genre d’effet en passant ses pièces musicales sous un VST du genre de Tube Saturator 2 de Wave Arts. Je n’ai rien contre en fait, mais il faut savoir que c’est un effet exacerbé de faux vinyle. Probablement que cet effet était déjà ajouté au montage initial par le groupe et que M. Hawkes n’a rien à voir avec cet effet. Ça ajoute une très belle touche à la version numérique, mais c’est juste un peu trop pour le vinyle. Reste que je chipote, le disque est très bon et il faut chercher les problèmes rendus là.

On achète si on aime Alt-J, Hozier, Imagine Dragons, Coldplay, The Lumineers, Bastille.

2018: Les Beaux Sans-Cœur – Ton corps est déjà froid

Pierre Lapointe, version rock!

Album : Ton corps est déjà froid
Artiste : Les beaux sans-cœur

En test : 2018; Vinyle; Album en encart

Étiquette : Audiogram; ADCD 10413

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Notre chansonnier déjanté est de retour avec un autre bel album de ballades doucereuses avec une touche yéyé, des paroles d’amour qui donnent le goût de chanter la pomme à sa douce. Ah… tiens… non! Cette fois-ci, c’est du gros rock très sale, violent, des chansons grivoises. Un tout petit exemple de parole : 1-2-3-4 j’aimerais te prendre à quatre pattes ! Mais ça vous donne une idée : il y a bien la voix de Lapointe, mais ça s’arrête ici! C’est un anachronisme a A à Z, en fait, ça serait un anachronisme si ce n’était de ce qu’on connaît de Pierre Lapointe : il faut s’attendre à se faire décoiffer par ce dernier. Et pour ça, c’est réussi!

On a la sonorité du tapis en shag dans le sous-sol de ses parents avec le bar en bois; on a les petites chansons style punk rock aux paroles sorties de son adolescence; on a la porte de garage ouverte parce que ça joue trop fort et qu’on désire que les voisins l’entendent de toute façon; on a le gros spazz de neuf minutes du décompte avec solos en prime. C’est l’alter ego du yéyé propret des sous-sols d’église de ses autres albums. C’est un gros bonbon de plaisir.

Et côté sonorité, récemment, Pierre Lapointe nous a habitués à des albums parfaitement enregistrés avec une sonorité impeccable. C’est totalement l’opposé ici : si le yéyé est propre, le rock de garage est sale, lourd, tape fort, n’est pas clair du tout. C’est de la grosse déchire. En fait, je dirais en comparatifs que le disque vinyle est presque identique à la version numérique, avec un peu moins de compression sur les kick drums, mais avec un assourdissement d’un disque qui a été saturé. Le vinyle ne respire pas, est moins stéréo, manque de définition. C’est comme s’ils avaient pris la même matrice numérique pour le vinyle et pour le CD, et qu’ils l’avaient aplati pour le faire entrer sur deux faces. Et pourtant, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas d’espace. Bref : je ne sais pas, je ne comprends pas, ça aurait pu fesser dans le dash tellement plus fort que ça. Mais non. On adore l’objet, on ira sur le CD pour le moment!

PS : je me suis concentré sur le chanteur ici, mais les musiciens de ce groupe sont en feu, ce sont tous, individuellement, des bombes! Et je ne désire pas passer sous silence la contribution du grand, Philippe Brault. Ces deux-là, ensemble, sont fous!

2018: Jimi Hendrix – Both Sides of the Sky

Le dernier Hendrix studio, 47 ans après sa mort!

Artiste: Jimi Hendrix
Album: Both Sides of the Sky

En Test: 2018 Vinyle double en encart, 180g, Nº3742

Étiquette: Legacy (Sony Music), Experience Hendrix; 19075814201

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Eddie Kramer a une histoire d’amour avec Jimi Hendrix. Ayant travaillé sur les deux derniers albums studio de Hendrix dans les années 60, depuis dix ans, il repasse à travers les bandes sonores des enregistrements studio du musicien de feu. Ce travail de moine nous a donné un trio d’albums posthumes: d’abord Valleys Of Neptune en 2010, ensuite People, Hell and Angels en 2013, et finalement Both Sides of the Sky en Mars 2018, avec du matériel provenant surtout de 1968 à 1970.

C’est d’ailleurs un peu le problème avec la mort prématurée de Hendrix, son dernier album studio datant de 1968, on ne possède aucun album studio de ses deux dernières années de vie, là où il s’est séparé du carcan de son groupe the Jimi Hendrix Experience. Ces années représentent le moment de liberté et d’expérimentation de Hendrix.

Bien évidemment, ces albums posthumes ne sont pas composés de chansons terminées, mais bien d’essais et d’erreurs, de tentatives et de rubans studio préservés. C’est clairement visible sur les deux premiers albums, avec un arrière-goût de pièces musicales incomplètes et de copier-coller d’accompagnement. N’empêche que certaines des pièces sont devenues des incontournables du répertoire. Beaucoup des pièces ont tourné dans le cercle des copies pirates (bootlegs) d’une façon incomplète, et il était temps, plus de 45 ans après sa mort, que ces pièces aient droit à un traitement digne du géant.

Ce troisième et dernier opus des albums studio posthume est un point d’orgue très blues du répertoire de Hendrix. Avec cinq années de travail et d’étude du matériel, il y a eu un recul à mon avis nécessaire face aux dernières productions en brouillon du guitariste prodige. Ce dernier album studio a eu droit à un battage médiatique plus imposant que les deux autres et avec raison: pour la plupart des cas, on a l’impression d’un vrai album de Hendrix, les quelques chansons qui ne sont pas terminées (comme Jungle) ayant un cachet unique expliquant pourquoi on les retrouve sur l’album. C’est aussi beaucoup moins un album pour les collectionneurs que les deux précédents même s’il est fortement suggéré d’acheter d’abord ses trois albums studio enregistrés de son vivant (Are You Experienced, Axis: Bold as Love et Electric Ladyland) ainsi que la trame sonore de Woodstock.

Le disque vinyle double est matricé par Bernie Grundman et il a fait un travail exemplaire. Reste que la version numérique est tout aussi bonne, les deux versions ayant été produites avec déférence. Le format numérique ayant eu droit à un peu plus de compression afin de faire plaisir à un auditoire écoutant les albums avec des écouteurs-boutons, je vais donc privilégier le disque vinyle, qui est impeccablement gravé. Même les pochettes intérieures sont de qualité audiophile. Pour le prix (moins de 40$), c’est difficile à battre.

2016: Jain – Zanaka

Un premier album rythmé pour Jain

Artiste: Jain
Album: Zanaka

En Test: 2016 Vinyle double (45t)

Étiquette: Sony Music
88875165211

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Il y a parfois des albums qui donnent le goût de recommencer à faire des critiques. L’album Zanaka de Jain est un tel album. La chanteuse toulousaine d’expression anglophone sort Zanaka, son premier album, à la fin 2015 et son disque est consacré platine en France une année après.

Ce premier album est de style pop rafraîchissant, un peu reggae, un peu Manu Chao, parfois chansons naïves, comme Hope, parfois acoustiques comme All My Days, voix légèrement nasillarde avec accent français avec une touche jamaïcaine appropriée aux chansons reggae, instruments acoustiques ou électros. Les chansons se suivent et ne se ressemblent pas et représentent bien les facettes de la chanteuse.

Pour la qualité, le disque vinyle double, 45 tours, avec moins de dix minutes par face, est impeccable, et peut être utilisé par un DJ sans problèmes. La gravure est fantastique, amplement de basses, des aigües convaincantes sans être trop fortes. En fait, la gravure est tellement bonne qu’on entend carrément les différentes sessions d’enregistrement, on entend les pistes numériques se faire répéter, arrêter, redémarrer. On entend aussi les compresseurs (relativement subtils pour le style) changer de registre avec les parties plus fortes et plus légères de l’album. Pour la gravure, même la partie glissée avec le filtre passe-bas de la chanson Makeba, habituellement un tueur de disques vinyle, où tout le popcorn réapparaît, reste absolument de glace. Seul défaut: disques un peu en bol à soupe.

On achète si on aime Sofi Tukker, Selah Sue, Miriam Makeba.

NDLA: content de revenir aux critiques, la vie de nouveau papa, ce n’est pas de tout repos!

2017: Pierre Lapointe – La Science du Cœur

Lapointe, rien de moins!

Album: La Science du Coeur
Artiste: Pierre Lapointe

En Test: 2017 Vinyle rose

Étiquette: Audiogram, Sony Music
889854758912

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Je vais bien être honnête avec vous, je ne suis pas du tout un admirateur de Pierre Lapointe. Son style ne me plaît pas, il n’est pas du tout mon genre, côté musical. Ouf! Je l’ai sorti de mon cœur! Et vous savez quoi? Plus il s’affine, plus il sort des disques, plus les ressemblances avec les styles des chansonniers français de la belle époque des Piaf, Brel, Brassens et Vian sont frappantes. Chaque disque qu’il sort, il prend du gallon, il est plus qu’un simple émule, mais il démontre à quel point son style de nouvelle scène française est réel, à quel point il est vrai dans cette expérience. Ce n’est pas qu’un style, c’est vraiment sa personne entière. Le côté populaire obligé a été déjà écarté par Audiogram; les incertitudes en tant qu’artiste qui veut trop sont passées. Et ce disque… ouf! Quel disque! On voyait la progression depuis quelques années. D’abord un Punkt pour se briser des Sentiments Humains, un Les Callas fou en progression logique, un album Paris Tristesse au piano, et finalement : ça!

C’est quoi ça ? Adieu les synthétiseurs omniprésents et le yéyé pop clinquant, on a droit à un vrai orchestre à cordes, de réels instruments, des pianos, des cuivres, de la percussion. On a droit à une entrée en matière à la Vian, un crescendo stylistique. Et la finale : un chœur! Je peux décrire cet album incroyable selon ces termes : c’est lui, enfin, et rien de moins. Je ne m’attends pas à ce qu’il garde ce style ou ces moyens pour le reste de sa vie, mais il était plus que temps qu’il sorte ce chapeau de son sac. Ça ne veut pas dire qu’il reste dans l’ancien temps, on a des Alphabet anachronisme de l’album à rythme électronique. Mais justement, ce disque est assumé.

Et la qualité du disque ? … C’est un Pierre Lapointe, c’est du Audiogram, come on, on descend un peu ses attentes. C’est magique ! Quel disque! Le mixage de Stéphane Reichart est divin, parfaitement appuyé par le matriçage de Greg Calbi du mythique Sterling Sound de NYC. Ce dernier a des grands disques, mais aussi des citrons alors ce n’est pas une référence, mais ne suffit que dire qu’il roule sa bosse depuis plus de 40 ans et qu’il sort encore aujourd’hui un disque par semaine au bas mot. Sa façon de procéder est de donner exactement ce que la production exige de lui, alors si c’est pour avoir le volume le plus fort, il va le faire. Mais si on exige de lui une production impeccable, il va le faire aussi! À avoir! Que ce soit pour les quelques coups d’extrêmes-graves électroniques d’Un Cœur, les sforzando de Comme un Soleil, la progression de La Science du Cœur, la simplicité pianistique, l’électro d’Alphabet ou la calme finale d’Une Lettre, c’est juste beau!

Ça y est, j’appréciais avec Punkt, j’ai aimé avec Les Callas, et là, je suis fan! Merde.

On achète si on aime Louis-Jean Cormier, Damien Robitaille, Daniel Bélanger. Sans compter les Alain Souchon, Nino Ferrer, Jacques Brel, Charles Aznavour, enfin vous voyez le topo.

2017: P!nk – Beautiful Trauma

Traumatisme Pop

Album: Beautiful Trauma
Artiste: P!nk

En Test: 2017 Vinyle double en encart

Étiquette: RCA, Sony Music
8985-47469-1

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P!nk est de retour cinq années après son dernier disque, The Truth About Love, qui a été un succès autant commercial que de critiques. Beautiful Trauma est un peu un entre-deux, plus personnel, mais plus commercial; plus commercial, mais moins radiophonique et explicite à souhait; plus explicite et edgy, mais beaucoup plus pop et moins rock. C’est drôle comme progression, P!nk a tout brisé ses premiers contrats et son style qui l’envoyait vers de la pop-bonbon, ses deux disques Try This et I’m Not Dead étant beaucoup plus rock, les disques suivants allant dans une progression oldies et style alternatif. Mais ici, c’est un retour vers de la pop avec très peu de rock. Et ça suit la vogue des disques à histoires personnelles comme Lemonade de Beyoncé.

Et c’est d’ailleurs, peut-être, le problème avec P!nk : son côté rebelle est obnubilé par sa pop. Problème? Ou plus grande force? On le sait avec ses spectacles, elle en met plein la vue, elle est très physique, elle n’a pas de filtre et elle s’amuse. En même temps, elle réussit à sortir des disques adorés par ses admirateurs et même par la population en général. La preuve, le 23 mars 2018, elle va être au Centre Bell et j’ai eu au moins une vingtaine d’amis et amies de tout acabit qui vont aller la voir. D’ailleurs, si je me fie à ses spectacles précédents, ça risque d’être fou! Il faudrait qu’elle passe au Zaricot à Saint-Hyacinthe, ça, ça serait un bon spectacle!

Mais ok, trêve de plaisanteries, son disque, il est comment? C’est un disque double avec très peu de musique par face. Mais il possède son lot de bruit de fond et la face 1A est décentrée sur mon disque (matrice de pressage mal installée). Par contre, le disque a été produit par et pour du vinyle. Dave Kutch, l’ingénieur de pressage le plus sexy de l’industrie, a fait un travail exceptionnel de matriçage. Les chansons ont tout l’espace pour se déplier et montrer de quel bois elles chauffent. On n’a qu’à voir la chanson Where We Go, qui prend toute sa place en basse, en aigus. On entend aussi la voix de P!nk qui utilise des micros différents et on entend toute la différence que ces derniers procurent à sa voix. C’est la preuve d’une exceptionnelle gravure! Dommage pour le bruit de fond et le décentrage.

On achète si on aime Beyoncé, Gwen Stefani, Sia, John Legend.

Réédition 1997-2017: Wu-Tang Clan – Wu-Tang Forever

The revolution will be televised

Album : Wu-Tang Forever
Artiste : Wu-Tang Clan

V.O. : 1997 Vinyle quadruple
RCA, Loud Records 07863-66905-1

En Test; 2017 Vinyle quadruple

Étiquette : Sony Music, Loud Records
88985417941

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Petit cours d’histoire. En 1992, le Wu-Tang Clan est apparu sur le marché en tant que collectif hip-hop de Staten Island, New York, ayant un certain succès localement. Toutefois, leur premier disque n’est apparu qu’en 1993 après avoir trouvé une étiquette qui leur permettrait d’être signés en tant que collectif, mais de pouvoir avoir d’autres étiquettes pour les membres individuels. Ce premier disque est un des premiers et meilleurs disques de gangsta rap, Enter The Wu-Tang (36 Chambers). Les autres étiquettes qui n’ont pas voulu leur permettre de sortir du matériel ailleurs ont dû s’en mordre les doigts! Ce collectif, fier représentant East Coast du hip-hop, est composé de personnes habituellement méconnues, mais qui avec ce premier disque ont connu un succès retentissant, démarrant leurs carrières individuelles respectives, ou dans certains cas, comme The RZA qui avait quelques productions à son actif, de les propulser dans la stratosphère. Si je me permets une petite critique de Enter The Wu-Tang, le disque n’est disponible qu’en disque simple avec presque 30 minutes de matériel par face. Une version 3 ou 4 faces serait appréciée afin de laisser le matériel respirer un peu. Il s’agit de superbes pièces, mais elles sont hyper compressées et ont un bruit de fond conséquent sur le vinyle. Il existe une version de l’an passé en six disques 45 tours, je dirais que c’est cette version qui est présentement l’ultime version, mais ça ne devrait pas l’être.

Et ce disque, Wu-Tang Forever, arrivant quatre années plus tard, est la suite logique du premier disque. Avec ces années de production individuelle et en collectif, ils sont plus incisifs individuellement et plus directs dans leurs interventions. Le groupe migrant tranquillement vers le hardcore, les artistes individuels créant leurs propres sous-genres (mafioso, thug, gangsta). Ça en dit beaucoup aussi sur l’industrie de la musique en sachant que beaucoup des artistes susmentionnés n’étaient pas réellement des mauvais garçons, mais le sont devenus en devenant ce qu’ils chantaient. L’occasion fait le larron. Mais ce deuxième disque double durant près de deux heures est un disque tout aussi séminal que Enter The Wu-Tang. Ce disque a scellé l’issue du collectif, finissant de les projeter dans les hautes sphères. Si les détracteurs du premier pouvaient rire d’eux en tant que one-trick pony, ce disque a prouvé à tous qu’ils étaient capables de sortir du très bon matériel à profusion. Leur troisième, The W, a poursuivi cette lancée stratosphérique.

Et Wu-Tang Forever, c’est bon sur vinyle? Contrairement à Enter The Wu-Tang, Wu-Tang Forever a toujours profité d’amplement d’espace sur le vinyle afin de sortir toute la qualité nécessaire. Ses quatre disques, même en 1997, permettent à la musique de sortir avec force et conviction. Mais attention, les versions ne sont pas toutes égales. La première version de 1997 est excellente, mais n’a pas eu droit à un matriçage adéquat pour le vinyle, certaines fréquences sont incisives et difficiles à écouter. La version de 2014 (Music On Vinyl) est encore pire. La version Sony Legacy de 2017 est équivalente à la version de 1997. En fait, on voit le modèle dans leurs sorties de disques : les vinyles sortent de nouveau vingt années après l’original en qualité adéquate, mais sans toucher au matériel initial, sans toucher au matriçage, sans en modifier une seule fréquence. Ce sont des reissue et non pas des remaster.

Mais si je l’écoute, c’est le pied? C’est difficile à dire encore une fois. Si vous avez une version à acheter, j’opte pour celle-ci de 2017, vu qu’elle est parfaitement propre, belle, une bonne sonorité et une compression maîtrisée comparativement à la version numérique qui est juste forte. Mais de savoir si vous êtes capables d’écouter le disque avec qualité va dépendre uniquement de votre aiguille. Si vous n’avez pas une SFL, VdH ou une aiguille spécialisée pour sortir des très hautes fréquences à haut volume, le disque sera parfois inécoutable. On a qu’à penser à la sibilance extrême de CappaDonna dans For Heavens Sake (B-2), qui est métallique, forte et crue sur la version numérique, et qui ressort en fréquences aiguës absolument inadéquates pour la reproduction en vinyle et je plains les gens qui ont des aiguilles conventionnelles. Et la version Legacy semble avoir un filtre d’emphase qui a été ajouté aux hautes fréquences, ça sonne plus brillant que les autres disques, alors ça n’aide pas les aiguilles à aimer les hautes fréquences du disque. En tant que tel, je vais ajouter ce disque dans mes vinyles à torture de table tournante.

2017: Willie Nelson – God’s Problem Child

Le maître country est toujours à l’œuvre et n’a pas terminé de nous en conter des vertes et des pas mûres!

Album : God’s Problem Child
Artiste : Willie Nelson

En Test : 2017 Vinyle

Étiquette : Legacy, Sony Music
88985415741

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Ça, c’est un grand… Il y a parfois des auteurs-compositeurs-interprètes qui jouent parce que c’est leur vie. Voilà. Vous savez tout ce qu’il faut savoir sur Willie Nelson! Le reste n’est que du mythe. On peut penser à Trigger, sa tonitruante guitare qui en a vu autant que son compagnon, qui a elle seule a eu droit à des reportages et documentaires. On peut penser à ses spectacles, à son accessibilité, à son activisme pour la légalisation de la marijuana et son entreprise de biodiésel. On peut penser à tous ses succès, tous ses disques qui sont incroyables. Quand je pense à du country, c’est à lui que je pense : chansons d’amour, chansons rebelles, chansons rock, mais pas toujours des chansons sur les caisses de bière, les femmes-objet et les conducteurs de camions comme le country moderne.

Quand je pense à lui, j’imagine quel genre de malcommode il doit être. Lorsqu’il était près de faire faillite, il a caché sa guitare en disant «si Trigger est vendue, j’arrête de faire de la musique». Une chance pour nous et pour lui, il a réussi à garder sa guitare! Et oui, c’est bien évidemment elle qui est mise en vedette sur cet album aussi. La sonorité de Nelson ne serait juste pas la même sans son destrier à cordes.

Je recommande d’ailleurs que vous achetiez n’importe quel album de Nelson. Soyons honnêtes, j’ai mis un lien vers tous ses disques parce qu’ils sont habituellement excellents. Peu de gens s’y connaissent réellement assez pour vous guider dans son immense discographie alors je vous suggère plus de conserver un lien vers sa discographie AllMusic et regarder si le disque est bon ou non. Mais même un disque à zéro ou une étoile a quand même un petit quelque chose (si vous aimez les albums de Noël!) Si vous achetez God’s Problem Child, sachez que vous allez tomber dans un de ses bons albums!

Et pour la qualité… Ma copie possède énormément de bruit de fond. Pas juste un peu, mais vraiment beaucoup, et par vagues. Ça sent l’impression à la va-vite et que je n’aie pas été chanceux à la roulette des impressions. Ça arrive. D’ailleurs, les informations de la version CD et vinyles sont identiques alors j’opte pour un matriçage identique pour les deux versions quoique la sonorité du disque est sublime alors ça se peut très bien que ce soit une version spéciale pour vinyle. Je compare les versions numériques et vinyles et elles sont toutes deux très bonnes. J’opterais pour le vinyle à cause de la sonorité folle des guitares et de la voix, mais c’est vraiment par goût personnel. Dommage qu’il soit si brouillon.

2017: Isabelle Boulay – En Vérité

Après plus de 20 ans de carrière, Isabelle Boulay est prête à nous parler en toute vérité.

Album : En Vérité
Artiste : Isabelle Boulay

En Test : 2017 Vinyles doubles

Étiquette : Audiogram, Sony Music
88985423721

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Ça faisait déjà trois longues années que Isabelle Boulay ne nous avait pas sorti un opus. Son dernier disque, Merci Serge Reggiani, était le premier disque de Boulay qui était produit en vinyle, mais c’était aussi un hommage à Reggiani, alors ce n’était que des chansons reprises de ce dernier. Si on désire avoir du matériel original, il faut reculer encore plus loin, 6 longues années sans aucune chanson originale. C’est long. Et aucune chanson originale en vinyle! Baptême de Boulay sur le format pour ses propres chansons! Il faut dire que cette dernière a été fort occupée sur plusieurs autres projets, dont La Voix qui occupe beaucoup de temps.

Comme mon but n’est pas de vous dire si j’ai aimé l’album ou non, je ne m’y étendrai pas particulièrement. Il s’agit d’un disque de Boulay! Si vous aimez cette dernière, vous allez l’adorer. Si vous ne l’aimez pas, c’est votre problème et je ne tenterai pas de vous convaincre du bien-fondé de cette extraordinaire artiste gaspésienne. Suffit de dire que les chansons de ce disque proviennent de tous les horizons, de Julien Clerc à Cœur de Pirate. Ce ne sont pas des chansonnettes.

Mais côté qualité? Ah, ça, par contre, c’est précisément mon but : vous faire découvrir des disques et vous dire si vous devriez acheter le disque vinyle. D’abord, la sonorité Boulay, ce ne sont pas avec de vrais instruments. C’est surtout du synthétiseur et ça paraît. Ce n’est pas nouveau avec elle, mais sur les pistes Protools se fait ajouter des instruments midi. Ça paraît. Mais dans le lot, les guitares sont souvent franches, les voix sont belles et surtout ça m’a sauté à la figure dès la première chanson du disque : de vraies cordes et un vrai orchestre! Wouah! Et la qualité du disque vinyle double, matricé avec soin par Marc Thériault, est vraiment excellente, assez afin de savoir quand une piste apparaît ou disparaît sur Protools, assez afin de savoir que cet instrument est un logiciel enfichable quand cette autre piste est fort naturelle. Un peu de bruit de fond sporadique sur le vinyle, mais je n’ai rien d’autre à redire sur cette gravure somme toute vraiment honnête. La sonorité qu’on a désiré y donner est la même que les disques des grands des années 80, par exemple des vieux Patricia Kaas. C’est une sonorité éprouvée pour la balade, formant le répertoire de Boulay, et c’est un plaisir à écouter sur vinyle. Grand disque vinyle? Non. Audiophile? Non. Numérique? Oui. Beau, sonore, efficace et s’écoutant avec plaisir : Définitivement!

On achète si on aime Laurence Jalbert, Lynda Lemay, Maurane, Natasha St-Pier.