2016: Jóhann Jóhannsson – Orphée

Ambiance, néo-classicisme, glitch, le fièrement islandais Jóhann Jóhannsson nous emmène dans son univers introspectif sur vinyle.

Album: Orphée
Artiste: Jóhann Jóhannsson

En test: Vinyle 2016

Étiquette: Deutsche Grammophon
479 6322

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Introspectif, cinématographique, voire triste un peu, calme avec juste une petite touche électronique pour nous faire douter, Jóhannsson nous sort un nouvel album absolument incroyable. Belles compositions donnant une aura toute personnelle, comme si on entrait dans la bulle du compositeur; une atmosphère qui fait qu’on ne peut pas simplement rester de glace; des compositions qui ne peuvent être mises en sourdine afin de travailler pendant l’écoute.

C’est, encore une fois, un style musical dont les compositeurs pleuvent. On n’a qu’à penser à ma critique de Eluvium – Copia qui résume bien ce fait. Mais contrairement à Eluvium, Jóhannsson utilise de vrais musiciens, des vrais artistes. Ce sont des compositions qui sont jouées avec de vrais pianos, un vrai orchestre à cordes, de vraies voix. Ce n’est pas pour rien qu’on retrouve cet artiste sur de grandes étiquettes reconnues pour la musique classique ainsi que pour les trames sonores de films: c’est exactement son style et il y a un souci de la perfection dans ses offres. Mon côté classique va plus dire qu’il s’agit de plein de petits tableaux, démarrant en fondus ouverts et arrêtant en fondus fermés. Autant de petits tableaux disparates nous laissant dans un univers, mais ne nous faisant que frôler ce dernier. Comme des extraits de grandes œuvres. Mais je ne suis pas critique musical et j’avoue écouter Orphée fréquemment alors qui suis-je pour critiquer!

Ok, je dois avouer que j’ai eu un petit pincement au cœur en ouvrant le disque. Il s’agit ici de mon tout premier Deutsche Grammophon acheté neuf. J’en ai plusieurs douzaines, voire une bonne centaine chez moi. Mais c’est le tout premier que j’achète et que je déballe et j’avais bien évidemment l’appréhension de tomber sur un mauvais disque. Eh bien non. Dignes d’eux, ils ont su rendre un disque digne de la vision du compositeur. Si on y entend du bruit de fond, c’est dans la chanson. Si un instrument nous semble électronique, c’est qu’il a été trafiqué par le compositeur. La quantité de gens ayant travaillé sur la captation n’est peut-être hélas pas preuve de succès à tout coup, il y a quand même quelques lacunes à ce niveau, des micros qui vibrent, des fréquences qui passent moins bien. Côté gravure, quelques passages d’orgue sont plus difficiles à lire par les aiguilles, mais c’est bien rare. Le disque aurait pu être double, il ne l’est pas, et il est parfaitement réussi comme ça! Un grand, beau, génial disque à écouter lorsqu’on désire partir dans un autre univers que le sien.

On achète si on aime Nils Frahm, Helios, Max Richter, Eluvium, Clint Mansell, Alva Noto, Ryuichi Sakamoto, Hildur Guðnadóttir (jouant du violoncelle sur l’album).

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