Réédition 2016: Autechre – Incunabula

On avait eu droit à la réédition de Lego Feet il y a quelques années. Warp Records se met dorénavant de la partie avec (Incunabula), le premier bébé de Autechre sous ce nom.

Autechre - IncunabulaAlbum: Incunabula
Artiste: Autechre

V.O.: 1993 Warp Records

En test: 2016 Vinyle

Étiquette: Warp Records
WARP LP17R

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Ça ne sert à rien du tout de changer une formule gagnante. On a droit à une réimpression du disque de 1993. Aucun nouveau travail n’a été fait sur les bandes originales. Le travail de matriçage de Geoff Pesche est conservé dans son entièreté, les pistes sont gravées de la même façon, avec la même qualité. Mais peut-être que leur 25 ans de carrière est passé en-dessous de votre radar, alors parlons un peu d’eux. [NDLA Je sonne peut-être condescendant ici – ce n’est pas du tout le cas! Même si je les connaissais un peu et que j’avais beaucoup d’amis qui les adoraient, je ne les écoute avec intérêt que depuis 3-4 ans, et ce, même si je suis un fana de musique électro ambiante! – alors c’est vraiment que je vous comprends si vous les avez ignorés]

Le duo de la banlieue de Manchester est connu pour son expérimentation rythmique et électronique. Beaucoup de leurs albums sont expérimentaux de nature, et même leurs albums plus accessibles, tel que ce premier album qui est beaucoup plus IDM et techno que leur matériel plus récent, ont des chansons avec un esthétisme propre à eux. Pas exactement de la musique sérielle, pas du tout de la musique concrète à la Henry, mais pas dans le pop à la The Art of Noise ou Kraftwerk dont ils sont contemporains. Ce qui est incroyable est que le duo s’est hissé dans le top indie en Grande Bretagne à l’aide de ce premier album! Comment bien démarrer une carrière sur une nouvelle étiquette!

Ce même duo avait débuté avec le pseudonyme Lego Feet, sous l’étiquette Skam Records. Ces derniers ont d’ailleurs ressorti leur premier album éponyme en 2012, qui est beaucoup plus expérimental et moins peaufiné, mais qui possède un certain charme de début de carrière (lire: ce n’est pas pour rien que l’album n’est pas devenu un top – mais c’est une première belle incursion dans le monde de la production d’albums). Et les prochains albums sont aussi disponibles en réédition. On a droit à presque tout leur matériel qui les a fait connaître. Presque? Oui hélas. Warp n’a pas encore jugé bon ressortir leur Anti EP, disque politique s’il en est un, qui a été produit contre une loi britannique empêchant la tenue de soirées où la musique est rythmée d’une façon précise et répétitive (!!!!).

Et côté sonorité, c’est comment? L’album a été gravé avec un fort souci du détail. Les faces sont quand même chargées (de 16 à 25 minutes), il y a eu un fort travail de production afin d’arriver à un résultat adéquat. Ils ont retravaillé les fréquences afin de réduire l’espacement des sillons; ils ont aussi utilisé une gravure à espacement dynamique, où les moments plus doux ont moins d’espacement et les moments plus forts ont plus d’espacement. Bref: un jeu dangereux pour la qualité, mais qui a été parfaitement réalisé. On droit à un album se suivant, de qualité fort respectable du début à la fin, une bonne quantité de basse, des transitoires précises (nécessaires à du IDM), aucune compression apparente (c’est numérique, entendons-nous que tout est passé à travers des filtres, compresseurs et limiteurs, l’album au complet sent la console arbre de Noël, mais l’important est ce que ça laisse comme impression finale) et un bruit de fond minime.

Ce n’est pas pour rien qu’ils n’ont rien changé de la gravure initiale, de retravailler quoi que ce soit aurait demandé beaucoup plus de travail pour arriver à un résultat potentiellement approximatif.

On achète si on aime Mouse on Mars, Jon Hopkins, The Orb, Brian Eno, Fennesz, Orbital, Seefeel, Steve Reich.

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