2018: First Aid Kit – Tender Offerings

En extra de Ruins!

Album: Tender Offerings
Artiste: First Aid Kit

En Test: 2018; Vinyle 10po 45RPM

Étiquette: Columbia Records; 19075875017

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Plus tôt cette année, j’avais fait une critique de l’album Ruins des sœurs Söderberg. J’étais resté un peu sur ma faim à propos de l’album côté qualité, les chansons étant chaleureuses et des cris du cœur, mais la sonorité finale du disque étant très froide. C’est un peu comme s’ils m’avaient écouté avec ce petit EP.

On débute avec une longue chanson intimiste, I’ve Wanted You, où la guitare et les voix ressortent très bien; pour ensuite avoir la chanson Tender Offerings, chanson à plus grande échelle. Le deuxième côté est un peu plus «extras de face B», avec des sonorités très différentes, faisant moins un ensemble que le premier côté, mais il y a un petit quelque chose sur ces chansons quand même, seulement la qualité qui y est plus brouillonne.

Si je désirais avoir de l’authenticité et de la chaleur, ceci dit, j’en ai. Bonne qualité, peu de bruit de fond, instruments clairs et beaux. Production inégale, mais il faut s’attendre à ça d’un disque d’extras.

Réédition 1994/2016: Pink Floyd – The Division Bell

Diviser la cloche en deux disques, enfin!

Album: The Division Bell
Artiste: Pink Floyd

V.O.: 1994 Vinyle simple
EMI
7243 8 28984 1 2

En Test: 2016 Vinyle double en encart

Étiquette: Pink Floyd Records, Columbia
PFRLP14, 88875184311

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De la qualité de son. Pink Floyd n’a plus à vanter sa réputation de groupe de rock progressif. C’est aussi le premier (le seul?) groupe ayant pris des semaines de travail intensif de sonorisation afin de produire un spectacle de qualité extraordinaire au Stade Olympique de Montréal pour leur tournée « In the Flesh Tour » en 1977. Selon tous ceux qui étaient présents au spectacle, ils sont tombés en bas de leur chaise. Pour au moins un autre, il s’est fait cracher dessus par Roger Waters, s’ensuivit la production de The Wall et le reste fait partie des annales de l’histoire du rock. Pour moi, The Division Bell, ça représente le seul spectacle de Pink Floyd que j’ai pu voir, et quel spectacle!

De presser le citron. Pour prendre quelques instants avec son disque-sœur… J’ai beaucoup de disques de Pink Floyd, qu’ils soient en vinyle ou en CD. Et même si la qualité est très bonne pour le disque de The Endless River, ça reste un disque produit avec les nombreux extras du disque The Division Bell. Aussi, un glitch électronique au beau milieu de ma gravure m’a totalement laissé sur ma faim. Belle gravure, le vinyle y ajoute de la chaleur appropriée au rock progressif, mais la version ultime, à mon avis, reste la version en Blu Ray. N’empêche que l’album vinyle s’écoute comme un bonbon… et ce ne sont que les restants de The Division Bell. Pour moi, l’album d’origine reste une référence en la matière de rock ambiant progressif.

De ne même plus savoir qui fait quoi. La version originale de The Division Bell était gravée avec des versions radiophoniques raccourcies des chansons afin de le faire entrer sur un seul disque vinyle (hérésie!). La version de Russie et de Corée du Sud a été les chanceux à avoir des versions sur album double, avec une petite parole coupée à la toute fin. Et en 2014, pour le 20e anniversaire de l’album, Parlophone fit une version rematricée à partir des rubans maîtres. Pour la version vinyle, ils demandèrent à Doug Sax de se pencher au problème (en même temps que la version de The Endless River), et quel résultat! Ce n’est pas une simple petite version réalisée à la va-vite. C’est un chef d’œuvre, et pour la première fois, en version complète! Deux ans plus tard, Columbia fit une version rematricée à nouveau, cette fois-ci par James Guthrie, Joel Plante et Bernie Grundman, et c’est ce qui est écrit sur l’étiquette du disque… mais des fous sur Internet (merci, Discogs) se sont rendu compte qu’il s’agit en fait de la même version réalisée par Doug Sax deux années auparavant. Ce n’est pas un problème, la version étant exceptionnelle, mais ça aurait été sympa de donner à César ce qui lui revient.

De prendre son pied! Vous aurez compris que la gravure est exceptionnelle, au point où même Pink Floyd Records a décidé, de concert avec Columbia, que la version vinyle se devait d’être celle de Sax. Je n’ai absolument, mais absolument rien à redire sur cette version! Numérique? Ça ne s’entend pas vraiment. Produit par un passionné, pour des passionnés, avec toute la qualité nécessaire. Aucune limitation apparente. Ça reste du rock, alors compression et effets, bien entendu… mais rien qui déplaît aux oreilles. Quelques petits bruits divergents entre quelques pistes, c’est tout. À mettre à tue-tête dans vos écouteurs préférés dans le noir avec les portes fermées, à un niveau où vous empêchez votre mère de dormir deux pièces plus loin (histoire pas du tout vécue, mais non voyons!)

 

2017: London Grammar – Truth Is A Beautiful Thing

London Grammar est enfin de retour! Deuxième album du trio londonien en quatre ans, vont-ils être à la hauteur de leur succès?

Album : Truth Is A Beautiful Thing
Artiste : London Grammar

En Test : 2017 Vinyle (US, vinyle simple)

Étiquette : Columbia
88985441271

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London Grammar est un groupe pop indépendant qui, après avoir joué dans des pubs à travers la Grande-Bretagne, a sorti un premier vidéo sur YouTube en 2012, Hey Now.

Le vidéo a eu un engouement international et ils ont produit un peu plus tard leur premier disque, If You Wait. Le groupe a cartonné à partir de ce moment, avec leur style plus noir, plus introspectif, faisant un peu penser à un univers à la The XX ayant rencontré Florence Welch. Quatre années plus tard, les voici de retour avec leur suite : Truth Is A Beautiful Thing.

Les deux albums sont du même genre, on y retrouve le même «bon vieux» London Grammar qu’on a aimé découvrir il y a quelques années, avec un peu plus de rythme et un peu plus d’assurance dans le style. Le trip-hop du premier disque fait place à un synthpop planant plus rythmé [ndla : je le dis, j’aime tenter de décrire des styles musicaux, c’est comme avoir un chien qui court après sa queue, c’est tellement impossible comme mission!] et on aime le côté électro ajouté, la voix forte mezzo, mais surtout le piano éthéré.

Pour la qualité, la gravure US est correcte pour la version sur laquelle je fais le test, bref, le disque simple. La musique est compressée et le volume est très bas sur l’album en général. L’atmosphère est respectée, mais elle est agressante à haut volume, même que sur la face B, ça écrête numériquement lors de certaines pièces, comme Bones of Ribbon par exemple. Il fallait s’y attendre avec un album de 25 à 27 minutes par face respectivement. Dommage pour cette version. Il existe deux autres versions, une UK en un disque et une en disque double qui n’a qu’une vingtaine de minutes de matériel par face. Selon Fréquences, il y a des chances que la prochaine version qui sera en magasin sera celle en disque double, qui n’est pas du tout du même master. Vous aurez peut-être plus de chance que moi. Entretemps, j’opte pour acheter la version CD, qui possède cette même compression navrante, mais qui est moins problématique que de se retrouver à travers les différentes versions.

On achète si on aime : Lorde, The XX, Florence + The Machine, M83, Ms Mr.

2017: Roger Waters – Is This The Life We Really Want?

Éditions spéciales légendes avec Nelson, Young et Waters. Trois monstres. Deux nouveaux disques. Une compilation d’anthologie.

L’année 2017 est une année prolifique pour les retours en grande. On peut dire parfois qu’ils ne sont jamais partis. Le Texan Willie Nelson commet l’équivalent d’un nouveau disque original bon an mal an; l’Anglais Roger Waters poursuit spectacle après spectacle à travers la planète et le Torontois Neil Young continue ses idées de musique en continu de très haute fidélité et nous a sorti un nouveau disque en décembre.

Des trois disques, le plus unique est celui de Waters. Son dernier disque rock composé datant de 1992 (Amused to Death). Dix ans plus tard, il a eu son opéra (Ça ira). En d’autres mots, oh my God! Il sort un nouveau disque!!!!!

Album: Is This The Life We Really Want?
Artiste: Roger Waters

En Test: 2017 Vinyle double

Étiquette : Columbia
88985 43649 1

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La suite créative de The Wall nous est présentée après un superbe opéra l’an passé ainsi qu’un film en 2015. Alors il fallait s’attendre à une sortie qui permettrait de mettre des points sur les i de son opus avec Pink Floyd et des clins d’œil à travers le disque. Intimiste, surtout basé sur la voix de Waters, le premier disque en entier est un peu un retour en arrière. La première chanson est une introduction à la Speak To Me (DSOTM), suivi plus ou moins d’une version de 20 minutes (le très court premier disque en entier) de Mother (The Wall). Le tout se réveille en opéra rock sur la relativement longue face C, pour se terminer dans du psychédélisme rock sur la face D. Il y a aussi quelques influences de Jean-Michel Jarre présentes à travers le disque. Et sa voix est bien évidemment vieillie, c’est beaucoup plus visible qu’avec feu Bowie sur Blackstar. Ça peut en rebuter plus d’un.

Côté qualité, le premier disque est une dizaine de minutes par face. C’est très court. On se retrouve à changer de face aux deux chansons. Le volume est identique à la longue face C. Je dirais qu’ils auraient pu en profiter pour compresser les sillons vers l’extérieur afin de conserver le maximum de qualité. Ce que Bob Ludwig semble avoir fait, c’est d’appliquer un filtre passe-bas plus prononcé sur la longue face, et de laisser toute la gamme dynamique sur les faces A et B. Ce n’est peut-être pas le choix que j’aurais fait. Un autre choix que je n’aurais pas fait est de compresser autant les pistes musicales (elles sont comprimées par instrument individuel alors ça ne s’entend pas trop) et je n’aurais pas mis de coupure si nette aux différentes pistes. Reste que Ludwig est un génie dans son genre, que Waters est un fanatique de qualité et ça paraît. Si je trouve les trois premières faces un peu proprettes à mon goût, la quatrième me ressort le gros côté sous-sol enfumé avec beaucoup de tapis shag qui sied mieux à ses compositions à mon avis. Donc si je n’aime pas certains détails, c’est que je n’aime pas les choix conscients que les deux ont faits sur le disque, sur la sonorité qu’ils ont décidé d’obtenir, mais je sais pertinemment que ce sont des choix et non une imposition ou un impératif de production. Je noterai tout de même un peu de bruit de fond sur ma copie qui est inutile.

Réédition 2017: 1995: Leftfield – Leftism

Le plus grand disque house de tous les temps? Et un partenariat de diffusion des critiques pour Fréquences?!

Album : Leftism
Artiste : Leftfield

V.O. : 1995 Vinyles double et triple
Hard Hands
HANDLP2D, HANDLP2T

En Test : 2017 Vinyle triple 180g

Étiquette : Hard Hands, Columbia Records, Sony Music
HANDLPT

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Le blogue des critiques de Fréquences fait boule de neige! À partir d’aujourd’hui, cinq mois après notre première offrande, les critiques de Fréquences le Disquaire seront dorénavant publiées en simultané dans Le Magazine TED par Québec Audio & Vidéo! Après de bons échanges (et quelques bières, verres de vin et kombucha), nous avons clarifié quel était le but de ces critiques. Les voici:

  • Faire connaître les disques vinyles modernes produits par l’industrie, peu importe les styles et genres, la qualité de distribution ou de production.
  • Aider à disséminer la joie d’écouter de la musique en faisant découvrir des disques anciens d’exception, peu importe s’ils sont disponibles ou non chez Fréquences.
  • Avoir une critique audiophile subjective sur la qualité de production des disques afin que les lecteurs puissent s’y retrouver et acheter en toute connaissance de cause.
  • Et surtout, redonner à Internet avec une archive de recherche permettant à des amateurs de musique d’en savoir plus sur leur disque en recherche.

Vous l’avez bien vu depuis le début, beaucoup des disques présentés ici ne sont pas ou plus disponibles chez Fréquences; on parle parfois des autres disquaires; on se fout du style musical, que ce soit de l’opéra au hardcore, tout y passe et aucun disque n’est jugé sur son contenu musical; certains des disques vinyles ne reçoivent pas des bonnes critiques; bref: le but n’est pas mercantile (ou sinon on serait vraiment pas business!) mais bien de partager notre amour de la musique. Et c’est pour ça que la publication à travers le Magazine TED est un recoupement incroyable: nous parlons de musique sur disques vinyles avec un auditoire accru recherchant de la qualité comme nous et ils ont des articles donnant leur appréciation sous la vision d’un audiophile.

Longue vie au partenariat!

Et en attendant, de retour à l’article original! On parlait de la réédition de Leftism par Leftfield.


L’histoire de ce disque est relativement banale. Un relativement bon duo britannique de musique «progressive house» du début des années 90 a décidé de sortir un album compilation de la majeure partie de ses succès du début de la décennie. Mais ils sont fous! Certains groupes ne vont graver que les meilleures versions de chaque chanson, il vont faire un album avec un mix de toutes les chansons ou y mettre toutes les versions radio parce que c’est Monsieur et Madame tout le Monde qui vont acheter les disques. Eh bien non, Leftfield refont les chansons pour le disque de A à Z, ils les imaginent de nouveau, les travaillent et changent leur style. Ils prennent aussi le temps et donnent la déférence nécessaire aux pièces musicales en ajoutant des chanteurs et collaborateurs pour toutes les pièces les nécessitant.

Il y a une sonorité particulière à Leftism. L’album ne peut pas être considéré comme «progressive house» ou même simplement house. En fait, la seule étiquette qui colle réellement est musique électronique. Certaines des pièces sont plus des dubs, d’autres sont plus jungle, d’autres ajoutent des relents de scratching, d’autres du old-style avec des 808, 303, du Oberheim… ou même une chanson comme Cut For Life qui possède tous ces styles et instruments dans la même pièce. L’album ne peut pas non plus être considéré comme ayant une suite logique; la sonorité y est, mais il n’y a pas réellement de progression comme un mix. En fait… si, il y en a une, mais ce n’est pas le but premier du disque.

Comme toute ancienne sonorité, il y a des choses qui vieillissent mal. Les instruments électroniques sont parfois inadéquats et il y a parfois des pièces musicales qui font leur âge. N’empêche que le disque s’écoute encore incroyablement bien. On l’apprécie par ses différents styles, ses chansons qui ont fait individuellement des succès et qui font un tout cohérent. On comprend parfaitement que le disque ait grimpé dans les Billboard et Top UK, ait reçu des prix et qu’il ait fait école. Ça serait comme dire que MCMXC A.D. de Enigma serait vieilli : bien… oui! et? Alors… le meilleur? On verra dans 20 ans mais à date, c’est bien parti!

Et la qualité? Ce disque triple possède la qualité de son défaut : trois disques avec très peu de matériel par face, prévu et conçu pour des DJ. Une sonorité superbe, forte, vraiment peu de bruit de fond, une absence quasi complète de popcorn, parfois un peu de bruit à cause des fréquences extrêmes. On change donc les faces à chaque onze minutes. Mais quelle expérience parfaite! Le disque provient d’un matriçage numérique effectué de main de maître par Matt Colton (qui a gagné le Music Producers Guild Mastering Engineer of the Year en 2013 – en écoutant ce projet, je dirais que ce prix est justifié) et le disque ne sonne aucunement numérique. Compressé, oui bien sûr, ça reste du house, mais chacun des instruments respire et on n’entend jamais un gros compresseur se faire aller, la musique est aérienne et pure.

On achète si on aime Underworld, The Chemical Brothers, Orbital, Fatboy Slim, danser.