1981/85 vs 2012 vs 2014: Iron Maiden – Killers et Live After Death

Cinq disques en comparatif. Trois Killers: la version originale (canadienne) de 1981, la version picture disc de 2012 et la version 180g de 2014. Deux Live After Death: la version 1985 et la version 180g de 2014. Et même les versions numériques de 1998 en prime! Mega-critique pour mega-classiques-heavy-metal!

Iron Maiden - Killers (1981)Album: Killers
Artiste: Iron Maiden

V.O. En Test: 1981 Vinyle, Harvest (Canada), Capitol Records, EMI Records
ST-12141

En Test: 2012 Picture Disc Vinyle, EMI (UK)
50999 972933 1 6

En test:  2014 180g Vinyle, Parlophone (Europe)
2564625242

Version numérique: Remaster de 1998

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Iron Maiden - Live After Death (1985)Album: Live After Death
Artiste: Iron Maiden

V.O. En Test: 1985 Vinyle, Capitol Records, EMI (Canada)
SBBA 12441

En Test: 2014 180g Vinyle, Parlophone (Europe)
2564624865

Version numérique: Remaster de 1998

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Iron Maiden - Killers et Somewhere In TImeJ’aime parler Maiden avec mes amis fanatiques de Hard Rock et de Métal. C’est un groupe universellement apprécié, mais dont chaque personne a une période préférée. Certains vont dire que les deux premiers albums sont les seuls vrais albums de Maiden (avec Paul Di’Anno), et qu’ensuite (Avec une influence grandissante de Birch et de Dickinson au sein du groupe), c’est commercial. D’autres vont dire que les vrais bons albums sont les trois suivants avec Number of the Beast, Piece of Mind et Powerslave, pour leur côté pleinement assumé. D’autres vont dire Somewhere In Time pour le côté unique et expérimental. Ou leurs spectacles fous. Ou encore les albums plus récents. Tous les rockers, tous les métalleux aiment la madonne de fer; personne n’est d’accord sur la période. C’est un peu comme Genesis, soit tu es prog et le seul bon Genesis est avec Gabriel, soit tu es pop et le seul bon Genesis est avec Collins. Ou tu es comme moi, et tu te fous bien de ce que les autres aiment, et tu aimes (presque) tous les Maiden et les deux périodes de Genesis. (Ok je suis partial aux cinq premiers de Maiden et j’aime mieux la période pop de Genesis 😉 Mais chut!)

Super, mais pourquoi parler de tant de disques à tester? Simple! Parce que j’ai la chance d’avoir beaucoup de versions de ces mêmes pièces d’anthologie en très bonne qualité. J’ai aussi la chance d’avoir différentes versions de remasters. Aussi j’ai un album (relativement) court avec une quinzaine de minutes par face dans Killers. Et j’ai un album dans la période ou Maiden nous en donnait pour notre argent avec plus de 25 minutes par face dans Live After Death. Bref: de la grosse déchire et un bon moment pour y aller objectivement entre toutes ces versions et parler de mes impressions de tout ce beau monde.

On y va! Deuxième disque de Iron Maiden, Killers est un disque dans lequel ils poussent encore plus leur côté extrême. Le premier disque éponyme était déjà hard mais était fait avec toute la fierté d’un groupe sortant un premier disque. Le deuxième a été produit et mixé et matriçé par Martin Birch qui a fait bien des années de Maiden par la suite. C’est aussi le deuxième et dernier disque chanté par Paul Di’Anno, qui ne pouvait supporter le rythme effréné de spectacles et de sorties de disques du groupe et était tombé de plus en plus dans la drogue et les comportements destructeurs.

Iron Maiden - Killers (1981)Et la version originale, ça sonne comment? Il faut se rappeler qu’en 82, il n’y avait pas de vente de CD. Aussi, Maiden ne passait pas à la radio. Il n’y avait que deux façons d’écouter du Maiden: à travers des vinyles, mais surtout à travers les cassettes! Je vais être hérétique ici, mais les gens écoutaient surtout les versions cassettes pour le heavy métal. Ça fait du sens aussi considérant que leur auditoire n’était clairement pas comme moi, des audiophiles sirotant du champagne en écoutant un disque bien imprimé en disant «yes, indeed» et «shocking!» En tout cas, le disque vinyle, malgré que pour moi la version ultime est la cassette, il reste très bon. Pas exceptionnel, mais très bon. Bien balancé, bons instruments, avec une sonorité un peu entre le son métal lourd-chaleureux des années 70 et le son propret sans basse des années 80. C’est certain qu’un disque de 35 ans reste avec une grande chance de popcorn, et les techniques du jour n’étaient pas exceptionnelles, surtout pour des styles divergents tels que le métal. Preuve: malgré une sortie internationale et une étiquette prestigieuse, c’est le groupe lui-même qui a fait son propre matriçage pour les deux premiers disques! Mais, c’est un beau disque à écouter. Je comprends les auditeurs d’être montés sur le bateau.

Parfait, maintenant la version numérique de 1992? C’est un peu le début de la fin avec la qualité musicale. Ce sont des rééditions avec un volume fort élevé, même pour le temps. C’est la version qui est communément retrouvée, d’ailleurs, et son intérêt est dû à la simplicité du travail réalisé pour cette réédition. Plus ou moins, le volume a été évidemment augmenté. Un peu de distorsion et un peu d’écrêtage, un peu de nettoyage et quelques ajustements mineurs de la part du groupe… mais ce n’est pas désagréable en tant que tel. Je dirais que si vous désirez une bonne version numérique, ça reste la version originale des années ’80 qui est encore la version à avoir. Mais ce n’est pas déplaisant du tout. Tout ce qui a été produit par la suite est basé sur cette version. Le CD ou les autres versions, c’est 92.

Iron Maiden - Killers (2012 Picture)C’est bon! Alors la version disque-image? Je vous invite tout d’abord à regarder l’objet. Non seulement la pochette est lourde et grosse, bien imprimée et montrant une qualité inhérente, mais le protecteur intérieur du disque est superbe, avec photos et imprimé pleine couleur avec informations supplémentaires (versus les autres versions qui sont une pochette normale sans impression), mais en plus … le disque … Wow! les deux images du disque sont ma – la – des, et pour les fanas, chaque disque est aussi bien réalisé côté image. L’objet en tant que tel est incroyable. Juste pour les images, c’est vraiment fou! Là où ça se gâte, c’est côté qualité de reproduction sonore. Ils prennent d’ailleurs soin d’écrire en très petit en arrière que l’utilisation d’un disque-image nuit à la qualité de la reproduction sonore «These discs are manufactured from vinyl which includes pictures. By nature of this manufacturing process, sound quality may be compromised». No shit, Sherlock! Et pas juste un peu, si vous voulez mon avis. En mettant l’aiguille sur le disque, le bruit de fond démarre et il est presque aussi fort que les premières notes de guitare de Wrathchild! Ce n’est pas du petit bruit de fond, ça! En d’autres mots, CQFD pour les disques-image: c’est beau mais n’a aucun intérêt musical! Il y en a parfois qui sont adéquats mais je n’ai jamais entendu un disque-image sonner vraiment bien. Ma copie de Killers est simplement horrible, mes copies des autres albums sont passables. Et c’est à quoi je m’attendais de toute façon. Peu importe ils ont pris quoi pour faire leur enregistrement, ils auraient pu mettre une version MP3 que ça n’aurait pas paru. Et en portant attention, je trouvais plus des affinités avec la version numérique de 1998 que d’affinités avec le disque vinyle de 1981, je call bullshit sur le original vinyl masters. D’ailleurs, la quantité de buzzwords marketing vendait la mèche: «One of eight limited edition heavyweight vinyl picture discs cut from original vinyl production masters in deluxe gatefold sleeve». Quand on se donne autant de mal à vendre un objet, je pars toujours avec une appréhension.

Iron Maiden - Killers (2014)Ouf. Ok, et la version 180g de 2014? C’est celle qu’on a accès aujourd’hui. Et Fréquences a la chance de nous fournir la version européenne. C’est sobre, c’est simple et c’est sur 180g. Ok, comme vous le savez bien, 180g, ça n’enlève pas de qualité, mais ça n’en ajoute pas nécessairement. Donnez-moi un 140g, 180g, 210g, pour moi c’est du pareil au même. Par référence, l’excellent album d’origine est sur 120g, comme la majorité de disques sur le marché. Mais à part le poids (marketing), ils doivent me prouver qu’ils ont fait du bon boulot. Alors je met le disque … je l’écoute … et ça sonne exactement pareil à la version de 1982!!! Ok, je dois me tromper, je remet le disque de 1982, je remet le disque de 2014. Et … non! Je persiste et signe: Iron Maiden est reparti des bandes maitresses d’origine, ont refait un matriçage spécifiquement pour le vinyle, ils ont travaillé le son d’une façon sobre et intelligente, et ont fait un disque qui est voulu fortement similaire à la version originale, juste meilleur! WOW!

Ça ne veut pas dire qu’ils ne l’ont pas retravaillé, ils ont réglé quelques problèmes de volumes, entre autres des divergences côté batterie. Ils ont ré-imaginé légèrement le son, entre autres la voix de Di’Anno ressort avec une réverbération plus moderne (mais toujours omniprésente) que la version originale. Mais ce que j’entends, c’est une version 2.0 du même disque qu’on aime à l’origine. Je dois avouer que je ne croyais toujours pas mes oreilles, alors j’ai fait mes recherches sur les Internets… et Iron Maiden eux-mêmes ont été super transparents sur le processus utilisé pour les disques de 2014, ils expliquent le tout sur leur site web. Je devrais me faire plus confiance la prochaine fois parce que mon intuition était bonne, mais croyez-moi, la version de 2014 en 180g de Iron Maiden n’est pas du tout issu du même rematriçage de 1998! Selon le vidéo, ils ont quand même passé via le numérique pour faire le montage final, mais ça ne s’entend pas. Travail de maître de la part de Sean Magee! Merci!

Iron Maiden - Live After Death (1985)Quelques paragraphes pour Live After Death. Ça fait partie de la période où Iron Maiden écrivait avec fierté la durée de leur album. Playing Time 100.08 minutes. 4 faces, ça fait 25 minutes par face en moyenne. Habituellement, quand un 33 tours dépasse 20 minutes par face, une petite lumière jaune apparaît sur mon écran. J’ai des disques classiques incroyables avec plus de 30 minutes par face, mais ils exigent un travail raffiné de la part des techniciens. Par exemple, sur l’album The Song Remains The Same de Led Zeppelin, la chanson Dazed and Confused de 27 minutes n’est bonne que sur certains pressings (Japonais = ok, UK d’origine = superbe, Canada et US = ark, Europe = beurk, réimpressions = bouse). Alors pour moi c’était un test fort intéressant entre la version originale de Maiden Live 1985 et la nouvelle réédition de 2014 en 180g.

La V.O. est comment? Elle est surprenante. En fait, la qualité est très bonne. Un peu de bruit de fond, le popcorn est très apparent et les sauts d’aiguilles sont faciles. Ça se corse hélas à mesure que le disque progresse. Au début, on a des cymbales et des caisses claires superbes, et plus le disque progresse, moins elles sont présentes. C’est «normal» pour des disques avec tant de musique par face. Le matériel est rendu un peu plus sourd; les aigus prennent beaucoup d’espace sur un vinyle alors ils ont réduit les hautes fréquences pour tout entrer. Mais le disque s’écoute fort bien, c’est un bon spectacle et la musique est bien rendue. Comparativement à Killers, ils avaient d’ailleurs commencé à utiliser des ingénieurs de gravure de renom. Ça paraît.

Iron Maiden - Live After Death (2014)Et la version 180g de 2014? SVP dis moi qu’elle est aussi bonne que pour Killers! Oui! Je vais vous le dire: elle est exceptionnelle encore une fois! Aucune preuve de travail violent côté sonorité, ils sont restés fidèles au vinyle d’origine et ont produit un disque digne de mention encore une fois. Dans la vidéo explicative sur le site de Iron Maiden, ils parlaient que les 45 tours étaient remis sur une bande maîtresse avant d’être gravés sur disque. Je ne crois pas qu’ils aient utilisé ce processus pour le spectacle de live: le disque a trop une lame coupante, il est précis et stable, et a un côté rugueux uniquement apparent au numérique. Je sens qu’ils ont utilisé une technique de gravure optimisant l’espace sur le disque afin de conserver le maximum de qualité de A à Z de l’album. C’est tout à notre avantage d’ailleurs, parce que c’est impeccable! Le matériel n’est pas du tout plus sourd et les cymbales ne sont que réduites un peu à la fin de l’album (c’est de bonne guerre encore une fois) mais vraiment beaucoup moins que sur l’original. Tout comme la version 180g de Killers, c’est un superbe travail de la part des intervenants.

Un mot sur l’édition numérique de 1998 et verdict de Live: elle s’écoute fort bien encore une fois, est très compressée hélas mais je dirais que le gros avantage est que toutes les chansons sont avec la même qualité. Si vous cherchez les dernières chansons de chaque face avec la meilleure qualité (Flight of the Icarus, The Number of the Beast, Running Free et Phanton of the Opera), je voterais pour l’édition numérique. Si vous désirez écouter le disque de A à Z, je vote définitivement pour la version 180g 2014.

(essoufflement) Mon plus long article à date! L’équivalent de 5 critiques en un! Quelle conclusion avoir? Achetez avec fierté les rééditions 180g de 2014. Elles sont parfaites. Mon avis est qu’ils ont du subir le joug de leurs fans après avoir sorti une si mauvaise qualité de disque-image en 2012: Superbes objets mais les gens qui sont sur vinyles sont des bêtes qui cherchent une qualité de son en premier et le visuel en second. Les sorties picture disc sentaient l’opération marketing. 2 ans plus tard, une version bien réalisée avec autant de transparence de la part d’un band, ça sentait la soupe chaude. Et merci de cette soupe chaude, chers fans! On a enfin des superbes éditions à se mettre sous la dent.

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