Réédition 1993/RSD2018: Jesus Jones – Zeroes + Ones

Traitement royal pour une excellente chanson breakbeat!

Album: 00+11×25 [Zeroes + Ones 25th Anniversary]

Artiste: Jesus Jones
Remix de: Aphex Twin, The Prodigy

V.O.: 1993 Vinyle; FOOD, EMI; 12FOOD44

En Test: 2018 Vinyle transparent 45RPM, édition RSD limitée à 1000 exemplaires

Étiquette: Razor & Tie; RZR00373

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Pour un one-hit wonder sur une autre chanson, c’est tout un traitement! Le groupe a été connu surtout pour sa superbe chanson Right Here, Right Now, qui a été un succès international instantané. Ils ont aussi eus quelques autres succès plus locaux. Mais ce qui fait fait mal, c’est la chanson Zeroes + Ones! Mélange de breakbeat, électro-clash violent, IDM avant son temps, synthés à profusion, avec une voix suave à la Tears for Fears, c’est tout un mélange. Cette chanson a fait ses heures dans tous les clubs alternatifs de la planète. Jugez par vous-même.

Et ce disque, c’est la version à avoir à cause des remix. Les deux chansons ambiantes, planantes, de Aphex Twin, qui n’ont plus rien à voir avec la version originale, sont des chef d’œuvres du genre. Et sur l’autre face, que dire de la version de The Prodigy, à faire jouer à tue-tête (attention à vos haut parleurs et caissons d’extrême graves, si vous désirez vous rendre avec assez de volume pour les aigus, vous allez devoir y aller avec des millier de watts de déscelleurs de fondation de maison)? Finalement, la dernière piste est quelque chose de spécial: c’est la chanson originale, mais sans paroles! C’est la version envoyée en démo de la chanson, qui n’a jamais été sortie grand public auparavant. Donc, vous n’aurez pas la chanson Zeroes And Ones sur la sortie 25e anniversaire de Zeroes And Ones!

Côté qualité, c’est à planer pour le Aphex Twin, c’est avec une basse tonitruante pour le Prodigy (peut-être un peu sourd, je me serais laissé une petite gène et aurais mis la pédale légèrement plus douce à ce niveau), et c’est avec une très belle balance qui ne fait pas crisper des oreilles pour l’instrumental, mais qui déchire amplement. Tout ce qu’on pourrait demander!

Réédition 1993/RSD2018: Les Colocs + Retour RSD

Le premier disque à écouter après un tel RSD, c’est bien évidemment l’album «des Colocs»! Mais avant, un petit retour sur la dernière mouture du Record Store Day.

Quelle belle journée, un peu fraîche à l’attente devant le magasin, mais avec plein de gens passionnés qui y tient des conversations toutes plus intéressantes les unes que les autres, les sourires au visage, la joie de revoir les amis des années précédentes ! Surtout, quelle belle quantité de matériel, quels bons disques et tellement de beaux disques, des éditions pour tout le monde ! Plusieurs n’ont eu aucun disque en commun avec moi, d’autres, quelques un. La majeure partie des gens sont repartis avec beaucoup de ce qu’ils recherchaient, ce qui est génial.

Avertissement: ceci est écrit par Michel, je ne suis pas employé par Fréquences, j’écris pour le compte de Fréquences avec une liberté littéraire absolue. Je peux démolir un album tout comme l’encenser, je peux parler de ce que je désire (dans des limites respectables) et personne de chez Fréquences ne sait que je vais écrire cet article. Je ne suis dans aucun secret des Dieux, et ne paye pas mes bills avec de tels articles. C’est juste normal pour moi de l’écrire. Peut-être que JF va me dire que j’y suis allé un peu fort, peut-être que je suis dans le champ, peut-être qu’il va être heureux, peut-être qu’il va devoir faire affaire à Mirador. Prenez donc le tout avec le grain de sel nécessaire.

C’est l’heure de rafraîchir les pendules par rapport à beaucoup de points sur le Record Store Day. Depuis 2 ans, on a droit à un barrage de gens qui sont fièrement hors de cet événement mercantile s’il en est un. C’est bien correct, et je peux concevoir, sur les plus gros magasins, que le Record Store Day semble être mercantile, avec des files d’attente parsemées de scalpers à partir de minuit, dont eux et leurs familles se séparent les rangées et ramassent tout ce qui peut être légèrement rare. Parfois, des magasins avec une seule copie de Pink Floyd, ou avec une pile de disques minables qui ne méritent aucune réédition vinyle, disques qui se retrouvent dans le bac à un dollar quelques mois après leur sortie.

C’est vrai qu’il y a plusieurs années, le RSD était synonyme de qualité, et les disquaires tentaient de mettre la main sur tout ce qu’ils pouvaient de cet événement. Une de ces années, il y a eu beaucoup plus de disques, et les gens ont tout acheté. L’année d’après, il y en a eu encore beaucoup plus, les disquaires se sont montés des bills de plusieurs dizaines de milliers de dollars, et les gens ont compris que ce n’était pas seulement des disques en or… alors les disquaires sont restés avec leur stock. Le hic, et ce qu’il faut comprendre, c’est que les disques vinyle ne peuvent que rarement être retournés aux distributeurs, surtout quand c’est pour le Record Store Day. C’est vente ferme pour les disquaires! Pris avec des dettes et un lot de matériel dont même Discogs ne voulait pas, quelques-uns ont hélas fermé leurs portes. Et hélas, l’année d’après, les gens ont eu les sarcasmes dans le tapis, avec des disquaires qui ont refusé de supporter l’événement, avec des gens qui ne voient que des versions à cinquante dollars de disques qu’ils peuvent trouver dans une boîte à un dollar, version originale, en parfait état. Vous savez, la journée qu’ils vont ressortir Guilty de Barbra Streisand, que je dois avoir en douze exemplaires chez moi (et je ne suis pas disquaire! Imaginez ces derniers!), je vais vraiment crier en chœur moi aussi!

Et vous savez quoi? Ça va arriver un jour [sacres]! Et je suis content de ça! Pourquoi?

Parce que depuis ce jour, les disquaires qui sont restés de mèche avec le Record Store Day, ils ont compris qu’ils devaient faire leur travail de disquaire! Si vous avez un gros magasin, vous désirez probablement ratisser large, faire plaisir aux revendeurs avec leurs disques qu’ils vont pouvoir revendre avec profit sur Discogs, ensuite d’avoir amplement de copies de ce que leurs clients risquent désirer avoir, et quelques disques spéciaux pour se faire plaisir. Si vous avez un disque spécialisé en musique électro, vous allez probablement récupérer quelques sorties électro pour leurs admirateurs, ainsi que quelques valeurs sûres, juste parce que. Et si vous avez un magasin de région comme Fréquences, vous allez surtout y aller avec votre expérience, et votre connaissance de vos clients, de leurs goûts. Au diable les revendeurs, qu’ils viennent et qu’ils se rendent compte eux-mêmes qu’ils n’y trouveront pas leurs disques. En d’autres mots, que le disquaire fasse son travail de nettoyage des listes de vente, qu’ils n’aillent pas chercher cinquante copies du simple de Grace Jones qui se retrouvera en revente à 1$ quelques mois après, mais qu’ils en aient une copie pour moi parce que moi je l’aime.

Et vous savez quoi? Les clients ont depuis décidé de faire leur travail de clients! Ce n’est pas parce qu’il y a une copie ultra-belle d’un disque rare Deutsche qu’il faut nécessairement l’acheter à 70$ pour un disque simple. C’est parfaitement correct de ne pas acheter le dernier Madonna parce qu’on en a déjà une copie d’origine. Ou même si j’adore Tom Waits, j’ai déjà le coffret Bastards, alors que d’en acheter une copie colorée, je peux passer à côté, même si c’est foule plusse de bon meilleur que le coffret [sic]. Je peux même passer à côté d’un Pink Floyd Mono juste parce que pourquoi? Ce n’est pas parce qu’on croît qu’un disque va valoir des sous qu’on devrait l’acheter: ça s’appelle de la spéculation, et à moins que ce ne soit votre travail, vous devriez laisser faire cette idée. C’est un peu comme les monnaies crypto, les Bitcoins, Litecoins, Ripple et alias à la mode présentement: mettez-y des sous si vous le désirez, mais c’est de la spéculation pure et dure à propos d’un objet qui ne sert à rien et ne vaut rien par défaut! Peut-être que vous allez payer votre maison et plus, peut-être (probablement) que vous allez tout perdre. Même chose pour la bourse. Même chose pour les vinyles. Ça peut valoir beaucoup ou non. Moi je crois que le coffret de Johnny Cash est très peu dispendieux, et qu’il va valoir beaucoup de sous à terme, tant qu’ils n’en sortent pas une autre copie illimitée. C’est une méchante offre spéciale! Mais c’est de la spéculation, et ce n’est pas mon travail. Ça peut valoir 20$ dans quelques mois, comme ça peut valoir 2000$. Ce que je sais, c’est que je n’ai pas pu avoir le coffret, j’aurais aimé l’avoir, parce que j’aime le Country et que je trouve que c’est une sale belle offre! Ça, ce n’est pas de la spéculation!

Bref: je suis heureux de mes disques, beaucoup avaient le gros sourire, c’était un beau happening et je suis tout aussi heureux pour ceux qui s’y sont rendus et qui n’ont acheté absolument rien du RSD, c’est génial aussi! C’est votre choix après tout. Mais je ne jetterai pas le bébé avec l’eau du bain, simplement parce que certains se sont fait flouer et ont laissé de côté leur sens critique pour quelques instants et en ont gros sur le cœur.

Sur ce…

Album: Les Colocs
Artiste: Les Colocs

V.O.: 1993 CD; BMG Musique; 74321-10557-2

En Test: 2018 Vinyle Translucide (RSD)

Étiquette: BMG Musique Canada, Sony; 74321 10557 1

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Alors il y a 1500 copies du tout premier album des Colocs en vinyle! Quand on parle de la raison d’être du Record Store Day, c’est exactement ça. Un disque de 1993, qui a toujours été un bon vendeur, qui, après 25 ans, a droit à une très belle sortie vinyle. Je vais passer très rapidement sur le disque, c’est le premier du groupe Les Colocs, c’est la première fois qu’on les a vus arriver dans le paysage médiatique, et quelle impression ils ont faits! Qui ne connaît pas quelques paroles d’une des chansons de cet album?

Non, je vais surtout me concentrer sur une des réalités des disques du Record Store Day: je suis chanceux, mon disque est impeccable. Mais selon ce que j’ai lu sur les médias sociaux, je suis chanceux, certains ayant des faces du disque qui ne sont pas dignes de mention. En fait, un des coins de ma pochette intérieure était plié, c’est l’étendue de mes dommages. Problèmes de gravure, problèmes de manutention, problèmes de montage des disques (à la main) en usine? Avec des carnets de commandes bondées et prévues des mois à l’avance pour préparer le RSD, il faut s’attendre à avoir des ratés de production hélas. Ça arrive. Et ça dénote un petit manque de vérification de qualité aussi chez les étiquettes de disque.

Sinon, le plastique d’un disque transparent va tendre à être un peu plus dur que le plastique des disques noirs, donc il va conserver beaucoup plus de poussière et de résidus de pressage. Je recommande toujours de consciencieusement nettoyer les nouveaux disques avec votre procédé préféré (eau, aspirateur, spinclean, ultrasons, colle si vous voulez; traitement Last même si vous voulez) avant une première écoute. Vous allez voir votre niveau de bruit de fond descendre de façon notable, et en plus, vous risquez de protéger votre aiguille préférée des gros morceaux de plastique coupant qui peuvent être restés pris dans les sillons.

Et pour moi, avec l’écoute, c’était le nirvana! Quelle belle gravure! Pas parfaite, mais vraiment excellente! Si vous avez un beau disque, c’est réellement le pied, on se retrouve plongés dans les années 90 et les larmes ressurgissent avec les souvenirs. À partir de là, est-ce que ça pourrait être mieux? Peut-être … mais ça serait difficile!

RSD2018: Les choix de Michel

Certains me connaissent comme le fou qui réalise des critiques depuis désormais une année. Bientôt, je vais être en file, avec mon café, à parler avec mes collègues maniaques de musique en attendant que ça ouvre. Je vais rencontrer des nouvelles têtes et revoir des amis que je croise dorénavant à toutes les années. Comme à toutes les années, il va y avoir quelques offres dont Fréquences n’aura reçu qu’une seule copie, ou encore dont les trois copies vont s’envoler avec les trois premiers fous qui vont passer. Mais aussi, il y a plein de superbes disques qui vont attendre les fans toute la journée, voire une semaine.

On a tous vus le message Facebook avec les belles boîtes pleines de disques. Je l’ai vu comme vous tous, alors si vous lisez ceci en vous attendant à savoir ce que Fréquences aura réussi à avoir, c’est manqué: je ne suis pas et ne veut pas être dans le « secret des dieux », et comme à toutes les années, je désire participer activement en récupérant mes disques moi-même. Si je passe à côté d’un, c’est tant pis, je vais être heureux pour mon suivant qui aura réussi à l’attraper. En contrepartie, si je tombe sur un disque auquel je ne m’attendais pas, je vais être infiniment plus heureux!

Note: les seuls disques que je considère absolument incontournables proviennent de groupes québécois. Je ne fais que les mentionner parce que tous les intéressés s’en prendront déjà une copie, et mon petit doigt me dit qu’il n’en manquera pas (maiiiis je peux me tromper! Je n’en sais pas plus que vous!). Tsé… Lhasa, les Colocs, f***ng Voivod, Les Marmottes!

Mes choix en ordre alphabétique:

44,99$ Death Metal / Noise 1995 : Abruptum – Evil Genius (silver / Black Marble Vinyl)

Un des groupes phare du vieux death metal suédois, Evil Genius est une compilation de leurs premiers rubans démo. Sorti en 1995 en CD avec des critiques positives et incluant une lame de rasoir et un message suggérant de se suicider, le disque a eu droit à une version vinyle par Southern Lord en 2007. Black Lodge Records nous propose ici leur version, disponible qu’en 300 copies. Il n’y a pas vraiment de rabais à obtenir les anciennes versions Southern Lord en-ligne, faut ce qu’il faut.

49,99$ Abstrait / Ambiant 1998 : Bass Communion – Bass Communion (2lp)

Le nom de plume ambiant de Steven Wilson, connu pour avoir fondé le groupe Porcupine Tree entre autres, ce premier album de Bass Communion est une première en vinyle, et un des chef d’œuvres de Wilson. Certains surnomment le cycle proposé ici « Drugged », de par la chanson double du même nom qui débute et termine l’album d’une heure. Prix très raisonnable pour un album double.

16,99$ Soul 1972 : Beginning Of The End, The – Fishman

Simple 12″ d’un 45 tours qui dépasse les centaines de dollars aujourd’hui. Merci à Strut de nous faire plaisir avec ce grande pièce de musique soul!

79,99$ Country 1968 : Cash, Johnny – At Folsom Prison ( 5 LP / Legacy Edition )

Petit prix, les deux concerts en entier avec les autres artistes invités aussi, des extras, il semble y avoir un DVD en surround aussi (mais je peux me tromper, c’est flou sur le site du RSD). C’est pas mal la version ultime de ce très grand concert intime. Ça risque de prendre de la valeur rapidement!

42,99$ Alt Rock 1996 : Chainsaw Kittens – Chainsaw Kittens

Je ne pensais pas réellement avoir un album de Chainsaw Kittens au RSD. Groupe travaillant près de Smashing Pumpkins, ils ont été des personnages très étranges dans la scène musicale. Voix punk, chanteur ouvertement gai, groupe plus près de ce qu’on appelait « alternatif » dans le temps des Nirvana, c’est un groupe vraiment étrange. Trop commercial pour certains, pas assez pour d’autres, ils n’ont pas eus beaucoup de succès, mais leurs disques ont toujours été épatants et très honnêtes. Il était temps que leur disque de 1996 sorte en vinyle!

39,99$ Électro classique 1991 : Fricke, Florian – Spielt Mozart

Une des figures proéminentes du krautrock avec son groupe Popol Vuh, Florian Fricke (1944-2001) nous livre ici sa version synthé de quelques pièces de Mozart. S’il s’agit ici du disque vinyle double en 45 tours qui nous est annoncé, ça va être toute une sortie à un prix absolument dérisoire.

14,99$ Breakbeat / Synthpop 1993 : Jesus Jones – Zeroes + Ones 25th Anniversary Clear Vinyl Edition

Simple de fou de synthpop, mélange de big beat, de rock à la Lacuna Coil, des airs de The Prodigy, de voix pop à la Tears for Fears, de breakbeat et big beat à la Chemical Brothers. Mais attendez … on n’aura pas la chanson originale sur ce disque! En fait, c’est des versions remixées par Aphex Twin et par The Prodigy, ainsi qu’une version instrumentale de la chanson. Encore plus fou! Le tout pour un très petit prix.

17,99$ Pop 1987 : Madonna – You Can Dance (red Vinyl With Poster)

Moins de 20$ pour le disque avec un poster… Pour une bonne compilation, ça se passe de commentaires.

29,99$ Funk Psyché 1972 : Messengers Incorporated – Soulful Proclamation

Si vous avez 500$ ou plus à mettre sur une version originale de 1972, c’est votre choix. Si vous avez 50$ ou plus à mettre sur la réédition 2013, c’est encore votre choix. Mais ce disque, unique sortie de Messengers Inc. sur leur propre étiquette dans le temps, est une bombe.

35,99$ Heavy Metal 1993 : Motörhead – Death Or Glory (aka Bastards) (silver / 180g / Gatefold)

C’est dans les meilleurs disques de Motörhead! Si vous n’avez pas de Heavy Metal ou de Motörhead, c’est un excellent point de départ, très accessible tout en étant sans concession. Il existe beaucoup de versions vinyles de ce disque, habituellement de piètre qualité, alors j’ai hâte de voir comment cette édition va se situer versus les autres.

31,99$/ch IDM, Électro expérimental 1983-1984 : Norton, Doris – Norton Computer For Peace et Personal Computer

Oui, ça se peut des artistes qui ont Apple Computer comme sponsors! Ces albums sont des perles d’expérimentation informatique, dans l’air du temps des Kraftwerk, The Art of Noise et Laurie Anderson.

32,99$ Ambiant cérébral 1999 : Popol Vuh – Messa Di Orfeo

Un des grands albums ambiant du tournant du millénaire, ce disque est un incontournable du genre. Très cérébral et très spirituel.

25,99$ Pop 1982 : Prince – 1999 (180gr)

Il existe une version deluxe en disque double de cet album, avec un matriçage réalisé très correctement par Bernie Grundman. La version originale est en disque double d’ailleurs. Alors pourquoi faire un disque simple? Parce que c’est la version européenne du disque, qui a été sortie en disque simple et qui contient les versions 45 tours « simples » de l’album! Ce n’est pas la même chose.

32,99$ Soul / Funk / Jazz 1973 : Sparks, Melvin – Texas Twister

Un album plus obscur du grand guitariste Melvin Sparks (1946-2011), quand on parle d’un disque génial que seuls les férus du style connaissent, vous savez, votre ami qui vous regarde avec un gros sourire et vous met « le » disque, c’est exactement de ça qu’on parle! Une seule édition vinyle à sa sortie, pas vraiment de version CD (album compilation double), et maintenant, Tidal Waves qui nous ressort cette claque dans le visage! Une bombe méconnue du funk!

36,99$ Drone / No Wave / Post Rock 1996 : Swans – Die Tur Ist Zu (2lp)

C’est réellement un cas de eau maille gode! Ce disque de Swans n’a été disponible qu’en Allemagne, le CD exige des prix ridicules, alors d’avoir ce disque ici enfin, c’est une bénédiction! Pour un disque en trois faces, c’est un prix correct.

32,99 Afro-funk 1976 : Thomas, Pat Introduces Marijata – Pat Thomas Introduces Marijata

Mr Bongo nous gate avec un groupe du Ghana, un des rares exemples de musique Highlife originale.

Les albums de Fire Records

Ils ont un peu pressé la sauce avec tous ces bons disques d’un coup, ils auraient pu espacer un peu à mon avis! Enfin, voici mes recommendations pour cet étiquette, en vrac, et les autres qu’ils proposent ne sont pas mauvais et à considérer.

42,99$ Punk Rock 1977 : Boys – The Boys (coloured Vinyl)

39,99$ Punk Ruck 1983 : Esg – Come Away With Esg

42,99$ Indie Rock 1989 : Television Personalities – Privilege (Aussi considérer leur album double Closer To God, très bon)

Et bien plus!

Il y a des incontournables, comme les Soul Jazz Records, la compilation Electroconvulsive de Medical Records, la compilation Sun annuelle. Je n’en parle pas parce que les habitués savent qu’il vont y être et ils vont sauter dessus si c’est dans leurs choix.

Il y a des surprises, beaucoup de disques que je n’ai pas pris le temps d’étudier, des disques qui sont sortis autour du RSD mais qui ne font pas partie de la sélection officielle, le catalogue de disques de Fréquences, pour lequel je vais avoir la chance de faire un tour complet des rayons et de voir ce qui peut être intéressant.

Probablement que je ne prendrai pas tous ces disques, et probablement que je vais en prendre beaucoup d’autres! J’ai hâte!

Et vous? Quelque chose vous allume?

1980: Chant grégorien par le Choeur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoit-du-Lac

La grandeur d’âme, version québécoise!

Album: Chant grégorien par …
Artiste: Chœur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac

En test: 1980; Vinyle

Étiquette: Radio-Québec; SBL 0880

Nous avons la chance d’avoir une grande abbaye au Québec: Saint-Benoît-du-Lac est un endroit de pèlerinage et de retraite dans laquelle beaucoup se rendent afin de se déconnecter de la vie moderne, se reconnecter à eux-mêmes et au sacré, à ce qu’il y a d’important. Les moines bénédictins de l’abbaye y vivent selon la règle monastique de Saint-Benoit depuis désormais plus de cent années, ce qui ne les empêche pas d’être accueillants. Auberge, fromages, mais surtout pour nous, musique!

À chaque dizaine d’années, un groupe s’intéresse à la mouture du moment du Chœur. Dans les années 70, c’était Radio Canada International. Dans les années 80, c’était l’émission Chant grégorien et orgue de Radio-Québec, dans les années 90, l’étiquette Analekta, en 2000, ATMA Classique. Entrecoupé dans tout ça, le Chœur s’est produit, réalisant des albums depuis les années 60 ou même avant, pour le plus grand bonheur de leurs visiteurs.

Cet album est un des rares qui est produit par Radio-Québec. Ces derniers ne sont pas reconnus pour leurs albums. En fait, ils ont prêté leur nom et le financement afin de produire leur émission, mais le disque est bel et bien enregistré par l’Abbaye, on le remarque d’ailleurs avec l’identification SBL du disque.

Côté enregistrement, c’est bien fait, avec un orgue et un chœur en belle communion, mais une sonorité légèrement métallique, qui n’a pas beaucoup d’espace, de staging et un microphone probablement légèrement mésadapté. La coupure des pistes a aussi été faite à la va-vite, on entend l’atmosphère changer entre plusieurs des pistes, faute d’avoir attendu assez longtemps pour nous laisser respirer avec les chanteurs et d’avoir fait un fondu enchaîné. Et le disque lui-même est gravé avec une technique un peu simpliste. Ça hume la compilation réalisée en plusieurs séances.

Mais pour tous ces problèmes, il y a un côté naïf à la gravure du disque qui donne un résultat qui n’est pas à négliger. L’utilisation d’un ruban simple sans technique de réduction de bruit; l’utilisation d’un disque gravé simplement, sans extras; l’utilisation de la musique sans technique moderne de traitement; la simplicité de la prise de son, la simplicité de l’offre musicale, ça donne un côté accessible, beau et chaleureux, et ça n’a rien à envier à beaucoup de nos albums modernes qui sont au contraire surproduits. Le dynamisme, discret étant donné le style musical, est néanmoins bien présent, et même en abondance si on y porte attention. Un superbe disque! Suggestion: Cherchez-en une copie absolument parfaite, sinon vous allez regretter l’omniprésence des bruits de surface!

2018: First Aid Kit – Ruins

Le cœur en ruine des sœurs Söderberg!

Album: Ruins
Artiste: First Aid Kit

En Test: 2018 Vinyle simple en encart

Étiquette: Columbia / Sony
88985493661

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Une autre exportation de notre chère Suède, le groupe First Aid Kit est composé des sœurs Klara et Johanna Söderberg aux différents rôles du groupe. Le groupe a été démarré par quelques publications sur le groupe social MySpace il y a une dizaine d’années. Ils ont ensuite démarré quelques années avec une étiquette indépendante avant d’être signés par Columbia en 2014 et leur superbe disque Stay Gold. C’est aussi le moment de leur épanouissement mondial, avec une nomination aux Brit Awards pour meilleur groupe international en 2015. Le groupe, d’abord légèrement rock, s’est concentré assez rapidement sur sa stylistique folk indépendante avec une touche country surprenante pour un groupe suédois.

Pour Ruins, on a eu à attendre quatre longues années. Durant ces années, le groupe a fait des tournées, mais surtout, Klara a pris un repos forcé de la musique, en retraite avec son fiancé du moment à Manchester, pendant que Johanna est demeurée à Stockholm. Ce repos musical a continué jusqu’à la rupture de Klara, son retour en Suède et l’écriture de ses états d’âme avec cet album. On a droit à un album beaucoup plus introspectif, plus triste et beaucoup moins rock, mais avec toujours cette belle verve qu’on connaît de First Aid Kit. L’album est composé de petits tableaux de styles différents, le tout nous faisant découvrir un album fort complet, qui sait nous emporter à travers cette exposition musicale virtuelle. On passe de l’introspectif au grandiose, du country au folk, des chansons sur les ruptures, comme des chansons pour le futur.

Et côté sonorité, l’album en numérique est réellement froid. En fait, l’album en vinyle est tout aussi réellement froid, mais moins. L’écoute de la version numérique est dérangeante à haut volume et malgré sa sonorité très numérique et très travaillée sur le disque vinyle, la présence musicale est excellente, on a l’impression d’explorer les fresques musicales, et non de les subir. Cet effet est encore plus présent avec la finale en queue de poisson sur la finalité des choses, que j’ai été incapable d’écouter en numérique mais qui coule de souche sur la version vinyle. Surtout pour ce style folk, le vinyle ajoute une coloration des années 70 qui sied à cette sonorité intemporelle.

On achète si on aime Emmylou Harris, Laura Marling, Elisapie Isaac, Brandi Carlile, She & Him.

2016 – Roberto Musci: Tower of Silence

Enregistrements de terrain, version ambiante

Artiste: Roberto Musci
Album: Tower of Silence

En Test: 2016 Vinyle double en encart

Étiquette: Music From Memory; MFM014

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Le monde de la musique d’enregistrement de terrain (field recording) est assez spécial. Technique résolument moderne, les pionniers sont les passionnés de traitement sur bande magnétique des années 1960, on pense au BBC Radiophonic Workshop – dont l’excellente Delia Derbyshire qui a composée le thème de Dr Who. On peut même reculer plus loin avec, dans les années 50, la composition musicale avec traitement sur film; on pense à l’ONF avec l’extraordinaire Norman McLaren qui fait figure de précurseur du genre. On peut reculer encore avec les tous débuts, peu après l’arrivée de la bande magnétique avec son invention allemande, le style provenant d’explorations sur la musique concrète trouvent leur initiateur avec Pierre Schaeffer en France peu après la Seconde Guerre mondiale. Depuis, le style a été surtout perçu comme étant rébarbatif et cérébral, et ce n’est pas les incroyables Variations pour une Porte et un Soupir de Pierre Henry qui vont changer cette vision (c’est une de mes pièces préférées). Les quelques rares percées commerciales se faisant lors de l’époque du Peace and Love, avec des essais musicaux, dont la fameuse Messe pour le Temps présent de Pierre Henry et Michel Colombier, utilisée récemment pour le thème de l’émission Futurama. Plus près de nous, il y a René Lussier qui composa en 1989 son chef-d’œuvre Le Trésor de la Langue, film auditif dans lequel on suit les protagonistes cherchant s’il est important de parler le français au Québec. La démocratisation de ce style musical s’est faite avec l’arrivée des synthétiseurs Fairlight CMI, permettant de faire jouer des échantillons musicaux de tous genres. Des groupes comme The Art of Noise et Yello en ont fait leur gagne-pain. Aujourd’hui, on se demande bien ce qu’il peut y avoir de difficile à prendre son téléphone portable, enregistrer quelque chose dehors, revenir chez soi, ouvrir Garage Band, ajouter quelques filtres et superposer le tout avec quelques instruments. C’est ici qu’arrive tout le génie exploratoire: on peut penser à l’album de musique de danse Supermodified d’Amon Tobin, composé à l’aide d’échantillonnages musicaux traités au point de ne plus en reconnaître l’origine, mais qui demeure avec un aspect commercial certain. On peut aussi penser, récemment, à Automatisme qui compose avec en base des échantillons de la vie urbaine de tous les jours captés sur le vif, traités au point où ils sont intégrés entièrement à la musique.

Mais si on revient à de la musique où l’on reconnaît parfaitement les échantillons, arrive Roberto Musci, compositeur milanais ayant une affection pour la sonorité de l’Afrique et de l’Asie, plus particulièrement l’Inde. Le compositeur a voyagé à travers ces continents durant une dizaine d’années dans les années 70 et 80, et a utilisé ses acquis afin de composer ainsi que de produire des émissions radiophoniques de musique expérimentale et indigène jusqu’à la fin des années 90. Depuis 1983, le musicien a aussi enregistré plusieurs albums forts de ces sonorités uniques. C’est une compilation de ces explorations musicales qui nous est offerte ici sur disque vinyle. Le disque offre en quinconce des pièces de 1983 jusqu’à 2015, le tout, avec une belle progression musicale. Le style est introspectif, ambiant, exploratoire, doux tout en restant présent, électronique sans nécessairement le faire paraître aux premiers abords.

Pour la qualité de l’enregistrement, le disque vinyle double est très bien enregistré, la qualité du disque est apparente dès les premiers instants (même s’il y a des commentaires Internet au sujet d’un manque de rigueur lors de la gravure) et la sonorité est superbe. Là où il manque quelque chose, toutefois, c’est que le disque est très précisément monocorde côté volume. Ça sent la limitation numérique à plein nez et il n’y a tellement pas de surprises que ça en devienne maladif. À haut volume, on entend le compresseur se faire aller sur chaque petite note. Évidemment, on ne peut pas non plus s’attendre à avoir une sonorité audiophile sur des enregistrements faits avec un enregistreur portatif dans les années 70, mais ce n’est que rarement un problème, la «pire» des pièces à ce niveau est probablement la toute première de l’album. Non, le problème est que l’album est beaucoup trop limité. Pour le reste, ça s’écoute comme un bon vin: lentement, solennellement, avec déférence, et avec la petite pointe de curiosité que peut nous procurer un album-compilation d’un artiste absolument unique.