2016: Les Goules – Coma; 2006/2017: Avec pas d’casque – Trois Chaudières de Sang

Écris écris tape tape, j’enverrai pas d’article à soir, j’m’en va aux courses!

Bonne St-Jean!

Album : Coma
Artiste : Les Goules

En Test : 2016 Vinyle jaune

Étiquette : Duprince
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L’an passé, Keith Kouna nous a lâché une de ces bombes à retardement! Le retour du groupe punk rock Les Goules après 6 ans de pause. Durant cette pause, Kouna a sorti un premier album rock, un deuxième album pop rock qui a gagné prix et reconnaissance, et finalement un troisième album chansons vs classique absolument incroyable. Là, ça va faire!, il retourne à ses anciennes amours du punk rock avec des paroles crues, de la grosse guitare et une batterie bien sentie.

Et si vous pensez que Schubert et Punk Rock vont bien ensemble, vous n’avez pas trop tort. Son album Le Voyage d’Hiver, toujours pas disponible en vinyle, est un hommage à Die Winterreise, travaillé avec le fantastique et fort actuel René Lussier. Très introspectif, très déférent, beau. Et après… Coma! Punk rock. Violence! Et un superbe vinyle, de très bonne qualité. Bon, c’est compressé, c’est certain, c’est du punk rock. Mais la qualité sonore est absolument exemplaire pour le style. La gravure est propre, la sonorité est forte, met en valeur tous les instruments et la voix unique de Kouna (dont la chanson Piranhas fait penser à Ça Plane Pour Moi de Plastic Bertrand, autant en stylistique qu’en voix), ça paraît réellement qu’il a pris du poil de la bête pour la qualité sonore. Bref : si vous aimez le punk queb, c’est le disque à avoir. Malade!

On achète si on aime … faites vous donc plaisir et allez écouter un groupe punk rock underground, ce n’est pas ça qui manque au Québec, on aime le genre et il y a plein d’artistes qui ne demandent que ça de faire des spectacles et vous vendre leurs disques.

Mais ok… mettons que j’aime pas ça moé la musique «de vomi»?

Album : Trois Chaudières De Sang
Artiste : Avec pas d’casque

V.O. : 2006 CD; Dare To Care Records; DTC024

En Test : 2017 Vinyle

Étiquette : Dare To Care Records
DTC024-LP

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Groupe lo fi folk minimaliste, Avec pas d’casque est un groupe qui ne se prend pas au sérieux depuis plus d’une douzaine d’années, bon an mal an, avec des succès tous plus obscurs les uns que les autres, comme Loup-garou, La journée qui s’en vient est flambant neuve, Derviche tourneurs ou Dans les bras de la femme bionique. Mais n’empêche qu’ils roulent leur bosse et jouent sur des radios commerciales à gauche ou à droite. Leur style [ah ouan, je dois décrire ça moi] minimaliste, country folk commercialo-alternatif, leur joual assumé en font un style assez unique dans notre univers musical québécois.

Et pour leur disque, c’est ridicule, mais le disque tonne comme une tonne de briques! En fait, ce disque est une réédition de leur premier disque «commercial», produit par Dare To Care Records, qui fait déjà affaire avec des fous à la Socalled, et ils sont connus pour réaliser plein de disques de qualité incroyables. Ce disque est tout ce qui est plus authentique, il est de production hyper simplifiée, est parfaitement naturel, est simple dans ses instruments, dans ses voix, et le disque a été sorti enfin en vinyle il y a quelques mois avec toute la [lol!] déférence nécessaire à ce premier disque de nos piliers de folie folk queb.

On achète si on aime Bernard Adamus, Tricot Machine, Lisa LeBlanc, Mara Tremblay.

[ndla: ouf! le correcteur orthographique et grammatical n’est pas convaincu de mes passages au langage familier]

2017: London Grammar – Truth Is A Beautiful Thing

London Grammar est enfin de retour! Deuxième album du trio londonien en quatre ans, vont-ils être à la hauteur de leur succès?

Album : Truth Is A Beautiful Thing
Artiste : London Grammar

En Test : 2017 Vinyle (US, vinyle simple)

Étiquette : Columbia
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London Grammar est un groupe pop indépendant qui, après avoir joué dans des pubs à travers la Grande-Bretagne, a sorti un premier vidéo sur YouTube en 2012, Hey Now.

Le vidéo a eu un engouement international et ils ont produit un peu plus tard leur premier disque, If You Wait. Le groupe a cartonné à partir de ce moment, avec leur style plus noir, plus introspectif, faisant un peu penser à un univers à la The XX ayant rencontré Florence Welch. Quatre années plus tard, les voici de retour avec leur suite : Truth Is A Beautiful Thing.

Les deux albums sont du même genre, on y retrouve le même «bon vieux» London Grammar qu’on a aimé découvrir il y a quelques années, avec un peu plus de rythme et un peu plus d’assurance dans le style. Le trip-hop du premier disque fait place à un synthpop planant plus rythmé [ndla : je le dis, j’aime tenter de décrire des styles musicaux, c’est comme avoir un chien qui court après sa queue, c’est tellement impossible comme mission!] et on aime le côté électro ajouté, la voix forte mezzo, mais surtout le piano éthéré.

Pour la qualité, la gravure US est correcte pour la version sur laquelle je fais le test, bref, le disque simple. La musique est compressée et le volume est très bas sur l’album en général. L’atmosphère est respectée, mais elle est agressante à haut volume, même que sur la face B, ça écrête numériquement lors de certaines pièces, comme Bones of Ribbon par exemple. Il fallait s’y attendre avec un album de 25 à 27 minutes par face respectivement. Dommage pour cette version. Il existe deux autres versions, une UK en un disque et une en disque double qui n’a qu’une vingtaine de minutes de matériel par face. Selon Fréquences, il y a des chances que la prochaine version qui sera en magasin sera celle en disque double, qui n’est pas du tout du même master. Vous aurez peut-être plus de chance que moi. Entretemps, j’opte pour acheter la version CD, qui possède cette même compression navrante, mais qui est moins problématique que de se retrouver à travers les différentes versions.

On achète si on aime : Lorde, The XX, Florence + The Machine, M83, Ms Mr.

2014: Tony Bennett & Lady Gaga – Cheek To Cheek

Il y a des rapprochements improbables dans la vie. Run DMC et Aerosmith; Johnny Cash qui reprend Nine Inch Nails; Lady Gaga et Tony Bennett qui font un album ensemble.

Album : Cheek To Cheek
Artistes : Tony Bennett et Lady Gaga

En Test : 2014 Vinyle en encart

Étiquette : Streamline Records
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C’est le genre d’album qui a eu un succès critique et de ventes. C’est totalement improbable comme succès! Après tout, l’admirateur de Lady Gaga se pose bien la question ce que la Lady peut bien faire à chanter des chansons swing avec un crooner du temps de ses grands-parents. Le fan de Tony Bennett, lui, se pose la question existentielle à savoir pourquoi diantre aller chercher une personne imbue d’elle-même chantant de façon robotique de la pop. Pour casser ce moule, ça prend une personne qui va te dire non NON… tu dois l’acheter, c’est un album fou! Si vous avez des doutes, Lady Gaga possède toute une voix et une musicalité ridicule. Si vous avez toujours des doutes, Bennett est égal à lui-même : incroyable. C’est sans compter la recrudescence swing qu’on vit depuis quelques années.

Ils avaient collaboré brièvement sur l’album Duets II, connu entre autres pour ce superbe duo de Bennett avec feu Amy Winehouse. Le déclic s’est produit entre les deux. Mais bien peu d’encre a coulé au sujet de la confection de cet album, jusqu’à ce que Lady Gaga arrive pendant le spectacle de Tony Bennett au Festival de Jazz de Montréal lors d’un mythique 1er juillet et qu’ils chantent ensemble quelques duos qu’on retrouve ici en version studio. Et quelle version studio! Orchestre complet, superbe présence, toute la chaleur qu’on s’attend. Et pour sa réputation de chanteur de pomme, Lady Gaga lui remet bien la monnaie de sa pièce et ils se font ouvertement la cour. C’est juste beau.

Mais le vinyle? L’enregistrement sent les techniques modernes à plein nez, le Protools. N’empêche que l’album a été produit selon les normes, comme un véritable album de Bennett : son piano Steinway, son micro Neumann pour sa voix et Sennheiser pour le reste, mais surtout son fils, Dae Bennett, à l’enregistrement et au matriçage. Je ne peux pas dire que le disque est parfait côté sonorité, il est trop numérique et moderne pour moi, il sent le délit d’anachronisme à quelques reprises. J’ai de la difficulté à faire une spatialisation des instruments, la sonorité est maximisée sur l’album et respire peu. Mais quand j’écoute l’album, je ne peux que m’imaginer mon oncle s’esclaffer d’une si belle sonorité et de toute l’émotion qui passe à travers cet enregistrement. Et je souris.

On achète si on aime Bing Crosby, Dean Martin, Frank Sinatra, Michael Bublé.

Réédition 2017 / 2003: Evanescence – Fallen

L’album succès hard rock / nu métal de Evanescence en vinyle? Oui!

Album: Fallen
Artiste: Evanescence

V.O.: 2003 CD, Wind-Up Records
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En Test: 2017 Vinyle

Étiquette: The Bicycle Music Company
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Tenter d’avoir la version disque vinyle 10e anniversaire pourpre chez Fréquences

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De dire que le groupe a eu du succès serait un euphémisme. C’est le genre de groupe qui a transcendé plusieurs styles, les chansons de l’album jouant parfois verbatim dans des clubs de danse, bars punk, autant sur Cité Rock Détente, CHUM que CKOI. Le groupe a commencé à jouer quelques spectacles huit années plus tôt pendant leur adolescence et était classifié par certains comme un groupe de rock chrétien même si ça a toujours été démenti par les cofondateurs. En fait, ils tournaient dans ce milieu et étaient musiciens et chanteurs dans différents groupes chrétiens, mais le projet Evanescence n’a jamais réellement eu ce but. Ceci dit, la pomme ne tombe jamais bien loin du pommier alors les thèmes sont quand même empruntés de cette idéologie. Est-ce que ça dérange quiconque? Pas vraiment.

Et ce premier album d’une grande étiquette en a fait jaser plus d’un. Ils sont passés d’une sonorité plus rock et métal pur à une sonorité nu métal assumée, plus électronique et plus pop. Le Rolling Stone dixit «Evanescence’s hit « Bring Me to Life » doomed the Arkansas group to a life of Linkin Park comparisons». Pas faux… mais l’album s’est distancié assez rapidement de ces derniers dans la tête des gens. Ils ont volé de leurs propres ailes sans avoir besoin de se faire comparer à quiconque.

Mais ce disque… ce n’est pas sa première version? Non, en fait Wind-Up Records avait sorti une version limitée à 1500 exemplaires en pourpre pour le 10e anniversaire de l’album. Il en reste peut-être quelques-uns (!!!). Ceci dit, la version que je vous propose ici fait partie d’un coffret vinyle qui a été sorti de l’intégrale de Evanescence, leur premier album Origin compris, ce qui est impressionnant parce que ce premier album indépendant est sorti à 1000 exemplaires uniquement et afin d’éviter la hausse de prix du CD, le groupe décida de le distribuer eux-mêmes via Napster suite au succès de Fallen.

Et cette deuxième copie, c’est comment? C’est The Bicycle Company qui est responsable du projet et ils sont connus pour la qualité de leur offrande. On a qu’à penser à leur version de Pretty Hate Machine (NIN) afin d’être emballé. Et de mon bord, je suis conquis. C’est une très belle version d’un disque qui n’est sorti qu’en CD dans une ère où la sonorité était horriblement compressée et que le métal se devait être plus fort que les offrandes des autres. J’aurais aimé être plus passionné, mais le disque reste compressé globalement, les fondus de fins de chansons sont secs et crus, l’album sonne comme une série de chansons formatées pour être des simples. Il y a eu travail intéressant sur le matériel source afin d’arriver à un vinyle avec une très belle sonorité, mais c’est à deux doigts d’être vraiment parfait. Ça reste, à mon avis, beaucoup mieux que la version numérique (les années 2000 n’étaient pas reconnues pour une sonorité propre), mais il manque ces deux doigts.

On achète si on aime Marie-Mai, Linkin Park, Nightwish, Lacuna Coil.

2009: Portico Quartet – Isla

Du jazz moderne à la pop dance, il n’y a qu’un pas!

Album : Isla
Artiste : Portico Quartet

En Test : 2009 Vinyle 180g

Étiquette : Real World Records
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Un peu de jazz en dessous du portique (en italien), le quatuor britannique de jazz moderne a gagné un prix Mercury en 2009 pour leur premier disque. Ils ont aussi la chance d’enregistrer aux mythiques studios Abbey Road. Et ils font de la musique avec un idiophone, un Hang! Moi, je ne connaissais pas ça! Le groupe, au fil des ans, a changé de style. Toujours avec une petite touche moderne, ils réinventent des styles qui ne sont pas du tout jazz, ils ajoutent des effets dans leur musique, ils jouent avec les sonorités, ils jouent avec les intonations et ils jouent du Hang. Sax, basse, percussion, batterie, Hang et électroniques pour le quatuor, le tout sur des compositions originales.

Ce disque est leur second disque sur une étiquette reconnue. Ils ont eu un premier jet autoproduit; leur premier disque Knee-Deep In The North Sea, dont le long jeu vinyle a été réédité en 2011; un disque enregistré lors des sessions B&W (ces derniers faisant la promotion de leurs produits pour audiophiles à travers des sessions enregistrées exclusivement pour eux); et finalement, Isla, cet album. Et quel disque! Ce n’est pas pour les amoureux de jazz conventionnel, c’est certain. Il y a un mélange d’un peu de tout, de la saveur pop du mois, au côté jamaïcain apporté par le Hang, des arrangements à la Phillip Glass, au côté moderne de l’électronique et des réalisations, au côté purement jazz jouissif d’un quatuor classique sax-piano-basse-batterie. Bref : c’est toute une aventure que d’écouter ce disque. Portez vos habits de protection d’escalade, votre tube respiratoire de plongée et des bottes de neige, vous allez en avoir besoin!

Pour la qualité du disque, je ne peux être plus heureux. Quand on parle des studios Abbey Road, ce n’est pas rien, ce ne sont pas des deux de piques. Mixé par le monstre de l’industrie John Leckie, matricé par Steve Rooke connu pour ses gravures de disques surtout pop, mais aussi rock, jazz et classique, c’est une bombe de musique, de qualité, de beauté, de belles fréquences, le tout sur un disque avec une absence de bruit de fond et une belle profondeur. Et ce, malgré le fait que le disque ait près de 25 minutes sur la première face. C’est réellement un disque à découvrir et à avoir, si vous êtes capables de supporter le style (on aime ou on déteste!)

On achète si on aime Moullinex, Todd Terje, Hayden James, The Cinematic Orchestra.

2014: Iggy Azalea – Reclassified

La version retravaillée du premier album d’Iggy Azalea est disponible en vinyle double!

Album : Reclassified
Artiste : Iggy Azalea

En Test : 2014 Vinyles doubles

Étiquette : Def Jam Recordings, Hustle Gang
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(lien vers le site Fréquences manquant)

Il y a des albums qui changent la vie d’une personne. Dans le cas d’Iggy, c’est d’avoir pu sortir The New Classic, son premier album. Le problème avec son premier album est qu’il est un peu n’importe quoi. Rarement génial, parfois presque génial, parfois vraiment manqué. N’empêche que son premier album a eu assez de succès dans le monde de la pop rap pour démarrer sa carrière internationale, avec beaucoup de collaborations et une visibilité internationale. Mais il manquait quelque chose.

Il faut beaucoup de courage et être humble à l’extrême pour comprendre qu’on a manqué le bateau, malgré ses excellentes ventes. À la place de sortir un nouvel album et de nouvelles chansons, Mme Azalea a préféré relever ses manches et régler tous les problèmes de son album, et c’est tout à son honneur. Les chansons nécessaires ont étés gardées sans changement, certaines ont étés refaites afin de régler leurs petits problèmes. Finalement, quelques chansons supplémentaires de nouveau matériel ont étés ajoutées. Cette fois-ci, c’est le gros lot : succès assuré! Plein de styles différents, de l’électro rap Fancy avec Charli XCX jusqu’au trap de Bounce en passant par de soul doo-wop de Trouble avec Jennifer Hudson. Une belle variété pour cet artiste australienne, pays qui n’est pas connu pour son rap.

Et pour la qualité, je n’aurais pas de travail si les vinyles étaient tous comme ça. 10 minutes par face, prévu pour DJ, de la basse à profusion, aucun filtre passe-haut, aucun bruit de fond, aucun popcorn. C’est un disque fait pour les discothèques et être joué à tue-tête. Certaines chansons sont plus problématiques côté fréquences, il y a parfois de la compression (c’est 100 % numérique, aucun doute!), il ne faut pas s’attendre à du naturel ici. Mais je ne m’attendrais pas à du naturel de la part de Pierre Henry non plus alors je ne verrais pas pourquoi j’en ferais cas ici. C’est la bombe. Et j’ai acheté l’album afin de voir si les versions de Bounce et de Black Widow en vinyle ne sont pas limitées comme la version numérique. Je suis comblé : ces chansons sont faites pour danser dans une discothèque et si j’entends un DJ faire jouer une version numérique (bref : presque toujours), je vais hocher négativement la tête. Le vinyle, c’est la version à avoir!

On achète si on aime Ariana Grande, Charli XCX, Demi Lovato, T.I.

2017: Willie Nelson – God’s Problem Child

Le maître country est toujours à l’œuvre et n’a pas terminé de nous en conter des vertes et des pas mûres!

Album : God’s Problem Child
Artiste : Willie Nelson

En Test : 2017 Vinyle

Étiquette : Legacy, Sony Music
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Voir ce qui est présentement disponible de Willie Nelson chez Fréquences

Ça, c’est un grand… Il y a parfois des auteurs-compositeurs-interprètes qui jouent parce que c’est leur vie. Voilà. Vous savez tout ce qu’il faut savoir sur Willie Nelson! Le reste n’est que du mythe. On peut penser à Trigger, sa tonitruante guitare qui en a vu autant que son compagnon, qui a elle seule a eu droit à des reportages et documentaires. On peut penser à ses spectacles, à son accessibilité, à son activisme pour la légalisation de la marijuana et son entreprise de biodiésel. On peut penser à tous ses succès, tous ses disques qui sont incroyables. Quand je pense à du country, c’est à lui que je pense : chansons d’amour, chansons rebelles, chansons rock, mais pas toujours des chansons sur les caisses de bière, les femmes-objet et les conducteurs de camions comme le country moderne.

Quand je pense à lui, j’imagine quel genre de malcommode il doit être. Lorsqu’il était près de faire faillite, il a caché sa guitare en disant «si Trigger est vendue, j’arrête de faire de la musique». Une chance pour nous et pour lui, il a réussi à garder sa guitare! Et oui, c’est bien évidemment elle qui est mise en vedette sur cet album aussi. La sonorité de Nelson ne serait juste pas la même sans son destrier à cordes.

Je recommande d’ailleurs que vous achetiez n’importe quel album de Nelson. Soyons honnêtes, j’ai mis un lien vers tous ses disques parce qu’ils sont habituellement excellents. Peu de gens s’y connaissent réellement assez pour vous guider dans son immense discographie alors je vous suggère plus de conserver un lien vers sa discographie AllMusic et regarder si le disque est bon ou non. Mais même un disque à zéro ou une étoile a quand même un petit quelque chose (si vous aimez les albums de Noël!) Si vous achetez God’s Problem Child, sachez que vous allez tomber dans un de ses bons albums!

Et pour la qualité… Ma copie possède énormément de bruit de fond. Pas juste un peu, mais vraiment beaucoup, et par vagues. Ça sent l’impression à la va-vite et que je n’aie pas été chanceux à la roulette des impressions. Ça arrive. D’ailleurs, les informations de la version CD et vinyles sont identiques alors j’opte pour un matriçage identique pour les deux versions quoique la sonorité du disque est sublime alors ça se peut très bien que ce soit une version spéciale pour vinyle. Je compare les versions numériques et vinyles et elles sont toutes deux très bonnes. J’opterais pour le vinyle à cause de la sonorité folle des guitares et de la voix, mais c’est vraiment par goût personnel. Dommage qu’il soit si brouillon.

Réédition RSD2017 / 1977: Neil Young – Decade

Deuxième légende vivante cette semaine! La première compilation de Neil Young est enfin de retour sur le marché 40 ans après sa sortie!

Album : Decade
Artiste : Neil Young

V.O. : 1976/1977 Vinyles triples en encart
Reprise Records 3RS 2257

En Test : 2017 Vinyles triples en encart (RSD)

Étiquette : Reprise Records
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En mention spéciale, Reprise Records est supposé sortir de nouveau le disque ce mois-ci sur CD et vinyle, ils nous ont fait une surprise avec une sortie devancée limitée pour le RSD, mais nul besoin de rechercher cette version, attendez simplement la prochaine!

Decade, c’est une compilation célébrant les dix premières années de carrière de Neil Young. Malgré sa quantité de succès, il n’avait jamais fait de compilation auparavant alors les admirateurs ont étés heureux de retrouver finalement tous ses succès sur un seul disque triple. Grosso modo, la première face est surtout consacrée à Buffalo Springfield, son premier groupe. La première face du deuxième disque est surtout pour Neil Young & Crazy Horse et on a aussi droit à deux succès de Crosby, Stills, Nash & Young. Tout le reste est surtout Neil Young dans sa carrière solo, parfois en direct, surtout en studio.

Si vous aimez le folk et que vous ne connaissez pas Neil Young, c’est un guitariste hors pair, c’est un compositeur d’exception, il a touché autant le folk, l’américana, le country, le rock, les styles plus violents, le r&b. On reconnait les influences autochtones (écoutez la superbe compilation Native North America de Light In The Attic [achetez le coffret vinyle chez Fréquences] pour vous en convaincre) et le côté country pur, qui est reflété sur la vie moderne. Depuis bien des années, Young habite sur un ranch en Californie avec sa femme et se bat pour les droits des fermiers.

Et comme réédition? Ce n’est pas trop tôt! Il y a peu ou prou de nouvelles éditions. Elle est brouillonne comme la première version, inégale en qualité entre les différentes chansons. Mais elle reflète très précisément la version d’origine, avec des chansons inédites, ses grands succès, la sonorité parfois 70s, parfois mal enregistrée, parfois bien enregistrée. C’est de très bonne guerre et il n’y a aucune réinvention ici : la version telle que présentée est identique à la version des années 70, seulement avec une réduction de bruit de fond. La basse est toujours omniprésente lorsqu’elle est supposée l’être, aucun rematriçage n’a été effectué. C’est la bonne vieille version, juste avec beaucoup moins de bruit de fond accumulé par les années sur les tablettes.

Neil Young est surtout connu pour sa passion de la très haute fidélité. Je dirais qu’il aurait pu faire légèrement mieux dans cette version et régler quelques problèmes du disque, mais je respecte totalement son choix d’avoir conservé le disque à peu de choses identique. Qui sait, peut-être que la future version qui va sortir bientôt va avoir droit à un remastering plus prononcé et que le but de la version RSD était de sortir une version aussi près de l’original possible. Si c’est le cas, chapeau, mais j’ai des doutes qu’on va avoir exactement la même chose.

2017: Roger Waters – Is This The Life We Really Want?

Éditions spéciales légendes avec Nelson, Young et Waters. Trois monstres. Deux nouveaux disques. Une compilation d’anthologie.

L’année 2017 est une année prolifique pour les retours en grande. On peut dire parfois qu’ils ne sont jamais partis. Le Texan Willie Nelson commet l’équivalent d’un nouveau disque original bon an mal an; l’Anglais Roger Waters poursuit spectacle après spectacle à travers la planète et le Torontois Neil Young continue ses idées de musique en continu de très haute fidélité et nous a sorti un nouveau disque en décembre.

Des trois disques, le plus unique est celui de Waters. Son dernier disque rock composé datant de 1992 (Amused to Death). Dix ans plus tard, il a eu son opéra (Ça ira). En d’autres mots, oh my God! Il sort un nouveau disque!!!!!

Album: Is This The Life We Really Want?
Artiste: Roger Waters

En Test: 2017 Vinyle double

Étiquette : Columbia
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La suite créative de The Wall nous est présentée après un superbe opéra l’an passé ainsi qu’un film en 2015. Alors il fallait s’attendre à une sortie qui permettrait de mettre des points sur les i de son opus avec Pink Floyd et des clins d’œil à travers le disque. Intimiste, surtout basé sur la voix de Waters, le premier disque en entier est un peu un retour en arrière. La première chanson est une introduction à la Speak To Me (DSOTM), suivi plus ou moins d’une version de 20 minutes (le très court premier disque en entier) de Mother (The Wall). Le tout se réveille en opéra rock sur la relativement longue face C, pour se terminer dans du psychédélisme rock sur la face D. Il y a aussi quelques influences de Jean-Michel Jarre présentes à travers le disque. Et sa voix est bien évidemment vieillie, c’est beaucoup plus visible qu’avec feu Bowie sur Blackstar. Ça peut en rebuter plus d’un.

Côté qualité, le premier disque est une dizaine de minutes par face. C’est très court. On se retrouve à changer de face aux deux chansons. Le volume est identique à la longue face C. Je dirais qu’ils auraient pu en profiter pour compresser les sillons vers l’extérieur afin de conserver le maximum de qualité. Ce que Bob Ludwig semble avoir fait, c’est d’appliquer un filtre passe-bas plus prononcé sur la longue face, et de laisser toute la gamme dynamique sur les faces A et B. Ce n’est peut-être pas le choix que j’aurais fait. Un autre choix que je n’aurais pas fait est de compresser autant les pistes musicales (elles sont comprimées par instrument individuel alors ça ne s’entend pas trop) et je n’aurais pas mis de coupure si nette aux différentes pistes. Reste que Ludwig est un génie dans son genre, que Waters est un fanatique de qualité et ça paraît. Si je trouve les trois premières faces un peu proprettes à mon goût, la quatrième me ressort le gros côté sous-sol enfumé avec beaucoup de tapis shag qui sied mieux à ses compositions à mon avis. Donc si je n’aime pas certains détails, c’est que je n’aime pas les choix conscients que les deux ont faits sur le disque, sur la sonorité qu’ils ont décidé d’obtenir, mais je sais pertinemment que ce sont des choix et non une imposition ou un impératif de production. Je noterai tout de même un peu de bruit de fond sur ma copie qui est inutile.

1973: Sonny Terry & Brownie McGhee: Sonny & Brownie

Un duo de musiciens de blues qui nous en met plein la vue!

Album : Sonny & Brownie
Artistes : Sonny Terry & Brownie McGhee

En Test : 1973 Vinyle avec pochette en encart (Canada)

Étiquette : A&M Records
SP 4379

Acheter le CD de compilation «Absolutely The Best» the Sonny et Brownie chez Fréquences

Ces deux bluesmen sont comme un vieux couple, ils ont toujours joué ensemble. En 1973, lors de la sortie de ce disque, ça faisait déjà 15 ans qu’ils endisquaient ensemble et déjà plus de 30 ans qu’ils faisaient des concerts ensemble! Entre autres, le duo a été connu dans les groupes de renaissance Folk lors de la 2e guerre mondiale. Les deux musiciens ayant leur lot de malchance en jeunesse, un ayant contracté la polio lui faisant perdre l’usage d’une jambe et l’autre devenant aveugle. Ces problèmes les obligeant à prendre la route et jouer de la musique afin de subvenir à leurs besoins.

C’est difficile de sélectionner un meilleur disque afin de représenter ce prolifique duo. Les deux musiciens sont au sommet de leur forme, le disque a été enregistré de main de maître dans les studios Paramount, le tout avec des musiciens de support incroyables dont Sugarcane Harris et Arlo Guthrie entre autres.

Et pour la qualité, c’est certain que ce n’est pas la version MoFi du disque, sortie en 95. Aussi, c’est certain que le disque est de facture 70’s : le côté stéréo est omniprésent, les voix sont inégales et plus sourdes qu’elles devraient l’être. Toutefois, le disque est parfaitement adéquat. Vous pouvez être chanceux et avoir une version très propre du disque comme moi, qui sait, mais mon disque, une fois bien nettoyé, n’a aucun popcorn et très peu de bruit de fond. Les instruments sont propres, doux, déférents. Ce n’est pas du tout le même genre de blues sale et crasse des Stones avec Blue & Lonesome, c’est l’envers de la pièce, plus folk, plus américana, plus swing et blues piedmont, plus traditionnel. C’est le genre de disque qu’on peut écouter et être avec les musiciens dans le studio. Une perle du genre. A-t-on réellement besoin d’une version plus pure du disque afin de l’apprécier?

On achète si on aime Big Joe Williams, Sonny Boy Williamson, Charlie Musselwhite, Willie Dixon.