RSD2018: Les choix de Michel

Certains me connaissent comme le fou qui réalise des critiques depuis désormais une année. Bientôt, je vais être en file, avec mon café, à parler avec mes collègues maniaques de musique en attendant que ça ouvre. Je vais rencontrer des nouvelles têtes et revoir des amis que je croise dorénavant à toutes les années. Comme à toutes les années, il va y avoir quelques offres dont Fréquences n’aura reçu qu’une seule copie, ou encore dont les trois copies vont s’envoler avec les trois premiers fous qui vont passer. Mais aussi, il y a plein de superbes disques qui vont attendre les fans toute la journée, voire une semaine.

On a tous vus le message Facebook avec les belles boîtes pleines de disques. Je l’ai vu comme vous tous, alors si vous lisez ceci en vous attendant à savoir ce que Fréquences aura réussi à avoir, c’est manqué: je ne suis pas et ne veut pas être dans le « secret des dieux », et comme à toutes les années, je désire participer activement en récupérant mes disques moi-même. Si je passe à côté d’un, c’est tant pis, je vais être heureux pour mon suivant qui aura réussi à l’attraper. En contrepartie, si je tombe sur un disque auquel je ne m’attendais pas, je vais être infiniment plus heureux!

Note: les seuls disques que je considère absolument incontournables proviennent de groupes québécois. Je ne fais que les mentionner parce que tous les intéressés s’en prendront déjà une copie, et mon petit doigt me dit qu’il n’en manquera pas (maiiiis je peux me tromper! Je n’en sais pas plus que vous!). Tsé… Lhasa, les Colocs, f***ng Voivod, Les Marmottes!

Mes choix en ordre alphabétique:

44,99$ Death Metal / Noise 1995 : Abruptum – Evil Genius (silver / Black Marble Vinyl)

Un des groupes phare du vieux death metal suédois, Evil Genius est une compilation de leurs premiers rubans démo. Sorti en 1995 en CD avec des critiques positives et incluant une lame de rasoir et un message suggérant de se suicider, le disque a eu droit à une version vinyle par Southern Lord en 2007. Black Lodge Records nous propose ici leur version, disponible qu’en 300 copies. Il n’y a pas vraiment de rabais à obtenir les anciennes versions Southern Lord en-ligne, faut ce qu’il faut.

49,99$ Abstrait / Ambiant 1998 : Bass Communion – Bass Communion (2lp)

Le nom de plume ambiant de Steven Wilson, connu pour avoir fondé le groupe Porcupine Tree entre autres, ce premier album de Bass Communion est une première en vinyle, et un des chef d’œuvres de Wilson. Certains surnomment le cycle proposé ici « Drugged », de par la chanson double du même nom qui débute et termine l’album d’une heure. Prix très raisonnable pour un album double.

16,99$ Soul 1972 : Beginning Of The End, The – Fishman

Simple 12″ d’un 45 tours qui dépasse les centaines de dollars aujourd’hui. Merci à Strut de nous faire plaisir avec ce grande pièce de musique soul!

79,99$ Country 1968 : Cash, Johnny – At Folsom Prison ( 5 LP / Legacy Edition )

Petit prix, les deux concerts en entier avec les autres artistes invités aussi, des extras, il semble y avoir un DVD en surround aussi (mais je peux me tromper, c’est flou sur le site du RSD). C’est pas mal la version ultime de ce très grand concert intime. Ça risque de prendre de la valeur rapidement!

42,99$ Alt Rock 1996 : Chainsaw Kittens – Chainsaw Kittens

Je ne pensais pas réellement avoir un album de Chainsaw Kittens au RSD. Groupe travaillant près de Smashing Pumpkins, ils ont été des personnages très étranges dans la scène musicale. Voix punk, chanteur ouvertement gai, groupe plus près de ce qu’on appelait « alternatif » dans le temps des Nirvana, c’est un groupe vraiment étrange. Trop commercial pour certains, pas assez pour d’autres, ils n’ont pas eus beaucoup de succès, mais leurs disques ont toujours été épatants et très honnêtes. Il était temps que leur disque de 1996 sorte en vinyle!

39,99$ Électro classique 1991 : Fricke, Florian – Spielt Mozart

Une des figures proéminentes du krautrock avec son groupe Popol Vuh, Florian Fricke (1944-2001) nous livre ici sa version synthé de quelques pièces de Mozart. S’il s’agit ici du disque vinyle double en 45 tours qui nous est annoncé, ça va être toute une sortie à un prix absolument dérisoire.

14,99$ Breakbeat / Synthpop 1993 : Jesus Jones – Zeroes + Ones 25th Anniversary Clear Vinyl Edition

Simple de fou de synthpop, mélange de big beat, de rock à la Lacuna Coil, des airs de The Prodigy, de voix pop à la Tears for Fears, de breakbeat et big beat à la Chemical Brothers. Mais attendez … on n’aura pas la chanson originale sur ce disque! En fait, c’est des versions remixées par Aphex Twin et par The Prodigy, ainsi qu’une version instrumentale de la chanson. Encore plus fou! Le tout pour un très petit prix.

17,99$ Pop 1987 : Madonna – You Can Dance (red Vinyl With Poster)

Moins de 20$ pour le disque avec un poster… Pour une bonne compilation, ça se passe de commentaires.

29,99$ Funk Psyché 1972 : Messengers Incorporated – Soulful Proclamation

Si vous avez 500$ ou plus à mettre sur une version originale de 1972, c’est votre choix. Si vous avez 50$ ou plus à mettre sur la réédition 2013, c’est encore votre choix. Mais ce disque, unique sortie de Messengers Inc. sur leur propre étiquette dans le temps, est une bombe.

35,99$ Heavy Metal 1993 : Motörhead – Death Or Glory (aka Bastards) (silver / 180g / Gatefold)

C’est dans les meilleurs disques de Motörhead! Si vous n’avez pas de Heavy Metal ou de Motörhead, c’est un excellent point de départ, très accessible tout en étant sans concession. Il existe beaucoup de versions vinyles de ce disque, habituellement de piètre qualité, alors j’ai hâte de voir comment cette édition va se situer versus les autres.

31,99$/ch IDM, Électro expérimental 1983-1984 : Norton, Doris – Norton Computer For Peace et Personal Computer

Oui, ça se peut des artistes qui ont Apple Computer comme sponsors! Ces albums sont des perles d’expérimentation informatique, dans l’air du temps des Kraftwerk, The Art of Noise et Laurie Anderson.

32,99$ Ambiant cérébral 1999 : Popol Vuh – Messa Di Orfeo

Un des grands albums ambiant du tournant du millénaire, ce disque est un incontournable du genre. Très cérébral et très spirituel.

25,99$ Pop 1982 : Prince – 1999 (180gr)

Il existe une version deluxe en disque double de cet album, avec un matriçage réalisé très correctement par Bernie Grundman. La version originale est en disque double d’ailleurs. Alors pourquoi faire un disque simple? Parce que c’est la version européenne du disque, qui a été sortie en disque simple et qui contient les versions 45 tours « simples » de l’album! Ce n’est pas la même chose.

32,99$ Soul / Funk / Jazz 1973 : Sparks, Melvin – Texas Twister

Un album plus obscur du grand guitariste Melvin Sparks (1946-2011), quand on parle d’un disque génial que seuls les férus du style connaissent, vous savez, votre ami qui vous regarde avec un gros sourire et vous met « le » disque, c’est exactement de ça qu’on parle! Une seule édition vinyle à sa sortie, pas vraiment de version CD (album compilation double), et maintenant, Tidal Waves qui nous ressort cette claque dans le visage! Une bombe méconnue du funk!

36,99$ Drone / No Wave / Post Rock 1996 : Swans – Die Tur Ist Zu (2lp)

C’est réellement un cas de eau maille gode! Ce disque de Swans n’a été disponible qu’en Allemagne, le CD exige des prix ridicules, alors d’avoir ce disque ici enfin, c’est une bénédiction! Pour un disque en trois faces, c’est un prix correct.

32,99 Afro-funk 1976 : Thomas, Pat Introduces Marijata – Pat Thomas Introduces Marijata

Mr Bongo nous gate avec un groupe du Ghana, un des rares exemples de musique Highlife originale.

Les albums de Fire Records

Ils ont un peu pressé la sauce avec tous ces bons disques d’un coup, ils auraient pu espacer un peu à mon avis! Enfin, voici mes recommendations pour cet étiquette, en vrac, et les autres qu’ils proposent ne sont pas mauvais et à considérer.

42,99$ Punk Rock 1977 : Boys – The Boys (coloured Vinyl)

39,99$ Punk Ruck 1983 : Esg – Come Away With Esg

42,99$ Indie Rock 1989 : Television Personalities – Privilege (Aussi considérer leur album double Closer To God, très bon)

Et bien plus!

Il y a des incontournables, comme les Soul Jazz Records, la compilation Electroconvulsive de Medical Records, la compilation Sun annuelle. Je n’en parle pas parce que les habitués savent qu’il vont y être et ils vont sauter dessus si c’est dans leurs choix.

Il y a des surprises, beaucoup de disques que je n’ai pas pris le temps d’étudier, des disques qui sont sortis autour du RSD mais qui ne font pas partie de la sélection officielle, le catalogue de disques de Fréquences, pour lequel je vais avoir la chance de faire un tour complet des rayons et de voir ce qui peut être intéressant.

Probablement que je ne prendrai pas tous ces disques, et probablement que je vais en prendre beaucoup d’autres! J’ai hâte!

Et vous? Quelque chose vous allume?

1980: Chant grégorien par le Choeur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoit-du-Lac

La grandeur d’âme, version québécoise!

Album: Chant grégorien par …
Artiste: Chœur des Moines de l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac

En test: 1980; Vinyle

Étiquette: Radio-Québec; SBL 0880

Nous avons la chance d’avoir une grande abbaye au Québec: Saint-Benoît-du-Lac est un endroit de pèlerinage et de retraite dans laquelle beaucoup se rendent afin de se déconnecter de la vie moderne, se reconnecter à eux-mêmes et au sacré, à ce qu’il y a d’important. Les moines bénédictins de l’abbaye y vivent selon la règle monastique de Saint-Benoit depuis désormais plus de cent années, ce qui ne les empêche pas d’être accueillants. Auberge, fromages, mais surtout pour nous, musique!

À chaque dizaine d’années, un groupe s’intéresse à la mouture du moment du Chœur. Dans les années 70, c’était Radio Canada International. Dans les années 80, c’était l’émission Chant grégorien et orgue de Radio-Québec, dans les années 90, l’étiquette Analekta, en 2000, ATMA Classique. Entrecoupé dans tout ça, le Chœur s’est produit, réalisant des albums depuis les années 60 ou même avant, pour le plus grand bonheur de leurs visiteurs.

Cet album est un des rares qui est produit par Radio-Québec. Ces derniers ne sont pas reconnus pour leurs albums. En fait, ils ont prêté leur nom et le financement afin de produire leur émission, mais le disque est bel et bien enregistré par l’Abbaye, on le remarque d’ailleurs avec l’identification SBL du disque.

Côté enregistrement, c’est bien fait, avec un orgue et un chœur en belle communion, mais une sonorité légèrement métallique, qui n’a pas beaucoup d’espace, de staging et un microphone probablement légèrement mésadapté. La coupure des pistes a aussi été faite à la va-vite, on entend l’atmosphère changer entre plusieurs des pistes, faute d’avoir attendu assez longtemps pour nous laisser respirer avec les chanteurs et d’avoir fait un fondu enchaîné. Et le disque lui-même est gravé avec une technique un peu simpliste. Ça hume la compilation réalisée en plusieurs séances.

Mais pour tous ces problèmes, il y a un côté naïf à la gravure du disque qui donne un résultat qui n’est pas à négliger. L’utilisation d’un ruban simple sans technique de réduction de bruit; l’utilisation d’un disque gravé simplement, sans extras; l’utilisation de la musique sans technique moderne de traitement; la simplicité de la prise de son, la simplicité de l’offre musicale, ça donne un côté accessible, beau et chaleureux, et ça n’a rien à envier à beaucoup de nos albums modernes qui sont au contraire surproduits. Le dynamisme, discret étant donné le style musical, est néanmoins bien présent, et même en abondance si on y porte attention. Un superbe disque! Suggestion: Cherchez-en une copie absolument parfaite, sinon vous allez regretter l’omniprésence des bruits de surface!

2018: First Aid Kit – Ruins

Le cœur en ruine des sœurs Söderberg!

Album: Ruins
Artiste: First Aid Kit

En Test: 2018 Vinyle simple en encart

Étiquette: Columbia / Sony
88985493661

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Une autre exportation de notre chère Suède, le groupe First Aid Kit est composé des sœurs Klara et Johanna Söderberg aux différents rôles du groupe. Le groupe a été démarré par quelques publications sur le groupe social MySpace il y a une dizaine d’années. Ils ont ensuite démarré quelques années avec une étiquette indépendante avant d’être signés par Columbia en 2014 et leur superbe disque Stay Gold. C’est aussi le moment de leur épanouissement mondial, avec une nomination aux Brit Awards pour meilleur groupe international en 2015. Le groupe, d’abord légèrement rock, s’est concentré assez rapidement sur sa stylistique folk indépendante avec une touche country surprenante pour un groupe suédois.

Pour Ruins, on a eu à attendre quatre longues années. Durant ces années, le groupe a fait des tournées, mais surtout, Klara a pris un repos forcé de la musique, en retraite avec son fiancé du moment à Manchester, pendant que Johanna est demeurée à Stockholm. Ce repos musical a continué jusqu’à la rupture de Klara, son retour en Suède et l’écriture de ses états d’âme avec cet album. On a droit à un album beaucoup plus introspectif, plus triste et beaucoup moins rock, mais avec toujours cette belle verve qu’on connaît de First Aid Kit. L’album est composé de petits tableaux de styles différents, le tout nous faisant découvrir un album fort complet, qui sait nous emporter à travers cette exposition musicale virtuelle. On passe de l’introspectif au grandiose, du country au folk, des chansons sur les ruptures, comme des chansons pour le futur.

Et côté sonorité, l’album en numérique est réellement froid. En fait, l’album en vinyle est tout aussi réellement froid, mais moins. L’écoute de la version numérique est dérangeante à haut volume et malgré sa sonorité très numérique et très travaillée sur le disque vinyle, la présence musicale est excellente, on a l’impression d’explorer les fresques musicales, et non de les subir. Cet effet est encore plus présent avec la finale en queue de poisson sur la finalité des choses, que j’ai été incapable d’écouter en numérique mais qui coule de souche sur la version vinyle. Surtout pour ce style folk, le vinyle ajoute une coloration des années 70 qui sied à cette sonorité intemporelle.

On achète si on aime Emmylou Harris, Laura Marling, Elisapie Isaac, Brandi Carlile, She & Him.

2016 – Roberto Musci: Tower of Silence

Enregistrements de terrain, version ambiante

Artiste: Roberto Musci
Album: Tower of Silence

En Test: 2016 Vinyle double en encart

Étiquette: Music From Memory; MFM014

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Le monde de la musique d’enregistrement de terrain (field recording) est assez spécial. Technique résolument moderne, les pionniers sont les passionnés de traitement sur bande magnétique des années 1960, on pense au BBC Radiophonic Workshop – dont l’excellente Delia Derbyshire qui a composée le thème de Dr Who. On peut même reculer plus loin avec, dans les années 50, la composition musicale avec traitement sur film; on pense à l’ONF avec l’extraordinaire Norman McLaren qui fait figure de précurseur du genre. On peut reculer encore avec les tous débuts, peu après l’arrivée de la bande magnétique avec son invention allemande, le style provenant d’explorations sur la musique concrète trouvent leur initiateur avec Pierre Schaeffer en France peu après la Seconde Guerre mondiale. Depuis, le style a été surtout perçu comme étant rébarbatif et cérébral, et ce n’est pas les incroyables Variations pour une Porte et un Soupir de Pierre Henry qui vont changer cette vision (c’est une de mes pièces préférées). Les quelques rares percées commerciales se faisant lors de l’époque du Peace and Love, avec des essais musicaux, dont la fameuse Messe pour le Temps présent de Pierre Henry et Michel Colombier, utilisée récemment pour le thème de l’émission Futurama. Plus près de nous, il y a René Lussier qui composa en 1989 son chef-d’œuvre Le Trésor de la Langue, film auditif dans lequel on suit les protagonistes cherchant s’il est important de parler le français au Québec. La démocratisation de ce style musical s’est faite avec l’arrivée des synthétiseurs Fairlight CMI, permettant de faire jouer des échantillons musicaux de tous genres. Des groupes comme The Art of Noise et Yello en ont fait leur gagne-pain. Aujourd’hui, on se demande bien ce qu’il peut y avoir de difficile à prendre son téléphone portable, enregistrer quelque chose dehors, revenir chez soi, ouvrir Garage Band, ajouter quelques filtres et superposer le tout avec quelques instruments. C’est ici qu’arrive tout le génie exploratoire: on peut penser à l’album de musique de danse Supermodified d’Amon Tobin, composé à l’aide d’échantillonnages musicaux traités au point de ne plus en reconnaître l’origine, mais qui demeure avec un aspect commercial certain. On peut aussi penser, récemment, à Automatisme qui compose avec en base des échantillons de la vie urbaine de tous les jours captés sur le vif, traités au point où ils sont intégrés entièrement à la musique.

Mais si on revient à de la musique où l’on reconnaît parfaitement les échantillons, arrive Roberto Musci, compositeur milanais ayant une affection pour la sonorité de l’Afrique et de l’Asie, plus particulièrement l’Inde. Le compositeur a voyagé à travers ces continents durant une dizaine d’années dans les années 70 et 80, et a utilisé ses acquis afin de composer ainsi que de produire des émissions radiophoniques de musique expérimentale et indigène jusqu’à la fin des années 90. Depuis 1983, le musicien a aussi enregistré plusieurs albums forts de ces sonorités uniques. C’est une compilation de ces explorations musicales qui nous est offerte ici sur disque vinyle. Le disque offre en quinconce des pièces de 1983 jusqu’à 2015, le tout, avec une belle progression musicale. Le style est introspectif, ambiant, exploratoire, doux tout en restant présent, électronique sans nécessairement le faire paraître aux premiers abords.

Pour la qualité de l’enregistrement, le disque vinyle double est très bien enregistré, la qualité du disque est apparente dès les premiers instants (même s’il y a des commentaires Internet au sujet d’un manque de rigueur lors de la gravure) et la sonorité est superbe. Là où il manque quelque chose, toutefois, c’est que le disque est très précisément monocorde côté volume. Ça sent la limitation numérique à plein nez et il n’y a tellement pas de surprises que ça en devienne maladif. À haut volume, on entend le compresseur se faire aller sur chaque petite note. Évidemment, on ne peut pas non plus s’attendre à avoir une sonorité audiophile sur des enregistrements faits avec un enregistreur portatif dans les années 70, mais ce n’est que rarement un problème, la «pire» des pièces à ce niveau est probablement la toute première de l’album. Non, le problème est que l’album est beaucoup trop limité. Pour le reste, ça s’écoute comme un bon vin: lentement, solennellement, avec déférence, et avec la petite pointe de curiosité que peut nous procurer un album-compilation d’un artiste absolument unique.