2017/1995: Kenji Kawai – Ghost In The Shell OST

La trame sonore de l’animé original, version vinyle, et pourquoi le film ne m’a pas choqué.

Album: Ghost In The Shell Original Soundtrack
Artiste principal: Kenji Kawai

V.O.: CD; 1995; Sony Music (Japon); BVCR-729

En Test: Vinyle (édition limitée) avec 45t supplémentaire; 2017

Étiquette: WRWTFWW Records;
WRWTFWW017LTD

Vous pouvez commander la version normale chez Fréquences en tout temps. Vous n’avez qu’à nous appeler!

En 2014, Sony Music a finalement sorti une version mise à jour 96 kHz de cette incroyable trame sonore. Avec le sortie en 2017 du film avec de vraies personnes par Rupert Sanders, il n’en fallait pas plus pour que l’étiquette WRWTFWW se décide de mettre la main sur les droits internationaux d’une version vinyle.

Il y a plusieurs animations japonaises qui ont fait école, habituellement issues de bandes dessinées et faisant suite à l’univers de Blade Runner. On peut penser au fantastique Akira, mais aussi au terre-à-terre Ghost in the Shell, qui se pose la question qu’est-ce que l’âme. Dans un univers où les humains peuvent être branchés, être hackés, et dont les souvenirs font partie intégrante de notre expérience, qu’est-ce qui fait la différence entre un humain et un robot avec quelques cellules grises ? En fait, qu’est-ce qui fait la différence entre une entité issue d’ordinateurs sur réseau Internet et un être humain ? Qu’est-ce que la conscience ?

La trame sonore a été conservée avec cette même introspection. Lourde, forte, avec des instruments et voix étranges. Les instruments ne sont pas réellement japonais : on parle de djembé africain, de gamelan indonésien, du gong thaïlandais ou même les tubular bells mise en vedette par Vangelis. Les voix sont basées sur une polyphonie bulgare, mais chantée par un groupe japonais avec des thèmes en vieux japonais. Les violons sont bien évidemment plus européens. Et finalement, la seule « chanson » de l’album a été chantée par Mme Fang Ka Wing en cantonais (on peut entendre la chanson en sourdine dans la scène de poursuite du marché).

En d’autres mots, c’est un album qui se veut tout aussi international que l’animation japonaise ou que la série de bandes dessinées d’origine : avec des personnages aux traits allemands, Ouest américains, chinois, le tout dans un environnement tokyoïte. C’est pour ça que les attaques que le film n’utilisait pas des acteurs strictement japonais me faisaient sourciller : en 1995, tout le monde prenait grand soin de rendre l’histoire la plus internationale possible, dans un univers où toute l’humanité est représentée en chœur avec les cyborgs et les robots.

Et côté qualité de disque, il faut lui donner toute la déférence qu’il se doit. WRWTFWW prend le meilleur des soins afin de créer des disques incroyables. Les percussions sont franches, sont fortes, sont présentes. Le mixage final est fort sur les basses et le disque est à très faible volume à cause de la quantité de ces dernières. Mais chaque instrument vient nous chercher viscéralement. À un seul moment, j’ai senti une piste de ruban être un peu plus incertaine lors d’un des chœurs. Peu de compression apparente, belle définition des instruments, et malgré le faible volume, on y entend peu de bruit de fond.

Ce disque va faire partie de mon nouveau lot de disques-tests.

Merci à Fréquences de m’avoir probablement trouvé le dernier disque version édition limitée disponible sur la planète par des distributeurs habituels. Ça leur a pris six mois, mais le défi a été relevé!

Qualité du vinyle: 9/10

RSD2019: Tedeschi Trucks Band – High & Mighty

Petit retour sur le Record Store Day, et première critique!

Quelle semaine! Et quelle journée du RSD! Comme d’habitude, une belle journée, des gens sympathiques en file, les habitués qui viennent prendre leur lot de trouvailles, et les quelques-uns qui repartent bredouille parce que quelqu’un a été plus vite qu’eux, ou que la sortie a été reportée. Mais les gens que j’ai vu repartir avaient tous le sourire au visage! À la fin de la journée, je suis reparti avec une cinquantaine de disques, dont trois qui ne sont pas du RSD. J’ai résisté à prendre la table tournante trois pouces, et il y a beaucoup de très beaux coffrets que j’ai regardé partir avec des larmes au visage. Déjà que j’ai acheté deux fois plus de disques que l’an passé, que j’ai deux usuriers qui me courent après et que j’ai déjà vendu un rein au marché noir, c’est amplement suffisant!

Sur ce…

Petite nouveauté : je vais dorénavant donner des cotes qualité aux disques! Eh oui! Il faut être avec le temps, que voulez-vous!

Voici ma grille :

  • 0 : Disque illisible, graves fautes de production
  • 5 : Disque fourni en CD à la réplication, fait à la chaîne, achetez donc ce dernier!
  • 7 : Très bon disque, pas exceptionnel, la majeure partie des disques
  • 10 : On pleure tellement c’est beau!

Album : High & Mighty
Artiste : Tedeschi Trucks Band

En Test : 2019; Vinyle 180g; 45 tours; RSD 2019

Étiquette : Fantasy; FAN00434

Dans les groupes méconnus ici, il y a bien le Tedeschi Trucks Band. Ce n’est pas un petit groupe ! Susan Tedeschi est une blueswoman de carrière, ayant d’abord démarré le Susan Tedeschi Band, groupe qui a ouvert pour les plus grands groupes de R&B, blues, rock et folk (dont Bob Dylan et les Rolling Stones), elle a été une des rares productions blues-folk a obtenir des disques d’or et des nominations à des Grammy très régulières. Au début du millénaire, elle a marié Derek Trucks, guitariste d’exception d’abord connu pour son Derek Trucks Band, mais il a surtout été un musicien invité à travers de nombreux événements et groupes (dont Crossroads, les Allman BrothersBob Dylan encore et Eric Clapton).

Le secret de leur sauce a été de combiner leurs talents complémentaires. Avec la voix de Tedeschi rappelant le côté folk de Bonnie Raitt et les emportées blues de Janis Joplin (selon la journaliste Gwenn Friss) accompagnée d’une guitare rythmique d’un tel calibre qu’elle aurait pu être lead dans la majeure partie des autres groupes blues, et la guitare incroyable de Trucks, on a droit à toute une envolée d’émotions. D’ailleurs, leurs nominations et gains de Grammys à travers leur histoire de groupe le prouvent. Un mélange incroyable de rock, blues et folk.

Ce disque est un EP en 45 tours, avec trois chansons inédites sur la face A et une longue pièce enregistrée en concert pour la face B. Quel disque! La qualité y est réellement, les instruments sont beaux, clairs, mais avec une présence toute blues, tout comme la voix qui est parfaitement captée. On a juste le goût d’écouter cet EP en boucle!

Qualité du vinyle : 9/10

RSD2019: Les choix de Michel

Une petite tradition: voici la liste des disques qui m’intéressent cette année au Record Store Day 2019. Et c’est toute une année! Bon an mal an, j’ai une dizaines de disques sous la lorgnette. Cette année, c’est plus d’une cinquantaine (genre … beaucoup plus)! Mon porte-feuille me regarde avec un drapeau blanc et des yeux en x, et la dite journée n’est même pas arrivée!

Alors le petit disclaimer public afin de protéger nos arrières… je, Michel, ne suis pas employé chez Fréquences. Je ne l’ai jamais été et je ne le serai probablement jamais! Au fil des ans, je peux dire que beaucoup des membres de l’équipe sont devenus des bons amis… mais ça s’arrête là! Je ne suis qu’un simple fan fini à grande gueule, qui a été approché par la gang pour écrire des critiques et des articles!

Je ne suis pas payé (en fait, je paye mes disques). Je ne suis pas dans le secret, je ne sais pas si Fréquences va recevoir 0, 1, 2, 5, 15, 50 disques de Mme. Unetelle et son Band. Je vais avoir la même surprise que tout le monde le matin du Record Store Day. Je vais fouiller comme tout le monde, et comme tout le monde, il y a ce barbu qui va arriver cinq minutes avant nous et qui va prendre la seule copie du disque tant prisé. Je ne sais pas si ce disque va se vendre à 1000$ le lendemain ou si 500 copies vont se retrouver dans le bac à un dollar.

On est dans le même bateau! Les matins du RSD, je parle aux habitués, on s’échange nos convoitises, on parle des autres fous, de nos belles prises de l’année. On parle dans le dos de JF. On frappe dans la vitre et on fait du grabuge (respectueusement). Et si je suis dans les premiers de la file, c’est parce que je me lève trop tôt pour la vie… comme tous les autres carburant au café qui font la file! Ah non, il y a pire: certains partent tard la veille de St-Trop-Loin-de-Lavie, dorment dans leur camion et arrivent avec la bonne humeur. Quand même!

Sans plus tarder… mes choix, en ordre alphabétique!

Mes incontournables

Incontournable pour moi = risible pour un autre, suivi de quoi tu ne prends pas ça? Il faut faire son choix! Oh et si vous vous demandez pourquoi je ne parle pas de tel ou tel grand artiste, c’est que j’ai tenté de conserver mes choix sur les valeurs moins certaines, vous faire découvrir des choses, pas seulement le dernier U2.

  • 59,99$ – Brazil Classics 30th Anniversary Box Set (Luaka Bop)
    La grande collection de David Byrneles grands musiciens du Brésil, qui n’étaient pas enregistrés. Le tout sur vinyle! C’est absolument fou, et à un prix qui parfois n’inclut qu’un seul disque! Je me sens comme un petit enfant ici! Je vous invite à cliquer sur le lien (le titre de l’album) afin de lire les beaux commentaires ajoutés par l’équipe de Fréquences, sans blague, je n’ai rien d’autre à ajouter.
  • 49,99$ – Captain Beefheart – Trout Mask Replica (Third Man)
    Si je n’ai qu’un seul disque à obtenir, c’est lui! L’histoire veut que le grand bluesman qu’est Captain Beefheart a reçu une carte blanche afin de réaliser quelque chose de totalement champ gauche. Quand on sait que c’est un collaborateur avec Frank Zappa et que ce dernier a été quand même pas mal traumatisé de l’album qu’il a coproduit, ça donne une idée du portrait. L’album lui-même est du grand n’importe quoi: des bouts de rubans parlés en ad lib dans le studio, des musiciens qui ne s’écoutent pas, une voix de poète qui se fout de la musique et qui hurle le tout en falsetto… et quand je parle de poésie, c’est quelque chose! On est beaucoup plus près de Claude Peloquin que de Rimbaud disons. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que tout l’album, aussi étrange soit-il, a été sciemment et consciencieusement écrit, répété, et rien dans tout ça n’est laissé au hasard! À un point tel où les musiciens se sont présentés dans le studio, ont joué les pièces telles que prévues, et qu’ils ont quitté après presque une seule prise.

  • 37,99$ – Cotton, James – Late Night Blues Live At The New Penelope Café (Justin Times)
    L’étiquette montréalaise frappe encore: un grand harmoniciste, une légende du blues, James Cotton n’était pas un deux de piques. Ayant acquis sa notoriété dans les années 50, ce dernier en a joué de toutes les couleurs durant sa très grande carrière. On a droit ici à un enregistrement du Café Pénélope de Montréal en 1967. L’album s’écoute comme un charme, j’ai hâte de voir ce que Justin Times aura réussi à sortir comme sonorité des vieux enregistrements!
  • 41,99$ – Disco Not Disco: Leftfield Disco Classics From The New York Underground (Strut)
    Je vous laisse lire ce que l’équipe de Fréquences a à dire (cliquez sur le titre de l’album), ça donne une très bonne idée de l’ampleur du désastre! Et c’est un Strut, ils ont tendance à produire de l’excellente qualité! À ce prix-là, c’est du vol!
  • 89,99$ – Evans, Bill – Evans In England: Live At Ronnie Scott’s (Resonance)
    Ouch! L’importation coûte cher! Mais quel spectacle! Bill Evans demeure un des plus grands pianistes jazz, et il nous en met plein la vue en 1980 sur ce fantastique album enregistré en direct. Je suis aussi très légèrement sceptique de la qualité, vu qu’on aura droit à 25 minutes de musique par face en moyenne afin d’entrer la totalité des pièces en deux vinyles. Ce n’est pas du jamais-vu, il y a certainement possibilité d’avoir une qualité exemplaire, et surtout que les pièces possèdent un très grand dynamisme, donc beaucoup de chances d’optimisation de pistes. Mais c’est à voir.
  • 23,99$ – Karkwa – Le Volume Du Vent (Audiogram)
    Le chef d’œuvre de 2008 est enfin en vinyle! On parle ici d’un disque qui a sa propre page Wikipedia en anglais. Il y a des grands albums, et il y a de très grands albums. L’engouement porté à ce disque risque d’être démentiel. Passez à côté et prenez-en une copie, ou vous allez le regretter! Je le mentionne ici, mais n’oubliez pas les six excellents disques quebs cités à la fin de l’article!

  • 37,99$ – Kuti, Fela; Ayers, Roy – Music Of Many Colours (Knitting Factory Records)
    Deux grands, un africain de l’afro-beat et du funk, et un américain du jazz qui débutait sa phase R&B et disco. Une rencontre mythique après une tournée de trois semaines de concerts au Nigéria. Ils ont tellement aimé jouer ensemble qu’ils ont pondu cet album. D’un côté, une composition surtout de Kuti. De l’autre, une composition surtout de Ayers. Des deux bords, des grands musiciens, un orchestre ridicule, des chœurs, name it!
  • 35,99$ – Russell, Leon – Live At Gilleys (Concord)
    Excellent spectacle de la part de Leon Russell au sommet de sa forme, accompagné de l’excellent New Grass Revival Band. Très bon spectacle rock de 1981, avec une touche bluegrass du mythique groupe progressif et la touche country du grand Russell. Ce n’est pas pour rien qu’il a été intronisé au temple du Rock n’ Roll en 2011!

  • 19,99$ – Sunn O))) – Life Metal (Southern Lord)
    36,99$ – Sunn O))) – Life Metal (2 LP) (Southern Lord)
    Un nouveau disque! Ce n’est pas une réédition qu’on parle ici, c’est de nouvelles compositions du mythique Sunn O))). Et on a droit à deux versions du disque: une normale sur un vinyle à un prix très abordable (en comparaison, c’est plus de 5$ supplémentaires pour le 7po de Kubrick). Mais aussi, on a une version qui risque d’être solidement limitée au RSD 2019: les mêmes pièces, mais sur deux disques, s’assurant d’avoir le maximum de volume et de dynamisme pour nos envolées dans le monde drone de Sunn O)))!
  • 89,99$ – Third Man Records Rsd 3 Inch Vinyl – Blind Box Set Of 4 Records
    Moi c’est ce qui m’intéresse. En fait, plus précisément, le disque des Raconteurs. Mais pour ça, il faut aussi acheter la table tournante jouant des disques de trois pouces!
    109,99$ – Mini Turntable With Foo Fighters 3 Inch Vinyl Record
    Bref: 200$ pour obtenir un disque de 3 pouces … mais en même temps, quelle idée originale!
  • 29,99$ – Wtf: Live From The Garage (RSD Records)
    On n’en verra pas trop de cet acabit: album produit par le Record Store Day lui-même, afin d’épauler une bonne cause. The Garage, c’est une baladodiffusion en premier lieu, et il a eu la chance d’avoir des prestations uniques de beaucoup de grands artistes de tous les styles. On peut penser à Charlie MusselwhiteEels et bien d’autres. Une bonne cause, une très bonne compilation, des artistes connus ou méconnus, des versions uniques, et ça risque d’être la seule fois que ce disque va être disponible en vinyle. L’avenir me prouvera que j’ai tort, mais je ne suis pas certain que ce soit le premier choix de beaucoup d’acheteurs. Moi, en tout cas, j’espère sauter dessus!
  • 18,99$ – Zero 7 – Home (alternative Mix) / Somersault (Danger Mouse Remix Ft. Mf Doom) (New State Entertainment)
    Un petit 10 pouces. Un très bon groupe de trip hop qui roule sa bosse depuis une vingtaine d’années. Ils sortent deux chansons retravaillées, la première par Tina Dico, et l’autre par Danger Mouse. Si je me fie à leurs albums et à la version numérique du remix de Danger Mouse, je pense qu’on va avoir droit à un méchant bon simple!

Mes incontournés

Vous allez comprendre qu’après tant de si bons disques, il a fallu que je coupe en quelque part! L’année précédente, j’avais carrément moins de disques qui m’intéressaient, je devais gratter afin de trouver les bombes. Et là, j’ai eu à ajouter tous ces disques dans une deuxième section! Ils sont tous aussi bons (moins une toute petite coche), mais je laisse une chance à mon portefeuille.

  • 26,99$ – Carlos, Wendy; Elkind, Rachel – Kubrick (Silva Screen)
    Ok, le rapport qualité-prix n’est décidément pas du côté de cet album. C’est un petit 45 tours 7po. Mais la musique qu’il contient, ouf! On a droit à la première utilisation d’un vocorder sur un enregistrement avec la pièce dont le point de départ est la 9e symphonie de Beethoven. Et de l’autre côté, c’est un travail à partir du fantastique Requiem de Berlioz. Deux grandes pièces, telles qu’utilisées dans les films de Kubrick l’Orange Mécanique et Shining: L’enfant lumière. Et j’ai un solide faible pour la pionnière et précurseure Wendy Carlos. Bref: pour moi, il aurait pu être un incontournable si ça n’avait pas été du prix prohibitif.
  • 16,99$ – Chic – Le Freak (Oliver Helden Remix) (Rhino)
    Édition spéciale simple 12 pouces avec la version vocale étendue originale sur une face, et le nouveau remix de Helden sur l’autre. Célébrons le 40e anniversaire de cette chanson mythique! Mon côté stoïque dit que les gens se fichent de la nouvelle version, et que l’ancienne est accessible chez tous les bons disquaires dans les boîtes à cinq dollars… mais mon côté excité dit que c’est génial qu’une étiquette de disque prenne le temps de réaliser un simple disco sur douze pouces juste pour faire plaisir aux admirateurs et célébrer avec tout le monde. Pour le prix, c’est pas trop mal en plus. Si ce n’était pas de l’accessibilité de la VO, j’aurais dit incontournable.
  • 84,99$ – Perry, Lee «Scratch» & Friends – Back To The Ark Boxset (Upsetter)
    Le Dub, c’est quelque chose. Quatre rythmes, quatre albums. Chaque album avec quatre versions tirées du même rythme. Une anthologie! Je ne crois pas que ce soit un album pour Monsieur et Madame Tout le Monde, ça risque de ne pas trop se suivre, ça risque d’être rébarbatif même, quatre simples dans une boîte dans le fond. Mais pour les capotés fous du Dub, ça risque d’être solidement le pied. Ça reste aussi un brin dispendieux avec plus de 20$ par album, mais il faut ce qu’il faut. Moins dispendieux, il aurait été indispensable!
  • 13,99$ – Ronson, Mark Feat. Cyrus, Miley – Nothing Breaks Like A Heart (Columbia)
    Bin oui, du Miley Cyrus dans mes tops. Un simple douze pouces, la très bonne chanson en face A, et deux remixes en face B. Je dois avouer, j’ai un faible pour Mark Ronson, je trouve qu’il réalise des excellentes chansons. Oui oui, je sais, on ne voit pas le popotin de Cyrus sur le vinyle, il faut écouter le vidéoclip pour ça. Mais moi, c’est la musique que j’aime. Pas une réédition! C’est nouveau de novembre 2018! Pas indispensable parce que pop, mais c’est mon côté hautain qui parle!

  • 64,99$ – Tangerine Dream – Poland: The Warsaw Concert (Esoteric)
    Un grand classique du genre, quatre superbes pièces. Un très bon concert, un grand album des maîtres de l’électro-ambiant. Ça reste un des disques qui m’intéresse le plus, ils ont tout donné pour cette réédition, allant au Abbey Road Studios pour la gravure, pochette restaurée. Mais mon petit commentaire sarcastique va tout de même mentionner qu’on peut obtenir une version NM du disque original pour la moitié de ce prix. J’ai hâte de faire ma critique, juste voir si leur nouvelle version vaut réellement la peine (c’est Esoteric, ça risque d’être oui.) Pas incontournable parce que dispendieux pour quelque chose d’accessible en VO moins cher que ça.

Les trucs pour fous

C’est pas incontournable, c’est juste débile! Mais s’applique à une clientèle en particulier. En vedette cette année: le blues et le dub!

  • 44,99$ – Arnalds, Ólafur – Re:member + String (Mercury)
    Un des très bons compositeurs multidisciplinaires, ayant débuté en tant que batteur de groupes hardcore et métal, et ici, on a droit à quelque chose de totalement différent: un extraordinaire album débutant au piano, et grandissant en downtempo et en électro avant de terminer en grande. Un superbe album de 2018, en édition spéciale avec un 7 pouces en extra!
  • 52,99$ – Clark, Alice – Alice Clark (Wewantsounds)
    La grande chanteuse soul méconnue, enfin en réédition sur une étiquette conséquente. Cet album de 1972 est un chef d’œuvre de R&B, soul, acid jazz, pop, name it! C’est l’heure de la découvrir, elle est incroyable! Et encore plus incroyable, elle est méconnue!
  • 38,99$ – Dillinger – Cb 200 (Get On Down)
    L’original dub de 1976, réédité pour notre plaisir! Le premier disque officiel de Dillinger, grand artiste reggae-dub de Kingston qui roule encore sa bosse aujourd’hui. L’album du succès international Cocaine in my Brain.
  • 52,99$ – Dream Syndicate – The Days Of Wine & Roses (Fire)
    Le punk rock alternatif et à paroles des années 80 est à son meilleur avec cet album. Wine & Roses est le premier album du groupe Dream Syndicate de Los Angeles, et il a frappé fort. Je me demande si la version de Fire sera à la hauteur, tout le monde s’est essayé de sa propre version (dont l’excellente étiquette 4 Men With Beards). Et le disque demeure plus dispendieux qu’une version NM de ces derniers… Mais Fire a tendance à réaliser des versions ultimes, et selon leur site web, ça semble être encore le cas, avec des disques supplémentaires, des liners, des objets, etc. On ajoute le coût de l’import du UK, et ça justifie pleinement ce prix.
  • 39,99$ – Green River – Live At The Tropicana 1984 (Jackpot)
    Si vous ne connaissez pas Green River, c’est un super groupe composé de Mark Arm et Steve Turner de Mudhoney et Jeff Ament et Stone Gossart de Pearl Jam. Bref: ce n’est pas des deux de piques. Et cet album, ça provient de la collection personnelle des membres du groupe. Bref: du jamais vu!
  • 42,99$ – Hancock, Herbie – Dedication (Get On Down)
    Il faut le faire en 2019, sortir un Hancock presque inédit de 1974. Ceci n’est pas le Herbie Hancock que vous avez l’habitude d’écouter! Cet album est presque un exutoire, une soupape à trop-plein que le grand pianiste jazz à commis sur ruban avant de retourner à sa tournée.
  • 29,99$ – Idles – Meat Ep / Meta Remixes (Balley Records)
    De l’excellent heavy punk rock datant de 2015, enfin en vinyle. Un EP sur une face et quatre remixes de Meta sur l’autre. À découvrir!
  • 32,99$ – Lightnin’ Hopkins – Strums The Blues (Third Man)
    C’est une compilation … de 1958! Des 78 tours d’un des plus grands bluesman mis sur un seul album, qu’on peut acheter en VO à environ 500$ si on est chanceux.

  • 36,99$ – Little Walter – The Best Of Little Walter (Sundazed)
    Compilation de 1957 du grand harmoniciste, fier représentant du style blues de Chicago. Il existe une version audiophile « ultime » de 2005 par Chess, mais elle est le double du prix de cette nouvelle version. À suivre si ça vaut la peine de dépenser le plein prix après la version de Sundazed, qui font habituellement des versions correctes de leurs disques.
  • 26,99$ – Mickey Mouse Disco (Disney)
    L’original, le seul et l’unique! Pour faire différent un peu des Rockabye de ce monde, on a droit ici aux vraies versions des chansons qu’on aimait quand on était petits. Je dois avouer, je connais le disque par cœur, et j’ai hâte de faire une étude comparative entre ma version originale et celle-ci!
  • 36,99$ – Morricone, Ennio – La Stagione Dei Sensi (Vinyl Magic)
    Ce n’est pas un album normal de Morricone. Beaucoup de styles différents, beaucoup d’atmosphères différentes. Il était temps que quelqu’un en fasse la réédition, la dernière datant de 2009.
  • 42,99$ – Rahbani, Ziad – Abu Ali (Wewantsounds)
    Dans les choses les plus champ gauche que je propose, il y a cet album: un grand succès de disco libanaise de 1978! Mais si c’était juste ça… en fait, il est allé en Grèce pour enregistrer son album, c’est donc un 12 pouces absolument international qui est présenté ici! Pour deux chansons de 13 minutes, c’est un brin dispendieux, mais je peux concevoir beaucoup de raisons d’un tel prix.
  • 32,99$ – Roots Radics / Dub Syndicate – Dub The Planet Vol. 1 (Soundsystem)
    Encore un autre groupe dub qui a joué avec tout ce qui bouge: de King TubbyDillingerscienist, et ici avec Dub Syndicate.  Très curieux de ce qui va être fourni sur ce disque!
  • 29,99$ – Santigold – I Don’t Want: The Gold Fire Sessions (Downtown)
    Dre Skull et Santigold se sont amusés l’an passé et ont fait un mixtape mêlant la chaleur des caraïbes, dancehall et reggae. C’est doux, sympa, joyeux et une parfaite trame sonore pour son été! Juste pour le mega-hit Run The Road, ça vaut la peine!

Disons simplement qu’il faut vouloir pour acheter des rééditions de 78 tours qui tourne à cette vitesse. Moi, j’adore … mais il faut l’équipement et il faut être passionné pour payer si cher pour deux chansons.

Mais ce n’est pas tout

Plein d’autres trucs géniaux qui sortent … mon article est déjà assez long alors pas de discussions, mais parlez m’en, ce sont tous des disques qui sont fous! En rafale sans ordre! Si vous pensez que je ne fais que mettre tous les disques de la section RSD, en fait, vous vous trompez! Ce sont tous des disques qui m’intéressent, et j’en passe une 30aine d’autres que je me garde secrets! Ouais … c’est ridicule comme ça cette année!

Et quelques autres quebs

Je termine mon article avec au moins quelques autres disques nécessaires! Aucune description nécessaire, ce sont de grands succès qui méritent leur sortie vinyle depuis longtemps!

Quelqu’un achète des reins en bon état?

Rétrospective RSD 2018

Beaucoup de très bons (et beaucoup de moins bons) disques sont sortis en 2018. Cette année, c’est fou! Dans quelques jours, la folie arrive!

Vous voulez savoir si ça vaut la peine d’acheter au RSD? Eh bien la réponse est « noui » : certains disques sont des belles trouvailles, certains sont des disques pour admirateurs d’un groupe en particulier, certains ont été produits de façon mercantile, et quelques petits bijoux n’ont juste pas assez d’exemplaires afin de pallier à la demander. Bref : achetez ce que vous considérez bon, et laissez aux spéculateurs leur lubie de réaliser quelques sous avec leurs achats.

Pour vous convaincre qu’il y a des bonnes trouvailles, voici, en rafale, une série de beaux disques sortis lors des différentes éditions du RSD 2018. Je reste quand même relativement conséquent avec mes choix que je désirais obtenir. Dans tous ces choix, il y en a quelques uns que je n’ai pas pu acheter hélas, et je me suis laissé tenter par bien d’autres. Vous allez remarquer qu’il y a beaucoup de rééditions ici, et c’est quelque chose que j’ai vraiment déploré. Je suis heureux de dire que cette année, plusieurs nouveaux disques sortent. Le RSD s’améliore donc d’année en année.

Voici mes précédentes critiques de ces choix en particulier :

Et j’ajoute…

Doris Norton – Nortoncomputerforpeace & Personal Computer

Artiste : Doris Norton
Albums : Nortoncomputerforpeace (1983) et Personal Computer (1984)

En test : Vinyle; 2018; Mannequin; MNQ 116 et MNQ 120

Exemple parfait de la raison d’être du RSD : rendre accessibles une autre fois des disques rares et obscurs. Doris Norton est une compositrice-interprète italienne qui a la distinction d’avoir été la seule à recevoir un sponsorship de la part d’Apple. Aujourd’hui, on le tient pour acquis, mais Apple Computer s’est fait poursuivre à maintes reprises par Apple Corps (l’étiquette des Beatles) afin qu’ils ne touchent à quoi que ce soit de multimédia. Ils ont même eu à payer des frais à ces derniers à cause qu’ils avaient une prise haut-parleurs et micro sur leurs ordinateurs! Alors que d’avoir leur logo de pomme sur un disque, imaginez!

Les disques de Doris Norton sont autant de styles disparates, allant de l’électro-minimaliste à la Kraftwerk et The Art of Noise, à une recherche plus poussée et in, voire à de la heavy techno rock pour certains de ses albums des années 90. Bref : une grande pionnière de la musique électronique! Et ces exemplaires, gracieuseté de Mannequin, sont très bien gravés! Très bonne écoute!

 

Motörhead – Death or Glory

Artiste : Motörhead
Album : Death or Glory (Bastards en 1993)

En Test : Vinyle; 2018; Vinyl Passion; VP 90052

Motörhead a toujours fait parler d’eux, un groupe précurseur au style heavy metal, des années avant que le style n’existe vraiment. Mais avec le décès des Lemmy, on assiste à un revival de la passion des admirateurs du groupe. C’était un peu naturel qu’une étiquette se décide de sortir une nouvelle version de l’album Bastards de 1993. Cet album est un retour aux sources du groupe Motörhead, avec un style qui est reconnu comme étant classique pour eux. C’est aussi une deuxième période charnière côté membres, dans les derniers albums avec Michael « Würzel » Burston, et le deuxième avec le batteur Mikkey Dee.

Le disque n’a pas connu une très grande distribution, restant plus ou moins en Allemagne, malgré le fait que le groupe considère encore ce disque comme un de leurs meilleurs. Ceci dit, l’internationalisation des distributions fait qu’il y a eu plusieurs bonnes rééditions en vinyle. Alors que d’en avoir une autre, ce n’était peut-être pas si nécessaire que ça. En même temps, la version qui a été proposée en 2018 est très honnête, possède une assez bonne sonorité et est géniale à écouter. Le rematriçage est adéquatement produit, pas excellent mais très bien.

 

Popol Vuh – Messa Di Orfeo

Artiste : Popol Vuh
Album : Messa Di Orfeo (1999)

En Test : Vinyle; 2018; One Way Static Records; OWS 21

Ce n’est pas la première fois que j’écris indirectement à propos de Popol Vuh. J’avais aussi réalisé la critique de l’excellent album d’interprétation de musique classique de Florian Fricke qui est sorti ce même RSD. Si vous vous attendez à du krautrock, vous allez tomber sur un nœud : ce disque est assez purement ambiant et possède une facture chantée très près de la musique classique. C’est un très grand chef d’œuvre, une voltige de composition impeccable, le tout gravé sur un disque vinyle de très grande qualité.

Encore une fois, une bonne raison de rechercher les éditions sur RSD : c’est la première fois qu’on peut entendre ce disque en vinyle, et la composition s’adapte parfaitement à ce médium.

 

Lhasa – Live in Reykjavik

Artiste : Lhasa
Album : Live in Reykjavik (2009/2017)

En Test : Vinyle double; 2018; Audiogram; 19075805381

Dans les éditions qu’il fallait sauter dessus lorsqu’on y avait accès, il y a les rééditions RSD de Lhasa de Sela. Cette superbe édition de son spectacle enregistré en 2009 a finalement été sortie en CD en 2017 par Audiogram, et ils en ont profité pour faire une copie en vinyle double absolument impeccable. Payée moins de 30 $ (pour un disque double 180g) lors de sa sortie, on ne s’en sort hélas plus en bas d’une centaine de dollars afin d’obtenir le même disque. Et à date, Audiogram ne semble pas pressé de faire comme pour l’excellent La Llorona et faire une réimpression. Bref : il fallait y être! Pressing qualité audiophile, pour une captation de spectacle. En même temps, ce ton de voix, cette chaleur, ces instruments, le vinyle est le parfait médium pour faire jouer une telle musique!

Abruptum – Evil Genius

Artiste : Abruptum
Album : Evil Genius (1995)

En Test : Vinyle en encart; 2018; Black Lodge Records; BLOD027LP01

Dans un tout autre ordre d’idée, le groupe de musique black metal Abruptum en a profité pour sortir son excellente compilation Evil Genius une autre fois en vinyle. Il y a dix ans, Southern Lord (l’étiquette de Sunn O))) ) avait réalisé une excellente édition limitée de ce vinyle. Nécessaire d’en avoir une autre copie? Non. Mais pas déplaisant aussi. On déplorera que ces 300 copies limitées de couleur n’aient pas conservé la belle touche du CD initial d’avoir un message nous proposant de se tuer avec la lame de rasoir fournie. Très bonne gravure de la part de Black Lodge. Belle présentation! Et une belle entrée en matière pour la musique black metal.

 

Mais ce n’est pas fini! Prenez une gorgée de café avec moi, et on continue!

Marijata – Pat Thomas introduces…

Artiste : Marijata
Album : Pat Thomas introduces Marijata

En Test : Vinyle; 2018; Mr Bongo; MRBLP158

Extraordinaire disque de protodisco funk ghanéen de 1976, c’est le genre de disque dont l’original se vend à un prix ridiculement élevé (dans les 300 $ pour une minable copie). À ce prix-là, je vais prendre un billet d’avion pour le Ghana et aller acheter les bandes maîtresses originales.

Il y a trois ans, une réédition a été effectuée avec un succès adéquat. Mais ici, on parle de Mr Bongo. Et cette étiquette n’y va jamais de main morte. Quelle belle réédition avec une sonorité somme toute bien honnête ! On a de tout ici : on entend la boule disco dans la sonorité, des belles guitares, des horns, un rythme légèrement afrobeat, les voix en ensemble, le black power et la fierté africaine, l’anti-religion. Je ne crois pas qu’il fallait s’attendre à des miracles, les rubans sources ne doivent pas être réellement de bonne qualité, mais malgré tout, ça s’écoute avec joie à haut volume.

La bonne nouvelle est que le disque a été tellement scalpé qu’il est disponible à un prix très abordable sur les Internets.

Spectrum – Highs, Lows And Heavenly Blows

Artiste : Spectrum
Album : Highs, Lows and Heavenly Blows (1994)

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-079

Après beaucoup de styles différents, c’est l’heure de sortir la pipe à patchouli! Pete « Sonic Boom » Kember, connu surtout pour son précédent groupe Spacemen 3, nous lance dans le post space rock, pieds et poings liés. Un des meilleurs albums de Spectrum, il ne faut surtout pas prendre avec des pincettes le disque Highs, Lows and Heavenly Blows. C’est une atmosphère faisant penser à un très heureux mariage entre GY ! BEGiorgio Moroder et Steve Wilson, avec Peter Kruder comme maître de cérémonie. Avoir su qu’un tel groupe existait lors de mes années de cégep, ma vie aurait été différente!

Selon ce que j’ai entendu parler, le disque original de 1994 n’avait pas une gravure si excellente que ça. Eh bien, Medical Records s’est chargé de réaliser l’impossible, comme d’habitude! On a le goût de mettre ce disque à tue-tête et de se laisser emporter par cette si belle atmosphère.

Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

Artistes variés
Album : Electroconvulsive Therapy vol 4 – The Art of Survival…

En Test : Vinyle; 2018; Medical Records; MR-077

Comme chaque année, Medical Records nous fournit sa compilation de pièces toutes plus obscures les unes que les autres. Parfois, ce sont des pièces incroyables et parfois, c’est un peu bizarre. Je dirais que c’est la première année que je dirais que les pièces ne sont pas extraordinairement loufoques. On a droit à un style un peu plus « convenu », soit du minimalisme, du synthé-pop, et des pièces qui ne décoiffent pas tant que ça, comparés aux années précédentes. Comme je suis fou du synthé-pop, ce n’est pas un problème pour moi, mais pour une première année, ce n’était pas le premier disque que je désirais ouvrir.

N’empêche, la gravure est excellente, l’édition est géniale, ça s’écoute vraiment bien et j’aurais définitivement préféré avoir beaucoup plus de notes sur les artistes que j’écoute : comme toute bonne compilation K-tel de ce nom, on n’a que le nom du groupe et le nom de la pièce de musique. Ce n’est pas un objet de collection digne de Medical Records.

Suite du programme: mes recommendations 2019!