2005 à 2014: LCD Soundsystem

Groupe de New York, LCD Soundsystem a poussé le mouvement futurepop dans un trip rock fort bienvenu et ne se prenant pas au sérieux.

Deuxième groupe mythique couvert cette semaine, juste avant la folie du Record Store Day. Je vais être honnête, encore une fois, je me fais plaisir. Et ici, pour un beau mardi, pourquoi ne pas se taper quelques heures de musique incroyable, en très haute fidélité en plus! Alors on commence avec leur premier album.

Album: LCD Soundsystem
Artiste: LCD Soundsystem

V.O.: 2005 Vinyle, DFA

En Test: Réédition 2015 (approx) Vinyle

Étiquette: DFA
dfa 2138

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Probablement le plus connu des groupes underground, assez pour remplir le Madison Square Garden à multiples reprises mais assez inconnu pour que la majeure partie des gens ne les connaissent pas, LCD Soundsystem est un drôle d’amalgame de musiciens sous l’égide du chanteur principal, James Murphy. Co-propriétaire de l’étiquette DFA, a presque été écrivain pour la série Seinfeld, est la raison pour laquelle Death From Above a ajouté 1979 à la fin de leur nom (pour le différencier du nom de DJ de Murphy). Et  n’est pas sérieux pour deux sous dans sa musique. En plus d’ajouter de l’électro-rock alternatif dans leur description, je devrais ajouter cool comme style. Et définitivement déjanté (champ gauche) parce que ce n’est pas sérieux… avec leur premier succès de ce disque qui s’intitule Daft Punk is playing at my house… ça donne le ton.

Et leur premier album est un album mettant bien la table pour le reste de leur décennie. Ils ont bien eus quelques simples lors de leurs années précédentes, dont quelques succès, mais c’était surtout un projet pour sortir quelques chansons DJ et s’amuser. Là, c’est leur premier «vrai» disque. Un mélange de simplicité, de qualité et de stupidité assumée. Il existe d’ailleurs deux versions de leur album vinyle: une normale avec un seul disque et une version trop dispendieuse pour la vie pour DJ, album double sans compression. Un jour 😉

Malgré tout, cet album sonne extrêmement bien, malgré que ce soit un seul disque avec 20 quelques minutes par face. Je dirais que la majeure partie de l’album sonne bien, sauf lorsqu’ils s’emballent. Par exemple, la finale de l’album (Great Release) se termine en crescendo hautement limité. Mais c’est des exemples très peu fréquents. Le reste, l’album se défend fort bien.

Album: Sound Of Silver
Artiste: LCD Soundsystem

En Test: 2007 Vinyle

Étiquette: DFA
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Avec le succès de leur dernier disque dans la poche, avec un fort étrange disque (45:33 qui incidemment est une seule chanson durant presque 46 minutes) co-produit par Nike et iTunes pour les souliers avec capteurs Nike+, LCD Soundsystem avec leur chef d’œuvre à mon avis, Sound Of Silver. Album se distanciant un peu du Radiohead et du Beatles du premier disque, et s’en va plus vers un Violator de Depeche Mode. Pendant que certains groupes se rendent vers plus de guitare électrique, eux la gardent présente mais prennent encore plus le champ gauche et y vont avec du disco électro.

D’ailleurs, côté sonorité, ils ont décidé de faire l’album exclusivement en disque double. On ne se casse plus la tête, le disque est fait pour DJ, n’est plus compressé, a une sonorité pure, belle, sans aucun bruit de fond. Ils ont peut-être même exagéré un peu, le disque double est gravé beaucoup plus large que d’habitude, avec à peine un petit millimètre d’espace pour y déposer son aiguille. Ce n’est toutefois pas moi qui vais me plaindre. Il faut juste faire beaucoup plus attention lors du maniement du disque, les trace de doigts risquent fort de se retrouver sur du matériel musical même si on prend le disque par les bords.

Et le tout se termine avec…

Album: The Long Goodbye: LCD Soundsystem Live At Madison Square Garden
Artiste: LCD Soundsystem

En test: 2014 Vinyle

Étiquette: DFA
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Eux, ils ont fini ça en grand. Leur dernier spectacle officiel était à guichets fermés au Madison Square Garden dans un spectacle de plus de 3h sans pause avec plein d’invités spéciaux. Entre autres, juste comme ça, Arcade Fire et Daft Punk. À la place de ne jouer que quelques succès, ils ont joué tous leurs succès! Et comble de malheur pour nous (ahhh noooon!), ils ont mixé les disques de façon analogique et envoyé le résultat sur une bande magnétique 1/4 de pouces (aucune mention de la provenance de l’enregistrement – je vote pour du numérique). La version CD est d’ailleurs … la version CD? Quelle version CD? N’à pas! Mais il y a une version qu’on peut télécharger avec le coffret. Quand on parlait de côté champ gauche, ça c’est du champ gauche de chez champ gauche. D’ailleurs, fort de mon dernier Concept cinq minutes, je vais demander si LCD pouvait, ça serait vraiment cool, sortir leur spectacle sur rubans magnétiques 1/4″. Genre la version ultime pour fans finis.

Et la qualité y est. L’enregistrement est impeccable. La gravure est impeccable. Ça reste du live et ça reste un disque mixé à partir d’un unique spectacle. Mais ça paraît qu’ils désiraient faire l’ultime Au Revoir et y ont mis toute la gomme. Aucune note n’est réellement divergente dans le disque, ça reste un tout qui s’écoute parfaitement bien de A à Z. D’ailleurs, les disques sont agencés pour les gens ayant accès à deux tables tournantes, les faces étant en quinconce comme les anciens disques d’Opéra.

De dire que c’est un bon coffret serait ne pas lui faire justice. Le coffret est tout simplement excellent. Il n’est pas achetable mais il vaut son pesant d’or et même plus. C’est le genre de concert que j’aurais du me payer. Maintenant, il est trop tard!

… Trop tard? Comme tout bon projet, comme GYBE! d’hier, ils sont en pause présentement mais ça reste un projet d’une personne. Si James Murphy décide qu’il redémarre le groupe, il va le redémarrer. D’ailleurs, il y a eu quelques petites bribes de possibilités, avec une apparition en 2016 et un simple de Noël. Rien de bien concluant ceci dit. Mais ce n’est pas une mauvaise idée de toute façon, Murphy a beaucoup à explorer. On a à penser simplement à Reflektor d’Arcade Fire, dont il a assuré la production de plusieurs chansons. En d’autres mots, il est encore présent dans la scène.

On achète si on aime Arcade Fire, Braids, Future Islands, Hot Chip.

2014: Compilation – Native North America Vol. 1

Un très gros coup de cœur de 2014, qui touche exactement ce que j’aime dans un coffret imbattable.

Album: Native North America Vol. 1: Aboriginal Folk, Rock and Country 1966-1985

Compilation

En test: 2014 Vinyle

Étiquette: Light In The Attic
LITA 103

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Quels coffrets. Autant le coffret CD que le coffret vinyle valent la peine. À un prix dérisoire, on a droit à trois disque vinyles avec gravure impeccable, dans des pochettes en carton rigide, avec un livret de 60 pages avec des explications copieuses de chaque disque, chaque artiste, chaque 45 tours, ainsi qu’une perspective historique sur ces grands artistes parfois méconnus. La même chose pour le coffret CD, avec les mêmes chansons et le même texte dans le livret de 120 pages.

Et côté chansons, on a droit à des artistes des premières nations d’avant plan ayant côtoyé l’americana, le rock et le country toute leur vie, qui ont marqué leurs communautés respectives, ou carrément la planète entière avec leur sonorité unique basée sur des rythmes tribaux Nord-Américains, des paroles de leurs préoccupations. Bref, tout ce que l’americana, le country et le blues représentent: des chansons personnelles sur ce qu’on a vécu, des préoccupations du moment, des questionnements, une tranche de vie historique. Ce n’est pas qu’une vision des États-Unis non-plus, on a droit à beaucoup de disques du Canada, du grand-nord.

Dans le lot, on a aussi beaucoup d’extraits de disques de la Société Radio-Canada; voici un pan de leur mission culturelle qu’on ne retrouve plus vraiment aujourd’hui hélas. On avait droit à une étiquette de disque fièrement canadienne avec des préoccupations locales, des satellites à travers toutes les communautés et une volonté d’aider à produire notre culture unique a mari usque ad mare. Même chose pour les films avec l’ONF. Aujourd’hui, ces endroits radio-canadiens sont surtout dans les grands centres, les acteurs de ces belles communautés sont encore plus séparés de nous et les actions artistiques doivent principalement se faire via des superbes (mais limitées) initiatives telles que le Wapikoni Mobile. Rares les Florent Vollant, les Elisapie Isaac, qui peuvent se permettre d’enregistrer leurs propres disques dans les grands centres. Impossibles les artistes qui désirent rester à Puvirnituq (comme Sikumiut) et qui peuvent même être entendus. Comme l’auraient dits Les Colocs, passe-moé la puck pis j’vas en compter des buts. Les artistes chanceux de cette compilation ont eus droit à cette chance et écoutez ce que ça donne!

Ok, assez de politique, et le disque vinyle? Ça reste une compilation, les chansons sont hautement inégales, certains des matériaux ont le vinyle comme source, d’autres proviennent de bandes maltraitées, d’autres ont eus droit à une conservation en tant que matériel d’héritage culturel notoire. Ce qui est certain, c’est que comme ils nous ont habitués, Light In The Attic ont fait un travail de qualité impeccable, ont donné le maximum aux chansons et nous ont fourni un disque digne de la prémisse de cette belle anthologie et digne d’un disque au double du prix. Ils ont toutefois modifié un peu la sonorité, on y reconnaît les années 60-80 mais ils ont fait un travail résolument moderne sur la qualité des pistes. D’aucuns diront qu’ils ont enlevé l’âme de certaines chansons, moi je trouve que dans le cas d’une telle compilation avec des qualités de tout acabit, produits aux quatre coins de l’Amérique, c’est de très bonne guerre que de normaliser dans un sonorité moderne, qui s’écoute bien de A à Z. La gravure est silencieuse, impeccable, les chansons sont belles, amples, la sonorité, légèrement numérique, ne déplait absolument pas. Ils ont fait ce projet avec passion et déférence, ça paraît. Un jour, on aura peut-être droit à un volume 2 et un spécial avec les artistes du Wapikoni Mobile! Je les souhaite de tout mon cœur!

2013 & 2014: Machinedrum – Vapor City & Vapor City Archives

C’est le temps de sortir ses solos de machine à laver sur deux disques doubles ayant assez de basse pour nous faire voir quadruple… et tomber dans le piège de surprises stylistiques!

Album: Vapor City
Artiste: Machinedrum

En Test: 2013 Vinyle double

Étiquette: Ninja Tune
ZEN200

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Ce n’est pas juste un peu de petite basse minable ici. Travis Stewart (Machinedrum) a pondu un véritable bijou du Drum n’ Bass avec son album Vapor City. Ninja Tune, jamais en reste sur ses artistes lorsqu’il détient un filon, y a mis le paquet. Ce projet a valu à Machinedrum une tournée, des douzaines de versions simples de ses chansons et même un deuxième disque, Vapor City Archives. Continue reading

2014 et 2016 Post-Zaricot: Technical Kidman

Spectacle de Duchess Says avec en première partie Technical Kidman. Ils avaient des disques à vendre. Est-ce que la première partie en disque est à la hauteur du spectacle?

On a eu droit à un excellent spectacle de la part des deux groupes. Un évoluant vers le post-punk synth-rock (Duchess Says) et un hard synthpop analogique (Technical Kidman) ce samedi. Deux groupes allant dans des directions différentes mais très similaires dans leur côté underground. Comme n’importe quel spectacle, le but de la première partie, aussi bon le groupe soit-il, est de réchauffer la salle, de nous préparer au programme principal. Mais aussi c’est une chance de faire connaître un groupe méconnu par une tête d’affiche. C’est la possibilité d’avoir un groupe qui fêtera bientôt ses 15 ans nous présenter un groupe prometteur. Le fait que Technical Kidman ait aussi bien tiré son épingle du jeu, le fait qu’ils aient répondu avec brio à leur travail m’a valu une bonne discussion avec le groupe, fort sympa et passionné. Continue reading

2014: Bernhari – Bernhari

Le premier album longue durée éponyme de Bernhari a-t-il survécu au transfert vinyle?

Bernhari - BernhariAlbum: Bernhari
Artiste: Bernhari

En Test: 2014 Vinyle

Étiquette: Audiogram
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Bernhari est un de nos bons artistes en vogue dans les dernières années. Au début de sa carrière en 2014, il nous a fait plaisir et s’est fait connaître avec un premier simple en 12″ 45 tours et peu après, il nous a sorti son premier album longue durée en format CD et vinyle. Son dernier album de 2016, Île Jésus, s’est fait récemment récompenser comme album indie rock de l’année par la Gamiq. Félicitations et bonne continuation! Son style fluctue légèrement, son album éponyme (en test ici) est un peu plus près du synth-rock planant, quand son dernier est plus synth-pop. [Pub copinage: il sera aussi en spectacle au Centre des Arts de St-Hyacinthe le 2 mars 2017] Continue reading

1981/85 vs 2012 vs 2014: Iron Maiden – Killers et Live After Death

Cinq disques en comparatif. Trois Killers: la version originale (canadienne) de 1981, la version picture disc de 2012 et la version 180g de 2014. Deux Live After Death: la version 1985 et la version 180g de 2014. Et même les versions numériques de 1998 en prime! Mega-critique pour mega-classiques-heavy-metal!

Iron Maiden - Killers (1981)Album: Killers
Artiste: Iron Maiden

V.O. En Test: 1981 Vinyle, Harvest (Canada), Capitol Records, EMI Records
ST-12141

En Test: 2012 Picture Disc Vinyle, EMI (UK)
50999 972933 1 6

En test:  2014 180g Vinyle, Parlophone (Europe)
2564625242

Version numérique: Remaster de 1998

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Iron Maiden - Live After Death (1985)Album: Live After Death
Artiste: Iron Maiden

V.O. En Test: 1985 Vinyle, Capitol Records, EMI (Canada)
SBBA 12441

En Test: 2014 180g Vinyle, Parlophone (Europe)
2564624865

Version numérique: Remaster de 1998

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Iron Maiden - Killers et Somewhere In TImeJ’aime parler Maiden avec mes amis fanatiques de Hard Rock et de Métal. C’est un groupe universellement apprécié, mais dont chaque personne a une période préférée. Certains vont dire que les deux premiers albums sont les seuls vrais albums de Maiden (avec Paul Di’Anno), et qu’ensuite (Avec une influence grandissante de Birch et de Dickinson au sein du groupe), c’est commercial. D’autres vont dire que les vrais bons albums sont les trois suivants avec Number of the Beast, Piece of Mind et Powerslave, pour leur côté pleinement assumé. D’autres vont dire Somewhere In Time pour le côté unique et expérimental. Ou leurs spectacles fous. Ou encore les albums plus récents. Tous les rockers, tous les métalleux aiment la madonne de fer; personne n’est d’accord sur la période. C’est un peu comme Genesis, soit tu es prog et le seul bon Genesis est avec Gabriel, soit tu es pop et le seul bon Genesis est avec Collins. Ou tu es comme moi, et tu te fous bien de ce que les autres aiment, et tu aimes (presque) tous les Maiden et les deux périodes de Genesis. (Ok je suis partial aux cinq premiers de Maiden et j’aime mieux la période pop de Genesis 😉 Mais chut!) Continue reading

2014: Taylor Swift – 1989

Un album pop bonbon? 2014? Sur le blogue de Fréquences?!?! HÉRÉSIE! Mais quand un disque peut montrer la voie à suivre, définitivement!

Taylor Swift - 1989Album: T.S. 1989

Artiste: Taylor Swift

En test: 2014 Vinyle
Étiquette: Big Machine Records
BMRBD0500E

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D’abord, entendons-nous en aparté, c’est de la pop bonbon. Moi, ce n’est pas du tout pour me déplaire. Après tout, j’écoute des artistes pop bonbon des années 1920 à aujourd’hui, ils ont commencé par être bonbon et sont dorénavant des classiques. Au moins cinq chansons ont connu un bon succès Billboard et de vente sur ce disque, et j’aime beaucoup son attitude et style positif. Elle était excellente en country, elle a fait le transfert vers le pop, et ça a payé. Good job all the way, n’en déplaise à l’autre zouf [NDLA: non je ne le nomme pas] lors de sa première remise de prix. Pour la suite, je suis d’accord avec vous, elle est bien capable de faire sa propre pub, aucunement besoin pour moi d’écrire des articles. Sauf dans des rares exceptions, et ici, c’est une très bonne exception! Continue reading