2013: Maurice Ravel – oreloB

Le Boléro de Ravel, à lire à l’envers!

Album : oreloB
Pièces : Maurice Ravel – Boléro; Maurice Ravel – La Valse

Artiste : Orchestre Philharmonique des Pays-Bas; Carlo Rizzi, Cond.

En Test : 2013; vinyle 180g gravé du centre

Étiquette : Tacet; TACET L207

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C’est l’histoire un peu spéciale de quelques fous de la technique qui se sont posé la question de comment bien rendre le Boléro sur un disque vinyle. Cette pièce a toujours été problématique. En effet, le système de disque vinyle peut être décrit comme étant à vitesse angulaire constante, donc, faire un tour de 360 degrés sur la table tournante prend toujours exactement le même temps. Ça veut dire que si on remplaçait l’aiguille de la table tournante par une petite roue, on verrait qu’au début du disque (l’extérieur), la roue roule réellement vite, et plus on se rend près du centre à la fin de la face, plus elle roule lentement. C’est sans compter que les aiguilles de table tournante sont habituellement ajustées à ce qu’elles soient droites au quart et à la moitié du disque, de façon à maximiser la qualité sur la majeure partie du disque, donc, plus on s’approche du centre, plus l’aiguille est décentrée. Ceci est contrairement à un CD qui est à vitesse linéaire constante, soit qu’au centre du CD (son début), le CD tourne rapidement, et plus on s’approche du bord (la fin), plus le disque ralentit. Si on mettait une petite roue sur le laser, la roue tournerait toujours à la même vitesse, que ce soit au début du disque ou à la fin du disque.

Les disques démarrant au centre existent, mais ils sont très rares. On peut penser à Lazaretto de Jack White sorti une année après cette version du Boléro, qui a une face jouant à l’envers aussi, mais lui, c’est parce que c’est un fou, alors ce n’est pas pareil!

Alors pour revenir à notre pièce de musique, le Boléro est un cas spécial, la pièce démarrant très faiblement et le volume devenant de plus en plus fort de façon linéaire jusqu’à une apothéose sonore où tout l’orchestre joue les quelques dernières notes, avec percussions en prime. De démarrer le disque au centre lors de la partie la plus faible de la pièce, où l’aiguille passe sur moins de vinyle et donc risque de ramasser moins de bruit de fond, et d’aller vers la bordure, où toute la complexité et la force orchestrale peuvent être mises à profit, est une excellente idée.

Je vais faire un petit aparté sur l’interprétation, tout de même. Le Boléro de Ravel est « la » pièce mise de l’avant par Charles Dutoit lors de son long séjour à la barre de l’Orchestre Symphonique de Montréal, on a eu droit à des années où cette pièce était jouée à chacun de ses concerts gratuits en plein jour. Disons que nous avons, avec le temps, eu droit à des versions assez impressionnantes, voire impeccables. D’autres orchestres ont su comprendre comment bien jouer cette pièce, simple et problématique (l’interprétation de Von Karajan est particulièrement bonne), qui doit être jouée de main de fer, avec précision et clarté. C’est une véritable torture pour le percussionniste qui se doit de donner le ton à tout le reste de l’orchestre, sans se tromper, en augmentant graduellement la force de frappe, sans jamais s’arrêter. C’est aussi une complexité pour tous les instruments de l’orchestre, qui ont droit à leurs moments de solo, avec légères particularités. On pense aux cuivres qui doivent sortir une version jazzée, mais tout en restant à un volume constant, s’emporter sans le faire. Bref : ce n’est pas donné à tout le monde, et ce n’est pas donné à cette version actuelle, qui est honnête, mais qui n’est pas une très grande version.

Pour le reste, côté qualité, la meilleure chose que je puisse dire, c’est que le disque est très bien enregistré, il n’a aucun défaut de lecture. Je considère que certains instruments sonnent un peu électroniques à quelques reprises, mais techniquement, il n’y a rien à redire sur l’écoute du Boléro lui-même. Je remets en question La Valse, qui n’est pas aussi adaptée à une écoute à l’envers, malgré que ça ne lui fait pas de mal. J’aurais personnellement plus opté pour l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski comme étant une face B naturelle, peut-être avec des vrais canons de façon à concurrencer la version Telarc, ou, à mon avis, la version Mercury, qui est légèrement moins dynamique, mais pour lequel l’orchestre est réellement meilleur.

Pour audiophiles (bref : sonorité impeccable, interprétation adéquate)

Réédition 1991/RSD2018: Florian Fricke – …spielt Mozart

Tout ne peut pas être krautrock!

Album : Florian Fricke spielt Mozart
Artiste : Florian Fricke

V.O. : 1991; CD (Allemagne seulement); Bell Records; BLR 84 901

En Test : 2018 RSD; Vinyle double 45RPM (1000 copies)

Étiquette : One Way Static (distr. Light In The Attic); OWS28

Ce disque n’est hélas plus disponible chez Fréquences

Ce n’est pas rare que des musiciens s’intéressent à tous genres de musique. On peut le voir avec Justin Timberlake et sa passion pour la musique rap, partagée avec joie avec Jimmy Fallon. On peut aussi discerner la joie presque enfantine apparaître aux visages des grands de la pop lorsqu’ils découvrent ou font découvrir des artistes totalement hors champ. On se rappellera aussi la joie d’entendre Marc Hervieux chanter des pièces populaires au karaoké, ou les albums disco d’André Gagnon et les albums de réinterprétations de succès populaires d’Angèle Dubeau. J’aime beaucoup rappeler aux gens que lorsqu’on aime la musique, on aime la musique! Pas seulement un genre! On peut trouver un côté esthète absolument sublime à l’introduction de I’m Like A Bird de Nelly Furtado, voir le côté totalement classique de la guitare de Nothing Else Matters de Metallica. Un musicien est d’abord un amateur de musique. Florian Fricke n’est pas du tout une exception.

Le groupe de musique krautrock Popol Vuh est reconnu à travers le monde pour son apport à la musique dès la fin des années 60 jusqu’à la mort de son créateur, Florian Fricke (1944-2001). On se rappellera entre autres la filmographie de Werner Herzog, qui possède plus d’une trame sonore de ce grand groupe musical. Le groupe a démarré sa vie avec Fricke d’abord aux synthétiseurs Moog, ensuite au piano. Il a d’ailleurs étudié le piano aux conservatoires de Munich et de Freiburg. Ce n’est donc pas inusité d’avoir un disque de musique purement classique avec Fricke au piano. Je me limite beaucoup à son propos, mais je vous invite à explorer son extraordinaire univers musical, parfois liturgique, parfois païen, parfois collaboratif (Amon Düül, Tangerine Dream), parfois carrément disjoncté avec des explorations dans le monde du jazz libre.

Dans cet album, on retrouve deux sonates, un rondo et un adagio de Mozart. Pièces relativement connues du répertoire mozartien, elles sont parfaitement interprétées, peut-être d’une façon un peu monocorde, mais avec la fougue d’un passionné qui peut enfin se permettre de jouer les pièces du monde lyrique préromantique de Mozart qu’il apprécie particulièrement. En fait, avec toute la qualité du monde, sur un disque double à 45 tours, avec un prix dérisoire pour un tel album, c’est un peu le problème lié à l’album : il est monocorde! Beaucoup de la complexité d’amplitude est reléguée aux oubliettes, aux dépens d’un volume un peu trop normalisé pour moi. Ça et quelques débris bien collés sur le disque (tout le monde, à vos appareils à nettoyage) font que ce n’est pas un grand disque. Ça va tout de même rester un très grand disque historiquement parlant, mais j’ai un doute que la source du disque n’a pas permis de rendre justice à la qualité de la musique. Sinon c’est un très beau disque à écouter et à chérir dans sa collection!

1980: Chant grégorien par le Choeur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoit-du-Lac

La grandeur d’âme, version québécoise!

Album: Chant grégorien par …
Artiste: Chœur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac

En test: 1980; Vinyle

Étiquette: Radio-Québec; SBL 0880

Nous avons la chance d’avoir une grande abbaye au Québec: Saint-Benoît-du-Lac est un endroit de pèlerinage et de retraite dans laquelle beaucoup se rendent afin de se déconnecter de la vie moderne, se reconnecter à eux-mêmes et au sacré, à ce qu’il y a d’important. Les moines bénédictins de l’abbaye y vivent selon la règle monastique de Saint-Benoit depuis désormais plus de cent années, ce qui ne les empêche pas d’être accueillants. Auberge, fromages, mais surtout pour nous, musique!

À chaque dizaine d’années, un groupe s’intéresse à la mouture du moment du Chœur. Dans les années 70, c’était Radio Canada International. Dans les années 80, c’était l’émission Chant grégorien et orgue de Radio-Québec, dans les années 90, l’étiquette Analekta, en 2000, ATMA Classique. Entrecoupé dans tout ça, le Chœur s’est produit, réalisant des albums depuis les années 60 ou même avant, pour le plus grand bonheur de leurs visiteurs.

Cet album est un des rares qui est produit par Radio-Québec. Ces derniers ne sont pas reconnus pour leurs albums. En fait, ils ont prêté leur nom et le financement afin de produire leur émission, mais le disque est bel et bien enregistré par l’Abbaye, on le remarque d’ailleurs avec l’identification SBL du disque.

Côté enregistrement, c’est bien fait, avec un orgue et un chœur en belle communion, mais une sonorité légèrement métallique, qui n’a pas beaucoup d’espace, de staging et un microphone probablement légèrement mésadapté. La coupure des pistes a aussi été faite à la va-vite, on entend l’atmosphère changer entre plusieurs des pistes, faute d’avoir attendu assez longtemps pour nous laisser respirer avec les chanteurs et d’avoir fait un fondu enchaîné. Et le disque lui-même est gravé avec une technique un peu simpliste. Ça hume la compilation réalisée en plusieurs séances.

Mais pour tous ces problèmes, il y a un côté naïf à la gravure du disque qui donne un résultat qui n’est pas à négliger. L’utilisation d’un ruban simple sans technique de réduction de bruit; l’utilisation d’un disque gravé simplement, sans extras; l’utilisation de la musique sans technique moderne de traitement; la simplicité de la prise de son, la simplicité de l’offre musicale, ça donne un côté accessible, beau et chaleureux, et ça n’a rien à envier à beaucoup de nos albums modernes qui sont au contraire surproduits. Le dynamisme, discret étant donné le style musical, est néanmoins bien présent, et même en abondance si on y porte attention. Un superbe disque! Suggestion: Cherchez-en une copie absolument parfaite, sinon vous allez regretter l’omniprésence des bruits de surface!

2017: Vincent Bélanger – Pure Cello

Violoncelle, version audiophile

Album : Pure Cello
Artiste : Vincent Bélanger

En Test : 2017 Vinyle double 45 RPM

Étiquette : Audio Note Music
ANM1601LP

Vincent Bélanger fait partie de cette race d’humains passionnée de leur instrument. Conservatoire de Québec, Conservatoire de Montpellier, classes de maître. Et éventuellement, un premier album : « Là », enregistré par l’étiquette Fidelio, qui connut un succès international peu négligeable. Par la suite, piqué par la qualité de reproduction sonore et les albums respectant le matériel, il démarra une campagne de sociofinancement afin de produire l’album que je vous présente ici. Entretemps, il continua bien entendu sa carrière et enregistra entre autres l’album Conversations avec la pianiste Anne Bisson. Prix coup de cœur, numéros un de vente, trames sonores de film, ce n’est pas un deux de pique. En plus, son frère est l’excellent ténor Antoine Bélanger, qui a récemment joué Cassio dans Otello à l’Opéra de Montréal! Bref, si vous ne le connaissez pas, vous devez l’écouter!

Audio Note n’est pas une étiquette de musique. En fait, ils produisent des composantes musicales, telles que des préamplificateurs, des fils, etc. Il s’agit de produits de qualité supérieure, habituellement bien reconnus à travers le milieu des passionnés de la qualité sonore. Et comme bien des manufacturiers, ils commencent à avoir un intérêt à produire leur propre musique. On peut penser à Wilson Audio entre autres, mais il y en a bien d’autres. Ce disque est le premier qui est produit de concert avec Audio Note et on sent que Bélanger s’occupe de Audio Note Music comme de son bébé. On leur souhaite longue vie et une distribution à plus grande échelle!

D’ailleurs, c’est rare que j’aille entrer dans le monde musical audiophile. En règle générale, et permettez-moi d’être méchant, certains convaincus préfèrent mettre l’emphase sur la qualité sonore que sur la qualité de l’interprétation. Il ne sait pas jouer, mais bordel que ça sonne bien! Les transitoires! Raah ! J’exagère bien entendu, certains albums que je possède sont incroyables. On peut penser aux Doug Macleod qui sont enregistrés de main de maître, ses premiers sur AudioQuest étant extraordinaires. On peut penser à plusieurs des Reference Recordings (mais vraiment pas tous!) Et c’est sans compter la très montréalaise étiquette Fidelio de René Laflamme qui nous envoute parfois avec des extraordinaires albums (mais encore une fois pas toujours côté interprétation à mon avis).

Et cet enregistrement, c’est quoi? C’est des pièces plus ou moins connues, des compositions dont on a droit au premier enregistrement, tout comme des pièces plus connues. C’est surtout une atmosphère, il ne s’agit pas de nous en mettre plein la vue ni de nous changer de style de la première face à la dernière, en fait, c’est plus un exercice de nous entrer dans le monde de Bélanger et nous guider à travers quelques-unes de ses pièces. C’est aussi un vernissage du disque au Salon Audio de Montréal 2017.

Dans les bémols potentiels, il faut voir que c’est numérique. Enregistré sur ordinateur à l’aide d’un convertisseur analogique digital de marque Apogee, on n’a pas le droit à un enregistrement directement sur vinyle ou vers un ruban magnétique. Ce n’est pas non plus un appareil d’enregistrement de très haute fidélité de marque audiophile, comme les fichiers enregistrés par 2L sur des gammes de fréquences étendues. N’empêche que chez moi, pour mes besoins minimes, j’ai moi aussi un appareil Apogee. J’avais un appareil 192KHz huit pistes de qualité professionnelle et je l’ai vendu à un de mes amis musiciens afin de m’acheter un petit Duet de cette entreprise. J’aime beaucoup la sonorité qu’il produit, avec une qualité légèrement feutrée et très pure à l’écoute. Ce que j’entends sur ce disque m’emmène donc en terrain connu.

Et côté qualité, est-ce la qualité ultime ? La sonorité est pure, douce, voire soyeuse, forte, mais légère, absolument pas numérique à l’écoute. Les aigus, présentes à travers les pièces, ne sont pas violentes et n’agressent pas numériquement (merci, Apogee), tout en restant présentes. La gravure, en deux disques 45 tours d’une dizaine de minutes par face, est parfaite et aucunement compressée. On a la beauté d’une salle vivante; aucune aseptisation sonore. C’est chaud comme seul un violoncelle peut produire dans une église à sonorité hors pair. C’est vivant. Et ce n’est pas du tout de la musique de feu de foyer une nuit d’hiver : c’est au contraire dynamique et beau avant d’être consensuel. Aucun bruit de fond, compression minime, côté numérique gardé sous tutelle. Bon travail de matriçage, encore une fois par une équipe montréalaise. Très beau travail! J’ai hâte au prochain disque d’Audio Note.

RSD2017: Jarvis Cocker, Chilly Gonzales – Room 29

Musique classique sur piano et voix presque parlée à propos d’un piano dans une chambre d’hôtel.

Album: Room 29
Artistes: Jarvis Cocker et Chilly Gonzales

En Test: 2017 Vinyle RSD

Étiquette: Deutsche Grammophon
0028947972822

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À Hollywood, il y a un hôtel. Le Chateau Marmont. Dans cet hôtel, il y a une chambre. La chambre 29. Dans cette chambre, il y a un piano. Depuis son inauguration en 1929, cette chambre a vue plein de joies, de drames, de célébrités. En fait, cette chambre a été filmée, enregistrée, photographiée, habitée, des livres ont étés écrits sur cette chambre.

Jarvis Cocker, britannique, connu pour le groupe Spinal Tap et Pulp, nous prête ses paroles et sa voix sur ce projet. Chilly Gonzales, montréalais, compositeur connu pour ses trames sonores de films, nous prête sa musique et ses talents de pianiste. Le tout avec une simplicité désarmante, piano et voix en duo, avec quelques extraits de films, quelques extraits orchestraux, parfois quelques effets spéciaux. Le tout en parfaite simplicité et sobriété. Rien de spécial, pas d’emportements, pas de grands mouvements lyriques, pas de pièces dignes d’un mæstro à jouer avec huit mains. Un piano. Une voix. Des histoires.

Et un vinyle signé Deutsche Grammophon. Et une grosse déception. Tout d’abord, il s’agit d’un piano, mais pas de ce piano. Il s’agit de pièces de musique intimistes, avec très peu de compression, mais lorsqu’elle est présente, elle est d’une autre ère, il s’agit d’une compression appliquée à la piste entière alors lorsque la voix nous donne un Pop, parfois, toute la musique descend pour une fraction de seconde. Il s’agit d’un disque noir alors que le disque était prévu être en couleur (je m’en fous un peu ceci dit). Il s’agit d’une édition dont le disque vinyle n’est pas du tout limité mais a été vendu à prix exclusif (plus de 60$ pour un disque simple quand la version identique musicalement mais sans le livret de 32 pages est presque moitié prix). Et le disque n’est pas propre, il a une légère quantité de bruit de fond (surtout en face A), tout de même.

Ceci dit, le disque reste superbement enregistré, superbement réalisé, les pièces musicales sont incroyables, la spatialité de l’enregistrement est fantastique, les compositions frappent dans le mille et le côté numérique de l’album n’est pas vraiment présent lors des passages voix-piano. En d’autres mots, je suis déçu pour les superbes auteurs compositeurs interprètes sur cet incroyable projet, c’est juste trop beau. Dommage que Universal ait succombé à l’appât du gain court-terme pour le RSD et l’ait gâché sur ce disque vinyle.

Réédition RSD2017: Rostropovitch / Giulini – Dvořák / Saint-Saëns

Les grandes étiquettes sont pris avec un problème collant. Spécifiquement, certaines de leurs sources en rubans commencent à se déteriorer. Autant c’est triste pour eux, autant c’est génial pour nous parce qu’ils n’ont pas le choix dorénavant que de passer à travers tout leur ancien matériel afin de le sauvegarder sous un autre format (habituellement numérique). On a donc droit à une recrudescence de nouvelles impressions de très haute qualité de matériel ancien.

Artistes:
Mstislav Rostropovich, Violoncelle;
Carlo Maria Giulini, London Philarmonic Orchestra

Programme:
Antonin Dvořák – Concerto pour violoncelle en Si mineur, Op. 104;
Camille Saint-Saëns – Concerto Nº1 pour violoncelle en La mineur, Op. 33

V.O.: 1978 Vinyle (Quadraphonique), HMV, EMI

En test: 2017 RSD Vinyle Double

Étiquette: Parlophone Records Limited, Warner Classics
0190295890070

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Et avant que je ne reçoive des lettres de menaces, je me dois de mentionner que les rubans vont habituellement survivre à plusieurs centaines d’années d’entreposage contrôlé avant d’avoir des problèmes majeurs. Hélas, ce n’est pas tous les rubans qui sont sans faille. Beaucoup de formules ont étés prévues pour un usage à court et moyen terme, hélas certains des composantes se dégradant prématurément, comme par exemple la colle conservant le matériel magnétique sur le plastique de fond. Certains autres rubans sont aussi trop minces et le magnétisme transperce le ruban, s’imprimant de nouveau sur les enroulements précédents et suivants. Bref: les rubans peuvent dans certains cas se dégrader. Et il n’y a pas de façon miraculeuse de savoir si tel ou tel ruban va subir les affres du temps. Alors les étiquettes qui possèdent des voûtes à couper le souffle font ce qui est nécessaire: ils numérisent tous les rubans, sans exception.

Ce qui nous donne de tels enregistrements, préalablement sortis en CD il y a plus de 15 ans. Est-ce que c’est nécessaire de sortir de nouveau cette perle? Bien sur que non! En fait, la version proposée est très bonne mais n’est pas non plus exceptionnelle! Si elle l’avait été, elle serait ressortie beaucoup plus fréquemment depuis 1978 et aurait fait le tour des cercles d’amateurs de classique. Selon Discogs, elle n’a eue aucune autre réimpression depuis 2001 et les seules versions vinyles datent de 1978.

Et la partie vraiment intéressante n’est hélas pas présente sur ce disque. Il s’agit en effet d’un des disques de la vague quadraphonique des années 70. Remarquez que le disque était quad (donc du matériel phasé), avait plus de 30 minutes par face et un matériel de bonne qualité mais pas exceptionnel. En d’autres mots, le disque n’est pas un disque à recommander en version originale sur vinyle, à moins que vous ne cherchiez à faire aller votre décodeur SQ.

Mais cette version 2017? Arnaque? Non, ça reste deux grands (Rostropovitch et Giulini sont des figures de proue de la musique classique), ça reste une très belle version, ça reste quelque chose qui va s’apprécier enfin à sa juste valeur depuis les années 70. L’impression soignée en disque double, imprimée de façon exemplaire, avec peu de bruit de fond ou de popcorn s’apprécie totalement et à sa juste valeur. C’est un très bel enregistrement. Warner y a mis le paquet, ça paraît. Source retravaillée numériquement mais ça ne nuit aucunement à la joie d’écouter cette version. Tout le dynamisme y est, la force, les niveaux, la justesse, c’est un très beau travail de matriçage.

Maintenant s’ils pouvaient la sortir en bande copiée des originaux, version quad, mais sur bobine en 7.5ips, je serais heureux!

Réédition 2017: Pierre Fournier – J.S.Bach: Six Suites pour violoncelle seul

Une réédition du grand classique de 1961 de Pierre Fournier.

Compositeur: Johann Sebastian Bach
Pièce: Six Suites pour violoncelle seul, BWV 1007-1012
Artiste: Pierre Fournier

V.O.: 1961 Archiv Produktion, 3 vinyles coffret, Allemagne
14356 /57 /58

En Test: 2017 Archiv Produktion
479 696-3

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Il y a des enregistrements intemporels, des enregistrements frappant l’imaginaire, définissant une pièce de façon si prenante que ça devient le standard de facto. Cette version de Pierre Fournier datant de 1961 est exactement de cet acabit. Pour la même pièce, il y a aussi la version d’Anner Bylsma 20 ans plus tard qui a eu un succès international avec sa version des mêmes Suites de Bach, émule de cette version en sonorité. Il y a d’autres interprétations avec des sonorités différentes, telles que les versions de Rostropovitch et de Yo-Yo Ma qui méritent plus qu’une mention, mais qui mériteraient des articles à eux seuls tellement elles sont différentes et magiques. Mais la version moderne qui a donné les lettres de noblesse aux suites, c’est celle de Fournier. Continue reading

1982: Bernardi, Massé – Aubade, Divertissement, Prélude

Ressortons des grands disques. Trois grandes pièces et un grand orchestre au programme de ce disque enregistré à Ottawa.

Programme:
François Poulenc – Aubade
Jacques Ibert – Divertissement
Claude Debussy – Prélude à l’après midi d’un faune

Artistes:
Orchestre du Centre national des Arts, Dir. Mario Bernardi
Denise Massé,
Piano (Aubade)

Étiquette: Disques Société Radio-Canada
SM5013

Ce disque n’est pas nécessairement disponible chez Fréquences. Il s’agit d’un disque d’archive. Vous pouvez toutefois le trouver assez aisément et à peu de frais si vous êtes intéressés. Continue reading

2017: Emika – Melanfonie

Emika, une des grandes artistes connue au début des années 2010 pour son dubstep et sa musique électronique, nous sort son deuxième album classique!

Album: Melanfonie
Compositrice: Emika (Ema Jolly)
Artistes: Michaela Srumova; Orchestre métropolitain de Prague, dir. Paul Batson

En test: Vinyle 2017

Étiquette: Emika Records
EMKLP03

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Quel parcours pour Emika! Connue en 2008-2010 à l’aube de sa vingtaine pour son dubstep très sombre et lent, elle fut un de mes coups de cœur avec son premier long jeu éponyme sur l’étiquette Ninja Tune. C’est aussi un des albums que je possède qui a le plus de basse et ses compositions sont toujours un plaisir à redécouvrir. Continue reading

Réédition: L’infonie vol. 333

Un de nos groupes d’avant-gardistes d’il y a 40 ans obtient une réédition de leur disque ayant connu le plus de succès. Qui dit que les inventeurs sont étrangers?

L'infonie vol. 333Album: L’infonie vol. 333

Artiste: L’infonie (Dir. Walter Boudreau)

V.O.: 1974 Vinyle, Kot’ai KOT-3303

En test: 2016 Vinyle
Étiquette: Mucho Gusto Records
MGLP017

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Walter Boudreau fait partie des rares noms qui, lorsque prononcés, nous font penser qu’avec sa notoriété, il doit s’agir d’une personne venant d’un lointain pays. Illustre carrière internationale, plusieurs disques d’influence aux États-Unis, a étudié avec les plus grands et a joué avec les plus grands. Et comme d’habitude, pour nos grands, on n’a pas exporté et on a dénigré. Les mêmes années qu’on a eu droit au duo Péloquin Sauvageau, qui a eu le premier orgue électronique sur lequel on peut jouer plus d’une note en même temps (polyphonique, versus le Moog, qui en a appris de Sauvageau), on a droit à la cinquième année de l’infonie qui produit son troisième disque, le vol. 333. Continue reading