Réédition 2017: Iron Butterfly – In-A-Gadda-Da-Vida

In The Garden Of Eden est le chef d’œuvre hard rock psychédélique progressif de Iron Butterfly, leur chanson! Et tel qu’annoncé la semaine passée, Rhino nous sort une réédition. Comment se compare-t-elle à l’original?

Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-VidaAlbum: In-A-Gadda-Da-Vida
Artiste: Iron Butterfly

V.O.: 1968 ATCO Records
SD 33-250

En test: 2017 Vinyle Splatter; 1971 ATCO (Canada)

Étiquette: Rhino, ATCO Records
081227941918

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Iron Butterfly est un groupe d’une chanson. Parfois, les groupes ont la chance d’avoir un succès tôt dans leurs carrière. Parfois, c’est un tremplin, parfois c’est un one-hit wonder. Les plus observateurs remarqueront que sur la photo, j’ai mis le disque sur la face B quand toutes les autres images de mes critiques sont de la face A du premier disque. Ce n’est pas pour rien. Les autres chansons, aussi bonnes soient-elles, sont du remplissage pour la chanson titre de l’album. Est-ce bien mauvais d’être le groupe d’une seule chanson? Pour le procédé créatif, ce n’est pas épatant. Pour les idées futures et passées, passer des messages, ce n’est pas génial. Ensuite, vous êtes pris avec cette (#)$# chanson pour le reste de votre vie. Mais en contrepartie, une très grande majorité de groupes et musiciens n’arrivent pas à avoir une seule de ces chansons qui percent les tops. Mon avis est donc de vivre avec et d’être heureux de ce coup de chance.

Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-Vida (1968)Et l’original? Je dirais que l’original, bien entretenu, est très bon (pas excellent). Disque bien enregistré, forte qualité quand même, imagerie stéréo bien définie. Toutefois, malgré un disque impeccable, j’ai quand même des pertes sonores de temps en temps. On change d’univers musical à multiples reprises, comme si on passait d’une prise à une autre. Parfois, c’est un peu sourd, et parfois il y a des difficultés avec le matriçage. On remarque entre autres le son strident des dernières notes de la chanson (Encore une fois, très chien de la part d’un groupe de terminer avec un orgue canal droit exclusivement sur un disque vinyle). Aussi, il y a parfois de l’écrêtage avec les instruments et la voix.

Ok, et est-ce que Rhino a eu raison de produire une nouvelle version? D’abord il y a le prix. On va s’entendre qu’on peut souvent trouver cet Iron Butterfly dans des boîtes à 1$ chez les disquaires. Mettons 10$ pour une version de qualité impeccable et 50$ pour une version trop dispendieuse en achat en-ligne. Ces versions sont imbattables rapport qualité-prix. Et il y en a! Sur Discogs, on retrouve plus de 1500 versions originales! Il n’y a donc pas de demande pour ce disque en tant que tel. Mais s’ils ont fait un bon travail, qui sait … ça peut être une bonne idée de ressortir ce disque malgré tout.

Alors [roulements de tambour] j’ai été vraiment surpris! Ils ont fait un excellent travail sur ce disque. Chris Bellman, responsable pour la nouvelle gravure à partir des bandes maîtresses, a fait comme d’habitude un travail impeccable, digne des audiophiles. Il faut dire que ce n’est pas un inconnu, il est responsable de plusieurs disques des Grateful Dead et de Neil Young, artistes qui sont réputés pour être extrêmement sévères sur la qualité. Aussi, il a fait la version audiophile de Endtroducing (DJ Shadow). Alors qu’il sorte une très bonne version pour In-A-Gadda-Da-Vida est presque sans surprise. Pour ceux qui connaissent le disque jusque dans ses moindre détails (ou qui se tapent un comparatif comme moi), vous allez être en terrain connu. Les moindres déplacements stéréo y sont, le bruit de fond des bandes y est, ça ne sonne aucunement numérique, le disque donne l’impression d’être sorti de 1968… mais tous les détails erronés sont éradiqués. Une perte de signal dans le milieu du disque d’origine est disparue (probablement provenant de la version canadienne 1971 que j’ai mise en test), le côté rugueux de la fin du disque avec les aigus à droite sonnent dorénavant beaucoup moins métallique, les instruments sont beaucoup plus à leur place que la version d’origine. J’ai l’impression d’avoir une chanson enregistrée d’un seul coup!

En d’autres mots, chapeau Rhino, chapeau ATCO. Ça vaut parfaitement les 30$ de l’album! Sur ce, ça ne sent pas assez le patchouli dans ma maison, et je dois aller mettre mes projecteurs d’effets colorés à l’huile. [NDLA: le disque venait couvert d’une copieuse quantité de poussière. Peut-être que j’ai juste été malchanceux de tomber sur un dessus de pile, mais je vous recommande d’au moins passer la brosse dessus ou au mieux de le nettoyer – ce que vous devriez faire sur tous les nouveaux disques de toute façon!]

On achète si on aime Vanilla Fudge, Ten Years After, Canned Heat, Foghat.

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