2013: Sunn O))) et Ulver – Terrestrials

Question quiz. Que se passe-t-il quand on additionne un groupe connu pour sa musique métal drone et un groupe connu pour son black metal folklorique norvégien? Un des meilleurs albums de musique abstraite orchestrale, voyons!

Album: Terrestrials
Artistes: Sunn O))) et Ulver

En Test: 2013 Vinyle blanc

Étiquette: Southern Lord
SUNN200

Acheter le disque vinyle chez Fréquences

Acheter le CD chez Fréquences

C’est un bizarre album collaboratif qu’on a ici. Ça ressemble fort à du Sunn O))) dans le sens que c’est définitivement du drone, mais c’est aussi de l’expérimental tel que les derniers albums de Ulver nous ont préparé. Le tout avec des musiciens classiques pour agrémenter les chansons. C’est le genre de disque qui est autant un moment d’introspection et de recherche, d’étude sonore (avec le volume à faire déchausser ses fondations de maison), mais autant aussi un moment de découverte pour les gens ne aimant la musique contemporaine mais ne connaissant pas le drone, voire le métal.

Je ne vais pas m’étendre longuement sur le sujet, c’est un de mes albums préférés du genre. C’est une très belle étude et recherche, c’est simple, efficace, beau. Ça ne plaira pas aux grands fans finis d’aucun des deux groupes, les metalhead n’y trouveront pas leur compte, les droneheads non-plus (pas assez de basse) mais moi qui aime beaucoup de styles de musique, je suis au paradis.

Et côté sonorité, je vais être un peu triste de la quantité de bruit de fond de mon impression de disque, il y a un peu de popcorn aussi, ça n’aide pas. Mais une fois qu’on est partis dans leur univers, on s’en fout. On désire démarrer le disque avec le maximum d’intensité et juste se laisser transporter dans leur univers. On veut sentir les horns et violons dans la première pièce, on veut se laisser hanter par la note de violon grattée qui joue tout le long de la deuxième pièce, on veut se retrouver dans l’univers de la 3e pièce (face B). On met le tout au maximum et on en profite pour déchausser ses haut-parleurs. À part le bruit de fond omniprésent, je dirais que c’est bel et bien la version vinyle qu’on doit posséder, c’est elle qui nous donne des frissons. Un grand album méconnu.

2016: We Are Wolves – Wrong

La dernière offrande de We Are Wolves, la première depuis La Mort Pop Club, leur premier disque sous la nouvelle étiquette Fantôme Records. Ont-ils survécu au transfert?

Album: Wrong
Artiste: We Are Wolves

En test: 2016 Vinyle

Étiquette: Fantôme Records
SMLP025

Acheter le disque vinyle chez Fréquences

 

C’est vraiment drôle la musique parfois, c’est le 3e groupe de montréalais d’affilée dont je fais la critique, c’est le 3e groupe avec une musique somme toute fort similaire, rock, électro, indie à 3 ou 4 personnes. C’est le 3e groupe dont personne ne s’entend sur le style à leur donner. Pour un c’est du no-wave synthrock, pour l’autre c’est du moog rock post-punk et pour eux, c’est du électro indie rock expérimental. C’est un peu comme déterminer à quel point Henry et Messiæn sont rock, actuels, classiques, de la non-musique, de l’électro, … On peut carrément abandonner en disant «expérimental», «alternatif» ou en ajoutant «post» à leur style. Et ce qui n’aide pas, c’est à quel point les groupes migrent de style. Bref: J’aime mon travail! <3

We Are Wolves ont eus des passes beaucoup plus électro synth pop avec La Mort Pop Club ou carrément du breakbeat dubstep avec Ghislain Poirier. Et ici avec Wrong, ils font un retour avec un album beaucoup plus rock, légèrement punk, un peu de synthétiseur. Un retour au sources, et peut-être un côté plus assumé de leur identité artistique après bien des années avec Dare to Care Records.

Et est-ce que le vinyle vaut la peine? Ce n’est pas leur premier disque, ça paraît. Ils ont appris des meilleurs pendant des années et ils ont pris plein contrôle du résultat final. Le disque est riche, fort, rempli, pas compressé à outrance mais aussi très sage et normalisé. C’est un peu trop propret: pas de surprises, beau, clair, tous les instruments à leurs endroits respectifs, tout beau, chaque objet à son endroit. Le tout est standardisé à outrance. Chaque chanson peut être prise individuellement et va bien sonner individuellement. La basse est présente, mais toujours de façon identique. Les rythmes sont bien sages. C’est un disque qui est superbe dans ses compositions et dans son interprétation mais c’est aussi un disque qui n’est pas viscéral. Je peux clairement dire que cet album sonne sur vinyle rigoureusement identiquement à ce que le groupe avait en tête. À zéro choses près.

On achète si on aime Malajube, Tokyo Police Club, Suicide, Neon Plastix, Clinic.

2012 et 2016 Post-Zaricot: Duchess Says

Hier, je vous écrivais à propos de la première partie du spectacle, Technical Kidman. Aujourd’hui, c’est le groupe post-punk expérimental principal, Duchess Says.

Comme n’importe quel genre musical un peu louche, Duchess Says n’est certainement pas un groupe avec 12 chansons dans le Billboard. En fait, si vous n’avez aucun intérêt à l’émergent, aux groupes grinçant et aux perruches, vous n’en aurez jamais entendu parler. Mais pourtant, c’est un groupe qui mérite réellement à se faire connaître (ce n’est qu’une question de temps). Et comme le dirait la chanteuse, «hoon, as-tu peur?» parce qu’il ne faut pas avoir froid aux yeux pour s’aventurer avec ce groupe. C’est aussi, pour moi, ce qui représente un des paliers du son de Montréal: quelque chose qui n’existe pas ailleurs, qui est des années lumières en avance sur ce qui se fait ailleurs. Que ce soit du post-rock à la GY!BE, du post-punk à la Duchess Says, du post-pop à la Socalled. Le terme «post» s’applique parfaitement à ce qui se fait ici. Ce n’est pas pour rien qu’on a appris à aimer le disco et le grunge avant tout le monde. Continue reading

2014 et 2016 Post-Zaricot: Technical Kidman

Spectacle de Duchess Says avec en première partie Technical Kidman. Ils avaient des disques à vendre. Est-ce que la première partie en disque est à la hauteur du spectacle?

On a eu droit à un excellent spectacle de la part des deux groupes. Un évoluant vers le post-punk synth-rock (Duchess Says) et un hard synthpop analogique (Technical Kidman) ce samedi. Deux groupes allant dans des directions différentes mais très similaires dans leur côté underground. Comme n’importe quel spectacle, le but de la première partie, aussi bon le groupe soit-il, est de réchauffer la salle, de nous préparer au programme principal. Mais aussi c’est une chance de faire connaître un groupe méconnu par une tête d’affiche. C’est la possibilité d’avoir un groupe qui fêtera bientôt ses 15 ans nous présenter un groupe prometteur. Le fait que Technical Kidman ait aussi bien tiré son épingle du jeu, le fait qu’ils aient répondu avec brio à leur travail m’a valu une bonne discussion avec le groupe, fort sympa et passionné. Continue reading

2016: DJ Shadow – The Mountain Will Fall

Disque électro basse de l’année 2016 selon moi, avec une version vinyle carrément à acheter! Passez au prochain article, il est dorénavant dans vos achats.

DJ Shadow - The Mountain Will FallAlbum: The Mountain Will Fall
Artiste: DJ Shadow

En test: 2016 Vinyle

Étiquette: Mass Appeal / Liquid Amber
MSAP0034LP

Acheter le disque vinyle chez Fréquences

Acheter le CD chez Fréquences

C’est le temps de tester vos caissons d’extrême-graves, DJ Shadow is in the house! Avec un album passant de l’ambiant au hiphop au breakbeat à l’expérimental, le tout arrosé d’une très bonne dose de basses, c’est un album qui n’est pas du tout ennuyant à écouter. Un album qui nous démarre avec la planante chanson The Mountain Will Fall (dont le vidéoclip, tout droit tiré d’un univers 2001, est incroyable), pour continuer avec la chanson hip hop Nobody Speak, et ainsi de suite. Chaque chanson individuellement est intéressante à écouter; le tout est représentatif de l’univers de DJ Shadow: une recherche et une variété à couper le souffle, un souci du détail impeccable. Ce n’est pas pour rien qu’il est réputé avoir une collection de plus de 60.000 albums chez lui! (Chanceux!) Continue reading